26 novembre 2009
Micmacs à tire-larigot
Hier soir, nous sommes allées au cinéma. Avant mon départ, il fallait rattraper un peu le retard accumulé sur les bonnes sorties de ces dernières semaines.
En fonction des horaires et de la salle la plus facile à atteindre après le travail, maman et moi avons opté pour le dernier Jean-Pierre Jeunet.
Un film qui rappelle ceux de Gondry, avec une ambiance mâtinée de La Cité des enfants perdus. Un long-métrage que malheureusement on ne conseillera pas aux enfants, mais les scènes concernées ne dominent pas et laissent la place à une œuvre farfelue, inventive, drôle et touchante, avec en fond latent un plaidoyer contre les armes à feu.
Imaginez Amélie Poulain qui s'attaquerait à deux marchands d'arme, et emploierait pour ça Jerry Gerber, alias Jack Black dans Soyez Sympas, Rembobinez...
Je recommande.
23 novembre 2009
Majeure et vaccinée (aïe)
Bien le bonjour tout le monde,
Je constate avec plaisir qu'on s'interroge sur l'avancée des préparatifs, on me demande si je m'en sors, tout ça. Je constate aussi avec un plaisir nettement plus mitigé qu'on paranoïate copieusement sur mon compte. Je vais donc tâcher de vous éclairer un peu...
Mes préparatifs avancent pas mal du tout. Pour l'instant j'ai pas fait grand chose mais je progresse plus vite que prévu. Je suis allée cet après-midi au centre Pasteur, pour me faire pasteuriser un coup, c'est à dire qu'on m'a vaccinée contre la typhoïde et l'hépatite A, deux maladies que l'on contracte en mangeant des fruits et légumes souillés et de l'eau impure dans les pays en voie de développement. J'ai aussi reçu des brochures avec des recommandations aux voyageurs.
Sachez donc que maintenant, jusqu'au mois de juin où je devrai me méfier des moustiques porteurs de l'encéphalite japonaise, à part une douleur dans le bras gauche qui augmente et commence carrément à me l'engourdir, je ne risque plus grand chose sanitairement parlant.
Elle est vaccinée la fille.
Ensuite, en ce qui concerne les soucis avec les autorités chinoises.
On va me crier dessus pour avoir utilisé tous ces mots-là à la suite, comme si j'allais me faire arrêter parce que je parle de mon pays de destination.
Sachez tout d'abord qu'en général je prends ça comme une attention très touchante à ma petite personne. Ça fait plaisir d'être aimée. Mais je dois dire qu'avec certains, j'ai un peu plus de mal, et la répétition n'aide pas beaucoup...
Je réprimerai donc l'envie de répondre des mots pas très jolis ni polis pour expliquer calmement que nombre de Français vivent dans ce pays, que beaucoup bloguent et racontent ce qu'ils voient, ce qu'ils vivent, ce qui se passe, et qu'ils sont sacrément bien renseignés parce qu'ils parlent la langue locale et qu'ils comprennent tout ce qui se lit et dit autour d'eux. Il y a deux ans j'ai suivi un blog de française qui parlait très carrément de tout ce qu'elle observait, par exemple.
Chaque fois que je parle de mon départ on me propose de rencontrer quelqu'un qui y a vécu, ou de me donner un numéro ou adresse électronique d'une famille qui vit sur place.
Aucun d'entre eux n'a eu de problème avec les autorités.
Il y a beaucoup de catholiques dans le tas, personne ne s'est fait arrêter pour pratique illégale de sa foi, puisqu'ils assistent aux offices de la branche autorisée de l'Église chinoise, ce que j'ai l'intention de faire.
Il y a des familles, des célibataires, des gens qui parlent chinois, d'autres non, je n'ai pas entendu dire qu'ils avaient eu des soucis pour correspondance avec leurs proches sur le thème de leur pays d'accueil.
Enfin, tout simplement, a-t-on entendu parler récemment d'expatriés qui se seraient fait séquestrer en Chine ?
Non, parce que dans ce pays, faut vraiiiment le vouloir pour avoir des ennuis quand on vient de l'étranger. Parce que dans ce pays, on soigne les expatriés, encore plus quand ils ont le statut d'expert (qui sera le mien).
Parce qu'enfin, une fois sur place, je serai concentrée sur mon métier et la réussite de ma mission, et que je compte appliquer la sagesse asiatique des trois singes : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire.
Et si jamais je me mettais à causer ouvertement, on m'a confirmé récemment, en toute logique et comme je m'y attendais, que la censure chinoise est bien moins forte en français qu'en anglais, parce que le français est encore moins parlé que l'anglais en république populaire, et qu'il est extrêmement difficile pour eux de contrôler tous les sites francophones. Donc pour utiliser Internet comme en France, j'utiliserai un programme tout simple et légal en cas de besoin, mais mes recherches en français seront déjà bien plus fructueuses que les anglaises, et encore davantage que les chinoises qui se font dans ce grand pays.
Ensuite, j'ai une confiance aveugle en mon ange gardien, qui s'est déjà montré particulièrement efficace. Et je constate que les plus hautes Autorités Célestes me soignent aussi avec une affection sans limite.
Si avec ça je me fais emprisonner, c'est que quelqu'un, quelque part, m'en veut terriblement et a trouvé une poupée vaudou.
Pour l'instant, il pique le bras gauche de la poupée... L'aiguille du vaccin était quasi-indolore, et là je douille de plus en plus.
Elle est majeure, la fille, et informée, même.
Donc, comme dirait l'autre, don't worry, be happy.
22 novembre 2009
Gloups
Je viens de recevoir des nouvelles de Chine, et j'apprends qu'on prévoit de me mettre dans un avion le 4 ou le 5 décembre... Je ne m'y attendais plus !
Va falloir me bouger à la vitesse de la lumière si je veux être prête à temps !
L'aventure commence, les frissons me parcourent le dos.
Ouuuuh! tout d'un coup ça devient palpable. Ce n'est plus juste un beau projet avec des questions sans réponse, c'est du solide, du concret. Je sais où je vais, et quand j'y vais.
Eh ben... Ça fait tout drôle, par là du côté de la conscience et des questions métaphysiques.
Allez faut que je dorme pour préparer le grand départ !
Bonne fête du Christ Roi à tous !
19 novembre 2009
Portrait chinois
Piqué chez Zouz ma cousine, un petit portrait d'actualité puisque je vais bientôt aller les voir, les Chinois. Attention, on part dans le métaphysique.
Si j'étais...
... un art : la spirale celtique
... un mot : partage
... un film : Princesse Mononoké
... un livre : argh, Michel Strogoff ? Le Seigneur des Anneaux ? Plutôt Michel Strogoff...
... un bruit : le clic discret d'un appareil photo
... un bijou : ma bague en argent, faite de deux triskels
... un sport : le yoga
... une fleur : une jonquille sauvage
... un chiffre : 3
... un animal : un okapi (trop facile !)
... un métier : prof de FLE (idem)
... un oiseau : un rouge-gorge
... une odeur : yuzu-bergamote-patchouli-ylang-ylang-rose-lavandin (tout un parfum quoi ! A la foi profond et aérien.)
... un insecte : un moustique. Rassurez-vous je plaisante. Un papillon, un joli petit papillon de chez nous nommé argus bleu nacré
... un magasin : Euh... Lush ?
... un pouvoir : Un super-pouvoir ou un pouvoir tout court ? Parce que pouvoir tout court ça n'a pas d'intérêt... Ou alors le pouvoir d'aimer. Là d'accord. Mais aimer c'est une volonté, pas vraiment un pouvoir.
... un paysage : les côtes sauvages de Quiberon sous un orage, mais avec le soleil en fond, qui apparaît lentement derrière les nuages et envoie quelques rayons sur les vagues déchaînées qui se fracassent sur les rochers. Ah ouaiiiiis !
... un vêtement : une robe. Une jolie robe féminine et élégante, dans laquelle on est à l'aise pour bouger (je vous garantis que ça existe !)
... une boisson : le thé yuzu-temple de chez Mariage Frères (thé vert au yuzu, agrume nippon proche de la bergamote)
... une chanson : Seulement une ? Ça c'est rude. En fonction de mon humeur elle varie énormément, mais on va dire que la dominante, celle dans laquelle je me reconnais toujours, celle de ma promesse scoute, c'est L'enfant au cœur d'or. (Bon, la version de Deezer est nulle, mais c'est la seule disponible. Je la chante beaucoup mieux...)
08 novembre 2009
A défaut d'une grasse matinée
... j'en ai eu une riche !
Samedi matin, je me réveille à 6h45, m'extirpe du lit péniblement et me prépare pour sortir, une heure et demie plus tard, et rejoindre les transports en commun pour une heure et quelques de trajet. Trois métros, un tramway.
Me revoici à l'école. Grand sourire. Je n'y étais pas retournée depuis mai dernier, et on m'a appelée il y a quelques jours pour me proposer de revenir en attendant la Chine. Puisque je peux penser décemment qu'il me reste un mois ici, je dois, en quatre séances, donner à des filles qui ne parlent pas français à la maison les outils pour suivre les cours facilement, obtenir leur brevet et garder le niveau au lycée. La préparation m'a pris un temps fou, heureusement j'avais des fiches et des exercices tout prêts.
J'entre, fais des photocopies en discutant, apprends qu'on me prévoit cinq filles, et me dirige vers ma classe.
Trois heures de bonheur. Une dictée, un cours de grammaire qui n'était pas du luxe, une étude de texte et une rédaction.
Ça a tenu, et nous n'étions même pas fatiguées à la sortie. Bon d'accord, y en a qui vont finir leurs quinze lignes à la maison mais deux d'entre elles ont fini à temps. Mais elles n'avaient pas envie de partir.
Les filles sont réactives, lèvent la main frénétiquement pour répondre, rient de bon cœur à mes blagues, sont rapidement à l'aise et moi encore davantage.
Elles s'intéressent, posent des questions, on des attentes sur les sujets de cours des prochaines séances.
Elles sourient, moi aussi.
Je ne résiste pas à l'envie de partager quelques douceurs, des douceurs de prof. :
Fin de la troisième pause pour laquelle j'avais accordé une minute trente, les filles reviennent sagement, je les accueille avec un "contente de vous revoir !" et entends, lancé du tac au tac : "nous aussi !"
Fin du cours, leur responsable de niveau qui m'a fait venir vient nous voir et demande "alors ça vous plaît ?" La réponse, immédiate, est un grand "oui !"
La semaine prochaine, je rempile avec six filles, car elles en ont encouragé une à nous rejoindre.
Qu'est-ce que j'aime mon métier !
05 novembre 2009
Il est des pays comme ça qui m'épateront toujours...
Après la loi interdisant la pilule du lendemain, à cause de ses effets abortifs, au Pérou, voici que je tombe sur un article que la France gagnerait à connaître :
Crucifix dans les écoles en Italie : un symbole « laïc » éloquent
Loi adoptée en 1859 par un Etat pourtant hostile à l’Eglise
ROME, Mercredi 4 novembre 2009 (ZENIT.org) - Le « crucifix » constitue aussi un symbole « laïc » éloquent, a déclaré le Conseil d'État italien.
Ainsi, la sentence de la Cour européenne des Droits de l'homme de Strasbourg qui demande d'enlever les crucifix des salles de classes italiennes, contredit une décision du Conseil d'État italien, sans prendre en considération ce que le Conseil d'État a statué en la matière (cf. ci-dessous in « Documents », la sentence en français). De plus, la loi sur les crucifix en Italie date de 1859, au moment où l'État italien nourrissait pourtant quelque hostilité envers l'Eglise.
Il s'agit de la décision n. 556 du 13 février 2006 de la VIe section du Conseil d'État italien qui rejette le recours de Mme Lautsi demandant d'enlever les crucifix de l'école d'Albano Terme (près de Padoue), où ses deux enfants sont scolarisés.
« Il est évident, a déclaré le Conseil d'État, que le crucifix est un symbole qui peut assumer différentes significations et servir à différents desseins, d'abord du fait du lieu où il se trouve ».
Il est donc un symbole « religieux » dans un lieu de culte, mais dans un lieu non culturel, comme l'école, destinée à l'éducation des jeunes, le crucifix « n'a pas de signification discriminatoire » du point de vue religieux du fait qu'il représente une synthèse perceptible de « valeurs » importantes « du point de vue civil », qui « inspirent l'ordre constitutionnel » italien et le « fondement de la coexistence civile » dans cette nation.
Donc, même dans un contexte « laïc », le crucifix a une valeur symbolique « hautement éducative », indépendamment des choix religieux des élèves.
« En Italie, dit le Conseil d'État, le crucifix est apte à exprimer, en clef symbolique mais de façon adéquate, l'origine religieuse des valeurs de tolérance, de respect réciproque, de mise en valeur de la personne, d'affirmation de ses droits, de considération de sa liberté, d'autonomie de la conscience morale face à l'autorité, de solidarité humaine, de refus de toute discrimination qui distinguent la société italienne ».
« Ces valeurs, dit encore le Conseil d'État italien, ont imprégné les traditions, la façon de vivre, la culture du peuple italien » et elles « émergent des normes fondamentales de notre Charte constitutionnelle » qui dessine la « laïcité » spécifique de l'État italien (cf. Partie I, Principes fondamentaux).
Enfin, pour éviter des confusions ou des anachronismes, le Conseil d'État rappelle que la « prescription des crucifix dans le mobilier des salles de classe » remonte non pas au concordat de 1929, mais à la loi Casati de 1859, adoptée par un Etat « qui nourrissait bien peu de sympathie pour l'Église catholique ».
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C'est une des raisons pour lesquelles j'aime l'Italie. Ce pays a su faire de la séparation de l'Église et de l'État non pas une mis au ban de la foi et des valeurs qu'elle transporte, mais un partage qui a apporté un grand héritage dont le pays est resté conscient. Je crois que nous avons beaucoup à apprendre là-dessus.









