23 novembre 2009
Majeure et vaccinée (aïe)
Bien le bonjour tout le monde,
Je constate avec plaisir qu'on s'interroge sur l'avancée des préparatifs, on me demande si je m'en sors, tout ça. Je constate aussi avec un plaisir nettement plus mitigé qu'on paranoïate copieusement sur mon compte. Je vais donc tâcher de vous éclairer un peu...
Mes préparatifs avancent pas mal du tout. Pour l'instant j'ai pas fait grand chose mais je progresse plus vite que prévu. Je suis allée cet après-midi au centre Pasteur, pour me faire pasteuriser un coup, c'est à dire qu'on m'a vaccinée contre la typhoïde et l'hépatite A, deux maladies que l'on contracte en mangeant des fruits et légumes souillés et de l'eau impure dans les pays en voie de développement. J'ai aussi reçu des brochures avec des recommandations aux voyageurs.
Sachez donc que maintenant, jusqu'au mois de juin où je devrai me méfier des moustiques porteurs de l'encéphalite japonaise, à part une douleur dans le bras gauche qui augmente et commence carrément à me l'engourdir, je ne risque plus grand chose sanitairement parlant.
Elle est vaccinée la fille.
Ensuite, en ce qui concerne les soucis avec les autorités chinoises.
On va me crier dessus pour avoir utilisé tous ces mots-là à la suite, comme si j'allais me faire arrêter parce que je parle de mon pays de destination.
Sachez tout d'abord qu'en général je prends ça comme une attention très touchante à ma petite personne. Ça fait plaisir d'être aimée. Mais je dois dire qu'avec certains, j'ai un peu plus de mal, et la répétition n'aide pas beaucoup...
Je réprimerai donc l'envie de répondre des mots pas très jolis ni polis pour expliquer calmement que nombre de Français vivent dans ce pays, que beaucoup bloguent et racontent ce qu'ils voient, ce qu'ils vivent, ce qui se passe, et qu'ils sont sacrément bien renseignés parce qu'ils parlent la langue locale et qu'ils comprennent tout ce qui se lit et dit autour d'eux. Il y a deux ans j'ai suivi un blog de française qui parlait très carrément de tout ce qu'elle observait, par exemple.
Chaque fois que je parle de mon départ on me propose de rencontrer quelqu'un qui y a vécu, ou de me donner un numéro ou adresse électronique d'une famille qui vit sur place.
Aucun d'entre eux n'a eu de problème avec les autorités.
Il y a beaucoup de catholiques dans le tas, personne ne s'est fait arrêter pour pratique illégale de sa foi, puisqu'ils assistent aux offices de la branche autorisée de l'Église chinoise, ce que j'ai l'intention de faire.
Il y a des familles, des célibataires, des gens qui parlent chinois, d'autres non, je n'ai pas entendu dire qu'ils avaient eu des soucis pour correspondance avec leurs proches sur le thème de leur pays d'accueil.
Enfin, tout simplement, a-t-on entendu parler récemment d'expatriés qui se seraient fait séquestrer en Chine ?
Non, parce que dans ce pays, faut vraiiiment le vouloir pour avoir des ennuis quand on vient de l'étranger. Parce que dans ce pays, on soigne les expatriés, encore plus quand ils ont le statut d'expert (qui sera le mien).
Parce qu'enfin, une fois sur place, je serai concentrée sur mon métier et la réussite de ma mission, et que je compte appliquer la sagesse asiatique des trois singes : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire.
Et si jamais je me mettais à causer ouvertement, on m'a confirmé récemment, en toute logique et comme je m'y attendais, que la censure chinoise est bien moins forte en français qu'en anglais, parce que le français est encore moins parlé que l'anglais en république populaire, et qu'il est extrêmement difficile pour eux de contrôler tous les sites francophones. Donc pour utiliser Internet comme en France, j'utiliserai un programme tout simple et légal en cas de besoin, mais mes recherches en français seront déjà bien plus fructueuses que les anglaises, et encore davantage que les chinoises qui se font dans ce grand pays.
Ensuite, j'ai une confiance aveugle en mon ange gardien, qui s'est déjà montré particulièrement efficace. Et je constate que les plus hautes Autorités Célestes me soignent aussi avec une affection sans limite.
Si avec ça je me fais emprisonner, c'est que quelqu'un, quelque part, m'en veut terriblement et a trouvé une poupée vaudou.
Pour l'instant, il pique le bras gauche de la poupée... L'aiguille du vaccin était quasi-indolore, et là je douille de plus en plus.
Elle est majeure, la fille, et informée, même.
Donc, comme dirait l'autre, don't worry, be happy.
22 novembre 2009
Gloups
Je viens de recevoir des nouvelles de Chine, et j'apprends qu'on prévoit de me mettre dans un avion le 4 ou le 5 décembre... Je ne m'y attendais plus !
Va falloir me bouger à la vitesse de la lumière si je veux être prête à temps !
L'aventure commence, les frissons me parcourent le dos.
Ouuuuh! tout d'un coup ça devient palpable. Ce n'est plus juste un beau projet avec des questions sans réponse, c'est du solide, du concret. Je sais où je vais, et quand j'y vais.
Eh ben... Ça fait tout drôle, par là du côté de la conscience et des questions métaphysiques.
Allez faut que je dorme pour préparer le grand départ !
Bonne fête du Christ Roi à tous !
19 novembre 2009
Portrait chinois
Piqué chez Zouz ma cousine, un petit portrait d'actualité puisque je vais bientôt aller les voir, les Chinois. Attention, on part dans le métaphysique.
Si j'étais...
... un art : la spirale celtique
... un mot : partage
... un film : Princesse Mononoké
... un livre : argh, Michel Strogoff ? Le Seigneur des Anneaux ? Plutôt Michel Strogoff...
... un bruit : le clic discret d'un appareil photo
... un bijou : ma bague en argent, faite de deux triskels
... un sport : le yoga
... une fleur : une jonquille sauvage
... un chiffre : 3
... un animal : un okapi (trop facile !)
... un métier : prof de FLE (idem)
... un oiseau : un rouge-gorge
... une odeur : yuzu-bergamote-patchouli-ylang-ylang-rose-lavandin (tout un parfum quoi ! A la foi profond et aérien.)
... un insecte : un moustique. Rassurez-vous je plaisante. Un papillon, un joli petit papillon de chez nous nommé argus bleu nacré
... un magasin : Euh... Lush ?
... un pouvoir : Un super-pouvoir ou un pouvoir tout court ? Parce que pouvoir tout court ça n'a pas d'intérêt... Ou alors le pouvoir d'aimer. Là d'accord. Mais aimer c'est une volonté, pas vraiment un pouvoir.
... un paysage : les côtes sauvages de Quiberon sous un orage, mais avec le soleil en fond, qui apparaît lentement derrière les nuages et envoie quelques rayons sur les vagues déchaînées qui se fracassent sur les rochers. Ah ouaiiiiis !
... un vêtement : une robe. Une jolie robe féminine et élégante, dans laquelle on est à l'aise pour bouger (je vous garantis que ça existe !)
... une boisson : le thé yuzu-temple de chez Mariage Frères (thé vert au yuzu, agrume nippon proche de la bergamote)
... une chanson : Seulement une ? Ça c'est rude. En fonction de mon humeur elle varie énormément, mais on va dire que la dominante, celle dans laquelle je me reconnais toujours, celle de ma promesse scoute, c'est L'enfant au cœur d'or. (Bon, la version de Deezer est nulle, mais c'est la seule disponible. Je la chante beaucoup mieux...)
08 novembre 2009
A défaut d'une grasse matinée
... j'en ai eu une riche !
Samedi matin, je me réveille à 6h45, m'extirpe du lit péniblement et me prépare pour sortir, une heure et demie plus tard, et rejoindre les transports en commun pour une heure et quelques de trajet. Trois métros, un tramway.
Me revoici à l'école. Grand sourire. Je n'y étais pas retournée depuis mai dernier, et on m'a appelée il y a quelques jours pour me proposer de revenir en attendant la Chine. Puisque je peux penser décemment qu'il me reste un mois ici, je dois, en quatre séances, donner à des filles qui ne parlent pas français à la maison les outils pour suivre les cours facilement, obtenir leur brevet et garder le niveau au lycée. La préparation m'a pris un temps fou, heureusement j'avais des fiches et des exercices tout prêts.
J'entre, fais des photocopies en discutant, apprends qu'on me prévoit cinq filles, et me dirige vers ma classe.
Trois heures de bonheur. Une dictée, un cours de grammaire qui n'était pas du luxe, une étude de texte et une rédaction.
Ça a tenu, et nous n'étions même pas fatiguées à la sortie. Bon d'accord, y en a qui vont finir leurs quinze lignes à la maison mais deux d'entre elles ont fini à temps. Mais elles n'avaient pas envie de partir.
Les filles sont réactives, lèvent la main frénétiquement pour répondre, rient de bon cœur à mes blagues, sont rapidement à l'aise et moi encore davantage.
Elles s'intéressent, posent des questions, on des attentes sur les sujets de cours des prochaines séances.
Elles sourient, moi aussi.
Je ne résiste pas à l'envie de partager quelques douceurs, des douceurs de prof. :
Fin de la troisième pause pour laquelle j'avais accordé une minute trente, les filles reviennent sagement, je les accueille avec un "contente de vous revoir !" et entends, lancé du tac au tac : "nous aussi !"
Fin du cours, leur responsable de niveau qui m'a fait venir vient nous voir et demande "alors ça vous plaît ?" La réponse, immédiate, est un grand "oui !"
La semaine prochaine, je rempile avec six filles, car elles en ont encouragé une à nous rejoindre.
Qu'est-ce que j'aime mon métier !
05 novembre 2009
Il est des pays comme ça qui m'épateront toujours...
Après la loi interdisant la pilule du lendemain, à cause de ses effets abortifs, au Pérou, voici que je tombe sur un article que la France gagnerait à connaître :
Crucifix dans les écoles en Italie : un symbole « laïc » éloquent
Loi adoptée en 1859 par un Etat pourtant hostile à l’Eglise
ROME, Mercredi 4 novembre 2009 (ZENIT.org) - Le « crucifix » constitue aussi un symbole « laïc » éloquent, a déclaré le Conseil d'État italien.
Ainsi, la sentence de la Cour européenne des Droits de l'homme de Strasbourg qui demande d'enlever les crucifix des salles de classes italiennes, contredit une décision du Conseil d'État italien, sans prendre en considération ce que le Conseil d'État a statué en la matière (cf. ci-dessous in « Documents », la sentence en français). De plus, la loi sur les crucifix en Italie date de 1859, au moment où l'État italien nourrissait pourtant quelque hostilité envers l'Eglise.
Il s'agit de la décision n. 556 du 13 février 2006 de la VIe section du Conseil d'État italien qui rejette le recours de Mme Lautsi demandant d'enlever les crucifix de l'école d'Albano Terme (près de Padoue), où ses deux enfants sont scolarisés.
« Il est évident, a déclaré le Conseil d'État, que le crucifix est un symbole qui peut assumer différentes significations et servir à différents desseins, d'abord du fait du lieu où il se trouve ».
Il est donc un symbole « religieux » dans un lieu de culte, mais dans un lieu non culturel, comme l'école, destinée à l'éducation des jeunes, le crucifix « n'a pas de signification discriminatoire » du point de vue religieux du fait qu'il représente une synthèse perceptible de « valeurs » importantes « du point de vue civil », qui « inspirent l'ordre constitutionnel » italien et le « fondement de la coexistence civile » dans cette nation.
Donc, même dans un contexte « laïc », le crucifix a une valeur symbolique « hautement éducative », indépendamment des choix religieux des élèves.
« En Italie, dit le Conseil d'État, le crucifix est apte à exprimer, en clef symbolique mais de façon adéquate, l'origine religieuse des valeurs de tolérance, de respect réciproque, de mise en valeur de la personne, d'affirmation de ses droits, de considération de sa liberté, d'autonomie de la conscience morale face à l'autorité, de solidarité humaine, de refus de toute discrimination qui distinguent la société italienne ».
« Ces valeurs, dit encore le Conseil d'État italien, ont imprégné les traditions, la façon de vivre, la culture du peuple italien » et elles « émergent des normes fondamentales de notre Charte constitutionnelle » qui dessine la « laïcité » spécifique de l'État italien (cf. Partie I, Principes fondamentaux).
Enfin, pour éviter des confusions ou des anachronismes, le Conseil d'État rappelle que la « prescription des crucifix dans le mobilier des salles de classe » remonte non pas au concordat de 1929, mais à la loi Casati de 1859, adoptée par un Etat « qui nourrissait bien peu de sympathie pour l'Église catholique ».
***
C'est une des raisons pour lesquelles j'aime l'Italie. Ce pays a su faire de la séparation de l'Église et de l'État non pas une mis au ban de la foi et des valeurs qu'elle transporte, mais un partage qui a apporté un grand héritage dont le pays est resté conscient. Je crois que nous avons beaucoup à apprendre là-dessus.
31 octobre 2009
Krrr, mayday, krrrrr
Mayday, nous avons un problème grave de gestion du temps, le blog est à l'abandon, malgré la cargaison de photos et de trucs à raconter !
En fait, le chargement est trop lourd, et on ne peut plus commencer un article sans crouler sous le poids des images et des mots qui fusent !
Je ne vous oublie pas, mais entre le raccommodage de chaussettes (eh oui, ça m'arrive), l'aspirateur, la crève à soigner, les 80 ans de ma grand-mère et la visite intensive de Paris en début de semaine, je ne sais plus trop où donner de la tête.
Et puis vous avez commencé à cerner un peu le personnage : gérer un emploi du temps chargé, c'est pas du tout ma spécialité. Je suis du genre lamentable larve procrastineuse, ce qui porte un considérable préjudice à mes piles de livres et de papiers à ranger et lire, et aux tapis couverts d'amas de graines que Chapi et Chapo envoient autour de leur cage, sans que j'arrive à les aspirer en une fois.
Sur ce, je vais prendre mon courage à deux mains, y ajouter les orteils, et aller arranger un peu tout ça. Rendez-vous dès que je peux rentrer dans ma chambre sans me taper le front avec l'air coupable de la fille qui a oublié ce qui était autour de son ordi pendant un mois, et qui constate les dégâts avec effroi.
P.S. : je prévois une grosse fiesta sur Paris avant mon départ, puisque Facebook (oui, j'ai cédé, honteusurmôa) ne suffit pas, ceux qui veulent venir et que je connais, dites-moi quand ça vous arrange que je puisse la préparer comme il faut et prévenir tout le monde !
20 octobre 2009
Le petit Nicolas
Je vous en avais parlé il y a longtemps, nous l'avons vu, enfin !
C'est fin, drôle, intelligent, les acteurs (professionnels ou non) sont excellents, la musique fort agréable, le générique lui-même est épatant, et le tout forme un très bel hommage au travail de Sempé et Goscinny.
On y trouve toute la fraîcheur des livres, avec l'ambiance des cours de récréation de l'enfance, en mieux. (Oui, à mon époque, quelques décennies plus tard, ça c'était franchement dégradé...) Une imagination débordante, des rêves et des histoires comme si on y était, et la réalisation sert très très bien l'ensemble, avec des idées aussi farfelues que celles de Rufus, Alceste, Eudes et compagnie.
Vraiment, courez le voir, c'est très chouette !
16 octobre 2009
Foire d'automne : 10 questions pour le prix d'une, approchez approchez !
Bien le bonjour bonnes gens !
Voici notre foire d'automne, spéciale questions (stupides ou pas, nous ne sommes pas difficiles) !
Notre thème du jour est : le départ de Nitt en Chine.
C'est parti, première question.
Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
C'est l'histoire d'une fille, qui naît dans une ville de l'Est, il fait
froid, il neige, c'est l'Alsace. Et cette fille grandit, grandit,
grandit et devient prof de FLE. Et un jour, elle se dit "tiens, et si
je postulais pour avoir un travail ?" Et elle postule, et elle trouve
un travail en Chine.
T'as pas trouvé plus près ?
Premièrement, plus près c'est moins drôle.
Deuxièmement, si j'avais trouvé autre chose, ça se saurait.
Troisièmement, je visais plus loin, à l'origine.
Alors la Chine, ça se précise ?
Aussi vite que possible vu que mon contact à Shangqiu parle anglais moins bien que moi. Je lui ai répondu deux fois que j'étais contente de travailler pour eux. J'ai eu des réponses à mes interrogations sur le plus important : comment se prépare le départ et qu'est-ce que je dois faire pour que ça avance, le climat et compagnie.
Alors, tu pars quand ?
Pour la 27ème fois, je l'ignore. Ça se décidera une fois que j'aurai mes papiers et mon visa.
Tu auras quand ton visa ?
Quand mon contact aura fait le nécessaire auprès du gouvernement chinois afin que j'obtienne un certificat de permission de travail, il me l'enverra par la poste. Une fois munie de ce document, j'irai voir l'ambassade et je mettrai en route la dernière partie du processus pour obtenir mon visa Z (celui d'"expert" puisque je suis expert linguistique) (ouais, je sais). Je n'ai aucune date précise.
Tu sais que la fuite n'est pas une solution ?
Je ne fuis pas, au contraire !
Mais alors, tu nous aimes plus, tu t'en vas comme ça ?
Ben oui je m'en vais comme ça, mais c'est un choix fait et assumé depuis longtemps figurez-vous. Et bien sûr que si je vous aime, mais mon destin m'appelle, et il est temps de répondre. Si vous m'aimez, vous comprendrez ! ;)
Tu sais que la Chine c'est pas le Japon ?
Il se trouve qu'à l'école j'ai suivi une matière sympa comme tout appelée histoire-géographie. Sur les atlas qu'on nous montrait, la Chine était bien située à un autre endroit que le Japon. Ça m'a mis la puce à l'oreille (ça gratte).
Ensuite, quand j'ai travaillé avec des Chinois, j'ai remarqué qu'ils ne pensaient ni ne parlaient comme les Japonais, j'ai donc amélioré ma compréhension du concept.
Lors de mon stage de 5 mois dans une association franco-chinoise, j'ai mangé chinois, vécu les cours et le contact interculturel comme si j'y étais, et côtoyé une large trentaine de ces individus, sans compter mes tutorats avec des Chinois. Je peux donc dire légitimement que je suis un peu renseignée.
Et si tu t'y plais pas ?
L'école, le cadre, l'idée de changement et de découverte, le poste et le salaire me motivent. Sinon j'aurais pas envoyé ma candidature. Je savoure l'idée de gagner enfin ma vie, alors procédons par étape, si vous voulez bien, et regardons le côté éclairé par Dieu.
Merci.
...
Puisque vous insistez, si je ne m'y plais pas, je n'aurai qu'à prendre mon mal en patience jusqu'en juillet. Ensuite je saurai que je ne dois pas postuler à nouveau en Chine. C'est tout.
Tu sais qu'il y a deux églises en Chine ? Une officielle dont les membres sont surveillés et acceptés par l'État et les autres, clandestins, au service de l'Église ? Tu sais qu'il y a des tas de martyrs là-bas ?
Oui, je suis informée.
Je sais aussi que souvent les prêtres d'États sont reconnus par l'Église. Je vais aller voir les Missions Étrangères de Paris pour leur demander de plus amples renseignements.
Ensuite, à la Cotellerie pendant les sessions Marie-Espérance on a eu assez de veillées super émouvantes sur des prêtres qui baptisaient à tour de bras dans leurs "camps de rééducation" pour être au courant.
Et puis ce sera l'occasion de faire une chaîne de prières pour votre petite prof de FLE préférée ! Que ça se passe bien, que je trouve de bons prêtres, qu'il ne m'arrive rien de fâcheux, toussa...
Mais, tu vas faire comment si tu parles pas chinois ?
M'en remettre à Dieu !
Y a plein de Français qui y vont, et plein de professeurs de FLE comme moi, qui partent un an sans causer la langue du pays (quel que soit le pays d'ailleurs). Ils reviennent vivants, sur leurs deux jambes et ils ne sont pas traumatisés. Je m'adapterai.
Et je vais acheter un dico français-chinois, une carte en français, et si je trouve, un guide oui-non : on montre la question aux gens et ils répondent "oui" ou "non". Très pratique.
Mais, tu vas enseigner comment si tu parles pas chinois ?
Comme je le dis très souvent, un bon professeur de FLE n'a pas besoin de parler la langue de ses apprenants. Comment on fait dans une classe internationale, selon vous ? On ne peut pas parler portugais du Brésil, allemand, chinois, coréen, vietnamien, anglais et russe en même temps ! (Et non, les profs de FLE ne sont pas pourvus du don des langues de l'Acte des apôtres...) Ben là, pareil sauf qu'en face ils ne parleront qu'une seule langue.
Je connais quelqu'un qui y est, je te donne son adresse ?
Pas tous à la fois, j'ai déjà 4 contacts potentiels, je vais d'abord digérer un peu, laisser venir et trouver des questions à poser. Mais c'est gentil.
Ta mère n'a pas peur pour toi ?
Non. Elle est ravie.
Tu emportes un énoooorme sac ?
J'en sais rien. Il y a beaucoup à emporter parce que je ne trouverai pas certains articles là-bas (savons au patchouli - rigolez pas, ce sont les seuls qui font du bien à ma peau fragile - huiles essentielles, boule de lavage, chocolat...) mais j'ai pas encore fait le point.
Hey ça date de deux jours ! On se calme !
Comment prépares-tu ton voyage ?
D'abord je me suis renseignée sur le lieu, le manuel utilisé en cours, et je me suis familiarisée avec la Chine et ses conditions de vie au cours de mes 6 ou 7 candidatures précédentes dans ce pays.
Je vais faire un bilan de santé que j'enverrai en Chine pour qu'on établisse le certificat sus-mentionné, vérifier au passage que je n'ai pas besoin de vaccin particulier (et ils peuvent courir pour me vacciner contre la grippe du cochon volant), passer chez l'ostéopathe afin d'améliorer l'état de mon dos, et chercher un moyen de profiter quand même de sacrements en français puisqu'il n'y a pas de paroisse francophone à Shangqiu.
La messe je peux gérer, ce sont les confessions qui vont m'embêter. Les cathos qui me lisent, s'il vous plaît, une 'tite place dans vos prières pour que j'aie accès à ce sacrement ?
Tu pars quand ?
On l'a déjà dit, ça.
Qui paye ton billet ?
L'université.
Qui te loge ?
L'université. Dans une villa sur le campus. On sera deux Français dedans, c'est climatisé, meublé, avec Internet.
Le salaire est bon ?
Très. Supérieur à celui proposé d'habitude pour ce pays, et encore supérieur grâce à mon bô diplôme. Mais ça reste un salaire local.
Tu vas faire combien d'heures par semaine ?
15, soit 20 cours (une heure académique, je le rappelle, faisant 45 min). Tout cours supplémentaire sera financé comme heure sup'. C'est extrêmement confortable. Tout comme j'avais demandé dans mes prières (visa et avion itou).
Quels niveaux ?
Débutants, et faux-débutants, peut-être des niveaux 1, mais pas sûr. Ils travaillent avec un bon manuel, ce qui me rassure énormément sur la progression.
C'est comment le climat à Shangqiu ?
Continental. Donc proche du climat alsacien : jusqu'à -6°C en hiver, jusqu'à 36°C en été, très doux entre les deux. En ce moment, il fait 24 à 26° le jour, et 6° la nuit.
Heureuse de partir ?
OUI ! (Vous savez, "mon rêve se réalise", "je vais enfin m'épanouir", "j'attendais ça depuis tant d'années" toussa...)
Ça ressemble à quoi leur cuisine ?
Ça fait peuuur !
Non je sais qu'il y a de bons plats (plusieurs de mes plats nippons préférés sont originaires de Chine, cependant ils ont été modifiés au goût des Japonais) mais j'angoisse un peu à l'idée d'apprendre à cuisiner avec leurs ingrédients bizarres, moi qui dois faire attention à ce que j'avale, pour ne pas ressembler à une grosse calculatrice.
Tu vas faire comment pour la sécu ?
Eh bien la sécu française va se débrouiller sans moi, en Chine l'université me paye une mutuelle.
Quelle est l'idée farfelue qui t'es venue en tête depuis que tu sais que tu pars ?
Eh bien après avoir angoissé pour mes cours (maintenant que je sais quel manuel on va utiliser, je suis très relax sur le sujet) et me demandant toujours comment je vais communiquer sur place (on m'a suggéré de demander au Saint Esprit le don des langues... c'est pas idiot !) j'ai pensé que là-bas, la médecine chinoise, les massages, les soins de la peau et tout, ça sera courant et pas cher... Je sens que je vais en profiter à fond. J'aurai les moyens de me l'offrir ! Rendez-vous compte ! Ça me change la vie, ça !
Qu'est-ce qui va te manquer à coup sûr ?
Le lait de chèvre et nos fromages d'ovins et de caprins... La cuisine française en général et les ingrédients de chez nous, mes amis, mes oiseaux, Gribouille aussi, mais pas ses griffures/morsures ni les trous qu'elle fait dans tout ce qui m'appartient, le chocolat... aaaaah le chocolllaaaaaaaat !
Ils sont contents de te voir débarquer là-bas ?
Eh bien vu que j'ai envoyé les premiers documents demandés en moins de 24h, ils ont l'air ravis. Maintenant faut que je m'active pour le bilan de santé.
Tu vas leur apporter la grippe A ?
Ce serait pas sympa de ma part et ça m'étonnerait, j'ai mon huile du cochon volant qui me prémunit contre ce genre de bêtise. Mais je vais faire un stock de paracétamol pour aller là-bas. C'est la seule molécule qui me soulage à coup sûr des migraines et douleurs diverses. Les autres - genre ibuprofène, qui m'a grandement secourue aux States - je m'y habitue et aujourd'hui ça ne me fait plus rien. La preuve que je m'adapte à tout très vite.
Mais la paperasse, tu vas faire comment ?
Les papiers internationaux chinois sont bilingues chinois-anglais. Et il se trouve que je parle dans les angles.
Ensuite, les factures d'électricité et compagnie... je demanderai de l'aide sur place !
C'est quoi le décalage horreur avec eux ?
6 heures de plus en été, 7 en hiver (ils ne changent pas d'heure).
Tu y vas pour combien de temps ?
Une année scolaire. C'est déjà énorme dans mon métier...
Et tu pars quand ?
*soupir*
Tourne la tête et beugle, l'air désespéré :
Sécuritééé !
14 octobre 2009
Shangqiu
Shangqiu, ville située à la frontière est de la province du Henan en Chine, se trouve à environ 400 km de la mer jaune, près du 34ème parallèle, soit très au sud par rapport à Paris, à la Bretagne et à New York. C'est à très peu près la même latitude que Tôkyô.
Actuellement elle doit approcher les 9 millions d'habitants, et cette ville-préfecture est également le siège d'un évêché catholique. Avec plus de 4 000 ans d'histoire elle se modernise et se trouve sur deux lignes ferroviaires, ce qui rend les voyages vers les principales villes du pays aisés.
Elle héberge une université, n°2 de la province, qui forme plus de 18 000 futurs ingénieurs avec 1 300 profs. Une partie de ces jeunes part chaque année sur Dijon pour y apprendre nos techniques. Ces étudiants-là ont besoin de profs de français.
L'un des deux profs, cette année, ce sera moi.
Voilà, l'attente, les prières, les supplications et les larmes ont fini par payer, j'ai répondu "oui" tout à l'heure et j'ignore quand je pars.
Mais ça va être une grande aventure.
CHAMPAGNE !
12 octobre 2009
Recettes sucrées pour se régaler
Vous êtes au courant, jeudi soir dernier, il y eut un évènement d'importance dans la vie de maman, et les jours qui ont précédé il y eut beaucoup de cuisine dans la mienne. Comme je l'ai promis, je vous donne les recettes de nos petites merveilles.
Financiers aux amandes (Merci Cmoua, merci PMB)
130 g de sucre glace
50 g de farine
50 g de poudre d'amande
1 pincée de levure chimique
70 g de beurre
4 blancs d'œufs
Faire fondre le beurre.
Mélanger tout le reste au fouet.
Ajouter le beurre et mélanger à nouveau.
Mettre la pâte au réfrigérateur environ 1 heure.
Préchauffer le four thermostat 6 (180/200° Celsius)
Beurrer les moules et verser la pâte dedans puis mettre à cuire 12 min.
Mi-cuits au chocolat (une tuerie)
4 œufs
75 g de sucre en poudre
55 g de poudre d'amande
100 g de chocolat noir à 60% de cacao (ce que j'ai fait, puisque mon choc. était pas assez noir, c'est que j'ai ajouté du cacao en poudre. Ça a marché super.)
100 g de beurre plus de quoi beurrer les moules
Préchauffer le four à 210°.
Fouetter les œufs avec le sucre jusqu'à blanchiment.
Ajouter la poudre d'amande en pluie sans cesser de fouetter jusqu'à obtention d'une pâte homogène.
Faire fondre le chocolat (+ cacao le cas échéant) avec le beurre et lisser le mélange hors du feu.
Mélanger les deux préparations.
Beurrer les moules, répartir la pâte (elle gonfle un peu) et enfourner pour 8 min.
Allonger légèrement la cuisson si on veut que l'ensemble soit cuit, sinon le cœur reste fondant.
Demies-lunes à la crème (riche mais bon)
Une pâte feuilletée
3 jaunes d'œuf
3 CàS de sucre
3 CàS de farine
50 cl de lait
1 pincée de sel
2 gouttes d'extrait de vanille
Préparer une crème pâtissière :
Battre les jaunes avec le sucre jusqu'à blanchiment, puis incorporer la farine.
Porter le lait à ébullition, avec le sel et l'extrait de vanille.
Incorporer la préparation précédente et laisser cuire à feu doux jusqu'à ce que la crème se solidifie.
Retirer du feu et laisser refroidir.
Préchauffer le four à 180°.
Découper des ronds dans la pâte feuilletée, y déposer une cuillère de crème, fermer et déposer sur une plaque.
Faire cuire pendant 15 à 20 min.
Saupoudrer de sucre glace.
On peut aussi remplacer la crème pâtissière par de la confiture.
Rochers congolais (grand succès)
3 blancs d'œuf
225 g de sucre en poudre
225 g de noix de coco en poudre
1 pincée de sel
de quoi beurrer une plaque
Mettre les blancs d'œufs et le sucre avec la pincée de sel dans une casserole.
Mettre la casserole au bain-marie.
Battre le tout pendant que ça chauffe.
Quand le mélange est trop chaud pour y mettre le doigt, le sortir du feu et incorporer la poudre de coco.
Beurrer la plaque du four et y poser des petits tas de pâte façonnée avec des cuillères à soupe.
Enfourner à 110° pendant 35 min (les rochers ne doivent pas bronzer) et retirer du four immédiatement.
Régalez-vous !












