... j'en ai eu une riche !

Samedi matin, je me réveille à 6h45, m'extirpe du lit péniblement et me prépare pour sortir, une heure et demie plus tard, et rejoindre les transports en commun pour une heure et quelques de trajet. Trois métros, un tramway.

Me revoici à l'école. Grand sourire. Je n'y étais pas retournée depuis mai dernier, et on m'a appelée il y a quelques jours pour me proposer de revenir en attendant la Chine. Puisque je peux penser décemment qu'il me reste un mois ici, je dois, en quatre séances, donner à des filles qui ne parlent pas français à la maison les outils pour suivre les cours facilement, obtenir leur brevet et garder le niveau au lycée. La préparation m'a pris un temps fou, heureusement j'avais des fiches et des exercices tout prêts.
J'entre, fais des photocopies en discutant, apprends qu'on me prévoit cinq filles, et me dirige vers ma classe.

Trois heures de bonheur. Une dictée, un cours de grammaire qui n'était pas du luxe, une étude de texte et une rédaction.
Ça a tenu, et nous n'étions même pas fatiguées à la sortie. Bon d'accord, y en a qui vont finir leurs quinze lignes à la maison mais deux d'entre elles ont fini à temps. Mais elles n'avaient pas envie de partir.
Les filles sont réactives, lèvent la main frénétiquement pour répondre, rient de bon cœur à mes blagues, sont rapidement à l'aise et moi encore davantage.
Elles s'intéressent, posent des questions, on des attentes sur les sujets de cours des prochaines séances.
Elles sourient, moi aussi.

Je ne résiste pas à l'envie de partager quelques douceurs, des douceurs de prof. :
Fin de la troisième pause pour laquelle j'avais accordé une minute trente, les filles reviennent sagement, je les accueille avec un "contente de vous revoir !" et entends, lancé du tac au tac : "nous aussi !"
Fin du cours, leur responsable de niveau qui m'a fait venir vient nous voir et demande "alors ça vous plaît ?" La réponse, immédiate, est un grand "oui !"

La semaine prochaine, je rempile avec six filles, car elles en ont encouragé une à nous rejoindre.

Qu'est-ce que j'aime mon métier !