Réveil au aurores parce que mes voisins de couchette ont déjà fini leur nuit... je me lève, me recouche, et finis par me rendormir après un bon moment de tournicotage sur moi-même.
Puis je me re-réveille... dans un poulailler.
Dans le box d'à côté, deux petites vieilles sont venues placoter avec celles qui dorment là et elles causent très fort. On dirait que tout le wagon est rempli de leurs piailleries, c'est incroyable.

Mais je reste allongée.

Et me re-re-réveille quand le contrôleur me tapote le genou pour récupérer sa carte en plastique, échangée contre mon billet lorsque je suis montée dans le train.

Je me lève pour de bon, décide que la toilette attendra l'aéroport (oh que je fais bien) et prends un petit déjeuner au lait de coco et madeleines françaises - marque française s'il vous plaît, elles viennent du rayon import de Dennis, ze magasin chic de Shangqiu, je me crois en France pendant les premières secondes où j'en savoure une, reviens très vite en Chine quand mes voisins se mettent à causer. Puis je reprends mon livre et attends l'arrivée.

Je descends du train parmi les derniers, ce qui fait que le contrôleur - gentil monsieur - en voyant que je m'exclame "oh nan !" avec force quand je vois qu'il a retiré la plaque de métal qui fait la jonction entre le train et le quai, attrape une poignée de mon sac et m'aide à le mettre du bon côté de la gare.
Le temps d'observer où les Chinois se dirigent et de voir que l'escalier roulant semble hors service, je me tourne vers une autre sortie où un pan incliné me permet de descendre sans me briser la colonne vertébrale, fais non de la tête aux gars qui essaient de me vendre leurs services de portage pour 20 yuans (déjà donné l'an dernier les gars. Vous avez fait tomber le violoncelle de Marion, puis vous vous êtes montrés très très inconvenants, pour un service qui n'en valait même pas la peine), m'affole en voyant que j'ai perdu mon ticket et que selon toute logique on va me le contrôler à la sortie (en fait non), et renonce très rapidement à prendre le métro pour aller à l'aéroport. Un taxi, c'est mieux. Sinon je vais me déboîter une épaule.

Je rejoins la longue, l'interminable file d'attente et y perds un kilo de graisse à suer comme un cochon au soleil et entre enfin dans une voiture verte et jaune. Je suis toute surprise de voir que ma déduction sur la façon de dire "aéroport" en chinois fonctionne, et me trouve comme une andouille quand le chauffeur me demande quel terminal. Euh... j'ai oublié. Après avoir cherché en vain dans ma bwatamèl, j'envoie un message à Shannon pour lui demander de chercher pour moi, et me souviens juste à temps que j'ai l'image du blog sur mon ordinateur. Hop, je l'allume, cherche, trouve, donne le bon numéro et explique que mon chinois est mauvais parce que pendant deux ans j'ai entendu du "shangqiu hua" (traduction : le dialecte de Shangqiu), et le brave monsieur, tout gentil, me dit que c'est pas grave. Il me pose enfin au terminal 3. Je trouve la porte qui mène à ma compagnie d'aviation, et surtout des toilettes où je vais me laver et me changer, avant d'aviser un coin où poser mon séant et rallumer l'ordi pour profiter du Wi-fi.

Puis je me trouve un restaurant abordable, et après pas mal de recherches partout et l'aide de deux hôtesses au sol trouve une prise pour rebrancher l'ordi (si le fil voulait bien arrêter de jouer à - je suis branché je le suis plus, je suis branché, je suis branché un peu je le suis plus" ce serait vachement sympa) et surfer comme une malade.
Depuis que je blogue, assise sur mon sac, j'ai déjà fait deux B.A. Je suis en train de piquer leur boulot aux hôtesses en question, ha ha.

Je suis donc à l'étage des arrivées, j'entends en alternance de la musique chinoise et des morceaux de piano que ma grand-mère aime jouer le matin... je suis plutôt fatiguée et commence à penser à aller marcher un peu pour me dégourdir le bas du dos qui trouve le sac fort peu ergonomique. Et avec la clim de la maison de Shangqiu, j'ai chopé mal à la gorge. La nuit en train n'a rien arrangé.

Il me reste à changer mon argent, ce que j'hésite à faire parce que je soupçonne mes sacs d'être en excédent de poids et comme je n'ai pas l'intention de laisser des choses derrière moi, je risque d'avoir des dépenses à faire ce soir... Et je me demande si j'ai bien fait de faire un "check-in" sur le net, parce que je n'ai aucun moyen d'imprimer mes billets... Boulette ? On verra.

Cette nuit, je décolle. Je suis tellement impatiente !