Bonjour tout le monde. Enfin, bonsoir.

J'avais prévu de faire un article un peu beaucoup larmoyant à propos de tous les adieux qui s'additionnent ici, et de ce que je retiens de ce pays, et autres choses émouvantes du même acabit...
Je vais m'en tenir à une émotion : l'exaspération

Depuis trois jours l'électricité est coupée de très très tôt le matin (avant 8 heures, j'ai testé) à 8 heures du soir. Depuis deux jours je n'ai plus d'eau.
J'ai de la vaisselle à faire, dont des plats qui attendent depuis longtemps et nourrissent abondamment les mouches que les étudiants ont fait rentrer vendredi de la semaine dernière pendant que nous cuisinions ensemble, dont des assiettes et des couverts qui devraient partir demain chez un expatrié qui reste encore au moins un an ici, dont un four que je donne à Shannon et Brett et que je n'ai pas eu le temps de rendre beau, j'ai des sols à faire briller, j'ai des vêtements à laver à la main, je vais avoir des draps à laver juste avant de partir, élément non négligeable, on meurt de chaud ici et j'ai très envie d'une vraie douche (je me lave avec moins de deux litres d'eau. Record battu.), j'ai une couette à nettoyer (elle a moisi pendant mon séjour dans la salle de bain, je connais les Chinois ils sont capables de dormir dedans, et ils vont choper des saletés), il est 2h25 du matin et mon quatrième repas de la journée, que j'ai enfin pu préparer puisque l'électricité me permet de réchauffer ma viande cuite il y a trois jours et d'ouvrir le frigo sans avoir peur de tout voir moisir d'un coup, mon quatrième repas, donc, (contre deux hier et avant-hier) devrait me permettre de tenir le temps de commencer à entasser mes affaires dans mon sac en profitant d'une température acceptable.

Après la messe (j'ai quitté la paroisse en pleurant... Mine de rien je m'y suis attachée, à tous ces bébés, à ces mamans qui allaitent les-dits bébés pendant la messe, aux petits papys silencieux et usés, aux mamies qui poussent pour la communion, aux enfants qui jouent et crient tout du long, aux trois églises côte à côte) je suis allée faire nettoyer l'intérieur de mon ordinateur, qui a sacrément pris la poussière et était devenu asthmatique. Le petit monsieur qui a démonté l'a bête l'a remontée en oubliant une prise USB. Il faut donc que j'y retourne - alors que je suis super méga en retard sur mon programme - pour qu'il répare ça.

Après le toilettage informatique, j'ai passé toute la fin d'après-midi et la soirée avec Irene, jeune prof d'anglais et de japonais de mon université, belle comme un top model, qui se trouve grosse (mais mais mais  pourquoi ???), rêve d'enseigner le chinois à l'étranger et possède, en plus d'un petit frère rigolo et intelligent, un cœur gros comme ça. Elle m'a aidée pour acheter mon billet de train pour Pékin, aujourd'hui a marchandé pour moi le nettoyage de mon ordinateur, puis invitée à dîner chez elle et décoré les ongles avec du rose et des paillettes - wouhou je vais épater les hôtesses de l'air - puis nous nous sommes dit au revoir.
Je lui ai laissé la lampe/diffuseur que mes étudiants m'avaient offerte l'an dernier, pour qu'elle diffuse du parfum dans sa chambre. Le bleu, les dauphins, l'idée d'avoir une chambre qui sent bon... elle était très contente.

Et depuis le retour, j'ai peint. Et dessiné un peu. C'est pas encore fini mais si je m'acharne dans l'état dans lequel je suis (fatiguée nerveusement et physiquement) je vais faire des bêtises.
Je peins, parce que demain Shannon et Brett viennent chercher le four et les couverts à la maison, ils ignorent qu'ils repartiront aussi avec un livre de Simon's Cat - eux qui sont dingues de leur chat ça va leur plaire - et donc un petit machin celtique de mon invention, histoire de personnaliser. Je vous mettrai une photo du résultat final quand je pourrai.

Bon, et sinon, dans deux jours je me casse.
Pas trop tôt là.