Les Niouzes de Nitt'

Le blog vitaminé... et un peu disjoncté de la fille qui se prend pour une prof, fait des tas de trucs avec ses doigts, aime bien manger et imagine que sa vie est trépidante et donc bonne à raconter.

07 décembre 2009

Dimanche

9h30, je me réveille péniblement, après une petite nuit sur un matelas pô très confortable, malgré sa taille excessive, et me prépare pour trouver l'église catholique, c'est à dire prendre un taxi, lui montrer l'adresse où je veux aller, écrite en chinois dans mon guide des églises catholiques de Chine, et... vois arriver Song Ming, notre "homme à tout faire" (pas d'autre définition disponible ,vu qu'il est manifestement chargé de faire à peu près tout ici) qui vient installer Internet.
Bon, heureusement que la veille j'ai fait un minimum de rangement, je le laisse entrer dans ma chambre et vais à la cuisine me faire ce qui se rapproche le plus possible d'un petit déjeuner. Il installe des fils, des boîtiers, branche, débranche, téléphone... et s'aperçoit soudain que je semble prête à partir quelque part, ce qui l'intrigue. Je lui explique que je vais à l'église catholique du coin, ce qui l'épate, et n'ai pas le temps de sortir qu'il me tend sont téléphone avec Chen à l'autre bout du "fil". Je confirme, oui oui, je vais à l'église, j'infirme, non pas pour visiter, pour prier. On me demande d'attendre Sonya, qui va m'y emmener.
Il est 10h45. Si j'avais eu une chance d'avoir un bout de messe, je sais maintenant que c'est loupé.
Sonya rappelle Song Ming très vite, et m'annonce sa venue pour une demie-heure plus tard. Marion, pendant ce temps, a été réveillée car on a tenté d'installer Internet dans sa chambre, ce qui n'a pas marché. Mais nous l'avons sur mon PC fixe.
En attendant Sonya, je me fais une ventrée d'internet bridé, ce qui est un peu délicat vu la disposition des touches du clavier chinois.
Départ en catastrophe pour l'église... après quelques explications avec le chauffeur qui ignore totalement à quoi ressemble le bâtiment qui m'intéresse, et encore davantage l'adresse que nous lui montrons. Hum. Après des tours et détours nous finissons par trouver, dans la vieille ville, à quelques mètres de la zone autorisée aux véhicules.
Je me précipite dehors, suis les indications de Sonya, et trouve, enfin. Derrière une grande porte, une cour toute en travaux avec deux églises, une ancienne toute petite, et une autre, grande, récente et dont toutes les portes sont ouvertes aux quatre vents.
Je vais voir dans la petite, il ne semble pas s'y passer grand-chose. J'essaie la grande, qui est très lumineuse, et dans laquelle une dizaine de personne s'affaire avec des balais chinois (petits, en fibres naturelles et en biais... une torture pour le dos). Dans le coin, devant à gauche, une chorale répète un chant de Noël, air connu, paroles chinoises. Je trouve un banc, m'agenouille... et fonds en larmes. Impossible de les retenir. J'ai loupé la messe, il n'y a aucun signe de présence du Saint Sacrement, Sonya attend près de la porte et semble considérer que puisqu'on a trouvé on peut faire demi-tour tout de suite.
Petite prière, inspiration profonde et essuyage de nez et de joues, nous ressortons. Dans la cour, Sonya me signale une bonne sœur, qui a un bon visage, ça fait plaisir à voir. Pendant que nous nous attardons en touristes, un monsieur à l'âge indéfini, mais avancé, vient me voir et me parle en chinois. Je demande la traduction, puis réponds en faisant traduire. L'homme est ravi de me voir et me remercie d'être venue. Je trouve cela tout à fait normal, puisque je me sens chez moi dans l'église, comme dans n'importe quel bâtiment où le Seigneur se rend présent. Il me répète ses remerciements, et à la demande de Sonya nous repartons.

Je repère les lieux, essaie de retenir comment on demande à venir ici pour la prochaine fois, et nous marchons un peu avant de trouver un taxi. On m'explique que l'endroit n'est pas conseillé le soir, et que pour trouver un taxi dans cette zone, il vaut mieux pour moi faire le pied de grue devant l'hôpital d'à côté, qui me servira de point de repère pour venir. Je ne dirai pas "je vais à l'église" mais "je vais à l'hôpital", sinon je suis sûre de ne jamais arriver... Pas pour les raisons que vous imaginez, mais simplement parce qu'on sait où est l'hôpital, pas le lieu de culte.

Petite pause sur le chemin du retour, Sonya fonce acheter du tofu et des tomates, et nous rentrons à la maison, où elle s'enferme dans la cuisine après avoir cherché partout l'intérieur du cuiseur à riz, sans lequel on ne sait pas le faire chauffer ici. Tant pis, nous nous passerons de riz.
Nous déjeunons dans ma chambre après y avoir installé une chaise supplémentaire et une table basse (on gèle dans la cuisine) et Sonya nous quitte en coup de vent pour aller donner un cours.
L'après-midi, rangement, retour de Song Ming qui installe Internet à l'étage en ajoutant un boîtier ADSL et et faisant passer un fil depuis ma chambre vers celle de Marion par l'extérieur (il suffit de le glisser par les trous qui mènent dans nos chambres, derrière les climatiseurs), internet à donf...
Et après dîner, vers 23h, nous nous rendons compte tout d'un coup que nous n'avons pas préparé nos cours... Branle-bas de combat, nous attrapons nos livres, du papiers, des documents, et bossons avec une énergie décroissante jusqu'à 5h du matin où nous nous écroulons dans nos lits.

Les photos de cet article vont arriver bientôt, en attendant vous pouvez aller voir celles du précédent, qui est enfin terminé...

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06 décembre 2009

J'y suis !

Bien le bonjour tout le monde !

Voyons un peu... Je n'ai pas franchement le temps de tout vous raconter, je suis censée préparer un cours. Je bloque un peu pour le moment, et vais essayer de vous résumer ces quelques folles journées. On n'a pas eu le temps de s'ennuyer.

Jeudi, bagages faits difficilement, avec les dernières courses d'usage (genre des médicaments, surtout ceux destinés à calmer une grosse crève montante, merci Monsieur le pharmacien, j'ai passé la douane et ne suis pas clouée au lit avec 39 de fièvre) Maman et moi réussissons à atteindre la voiture avec mon énorme sac de 112 litres (trop, beaucoup trop si vous voulez mon avis) et arrivons après quelques déboires circulatoires à l'aéroport où ma collègue, que l'on fait venir en même temps que moi, me reconnaît vite. Tout le monde se dit bonjour, j'enregistre mes bagages, nous discutons un peu en mangeant des petits pains au chocolat et enfin... nous nous séparons difficilement.
L'avion, de la même compagnie que pour mon dernier voyage, n'est pas plus grand mais nettement mieux équipé. Sièges confortables, écrans incorporés dans les dossiers, jeux, films, dessins animés disponibles toute la durée du vol. Ça c'est de l'évolution ! Nous n'en profiterons pas beaucoup (sauf pour les sièges sur lesquels on n'a pas trop d'autre choix que de rester assis) car nous discutons comme des folles. Dormons un peu, aussi, mangeons un ersatz de petit déjeuner avec des épinards, de la crème et des œufs plus ou moins mollets (notre voisin de derrière se penche vers nous pour nous demander si nous avons eu la même chose... je suis la seule à toucher aux épinards, mais je sous-estimais la nourriture en vol... je me rabattrai sur le croissant au beurre mini-size et mon dernier morceau de beurre avant longtemps, les œufs et la crème qui doit être de l'œuf au lait...).
L'arrivée se fait dans l'émerveillement : je réalise difficilement que je suis sur le sol chinois, Marion ma collègue est surexcitée. Après de grands tours et détours entre douane, service sanitaire (j'ai très honnêtement déclaré que j'avais mal à la gorge, on m'oriente vers un médecin qui me demande depuis quand et me laisse passer. OUF !), toilettes et bagages à récupérer, nous trouvons notre contact, Chen de son prénom, qui a l'air d'avoir la trentaine (chez les Chinois, c'est très trompeur, ils font facilement 20 ans de plus que ce qu'on leur donne, mais pour lui on peut être sûre de nous) qui est très gentil, très souriant, très cool et se charge de nos plus lourds paquets. Nous prenons un train dans lequel nous discutons avec un Chinois qui travaille en France et nous explique dans la langue de Molière qu'il y a plein de choses à voir en Chine, mais pas là où nous allons, et nous parle un peu de la culture locale.
Avec Chen, nous parlons anglais émaillé de français, car il n'est pas assez à l'aise pour discuter dans notre langue. Mais on s'en sort bien.
Sortis du train dans une des quatre gares de Pékin, nous prenons des taxis après avoir couru pas mal, car nos bagages ne tiennent pas dans une seule voiture et que les chauffeurs refusent de tout faire tout seuls. Nous nous répartissons donc en deux véhicules et commençons un tour de la ville direction une autre gare. Nous n'avons pas le temps de visiter, donc nous faisons le tour des constructions des J.O. pour admirer le nid d'oiseau et la piscine qu'on dirait faite de bulles géantes. Visiblement ce sont des fiertés nationales.

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A la gare, nous nous précipitons au restaurant où nous dégustons champignons au vinaigre, cacahuètes vertes (rien à voir avec celles que nous mangeons, elles sont visiblement cuites en sauce, plus humides que grasses comme chez nous, et ma fois carrément bonnes) et viande avant de voir arriver nos bols de soupe de nouilles, trop bien servis pour que nous puissions terminer - surtout que nous nous sommes empiffrés avant - et Chen essaie de nous faire boire afin de fêter notre arrivée. Marion n'aime pas l'alcool, et moi je me méfie un peu. Nous goûtons une bière chinoise pas mal du tout, très douce, et un alcool blanc, beaucoup plus fort, c'est à dire 56°, qui sent... l'alcool à brûler. Un truc effarant. Pas particulièrement mauvais, mais qui décape bien. J'en bois plus pour me désinfecter la gorge que parce que j'apprécie de me la brûler.
Puis nous allons attendre notre train, et pour faire passer le temps commençons une partie de Jungle Speed apporté par Marion. Chen découvre, ainsi que tous les Chinois attroupés autour de nous, carrément pliés en deux pour certains, attirés par nos traits peu communs ici et ce jeu bizarre avec des cartes et un totem.

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Enfin, c'est l'heure du train, qui aura 30 min de retard. Nous courons sur le quai, entrons dans notre wagon après avoir vu des Chinois entassés dans les compartiments de places assises, et rejoignons difficilement nos couchettes. Le rangement des bagages est très compliqué, vu leurs tailles et leurs poids, mais nous finissons par trouver quelque chose. Chen nous offre des clémentines quand un vendeur ambulant passe avec son petit chariot tout juste calculé pour circuler dans les couloirs, et nous nous affalons dans nos couchettes (l'étage du milieu, il y en a 3, les plus bas sont les plus difficiles à avoir car tout le monde les réserve dès que possible) pour une nuit agitée mais nettement plus réparatrice que dans l'avion.

3h10, Chen nous réveille, nous avons en principe 20 minutes pour nous préparer à sortir. Rangement des couettes chaudes et épaisses, rassemblement des bagages, rhabillage... Et attente interminable devant la porte.
Enfin nous y voilà, il doit être près de 4h du matin, nous marchons pas mal, passons le Nième contrôle de sécurité (il y en a partout, à l'entrée, à la sortie), ainsi que le barrage de chauffeurs de taxis que Chen dédaigne, et allons nous poser à l'autre bout du parking, au milieu, attendant qu'on vienne nous proposer de nous emmener. En effet, après avoir vu un impressionnant ballet de taxis autour de nous, l'un d'eux nous regarde fixement et s'arrête, discute avec Chen, finit par ouvrir sa porte arrière où il demande à sa passagère qui râle de descendre sous nos yeux ébahis, entasse nos valises dans son coffre qui ne ferme plus, ses précédents passagers sur la place du mort, et Chen, Marion, moi et nos sacs à l'arrière.
Après le wagon-couchettes, nous voilà dans un taxi-brousse ! Hallucinant !

Nous arrivons finalement à la porte de l'université, un immense portail à l'asiatique, avec un planton sur le côté que Chen va réveiller pour obtenir nos clés, ou l'ouverture du portail peut-être. Nous marchons, marchons, marchons encore pendant que notre hôte indique ce que sont les bâtiments autour de nous, en commençant par les immeubles où les étudiants sont pilés jusqu'à 8 par chambre. Nous longeons le gymnase, immense avec un toit ultra-moderne, et atteignons enfin une villa derrière un haut mur à la chinoise. Une première porte de métal gardée, nous ne le verrons que plus tard, par deux lions de pierre (contre les mauvais esprits), une courette avec bassin à poissons sans poisson, petite plate-bande de terre où nous ne voyons pas encore les rosiers qui y poussent, une autre porte métallique ouvrant vers l'extérieur, juste derrière une troisième qui ouvre vers l'intérieur, et derrière... un palace avec une hauteur de plafond incroyable.

Les portes d'entrée métalliques et garanties non-isolantes donnent sur un immense salon avec canapé dernier cri, table basse et télé sur un meuble au fond, avec un sapin de Noël gentiment décoré dans un coin. Face à la porte d'entrée, derrière une légère séparation, sur la gauche une salle de bain avec baignoire, toilettes et fuite, et à côté de la porte, mais hors de la salle de bain, un grand lavabo avec une petite étagère et un miroir ; par derrière (plus au fond de la maison donc) la cuisine avec micro-onde, évier dont Marion trouvera l'arrivée d'eau chaude deux jours après, fontaine d'entreprise pour avoir de l'eau potable, bouilloire pleine de calcaire, cuiseur de riz et plaque à induction unique, que nous prenons pour une immense balance de cuisine. Ben oui, ça bouge, y a quelques boutons en chinois et un seul espace rond au milieu...
Dans le coin en haut de la cuisine, un trou donnant sur l'extérieur occulté par quelques briques, et enfin dans l'ensemble, une odeur d'animalerie... provenant d'un sac d'épices que nous identifierons plus tard et jetterons sans larme aucune.

A droite au fond de la maison, une pièce condamnée, devant, un escalier large et dont les marches ne semblent pas horizontales (quand on pose le pied on a l'impression que le talon est plus bas que le reste) et si on ne prend pas l'escalier, on bifurque à droite pour entrer dans ma chambre. 30m², un lit deux places gigantesque et pas super bien fourni côté matelas (un peu dur) et couvertures (les draps ne fonctionnent pas comme chez nous), un mur entièrement occulté par le placard sans poignées qui enserre la porte, donc on doit s'exciter dessus pour ouvrir portes et tiroirs, un grand et superbe bureau avec un ordinateur dernier cri posé dessus, téléphone, boitier ADSL et tout, un gros fauteuil assorti, et plein de place. Et dans le coin, LE climatiseur.

A l'étage, une grande salle avec une table de ping pong toute neuve (raquettes et balles fournies), au-dessus de ma chambre celle de Marion, équipée comme chez moi, mais avec deux fauteuils en plus, la salle de bain avec douche électrique, minuscule ballon d'eau chaude qui laisse juste de quoi faire une douche-shampoing, une autre machine à laver (y en a une dans la salle de bain du bas) (mais je sais pas si on va oser s'en servir beaucoup vu les fuites et la plomberie lamentables), et deux pièces avec des vieux cartons, un placard, les trucs qui ne servent pas.

Le troisième étage est en soupente, donne sur une terrasse, et n'est absolument pas aménagé. Mais on pourrait faire une teuf de fou-furieux si on voulait.

Marion et moi avons chacune un trou dans le mur de nos chambres, par lequel passent les fils électriques et les câbles de téléphone. On le glisse par dehors, hop ça rentre. Ensuite on l'accroche à une des grilles qui bloquent les fenêtres avec un truc en fil de fer, et re-hop, on est raccordé, mais pas beaucoup chauffé... (Photos dès que possible.)

Chen répond gentiment à toutes nos questions et nous annonce qu'il viendra nous chercher avant 9h pour nous présenter aux étudiants qui sont requis spécialement ce matin en classe. Ils sont 60, soit deux classes, une chacune, comme les étages de la maison.

Nous déplions un peu nos affaires, je m'écroule mais n'arrive pas à dormir avant longtemps, pendant que Marion range ses affaires dans son placard. On vient nous chercher quelques heures plus tard, l'eau chaude fonctionne, on nous a acheté un petit déjeuner (pains à la vapeur fourrés de légumes et de porc et soupe de soja chaude) et des brosses à dent et dentifrice. Chen reviendra un peu plus tard, quand nous serons douchées et prêtes à partir.

Dehors, il fait un froid de canard. Nous contournons notre cour, obliquons au milieu du parc avec des arbres faméliques, du gazon dominé par la terre retournée jonchée de détritus, passons un bassin d'eau stagnante à l'odeur nauséabonde et atteignons un bâtiment nommé "l'immeuble très gentil", ou "immeuble sympa" en chinois. Un couloir sur la droite, au rez-de-chaussée, deux étudiants qui sortent d'une salle de classe où Chen les renvoie immédiatement... c'est la nôtre.
Nous entrons devant 60 paires d'yeux étonnés et ravis. Marion commence, dit bonjour, donne son nom, je fais de même, Chen leur demande de parler un peu, et le premier à se lancer est un apprenant en deuxième année de français qui parle carrément bien et semble super à l'aise en public. Il ferait presque penser à un Japonais avec ses cheveux tirant sur le rouge, son écharpe colorée et son manteau cintré. Quelques autres se lancent, beaucoup disent "je parle français... pas bien" et presque tous sont "ravis de [nous] rencontrer".
Dans le fond, je l'ai remarqué d'emblée, ils ont écrit sur le tableau noir "Soyez les bienvenues", colorié les lettres et dessiné des guirlandes de fleurs. C'est génial.
A la sortie, la moitié d'entre eux se précipite pour venir nous parler, anglais surtout et nous inviter aux coins anglais et français. On se fait inviter à dîner, on échange des promesses de séances ciné, Marion récupère des tas de compliments mérités sur sa voix et son joli visage, puis nous nous extirpons de la foule pour aller visiter un peu les lieux. Il reste encore des étudiants pour nous suivre. Nous discutons joyeusement, découvrons l'extérieur de l'immmmmeeeeense bibliothèque, et après un petit tour en arrière, saluons tout le monde pour rejoindre le directeur de l'université, l'un des vice-présidents, la directrice de notre département et quelqu'un d'autre dont j'ai malheureusement oublié la fonction pour un déjeuner au restaurant.

Nous entrons dans un minibus où il y a juste le bon nombre de places et allons dans un établissement en ville avec moult couleurs, moult serveurs et moult pièces pour déjeuner en privé. C'est dans l'une d'elles que nous entrons et nous installons pour un pantagruélique repas. La table ronde compte une nappe sur laquelle est posée une plaque de verre, et au centre une autre plaque tournante. Les plats sont posés au fur et à mesure au milieu de la table que l'on fait tourner quand on veut manger ce qui est trop loin. On a devant soi une petite assiette, un petit bol avec cuiller chinoise, un verre et un gobelet dans lequel on verse l'eau chaude ou le thé, et une paire de baguettes. On va chercher tous ensemble dans les plats au centre, et quand on a dans la bouche des arrêtes, des os ou autre élément indésiré, on les crache sur la table (d'où la plaque de verre).
La personne la plus importante se met face à la porte afin de contrôler tout ce qui se passe, et lance les toasts auxquels il est impoli de ne pas trinquer. Ce qui veut dire que le directeur s'assied dans le fond, avec Marion et moi à chaque côté, et une fois que tout le monde est servi en jus de pêche ou en alcool (le même à 56°) (uniquement pour Marion, le directeur et moi...)(youpie tralala) il trinque, et nous faisons tous très attention de mettre notre verre plus bas que celui des autres, ce qui est une marque de respect ici. Trinquer avec le verre plus haut que celui du directeur, ce serait une jolie gaffe. Puis nous buvons, et notre directeur vérifie bien que le niveau descend, ce qui est un supplice pour ma collègue qui se brûle les lèvres sur le liquide que l'on nous prie de boire.
J'échappe à un "cul-sec" proposé par le directeur, qui me fait la gentillesse en voyant ma tête de déclarer "mi-sec", mais se réjouira énormément de voir que j'ai tout bu avant la fin du repas.
On nous rebaptise en chinois : Marion fait l'objet de dix minutes de discussions, et je fais rire tout le monde en me trompant de ton pour prononcer "na iii kheuuu" qui est désormais la version d'ici de mon prénom breton. Ça me démange, mais je ne demande pas la signification...

Nous nous séparons ensuite, emmenées par l'une des profs dont le nom anglais est Sonya, au supermarché le plus connu de la ville (Dennis, pron. : deuu niii sheuuu) pour faire quelques emplettes. Ça prend du temps, mais après un tour au rez-de-chaussée semblable aux galeries farfouillette, puis un autre dans les deux étages du dessus où, avant de passer les portillons il faut enfermer son sac (sans le portefeuille) dans une consigne, nous en sortons avec de quoi manger, et le minimum vital pour tenir une maison et y vivre, ainsi que deux paires de chaussons fourrés et un tapis de douche. Nous utilisons pour le moment l'argent donné à Marion par Chen, qui lui avait demandé d'acheter des produits de beauté français pour sa femme avant notre venue ; il l'a remboursée en yuan, ce qui est heureux pour nos finances.
Un caddie plein : 304 yuan, soit 30, 40€.

Retour à la maison en taxi, on vient nous voir pour tenter d'installer internet, qui pour le moment n'est potentiellement disponible que dans ma chambre. Je fonce ranger cacher mes affaires étalées partout avant de laisser rentrer l'adorable petit monsieur qui est chargé de nous donner de quoi communiquer, et peu de temps après nous sommes invitées à reprendre un taxi pour aller manger entre profs, amis et étudiant. Il y a donc Chen, un étudiant futur ingénieur qui s'est "incrusté", la compagne de l'ancien prof de français d'origine australienne, super gentille, qui m'offre un portable et nous donne des paquets de mouchoirs "parce qu'elle avait oublié ça la première fois et s'en était mordu les doigts", ainsi que l'adresse d'un excellent salon de massage des pieds. Elle nous propose de nous emmener ensuite dans un bar où nous sommes quasiment sûres de voir des étudiants et où les étrangers de la ville peuvent faire connaissance.
Nous rentrons à la maison avec la ferme intention de la rejoindre quand elle rappellera, mais au bout d'un quart d'heure il faut nous rendre à l'évidence : nous sommes épuisées.
Nous commençons donc le rangement, et nous posons dans nos chambres, au chaud, avec un plaisir non dissimulé, sans arriver cependant à joindre Johanna l'Australienne pour lui dire que nous sommes incapables de la suivre cette nuit.

Photos bientôt, suite bientôt aussi... Y a tellement à raconter !

23 novembre 2009

Majeure et vaccinée (aïe)

Bien le bonjour tout le monde,

Je constate avec plaisir qu'on s'interroge sur l'avancée des préparatifs, on me demande si je m'en sors, tout ça. Je constate aussi avec un plaisir nettement plus mitigé qu'on paranoïate copieusement sur mon compte. Je vais donc tâcher de vous éclairer un peu...

Mes préparatifs avancent pas mal du tout. Pour l'instant j'ai pas fait grand chose mais je progresse plus vite que prévu. Je suis allée cet après-midi au centre Pasteur, pour me faire pasteuriser un coup, c'est à dire qu'on m'a vaccinée contre la typhoïde et l'hépatite A, deux maladies que l'on contracte en mangeant des fruits et légumes souillés et de l'eau impure dans les pays en voie de développement. J'ai aussi reçu des brochures avec des recommandations aux voyageurs.
Sachez donc que maintenant, jusqu'au mois de juin où je devrai me méfier des moustiques porteurs de l'encéphalite japonaise, à part une douleur dans le bras gauche qui augmente et commence carrément à me l'engourdir, je ne risque plus grand chose sanitairement parlant.

Elle est vaccinée la fille.

Ensuite, en ce qui concerne les soucis avec les autorités chinoises.
On va me crier dessus pour avoir utilisé tous ces mots-là à la suite, comme si j'allais me faire arrêter parce que je parle de mon pays de destination.
Sachez tout d'abord qu'en général je prends ça comme une attention très touchante à ma petite personne. Ça fait plaisir d'être aimée. Mais je dois dire qu'avec certains, j'ai un peu plus de mal, et la répétition n'aide pas beaucoup...
Je réprimerai donc l'envie de répondre des mots pas très jolis ni  polis pour expliquer calmement que nombre de Français vivent dans ce pays, que beaucoup bloguent et racontent ce qu'ils voient, ce qu'ils vivent, ce qui se passe, et qu'ils sont sacrément bien renseignés parce qu'ils parlent la langue locale et qu'ils comprennent tout ce qui se lit et dit autour d'eux. Il y a deux ans j'ai suivi un blog de française qui parlait très carrément de tout ce qu'elle observait, par exemple.
Chaque fois que je parle de mon départ on me propose de rencontrer quelqu'un qui y a vécu, ou de me donner un numéro ou adresse électronique d'une famille qui vit sur place.
Aucun d'entre eux n'a eu de problème avec les autorités.
Il y a beaucoup de catholiques dans le tas, personne ne s'est fait arrêter pour pratique illégale de sa foi, puisqu'ils assistent aux offices de la branche autorisée de l'Église chinoise, ce que j'ai l'intention de faire.
Il y a des familles, des célibataires, des gens qui parlent chinois, d'autres non, je n'ai pas entendu dire qu'ils avaient eu des soucis pour correspondance avec leurs proches sur le thème de leur pays d'accueil.
Enfin, tout simplement, a-t-on entendu parler récemment d'expatriés qui se seraient fait séquestrer en Chine ?
Non, parce que dans ce pays, faut vraiiiment le vouloir pour avoir des ennuis quand on vient de l'étranger. Parce que dans ce pays, on soigne les expatriés, encore plus quand ils ont le statut d'expert (qui sera le mien).
Parce qu'enfin, une fois sur place, je serai concentrée sur mon métier et la réussite de ma mission, et que je compte appliquer la sagesse asiatique des trois singes : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire.
Et si jamais je me mettais à causer ouvertement, on m'a confirmé récemment, en toute logique et comme je m'y attendais, que la censure chinoise est bien moins forte en français qu'en anglais, parce que le français est encore moins parlé que l'anglais en république populaire, et qu'il est extrêmement difficile pour eux de contrôler tous les sites francophones. Donc pour utiliser Internet comme en France, j'utiliserai un programme tout simple et légal en cas de besoin, mais mes recherches en français seront déjà bien plus fructueuses que les anglaises, et encore davantage que les chinoises qui se font dans ce grand pays.
Ensuite, j'ai une confiance aveugle en mon ange gardien, qui s'est déjà montré particulièrement efficace. Et je constate que les plus hautes Autorités Célestes me soignent aussi avec une affection sans limite.
Si avec ça je me fais emprisonner, c'est que quelqu'un, quelque part, m'en veut terriblement et a trouvé une poupée vaudou.
Pour l'instant, il pique le bras gauche de la poupée... L'aiguille du vaccin était quasi-indolore, et là je douille de plus en plus.

Elle est majeure, la fille, et informée, même.

Donc, comme dirait l'autre, don't worry, be happy.

22 novembre 2009

Gloups

Je viens de recevoir des nouvelles de Chine, et j'apprends qu'on prévoit de me mettre dans un avion le 4 ou le 5 décembre... Je ne m'y attendais plus !

Va falloir me bouger à la vitesse de la lumière si je veux être prête à temps !

L'aventure commence, les frissons me parcourent le dos.
Ouuuuh! tout d'un coup ça devient palpable. Ce n'est plus juste un beau projet avec des questions sans réponse, c'est du solide, du concret. Je sais où je vais, et quand j'y vais.

Eh ben... Ça fait tout drôle, par là du côté de la conscience et des questions métaphysiques.

Allez faut que je dorme pour préparer le grand départ !
Bonne fête du Christ Roi à tous !

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16 octobre 2009

Foire d'automne : 10 questions pour le prix d'une, approchez approchez !

Bien le bonjour bonnes gens !
Voici notre foire d'automne, spéciale questions (stupides ou pas, nous ne sommes pas difficiles) !

Notre thème du jour est : le départ de Nitt en Chine.

C'est parti, première question.

Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
C'est l'histoire d'une fille, qui naît dans une ville de l'Est, il fait froid, il neige, c'est l'Alsace. Et cette fille grandit, grandit, grandit et devient prof de FLE. Et un jour, elle se dit "tiens, et si je postulais pour avoir un travail ?" Et elle postule, et elle trouve un travail en Chine.

T'as pas trouvé plus près ?
Premièrement, plus près c'est moins drôle.
Deuxièmement, si j'avais trouvé autre chose, ça se saurait.
Troisièmement, je visais plus loin, à l'origine.

Alors la Chine, ça se précise ?
Aussi vite que possible vu que mon contact à Shangqiu parle anglais moins bien que moi. Je lui ai répondu deux fois que j'étais contente de travailler pour eux. J'ai eu des réponses à mes interrogations sur le plus important  : comment se prépare le départ et qu'est-ce que je dois faire pour que ça avance, le climat et compagnie.

Alors, tu pars quand ?
Pour la 27ème fois, je l'ignore. Ça se décidera une fois que j'aurai mes papiers et mon visa.

Tu auras quand ton visa ?
Quand mon contact aura fait le nécessaire auprès du gouvernement chinois afin que j'obtienne un certificat de permission de travail, il me l'enverra par la poste. Une fois munie de ce document,  j'irai voir l'ambassade et je mettrai en route la dernière partie du processus pour obtenir mon visa Z (celui d'"expert" puisque je suis expert linguistique) (ouais, je sais). Je n'ai aucune date précise.

Tu sais que la fuite n'est pas une solution ?
Je ne fuis pas, au contraire !

Mais alors, tu nous aimes plus, tu t'en vas comme ça ?
Ben oui je m'en vais comme ça, mais c'est un choix fait et assumé depuis longtemps figurez-vous. Et bien sûr que si je vous aime, mais mon destin m'appelle, et il est temps de répondre. Si vous m'aimez, vous comprendrez ! ;)

Tu sais que la Chine c'est pas le Japon ?
Il se trouve qu'à l'école j'ai suivi une matière sympa comme tout appelée histoire-géographie. Sur les atlas qu'on nous montrait, la Chine était bien située à un autre endroit que le Japon. Ça m'a mis la puce à l'oreille (ça gratte).
Ensuite, quand j'ai travaillé avec des Chinois, j'ai remarqué qu'ils ne pensaient ni ne parlaient comme les Japonais, j'ai donc amélioré ma compréhension du concept.
Lors de mon stage de 5 mois dans une association franco-chinoise, j'ai mangé chinois, vécu les cours et le contact interculturel comme si j'y étais, et côtoyé une large trentaine de ces individus, sans compter mes tutorats avec des Chinois. Je peux donc dire légitimement que je suis un peu renseignée.

Et si tu t'y plais pas ?
L'école, le cadre, l'idée de changement et de découverte, le poste et le salaire me motivent. Sinon j'aurais pas envoyé ma candidature. Je savoure l'idée de gagner enfin ma vie, alors procédons par étape, si vous voulez bien, et regardons le côté éclairé par Dieu.
Merci.
...
Puisque vous insistez, si je ne m'y plais pas, je n'aurai qu'à prendre mon mal en patience jusqu'en juillet. Ensuite je saurai que je ne dois pas postuler à nouveau en Chine. C'est tout.

Tu sais qu'il y a deux églises en Chine ? Une officielle dont les membres sont surveillés et acceptés par l'État et les autres, clandestins, au service de l'Église ? Tu sais qu'il y a des tas de martyrs là-bas ?
Oui, je suis informée.

pers_cution

Je sais aussi que souvent les prêtres d'États sont reconnus par l'Église. Je vais aller voir les Missions Étrangères de Paris pour leur demander de plus amples renseignements.
Ensuite, à la Cotellerie pendant les sessions Marie-Espérance on a eu assez de veillées super émouvantes sur des prêtres qui baptisaient à tour de bras dans leurs "camps de rééducation" pour être au courant.
Et puis ce sera l'occasion de faire une chaîne de prières pour votre petite prof de FLE préférée ! Que ça se passe bien, que je trouve de bons prêtres, qu'il ne m'arrive rien de fâcheux, toussa...

Mais, tu vas faire comment si tu parles pas chinois ?
M'en remettre à Dieu !
Y a plein de Français qui y vont, et plein de professeurs de FLE comme moi, qui partent un an sans causer la langue du pays (quel que soit le pays d'ailleurs). Ils reviennent vivants, sur leurs deux jambes et ils ne sont pas traumatisés. Je m'adapterai.
Et je vais acheter un dico français-chinois, une carte en français, et si je trouve, un guide oui-non : on montre la question aux gens et ils répondent "oui" ou "non". Très pratique.

Mais, tu vas enseigner comment si tu parles pas chinois ?
Comme je le dis très souvent, un bon professeur de FLE n'a pas besoin de parler la langue de ses apprenants. Comment on fait dans une classe internationale, selon vous ? On ne peut pas parler portugais du Brésil, allemand, chinois, coréen, vietnamien, anglais et russe en même temps ! (Et non, les profs de FLE ne sont pas pourvus du don des langues de l'Acte des apôtres...) Ben là, pareil sauf qu'en face ils ne parleront qu'une seule langue.

Je connais quelqu'un qui y est, je te donne son adresse ?
Pas tous à la fois, j'ai déjà 4 contacts potentiels, je vais d'abord digérer un peu, laisser venir et trouver des questions à poser. Mais c'est gentil.

Ta mère n'a pas peur pour toi ?
Non. Elle est ravie.

Tu emportes un énoooorme sac ?
J'en sais rien. Il y a beaucoup à emporter parce que je ne trouverai pas certains articles là-bas (savons au patchouli - rigolez pas, ce sont les seuls qui font du bien à ma peau fragile - huiles essentielles, boule de lavage, chocolat...) mais j'ai pas encore fait le point.
Hey ça date de deux jours ! On se calme !

Comment prépares-tu ton voyage ?
D'abord je me suis renseignée sur le lieu, le manuel utilisé en cours, et je me suis familiarisée avec la Chine et ses conditions de vie au cours de mes 6 ou 7 candidatures précédentes dans ce pays.
Je vais faire un bilan de santé que j'enverrai en Chine pour qu'on établisse le certificat sus-mentionné, vérifier au passage que je n'ai pas besoin de vaccin particulier (et ils peuvent courir pour me vacciner contre la grippe du cochon volant), passer chez l'ostéopathe afin d'améliorer l'état de mon dos, et chercher un moyen de profiter quand même de sacrements en français puisqu'il n'y a pas de paroisse francophone à Shangqiu.
La messe je peux gérer, ce sont les confessions qui vont m'embêter. Les cathos qui me lisent, s'il vous plaît, une 'tite place dans vos prières pour que j'aie accès à ce sacrement ?

Tu pars quand ?
On l'a déjà dit, ça.

Qui paye ton billet ?
L'université.

Qui te loge ?
L'université. Dans une villa sur le campus. On sera deux Français dedans, c'est climatisé, meublé, avec Internet.

Le salaire est bon ?
Très. Supérieur à celui proposé d'habitude pour ce pays, et encore supérieur grâce à mon bô diplôme. Mais ça reste un salaire local.

Tu vas faire combien d'heures par semaine ?
15, soit 20 cours (une heure académique, je le rappelle, faisant 45 min). Tout cours supplémentaire sera financé comme heure sup'. C'est extrêmement confortable. Tout comme j'avais demandé dans mes prières (visa et avion itou).

Quels niveaux ?
Débutants, et faux-débutants, peut-être des niveaux 1, mais pas sûr. Ils travaillent avec un bon manuel, ce qui me rassure énormément sur la progression.

C'est comment le climat à Shangqiu ?
Continental. Donc proche du climat alsacien : jusqu'à -6°C en hiver, jusqu'à 36°C en été, très doux entre les deux. En ce moment, il fait 24 à 26° le jour, et 6° la nuit.

Heureuse de partir ?
OUI ! (Vous savez, "mon rêve se réalise", "je vais enfin m'épanouir", "j'attendais ça depuis tant d'années" toussa...)

Ça ressemble à quoi leur cuisine ?
Ça fait peuuur !
Non je sais qu'il y a de bons plats (plusieurs de mes plats nippons préférés sont originaires de Chine, cependant ils ont été modifiés au goût des Japonais) mais j'angoisse un peu à l'idée d'apprendre à cuisiner avec leurs ingrédients bizarres, moi qui dois faire attention à ce que j'avale, pour ne pas ressembler à une grosse calculatrice.

Tu vas faire comment pour la sécu ?
Eh bien la sécu française va se débrouiller sans moi, en Chine l'université me paye une mutuelle.

Quelle est l'idée farfelue qui t'es venue en tête depuis que tu sais que tu pars ?
Eh bien après avoir angoissé pour mes cours (maintenant que je sais quel manuel on va utiliser, je suis très relax sur le sujet) et me demandant toujours comment je vais communiquer sur place (on m'a suggéré de demander au Saint Esprit le don des langues... c'est pas idiot !) j'ai pensé que là-bas, la médecine chinoise, les massages, les soins de la peau et tout, ça sera courant et pas cher... Je sens que je vais en profiter à fond. J'aurai les moyens de me l'offrir ! Rendez-vous compte ! Ça me change la vie, ça !

Qu'est-ce qui va te manquer à coup sûr ?
Le lait de chèvre et nos fromages d'ovins et de caprins... La cuisine française en général et les ingrédients de chez nous, mes amis, mes oiseaux, Gribouille aussi, mais pas ses griffures/morsures ni les trous qu'elle fait dans tout ce qui m'appartient, le chocolat... aaaaah le chocolllaaaaaaaat !

Ils sont contents de te voir débarquer là-bas ?
Eh bien vu que j'ai envoyé les premiers documents demandés en moins de 24h, ils ont l'air ravis. Maintenant faut que je m'active pour le bilan de santé.

Tu vas leur apporter la grippe A ?
Ce serait pas sympa de ma part et ça m'étonnerait, j'ai mon huile du cochon volant qui me prémunit contre ce genre de bêtise. Mais je vais faire un stock de paracétamol pour aller là-bas. C'est la seule molécule qui me soulage à coup sûr des migraines et douleurs diverses. Les autres - genre ibuprofène, qui m'a grandement secourue aux States - je m'y habitue et aujourd'hui ça ne me fait plus rien. La preuve que je m'adapte à tout très vite.

Mais la paperasse, tu vas faire comment ?
Les papiers internationaux chinois sont bilingues chinois-anglais. Et il se trouve que je parle dans les angles.
Ensuite, les factures d'électricité et compagnie... je demanderai de l'aide sur place !

C'est quoi le décalage horreur avec eux ?
6 heures de plus en été, 7 en hiver (ils ne changent pas d'heure).

Tu y vas pour combien de temps ?
Une année scolaire. C'est déjà énorme dans mon métier...

Et tu pars quand ?
*soupir*
Tourne la tête et beugle, l'air désespéré :
Sécuritééé !

14 octobre 2009

Shangqiu

Shangqiu, ville située à la frontière est de la province du Henan en Chine, se trouve à environ 400 km de la mer jaune, près du 34ème parallèle, soit très au sud par rapport à Paris, à la Bretagne et à New York. C'est à très peu près la même latitude que Tôkyô.

Actuellement elle doit approcher les 9 millions d'habitants, et cette ville-préfecture est également le siège d'un évêché catholique. Avec plus de 4 000 ans d'histoire elle se modernise et se trouve sur deux lignes ferroviaires, ce qui rend les voyages vers les principales villes du pays aisés.

Shangqiu

Elle héberge une université, n°2 de la province, qui forme plus de 18 000 futurs ingénieurs avec 1 300 profs. Une partie de ces jeunes part chaque année sur Dijon pour y apprendre nos techniques. Ces étudiants-là ont besoin de profs de français.
L'un des deux profs, cette année, ce sera moi.

Voilà, l'attente, les prières, les supplications et les larmes ont fini par payer, j'ai répondu "oui" tout à l'heure et j'ignore quand je pars.

Mais ça va être une grande aventure.

CHAMPAGNE !

Posté par Nitt à 16:59 - Nitt en Nempire-du-milieu - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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