Bonjour eveuribodi.

Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, je me suis penchée sur le cas d'une maladie dont souffre un de mes oncles et pour qui on m'avait demandé de composer un truc, suite au succès sans précédent familial de l'huile Belles Gambettes. Ayant passé environ trois heures à faire des recherches et à composer un courriel de 2 kilomètres de long sur les vertus de ceci et les recommandations de cela, j'ai choisi de copier l'essentiel ici, pour que tout le monde puisse en profiter. J'en profite pour ajouter des précisions sur les huiles essentielles. Attention, article très long!

Tout d'abord, deux adresses avec des renseignements très complets sur la fibromyalgie, sur lesquels je me base pour chercher des remèdes : Wikipédia  et un site canadien qui donne des conseils directement aux personnes touchées.

Ce que j'ai lu m'a permis de confirmer ce que je craignais : je ne suis pas tout à fait la bonne personne pour soulager ces douleurs. Je ne suis qu'une débutante en matière d'huiles essentielles et autres produits naturels, et je ne veux pas prendre le risque de conseiller une mauvaise huile ou de fabriquer quelque chose qui pourrait empirer le mal. Sachant que les fibromyalgiques sont très sensibles aux médicaments, conseiller une huile essentielle alors que chaque malade a besoin d'un traitement particulier et que je ne connais pas en détail les symptômes de celui qui nous intéresse m'ennuie.

Je peux cependant conseiller des petites choses toutes simples et totalement anallergiques, en attendant que notre malade consulte un aromathérapeute.

Tout d'abord, pour la troisième fois en deux jours, je vais conseiller une boisson de vinaigre de cidre : deux cuillères à soupe de vinaigre de cidre bio affiné en fut de chêne, non pasteurisé (très important, sinon il ne contient pas les minéraux qui le rendent si précieux) et deux cuillères à soupe de miel à boire à jeun dans un grand verre d'eau, chaque matin. C'est excellent contre l'arthrite, mal dont se rapproche la fibromyalgie, ça redonne de l'énergie, apporte une quantité astronomique de minéraux, améliore la digestion, enfin tous ceux qui l'utilisent en sont ravis. Une cure de 21 jours, puis 7 jours de repos pour éviter que le corps s'y accoutume.
Enfin si tu cliques sur le lien, tu comprendras pourquoi je le recommande. Je ne vais pas tarder à m'y mettre moi aussi, et maman a déjà commencé une cure.

Puis, si on trouve une boutique bio, tant mieux : qu'on achète sur place ; sinon qu'on utilise Aroma-zone - c'est une très bonne boutique en ligne, fiable, dont je suis ravie - pour se procurer

  • de l'hydrolat de lavande, qui est équilibrant : il donne de l'énergie à ceux qui en manquent, calme les hyperactifs (on le conseille en vaporisation dans les pièces où les enfants sont trop excités, autant que pour les faire dormir ou les réveiller quand ils sont trop mous), cicatrisant, agit contre les maux de tête, l'hypertension, l'agitation et l'anxiété. Il m'a semblé indiqué (en fait, c'est comme le vinaigre de cidre, c'est indiqué pour tout le monde!!).
  • Il y aussi la merveille de l'hydrolat de fleur d'oranger (non non, pas l'arôme chimique qui n'a aucune vertu, mais bien l'hydrolat : en cherchant un peu, on en trouve du pas cher) qui est tonique musculaire, préconisé dans les cas de fatigue physique et mentale ou de dépression, calmant, rassurant, il traite les troubles liés au stress. Donc parfait pour la fibromyalgie. Les deux mélangés (lavande et fleur d'oranger) ont un effet apaisant incomparable.
  • On peut aussi penser à l'hydrolat de camomille qui est anti-inflammatoire, calmant, et très doux.
  • Si on trouve aussi, je pense que l'hydrolat de thym serait indiqué : très bon tonique nerveux, antispasmodique, vasodilattateur en application externe. Il serait donc aussi très bon pour la rétention d'eau.

Plusieurs façons de les utiliser : dans une tisane, bu pur (mais en petite quantité tout de même) pour les trois premiers, et pour les quatre : vaporisé sur l'oreiller, directement sur la peau, dans l'eau du bain... on en fait littéralement ce qu'on veut. Ils ne représentent aucun danger et sont donc plus faciles à utiliser que les huiles essentielles, qui par leur concentré d'actifs peuvent provoquer des allergies.

J'ajouterai quelques huiles végétales anti-inflammatoires, à frictionner sur les jambes, point sensible chez notre fibromyalgique, si je me souviens bien. Il suffira d'en choisir une en fonction du prix et des disponibilités. Attention, comme le vinaigre de cidre, il faut les choisir bio, de première pression à froid et surtout pas affinées. Le passage à chaud pour enlever l'odeur leur fait perdre tous leurs bienfaits.

  • L'huile ou macérat de millepertuis tout d'abord. Anti-inflammatoire puissant, je l'utilise souvent chez moi. Deux réserves, elle est souvent vendue en petites quantités (rayon cosmétique car elle n'est pas comestible), parfois à des prix peu honnêtes, et est photosensibilisante. Donc pas d'exposition au soleil dans les 36 heures qui suivent. C'est aussi un très bon cicatrisant pour toutes les plaies ouvertes, un bon après-soleil (oui, après!)...
  • L'huile de macadamia, ne se trouve pas toujours en rayon alimentation, c'est dommage car dans ces cas-là elle ne coûte pas cher, sens très bon la noisette grillée et constitue un excellent anti-inflammatoire très vite absorbé par la peau : ce qu'on appelle une huile sèche. J'en raffole. Super cicatrisante (elle mériterait une cape), elle traite les signes de l'âge, et en salade c'est un régal.
  • L'huile de germe de blé, que je n'ai jamais utilisée, est indiquée comme anti-inflammatoire, très bonne contre les signes de l'âge (donc en application sur le visage pour ces dames) et surtout elle améliore la circulation sanguine.
  • L'huile de jojoba, excellent cicatrisant et hydratant, bon rééquilibrant, anti-inflammatoire, sinon je ne la mettrais pas dans la liste (^^), mais qui coûte cher. Je l'ai pour 9 euros les 50ml au minimum, c'est une huile précieuse mais "dispendieuse".
  • Le macérat huileux de souci (comme son nom l'indique, on a fait macérer pendant 40 jours en moyenne des fleurs de souci dans de l'huile), anti-inflammatoire, cicatrisant. Je ne le connais pas plus que ça.
  • L'huile de tamanu, que je découvre en écrivant, semble très indiquée, mais je pense qu'il faut la chercher en cosmétique et non en alimentaire. Elle ne doit pas être particulièrement bon marché... "anti-radicalaire et anti-inflammatoire, c'est pourquoi elle est préconisée pour soulager les douleurs rhumatismales ou dues à des lombalgies ou des sciatiques". Voilà qui la rend intéressante.
  • L'huile de pépin de framboise, bon anti-inflammatoire, mais vu le travail qu'elle doit représenter je n'ose imaginer le prix. Pour ceux qui sont concernés, elle est efficace contre l'exzéma.

Voilà, j'ai fait le tour de ce que l'on peut utiliser sans avoir recours directement au huiles essentielles.

Sources : Mes Elixirs, excellent blog québecois, et le catalogue/fiches techniques des Laboratoires Hévéa


Pitites précisions zutiles mais sérieuses

Je rapelle que rien ne vaut la consultation d'un professionnel, cependant tous les produits indiqués ci-dessus sont sans risque et peuvent être utilisés à tous les âges. Dès qu'on aborde les huiles essentielles, il convient de bien se renseigner sur chaque condition d'utilisation. Tout varie non seulement en fonction de la plante mais aussi de ce qui a été distillé - plante totale, fleur, écorce, feuille, fruit - et de sa provenance. Eh oui, un patchouli de Madagascar n'est pas ensoleillé comme un patchouli du nord de l'Inde, encore moins comme un patchouli des hauts plateaux de je ne sais où. Par conséquent, il ne développe pas les mêmes propriétés.

Les dangers :

Pour les huiles essentielles, je l'ai dit plus haut mais je me répète, "photosensibilisant" ça veut dire pas d'exposition au soleil dans les 36 heures qui suivent, sinon vous attraperez des plaques rouges qui resteront à vie. C'est pas ce qu'il y a de plus chic sous une robe d'été n'est-ce pas? Toutes les huiles essentielles d'agrumes sont photosensibilisantes, sauf la clémentine.

Pas d'absorption d'huile sans renseignements sérieux au préalable, genre question au pharmacien, à un aromathérapeute ou autre, parce que certaines sont dangereuses en usage interne, d'autres peuvent être ingérées mais à doses surveillées, et si vous faites n'importe quoi, vous risquez ceci :
- des trous dans le système digestif. Aïe.
- des trous dans le porte-monnaie : économiser une consultation du médecin en se flingant l'estomac, et donc en recourant au médecin pour guérir les dégats des huiles essentielles plus pour guérir le mal que l'on voulait soigner tout seul, ça me semble très bancal comme système.
- des trous dans le système de distribution des huiles essentielles et l'économie alternative fragile qui se met en place. J'explique. Depuis l'après-guerre, on nous nourrit, nous abreuve et nous abîme avec des tas de produits chimiques, fabriqués par des entreprises toutes puissantes, surtout depuis qu'elles appartiennent à des groupes qui naviguent sur tous les pays du globe ou presque. Les médicaments en font partie. Depuis quelques années, des gens intéressés par l'avenir de la planète se penchent sur des produits qui préservent l'environnement et des méthodes dites douces pour se soigner. Ces nouvelles méthodes, huiles essentielles et compagnie, font concurrence aux grands groupes de médicaments qui seraient ravis de voir un nombre croissant d'abrutis de débutants faire appel au centre anti-poison et développer des allergies aux huiles essentielles, ce qui leur permettrait de déposer une demande pour que l'on retire ces "produits dangereux" du marché. Certaines huiles sont déjà retirées de la vente car trop dangereuses. Si on fait pareil pour toute la gamme, c'en est fini des savons maison, des crèmes maison, des soins doux et ciblés faits maison et plus efficaces pour certains que les crèmes pleines de chimie du commerce. (Je parle en connaissance de cause.) Donc moins vous vous renseignez sur tout ça avant usage, plus vous risquez la cata pour tout le monde. Faites gaffe.

Non ingérées, les huiles essentielles (HE) nécessitent que l'on respecte des doses strictes : pour l'ensemble, il faut diluer 30 gouttes d'HE pour 50ml d'huile végétale (HV) pour un soin pour le corps, où la peau est épaisse. Pour le visage, on divise par deux : 15 gttes d'HE pour 50 ml d'HV. Ce qui donne 6 gouttes pour 10 ml pour le corps, 3gtes/10ml pour le visage. Certaines comme l'arbre à thé, la lavande vraie et le géranium rosat peuvent être utilisées pures ou à plus forte dose. J'ignore quelles sont les autres.
Quel est le danger du surdosage? Pour beaucoup on peut se brûler la peau. Pour certaines, les effets secondaires indiqués comme la toxicité pour le système nerveux (je pense au camphre),  un effet stupéfiant (fenouil), des dégats digestifs - ingestion ou application cutanée sur l'abdomen - ou pulmonaires dans le cas d'une diffusion dans l'air (canelle, entre autres), et pour toutes : une forte sensibilisation entraînant une réaction allergique.

Que faire pour choisir ses huiles :

Première chose : les flacons doivent être opaques, et présentés de préférence dans une boîte qui protège ces substances très sensibles à la lumière et à la chaleur (ça change de composition! imaginez un peu les dégats!).
Dessus doivent être écrits : le nom de la plante en latin, seul moyen d'éviter les confusions dans le cas de plantes dont le nom commun varie (géranium rosat = géranium d'égypte # géranium bourbon) ou quand plusieurs types existent (la lavande a plusieurs variétés, le thym, le romarin aussi, l'eucalyptus itou, les applications sont toutes différentes), l'origine de la plante (cf. mon patchouli ci-dessus), la date de péremption, le numéro du lot (question de tracabilité), la partie distillée (l'oranger amer distillé à la fleur se nomme néroli, à la feuille c'est du petit grain bigarade, et l'huile essentielle du fruit s'appelle oranger amer. Les prix, les applications et précautions sont différentes!) et le chémotype : il s'agit ici de pouvoir identifier les principaux actifs de la plante en fonction de ses conditions de développement.

On peut aussi utiliser, et c'est recommandé, le bouche-à-oreille pour savoir quelles marques ont meilleure réputation, lesquelles ont des codigouttes efficaces (j'en connais qui ne font pas des gouttes mais des micro-ruisseaux, allez compter 3 gouttes quand ça coule tout seul!) et ainsi de suite.

En règle générale pour les enfants en dessous de 6 ans, les femmes enceintes et allaitantes, préférez les hydrolats qui contiennent les mêmes actifs que les HE mais qui ne représentent aucun danger pour les petits. Il y a de bons ouvrages sur la question.

Une dernière chose : une huile essentielle dont la date est dépassée, même si elle est jolie, même si elle sent bon, c'est un produit chimique devenu incontrôlable et qu'il faut JETER. Moi aussi ça me désole, mais c'est comme ça.

Pour la petite histoire, on m'avait offert une quantité énorme d'huiles essentielles conditionnées en abbaye, et j'étais un peu perdue en face de ma "lavande" et de mon "eucalyptus" parce qu'il me manquait le nom latin. Aucun moyen de savoir de quelle plante il s'agissait, et je ne pouvais me référer qu'aux qualités génériques de la famille de plante. Pas de chémotype, pas d'origine ni de partie distillée, juste les principales indications ("sommeil", "troubles digesifs"), sans précision sur le mode d'emploi. Il y a quelques jours Sylvianne a jeté un oeil dessus, et la mort dans l'âme j'ai jeté tout le lot... Trop dangereux.

Voilà, avec ça on part sur de bonnes bases et on peut se soigner en harmonie avec la nature. ^^