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Les Niouzes de Nitt'
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Les Niouzes de Nitt'
  • Chine, Japon, États-Unis, mes salles de classe, mes découvertes, mes coups de gueule et surtout mes coups de cœur... bienvenue sur les Niouzes de Nitt, prof de Français Langue Étrangère, jeune maman, touche-à-tout.
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21 janvier 2017

De l'éducation...

Aujourd'hui, le courriel d'Une minute avec Marie racontait ceci :

"Un père, une mère qui élèvent leur fils !

La maternité de Marie ne s'est pas seulement limitée au processus biologique de la naissance, mais, comme pour toute autre mère, elle a également apporté une contribution essentielle à la croissance et au développement de son fils (…).

On pourrait penser que Jésus portant en soi la plénitude de la divinité, n’ait pas eu besoin d'éducateurs. Mais le Mystère de l'Incarnation nous révèle que le Fils de Dieu est venu dans le monde dans une condition humaine semblable à la nôtre, hormis le péché (cf. He 4, 15). Comme pour chaque être humain, la croissance de Jésus, de l'enfance à l'âge adulte (cf. Lc 2, 40) a eu besoin de l'action éducative des parents.

L'Évangile de Luc rapporte qu'à Nazareth, Jésus était soumis à Joseph et à Marie (cf. Lc 2, 51). Cette dépendance nous montre Jésus disposé à recevoir, ouvert à l'œuvre éducative de sa mère et de Joseph, qui exerçaient leur devoir également en vertu de la docilité qu'il manifestait de façon constante.

C’est Marie, avec Joseph, qui a introduit Jésus aux rites et aux prescriptions de Moïse, à la prière au Dieu de l'Alliance à travers l'utilisation des Psaumes, et à l'histoire du peuple d'Israël centrée sur l'exode de l'Egypte.

Saint Jean-Paul II, audience du 4 décembre 1996"

Il se trouve qu'en ce moment, je bouillonne de réflexions et de méditations autour de l'éducation. Notamment parce que j'ai découvert ceci :

À l'instar de la super maman de cette vidéo, je trouve épuisant - et à l'encontre de mon caractère - de crier pour me faire obéir, et d'interdir en permanence. Je pourrais citer la célèbre chanson de Jacques Dutronc pour vous donner une idée du quotidien de maman d'un enfant entre 18 mois et 2 ans. Or lorsqu'on est enceinte (et abimée), on fatigue vite, et on se demande s'il n'y a pas un autre moyen de faire. Tout particulièrement pour éviter de se transformer en dragon après la naissance du suivant, parce que c'est très compliqué d'en gérer deux, dont un qui pleure tout le temps, mange et dort à pas d'heure, remplit couche sur couche, et qui vous déphase toute la maisonnée.

Je m'interroge beaucoup.
Je médite sur ce qu'a pu ou dû être le quotidien de la Sainte Famille. Vous imaginez la Sainte Vierge vociférer sur l'enfant Jésus parce qu'Il a cassé un plat ou s'affoler parce qu'Il a dans la main un outil de son papa et qu'elle a peur qu'Il se coupe ? Vous l'imaginez Le mettre au coin parce qu'Il ne finit pas son assiette, ou Le consigner à la maison sans voir les copains de retour de Jérusalem, après la fugue ? Vous imaginez Saint Joseph donner une fessée à Jésus ?
Moi pas.
J'y arrive pas.
Et je me dis que si l'Enfant Jésus a été le plus doux et le plus merveilleux des enfants du monde, Il a dû apprendre les mêmes choses que tous les autres enfants. Tomber, essayer, se tromper, avoir des lubies d'enfant qui recommence 150 fois les mêmes activités, découvrir la frustration (et quand on voit comment les apôtres ne comprenaient rien, pendant sa vie publique, on se dit qu'Il a dû beauuucoup la connaître, la frustration !) et donc la colère... Comment sa mère - et son père - ont-ils réagi ? Je suis persuadée que la Discipline Positive donne de très bonnes clés de compréhension de l'ambiance chez la Sainte Famille, dans ce recoin de banlieue qu'était Nazareth.

Déjà, grâce à la vidéo que je vous encourage à regarder l'esprit ouvert, j'ai appris une chose très importante : le cerveau d'un tout petit enfant ne sait pas gérer la négation. Par conséquent, depuis une grosse semaine, je réinvente ma façon de parler à mon fils. Je passe de "ne touche pas ! Ce n'est pas pour toi ! Non non non il ne faut pas ! Ne t'approche pas du four ! Ne mets pas les pieds sur le chat ! Il n'aime pas ça !" etc. à "Tu regardes seulement. Ca, c'est seulement pour Papa et Maman. Fais attention à toi s'il te plaît. Reste loin du four, il est chaud c'est dangereux. Sois gentil avec Lylyss, tu peux la toucher avec les mains seulement, et sur le dos. Tu vois, elle est contente comme ça."
Et je constate un double-changement : mon fils m'obéit, et en plus, je passe de l'attitude très française et ronchonnarde qui consiste à tout considérer négativement (ne pas, ne pas, ne pas), à celle, très enthousiasmante, de ne regarder et communiquer que sur le positif. Je constate que le verre est rempli à moitié d'eau, à moitié d'air ! Cela rejoint de plus une recommandation de Bernadette Lemoine, auteur de Maman, ne me quitte pas ! qui avait constaté l'importance d'un discours positif avec les enfants.
C'est une sacrée gymnastique mentale, mais ça en vaut vraiment la peine.

Ensuite, je lis avec avidité le livre de Jane Nelsen sur la Discipline Positive et je réinvente mon futur de maman. Je découvre une autre façon d'agir avec les enfants. Je reviens beaucoup sur l'éducation que j'ai reçue et je me dis que si j'avais bénéficié d'une telle méthode, je serais sans doute beaucoup moins craintive et introvertie aujourd'hui. (Pour autant, je reconnais toutes les valeurs qui motivaient les adultes qui m'entouraient et ce qu'ils ont réussi à me transmettre, hein, je ne crache pas dans ma soupe !) Et quand je pense qu'avec une façon d'éduquer en douceur, avec compréhension, respect, détachement, bienveillance et fermeté, l'âge compliqué de l'adolescence pourrait très bien se passer chez nous, je me dis : "bingo ! En avant toute !"
Et en plus mon merveilleux mari est prêt à découvrir et à en discuter. J'en ai de la chance.

Le bonus : les trucs appris dans le livre de J. Nelsen sont applicables avec les proches en général. Parce qu'en faisant preuve de bienveillance toute la journée avec ses enfants on prend l'habitude de mieux communiquer, de respecter l'autre et soi-même autant qu'on le mérite, mais sans violence. Parce que les difficultés deviennent des moyens d'apprendre. Parce qu'en acceptant de ne pas être parfait, on accepte que les autres ne le soient pas non plus.
Quel bol d'oxygène !

Tout cela pour vous dire que ça mijote, ça médite, ça me passionne et je voulais partager cela. Se dire que de grandes nouveautés en terme d'éducation peuvent nous rapprocher de la Sainte Famille, je trouve ça génial.
Je tâcherai de vous donner des nouvelles de mes apprentissages sur le sujet.

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Commentaires
N
Merci Karine !<br /> <br /> <br /> <br /> C'est difficile de se détacher du modèle parental et aussi du regard des autres sur la façon que l'on a choisie pour éduquer nos enfants. L'une des principales difficultés citées par Tarisayi de Cugnac, c'est le regard des autres. Parce qu'on ne punit pas en direct-live quand il y a une crise dans un lieu public, beaucoup vont partir avec l'idée qu'on est "un mauvais parent" et inversement, la fois où on s'énerve parce qu'on n'est pas parfait, et fatigué, ou que sais-je, il y en aura toujours un quelque part pour nous trouver trop sévère ou humiliant. Et puis nos parents qui ont fait leur œuvre d'éducation de leur mieux et qui trouvent le résultat réussi ne comprennent pas pourquoi on ne suit pas "tout simplement" leur voie.<br /> <br /> C'est une sacrée remise en question pour eux parfois, et ça demande beaucoup de confiance et de ténacité pour les parents que nous sommes aujourd'hui, je trouve.<br /> <br /> Une autre difficulté évoquée par la formatrice et que je constate avec les personnes qui prennent soin de mon fils pour moi parfois, c'est le besoin de protéger. Beaucoup, beaucoup d'ordres négatifs viennent du fait qu'on souhaite absolument protéger les enfants, et on se retrouve avec de petits Némo, tellement surprotégés qu'ils étouffent. C'est pas toujours facile de faire comprendre à la copine ou à la baby-sitter que si sa mère n'a pas bougé, il n'y a pas besoin de bondir pour empêcher l'enfant de faire quelque chose, et qu'un bleu - même en plein milieu du front - c'est pas la fin du monde. C'est même le début de l'apprentissage ! Et parfois un bon bleu ou un gros rhume est mieux qu'un long discours et que beaucoup de fatigue parentale...<br /> <br /> <br /> <br /> Au milieu de toutes ces réflexions, je m'attache à me dire que nous faisons tout ce que nous pouvons, comme nous le pouvons. Nous faisons de notre mieux et le jugement n'appartient qu'à Dieu. Autrement dit, je tâche de me défaire des jugements à mon encontre et de ne pas juger autour de moi. C'est une source de paix intérieure très puissante.<br /> <br /> <br /> <br /> Bisous !
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S
Nous n'avons pas eu de livres, pas eu de conseils hormis ceux des parents, sempiternels conseils (ne fais pas ci, fais comme moi)......Mais nous nous sommes vite rendus compte que cela ne nous correspondait pas, que cela ne correspondait pas non plus à notre fils aîné (et on a compris très tard pourquoi). S'orienter vers la bienveillance, positiver chaque attitude, encourager....Cela n'est pas toujours facile dans une société répressive et assistée. Nous encourageons la responsabilité. <br /> <br /> Notre grand s'épanouit. Notre deuxième devient indépendante. Nous faisons des erreurs. Mais cela a des effets positifs sur notre quotidien surtout en l'absence du papa qui doit s'absenter parfois. <br /> <br /> Bonne continuation.
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