05 juillet 2009
Les questions que tout le monde me pose
Bonjour bonjour.
Avant de reprendre l'anté-blogage, je voudrais ici répondre à quelques questions que tout le monde me pose dès que je dis "je suis de retour" quelque part.
Et au passage je vais tordre le cou à quelques idées tenaces.
- Ah tu dois être complètement décalée avec le "jet-slag" ?
Non. Je suis morte de fatigue (enfin ça se calme) parce que le voyage a été épuisant et le changement de climat (chaud et humide à chaud et sec, avec des horaires d'ensoleillement différents) a été rude. Et puis depuis mon retour j'ai été très occupée, donc j'ai beaucoup dormi cette semaine pour éponger tout ça. Mais point de décalage horaire.
La réaction immédiate et logique serait ceci :
- Mais, comment tu fais ?
J'ai suivi les conseils d'une tante à la mode de Bretagne (ça tombe bien je suis bretonne) : j'ai dormi dans l'avion et changé ma montre pour la mettre à l'heure de la destination, et je m'expose au soleil l'après-midi. Comme le voyage était très long, même si j'ai mal dormi, j'ai absorbé une partie du décalage horaire pendant le trajet. Ensuite je suis quelqu'un d'hyper adaptable, tant que j'ai du chocolat et les moyens de dormir 8h/nuit. Donc votre décalage horaire, ça fait 4x2 fois que je suis censée le subir, vous me faites bien rigoler avec.
- As-tu fait bon voyage ?
Je vous raconterai en détail. La version courte, c'est "bwof bof à tendance non".
- Pas trop dur de te réhabituer ?
Ah savoir de quel côté se mettre dans les escaliers roulants ou les couloirs, c'est devenu compliqué, oui. Mais à part ça je ne suis partie qu'un mois les amis. Rien à voir avec le retour de New York !
- Tu as du travail, des pistes ? T'en es où ???
Wow, du calme ! Je suis partie un mois, durée pendant laquelle je n'ai pu que débroussailler le terrain. J'ai rencontré des tas de gens (d'ailleurs j'essaie de vous raconter ça mais c'est un peu compliqué, vu que je ne suis jamais chez moi, je ne fais jamais tout à fait ce que je voudrais) reçu des tas de bons conseils, déposé une candidature dans une école où on m'a dit qu'il y avait des profs qui venaient faire pareil tous les jours, envoyé deux candidatures sur le net, et j'en ai encore deux à traiter. Ensuite advienne que pourra, à la grâce de Dieu, touss... tout ça.
- Alors, heureuse de retrouver les fromages, la cuisine française, tout ça ?
Ben heureuse de rentrer, de retrouver mes oiseaux, ma famille, les projets qui m'attendaient, mais la cuisine française, si vous saviez ce que j'ai bien mangé au Japon, et à quel point on supporte mieux la chaleur avec leur alimentation... Vous comprendriez que je vous dise qu'elle ne m'a pas manqué plus que ça.
Pour les fromages, là-bas il y a du K*ri (oui, le français de chez nous) estampillé France partout d'ailleurs, du Cream Cheese américain (une sorte de Saint Mor*t en tout aussi bon et crémeux) et quelques autres qui sont pour le coup très très chers. En fait le fromage de chèvre et le lait de chèvre m'ont manqué. Là-bas ça n'existe pas, alors que je n'ai plus droit qu'à ça pour ma peau... Mais le reste, j'étais presque désolée d'en manger !
Je suis heureuse de rentrer parce que là-bas on dépense dans les 8 euros par jour en transports et que je n'avais plus du tout les moyens. Parce qu'ici je peux cuisiner sans demander où s'allume le gaz, quelle poêle employer et comment... je suis autonome quoi. Pareil pour le métro, qui en plus est gratuit pour moi à Paris, et où il est impossible de se perdre.
- Alors, triste de rentrer ?
Ben, bien sûr, un peu, mais j'ai la ferme intention (oui, comme dans l'acte de contrition) d'y retourner dans ce beau pays. Je lui ai trouvé des défauts bien sûr, mais la France en a un sacré paquet et finalement les deux se valent. La France est plus confortable parce qu'ici je me perds moins, j'ai mes marques, mes petites habitudes (aaaargh noooon pas çaaaa, pas moiiii !!) mais au Japon... bientôt je posterai les différences entre les deux pays, vous comprendrez mieux.
- C'est comment là-bas ?
Ben, vous lisez mon blog depuis combien de temps pour oser me poser cette question ????
- Tu y retournes quand ?
Quand j'y ai un travail, ou assez d'économies pour y aller en touriste. On verra.
04 juin 2009
Ch'uis arrivééééééééééée
Et j'ai enfin un peu de temps sur le neeeeeeet !
Bon, alors pour le coup j'ai beaucoup, beaucoup trop à raconter en une fois, et beaucoup, beaucoup trop de photos aussi. Je pense avoir un moyen de poster mieux que ces 3 derniers jours, donc pour toutes celles (ceux pour Papa Brode) qui attendaient de mes nouvelles et photos avec impatience, eh bien... patience, je vais me rattraper !
J'ai toujours un peu de mal à réaliser que je suis là, bien là, à Tôkyô, mais ça commence à rentrer. Surtout par les pieds. Nous avons marché en moyenne 6h par jours avec Akiko depuis mon arrivée, et le soir je suis morte de fatigue, avec des pieds méconnaissables. Mais j'ai revu deux de mes quartiers préférés, mangé des tas de plats bien d'ici, je révise le japonais autant que possible et profite d'un climat fort agréable pour l'instant.
C'est génial.
Je m'habitue au thé vert, que je bois en quantité, et aux repas japonais. J'ai renoncé aux masques dans le métro parce que c'est vraiment désagréable et que j'ai fait une huile anti-virale à appliquer sur la plante des pieds le matin qui agira nettement mieux, et en plus, cette grippe A qui effraie tout le monde, ici on la voit comme une grippe normale : elle ne touche que les personnes les plus fragiles et puisque le système de santé est excellent on n'a déploré aucune perte au Japon malgré le nombre de personnes atteintes (toutes dans un avion à cause de la présence d'une personne contaminée).
Je retrouve un Japon un peu différent d'il y a 6 ans, avec des gens moins polis, plus du tout de "sourire japonais", et une mode pleine de froufrous et de juxtapositions. Mais toujours des gadgets incroyables, des têtes aussi différentes que celles qu'on trouve en France (en Chine les visages se ressemblent énormément pour ce que j'ai vu à Shanghai, ici les gens ont vraiment des traits bien démarqués les uns des autres, au point de ressembler aux occidentaux, même si beaucoup ont une tête à la Elton John, c'est à dire toute ronde) et aucune agressivité même dans les lieux les plus bondés.
J'ai tellement de choses dans la tête (et de sommeil à rattraper) que je vais m'arrêter là pour le moment.
Allez, je vous envoie une petite photo quand même :

Le pont près de l'endroit où Akiko travaille le matin. Derrière le restaurant tout à droite, il y a le "square Paris"
Ah je dois prévenir que ma connection étant un peu complexe, je risque de répondre tard à vos commentaires, et un peu au lance-pierre. Je ferai de mon mieux.
01 juin 2009
14h50 dans les airs
13h40, après un réveil tôt le matin, un dernier rangement de bagages, et un faut départ (quand on change de continent, il est conseillé de prendre son passeport… si maman n’avait pas posé la question pendant l’aller n°1 en voiture, j’aurais été dans un beau pétrin!), puis un temps de patience, de pique-nique et de magasinage dans l’aéroport, je passe le portillon électronique sans encombre et entre dans un avion pas tout jeune, avec des écrans pas tout jeunes, des housses pas toutes jeunes et un service moyen. Mais bon, les critères de qualité d’un pays à un autre sont très différents, et quand on a les prix les plus bas du marché, on peut se permettre de se relâcher un peu.
15h environ, on nous a servi un premier repas, je me bouche les oreilles, sors mon oreiller gonflable et dors un peu. Un luxe que je ne m’étais payé qu’une seule autre fois dans un avion ; j’avais alors 14 ans… Puis je me réveille pour voir arriver un autre repas, regarder un film américain, (le seul du voyage, le reste sera chinois), et après plusieurs heures, un micro-petit déjeuner, l’avion se pose. Il est 7h, heure locale. En France, il est une heure du matin.
Je suis à Shanghai pour une escale de 5h. Peu avant l’atterrissage, l’équipage est passé dans les rangées avec une machine qui envoie un rayon rouge sur le front de chaque passager, et contrôle la température du corps. Puis, une fois posés nous voyons entrer deux extra-terrestres Chinois par rangée, avec des combinaisons qui couvrent tout jusqu’aux cheveux, des gants et des masques, et qui re-contrôlent la température de chacun. On nous a donné un questionnaire sur notre état de santé en plus du papier d’immigration.
Ayant laissé tomber l’idée du masque entre Paris et Shanghai, je décide de ne pas faire l’idiote et d’en porter un quand même dans l’aéroport, parce que les conditions d’hygiène en Chine ne sont pas réputées pour leur qualité. On ne sait jamais. Je me colle donc l’objet sur le visage, m’aperçois qu’on ne voit pas très bien avec puisqu’il remonte autour du nez, mais qu’en revanche on respire pas trop mal.
Je descends de l’appareil, passe le contrôle sanitaire et la douane (tous les membres du personnel ont un masque, mais pour vérifier l’identité des passagers, on demande à ceux qui en ont de retirer le leur. Je me retiens de respirer pendant qu’on s’assure que oui oui c’est bien moi sur la photo.) et me retrouve dans la zone de récupération des bagages. Euh… Est-ce que je dois récupérer moi-même ma valise ? Tout ceux qui vont vers la zone de “transfert” ont des tas de valises avec eux. Et personne ne m’a dit que les bagages feraient le changement d’avion tout seul, mais personne n’a rien dit sur les valises en soute, en fait. A part que j’avais droit à 10 kilos de plus que ce que je croyais. Je cherche quelqu’un qui pourrait me renseigner, constate que les Chinois sont très relax sur le suivi des voyageurs et trouve enfin un endroit où on me répond que je dois aller au poste 6. Bon, je vais au poste 6, sans valise, attends sagement d’atteindre un guichet, voit que mon sac est en fait parmi quelques autres, à attendre sagement que je vienne me signaler pour qu’un monsieur en uniforme me le colle sur le tapis qui va vers mon avion. Tant de stress pour pas grand chose finalement !
Ensuite je monte les étages direction la zone de transfert où je poireaute loooongtemps, loooooongtemps, marche un peu pour voir des boutiques de souvenir achalandées en pandas en peluche et vases ou objets “typiquement chinois”, une pharmacie vide (sans rire, 2 vendeurs, des vitrines partout et juste quelques boîtes sur chaque étagère. Rien à voir avec les nôtres !) et un poste de premiers soin avec des affiches sur la grippe A.
A l’heure indiquée, je cherche ma porte d’embarquement, me pose des questions quand je passe des tas de portes qui ne sont pas de l’embarquement mais juste du contrôle de sécurité, et me rends compte que j’avais loupé LA zone de commerce, de l’autre côté du terminal.
Ha ha.
Là, je dois courir un peu pour ne pas être en retard, accélérer sur les 4 ou 5 tapis tout en admirant les étalages chamarrés avec des sceaux à graver en 5 minutes, des habits en soie, des chocolats et compagnie, et… arrive en avance devant ma porte. Au bout de quelques minutes on nous fait rentrer. C’est pas trop tôt, je meurs de faim, et j’ai hâte de voir arriver le repas. Notre avion est petit, et cette fois-ci, puisqu’il va vers le Japon où tout doit toujours être parfait… l’avion est neuf, les housses aussi, et le service irréprochable.
On sent qu’on va vers un pays peuplé de gens exigeants.
Je ne saisis pas bien l’accent d’une hôtesse et me trouve chanceuse d’avoir un voisin gentil (sans doute japonais) qui m’aide à comprendre ce qu’on veut de moi, et me fait un signe de tête approbateur en constatant que je suis très polie, que je dis “oui s’il vous plaît”, “oui merci” etc.
La petite télévision au-dessus des têtes diffuse des publicités et des reportages, dont un en France, avec des conseils aux touristes. Ca ne rate pas, la voyageuse de Lonely Planet découvre Paris et sa tour Eiffel, le château de Versailles et sa galerie des glaces, (avec une reconstitution de la vie de Marie-Antoinette, ben tiens !), puis Giverny, les châteaux de la Loire et la Champagne. Bien entendu, on fait une pause dans LE village où se trouve la coopérative d’un excellent champagne. On est à fond dans les clichés !
C’est rigolo.
Deux heures plus tard, nous survolons le Japon. Nous passons au-dessus de plein d’îles au cœur vert foncé, cerclées de sable et entourées d’une eau outremer. C’est magnifique, et puisque je suis près du hublot je m’en mets plein les yeux avec enthousiasme. Dommage, mon A.P.N. est rangé dans la soute. J’en profite d’autant plus. Je constate que les zones de montagne sont toutes couvertes de forêts, que le moindre mètre carré horizontal est occupé par des champs, généralement des rizières dont la couleur oscille entre le vert foncé et le brun, et qui reflètent le ciel… un miroir qui serait moucheté de vert. C’est beau. Nichés entre les champs, des villages, et bientôt de grandes, immenses villes se tassent autour des cours d’eau, très nombreux, et brillent en argenté sous le soleil.
Nous approchons de l’aéroport, je constate que les Japonais aiment le golf. Vu la quantité, ça doit même être une véritable passion !
Je remplis mon petit papier d’immigration, remets mon masque enlevé pour déjeuner, et trépigne d’impatience. Je passe le contrôle sanitaire (très, très cool comparé à la Chine), récupère ma valise, tente de passer la douane, ah, non je dois remplir un petit papier où je dis ce que j’apporte et chez qui je vais, passe, sors, et… attends.
Cherche.
Attends.
Et finalement retrouve ma meilleure amie, que je n’ai pas vue depuis 2 ans et 3 mois.
Grandes retrouvailles. Discussions joyeuses, retour en train (difficile d’appeler ces véhicules des métros vu leur taille et le fait que beaucoup, beaucoup circulent à la surface) qui prend des heures, et arrivée vers 19h30, heure locale. Je suis moulue, mais très impatiente de déballer tous mes cadeaux, ce que je fais, remplissant la table basse de tout un tas d’objets en tous genres.
Nous mangeons ensuite devant la télévision, et nous couchons bien tard.
Je suis arrivée au Japon. Enfin
31 mai 2009
C'est partiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
20 kg dans le gros sac, presque 10 sur le dos... pourvu qu'on me laisse monter dans l'avion quand même !
Sachant que la moitié de ce que j'emporte n'est pas pour moi, y a intérêt.
Allez, saint Christophe, je m'en remets à vous !
28 mai 2009
L'amertume si douce de nos adieux # 2
Oui, le retour.
Ce soir, après avoir donné un cours, couru pour trouver un cadeau sympa, pas trop cher quand même, j'ai retrouvé une amie taïwanaise, que je connais depuis cinq ans.
Après sept années en France, pendant lesquelles elle a montré un courage et une résistance phénoménaux, mon amie retourne chez elle, auprès de sa famille et de ses amis.
Loin de l'homme pour qui elle avait tout quitté, et qui vient de la jeter comme un mouchoir en papier.
Cette amie est gentille, douce, généreuse, joyeuse, bavarde, a été parmi mes premiers apprenants, et nous nous sommes retrouvées le temps d'échanger des cadeaux et de manger un bon dîner terminé par un splendide tirami sù. Un dessert dont elle raffole.
Lundi, tandis que je gambaderai au Japon, elle prendra l'avion de retour définitif vers son île natale.
Je vous assure que ça fait quelque chose ce genre d'adieu.
Sekamado, qu'entends-tu par "tu te ramollis" ?
C'est à toi ou à moi que tu t'adresses ?
Quoi qu'il en soit on ne se ramollit pas quand on aime ! On grandit, on s'améliore.
Mon tirami sù préparé ce matin était un acte d'amour, grâce à celle pour qui je le faisais. Mes cours donné d'abord à cette amie taïwanaise et plus tard à mes filles de 3ème ont été des actes d'amour, parce qu'on n'enseigne rien si on n'aime pas et ce qu'on transmet, et ceux à qui on le transmet.
Pour ma part je ne me suis pas ramollie dans ces moments de grâce, je me suis embellie.
Qui osera dire que quand quelque chose de beau s'arrête il n'a jamais de pincement au coeur ?
Est-ce pour autant un ramollissement ?
Je trouve plutôt que le coeur s'agrandit, qu'il montre qu'il vit, puisqu'il bat et que parfois cela le fait souffrir.
Cmoua, si je bouge en ce moment c'est précisément parce que je n'ai ni nain ni ogre. Totalement malgré moi rassure-toi. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a hein, et moi je n'ai ni travail, ni famille propre, même pas de chez wam à wam. Alors je prends les choses en main et je vais voir ce que j'ai, à savoir ma meilleure amie qui m'attend chez elle pour ses (semi)vacances. J'en profite pour apprendre la langue de son beau pays et chercher du travail. Pour le reste, je laisse "le Boss" gérer.
Mamily, et les autres, le voyage commence dimanche à 13h40. J'arrive lundi vers 16h, heure locale, à savoir 7h de plus qu'ici. Ensuite je vais larver un peu, et dès que possible je reprends le blog, puisque j'emporte Naruto, mon ordi, sur mon dos.
Yayon, je t'encourage à aller voir ce que c'est que la liberté du côté de chez Edmond... Tu connais l'adresse.
Toi qui t'en vas si loin, remember, "Be like a squirrel girl" !
27 mai 2009
L'amertume si douce de nos adieux
Cet après-midi, dernier cours avec mes adorables élèves de banlieue.
Aaah elles vont me manquer.
Il y a ce petit goût de : "ça se fait trop vite tout ça, c'est trop précipité" avec une pointe de : "j'aurais dû rester au moins un mois supplémentaire, on n'a pas eu le temps de faire tout ce que je voulais" et encore un zeste de : "on s'aime bien, se quitter en courant devant la femme de ménage c'est pas terrible" mais... c'est comme ça !
La vie est une suite de naissances, car chaque séparation marque un nouveau départ, et le mien se fait direction le Japon !
De façon très très temporaire pour le moment, mais c'est déjà un premier pas.
Un pas nécessaire.
J'en suis à avoir fait le plein de cacao, et à connaître le poids de bagages autorisé, qui n'est pas énorme... Demain je vais voir du monde et obtenir d'autres bricoles, et commencer à peser le tout. Arf.
Il semble qu'on voudrait me faire trouver des merveilles là-bas, donc je lance un avis là-tout-de-suite, si vous voulez un truc japonais, allez-y demandez, mais sachez que mes moyens sont limités : poids de bagages ridicule, toute petite bourse même si on rembourse après et en plus la douane qui surveille (pas plus de 430 euros d'import), ça limite pas mal !
Mais pour des petites choses légères, ou pour une carte postale, là ça roule poupoule.
Elle va pas assez vite cette horloge je trouve.
Je le sens bien là
Wouhouuu !!!
Ayé c'est du sérieux.
J'ai commencé le tour des courses partout dans Paris, et là je commence à palper le voyage.
J'ai donc maintenant :
- du chocolat - à compléter ;
- des masques - j'ignorais que ça coûtait aussi cher ces petites crasses - je précise que le voyage en avion se fait avec escale à Shanghai et qu'au Japon il y a eu plusieurs cas de grippe A, donc le masque est obligatoire ;
- mes livres de japonais, dictionnaire compris - encore un machin affreusement cher ;
- ma crème pour le visage et mon gel pour les mains faits-maison hier, je vous donnerai les recettes plus tard ;
- un cadeau pour Akiko qui va débarquer à la maison tout seul ce soir ;
- un oreiller de voyage, gonflable, entouré de coton tout doux - je vais enfin pouvoir roupiller dans l'avion ;
- le flacon pour préparer - et ça sera rapide - un pschitt Gribouille ;
- des tas de présents pour Akiko - ouais, ch'uis une fofolle dans ma tête ;
- le double-rendez-vous avec la maman d'Akiko pour récupérer des objets à apporter là-bas ;
- des semelles orthopédiques américaines arrivées ce matin directement devant ma porte (mille mercis facteur), grâce auxquelles je vais pouvoir gambader à Tôkyô sans souffrir le martyr aux genoux - Gribouille ayant mangé ma seule autre paire, il m'en fallait des neuves - c'est la fête ;
Il me manque :
- ma valise à chercher à la cave ;
- mon billet électronique à imprimer :
- une petite recherche pour savoir combien de temps je vais mettre pour aller à Roissy en transports en commun ;
- des yens ;
- des bouchons pour les oreilles - je finis par me dire que c'est indispensable et assorti à l'oreiller ;
- l'adresse de la paroisse francophone de Tôkyô ;
- ma tête.
Dans une semaine, j'y serai depuis une trentaine d'heures...
Haaaaaaaaaaaa...
J'ai hâte. Vraiment hâte.
14 novembre 2008
Bon, ok
Je reviens en France le 17 décembre, et je ne repars pas aux Etats-Unis.
Ca va être difficile d'annoncer ça aux Great, mais j'ai trop d'engagements pour début 2009 en France, et mon rêve absolu concernant mon métier, c'est le Japon...
Snif pour New York qui est vraiiiiment un endroit génial, mais j'ai une soeur jumelle de coeur à retrouver à Tokyo. Et le plus tôt sera le mieux.
Par conséquent, je fais une annonce très officielle et je vous demande, blogueurs, et même non-blogueurs, de divulguer la nouvelle autour de vous autant que possible, parce que les liens de la fac ne fonctionnent pas.
Les Great cherchent quelqu'un pour venir chez eux entre 3 et 6 mois (ça dépendra du visa obtenu) et parler français, garder les enfants un peu, jouer avec eux beaucoup, aider à la maison, rien de bien méchant, et si possible donner des cours de français. En fait, il n'y a qu'à suivre les livres dont sont équipées la mère et les filles, dans lesquels il y a déjà tout - un peu frustrant pour moi d'ailleurs, j'aime créer mon propre matériel - et jouer avec n°3, qui n'a qu'un livre avec des autocollants.
C'est vraiment pas compliqué, et pour ceux qui aiment New York, ou qui veulent visiter, ça vaut le coup. Long Island aussi est magnifique, et on va un peu partout, on rencontre plein de gens en suivant Mrs Great à droite à gauche.
Quiconque est intéressé serait gentil de m'écrire que je puisse vous mettre en relation comme il faut avec cette famille absolument super.
Faites passer le message, c'est urgent!
09 novembre 2008
Des petites choses, sans importance comme ça...
Mais qui en ont beaucoup pour moi.
Ma meilleure amie appellerait ça des "petits détails importants".
Tout d'abord, ma gratitude éternelle à Yayon, qui s'est battue avec la Poste et qui a ensuite filé le relais à une de ses boutiques préférées pour m'envoyer du miel - un groooos pot de miel de sapin pour ma gorge, toujours pas guérie - et des bonbons à la propolis, aromatisés à la mandarine, et une autre boîte de gommes à la propolis.
C'est arrivé ce matin.
Non seulement c'est bon autant au goût que pour ma gorge, mais en plus je vais pouvoir enfin me faire des laits-miel le soir parce qu'en ce moment je dors mal et j'ai passé toute la journée à lutter pour ne pas m'endormir. Imaginez de jouer avec un petit garçon de 4 ans plein d'énergie alors que vous, vous n'en avez plus une miette.
Eh ben c'est pas facile.
Yayon, ma reconnaissance t'innonde de mes pensées affecteuses. Et vivent les apiculteurs. Et vivent les abeilles.
Ensuite, attention, ce que je vais dire va sans doute bouleverser vos vies et vos conceptions de la vie elle-même. Voilà un mois et demi, je prenais l'avion pour Long Island, une semaine environ après ma dernière coupe de cheveux. En essayant de ne pas penser à comment je pourrai raccourcir ma frange qui, trois semaine après la coupe, était programmée pour devenir trop longue.
J'explique à ceux qui ricanent déjà que j'ai un dégradé compliqué et que je ne peux pas utiliser de ciseaux normaux. Et je n'avais pas pris de ciseaux crantés. Pas la place, trop cher avec tout ce que j'avais déjà acheté etc.
Eh bien après "il jouait du piano debout" voici "elle se coupe les cheveux au cutter".
Ca marche aussi bien que des ciseaux crantés (bon, il faut avoir l'oeil aussi hein, et la main habile pour ne s'entailler ni le nez ni les doigts) et j'ai même fait les pointes, que la coiffeuse n'avait pas raccourcies et qui n'en pouvaient plus de fatigue.
...
Opération cutter réussie haut la main! Ma frange est très potable, mon dégradé aussi, je n'ai plus les cheveux dans les yeux, et les pointes sont en pleine forme.
En revanche, j'y ai passé assez de temps hier soir pour me coucher tard, trop tard, et manquer cruellement de sommeil aujourd'hui, comme vous avez dû le remarquer un peu plus haut.
Mais tout de même, le système D ça a du bon!
(Parce qu'avec tout ce que j'économise en coiffeur, je peux me payer des shampoings de luxe. ^^)
Je serais pas si fatiguée, je pourrais me sentir légère, légèèèère!
Là, j'ai juste envie de m'envoler vers mon oreiller...
24 septembre 2008
Hello there*
Bonjour bonjouuuuuuuuuur!
Nouveau disque dur, presque nouvel ordi, nouveau navigateur web (IE7 me fait des crasses) nouvelle liste de lecture dans I-tunes, nouveaux écouteurs achetés que dalle chez mon dealer préféré - hors taxe (vivent les aéroports!) - nouveau créneau horaire...
Nouvelle vie.
Je suis aux Etats-Unis depuis environs 27 heures, et comme on dit là-bas, I'm loving it**! C'est la belle vie, le pied, la fête, trop chouette. Je découvre énormément et joue la prof de français dès que je parle avec les amis qui m'ébergent.
Reprenons depuis le début du commencement. Au mois de juillet, je suis invitée par des amis en Amérique et puisque je croupis à Paris et que je n'ai rien de mieux à faire, je décide de foncer.
Lundi 22 septembre, 8h, réveil difficile et derniers rangements de sac, au revoir difficile à Chapi et Chapo, et maman me conduit à Roissy, terminal 2B, où je retrouve la compagnie avec laquelle je voyage pour m'enregistrer. Problème de machine qui refuse de lire mon passeport, je me fais enregistrer manuellement, on me dit que les machines n'aiment pas les femmes françaises mariées.
Hum.
Mon nom est à rallonge - je vous explique, mon nom de famille comprend 4 mots distincts - certes mais c'est un seul et unique nom de jeune fille, monsieur. Je sais que j'ai l'air mûre et que dans ma famille on se marie jeune (en général) mais moi je suis célibataire. Eh oui.
Queue encore et encore avec ma Môman chérie qui hallucine quand elle réalise que là au bout c'est déjà la douane et qu'elle n'aura pas le droit de passer, adieux un peu difficiles, enregistrement des bagages, hôtesse de cabine au sol qui râle en tournant mon sac pour l'étiqueter (heavy = lourd), déambulation déjà mélancolique mais surtout excitée dans le petit espace réservé aux voyageurs.
Achat des écouteurs identiques à ceux d'Akiko dont je rêve depuis un petit mais intense moment et que je cite plus haut, puis d'un sandwich à une heure inhabituellement matinale pour moi ; je m'abîme le palais pour le pris modique de 4,70 euros - heureusement que c'est nourrissant - et discute avec un coiffeur libanais de passage entre la Norvège et je ne sais plus quel pays, et qui poireaute depuis déjà longtemps. C'est vrai que passé les boutiques de foie gras, de disques, et de fringues, on s'ennuie ferme ici.
Puis enfin l'embarquement. J'oublie que j'ai une montre au poignet et je bipe au détecteur de métaux, du coup j'ai le droit à une fouille en règle (rassurez-vous, rien d'affolant, une femme passe rapidement les mains aux endroits les plus susceptibles d'y cacher quelque chose et me laisse passer immédiatement après) puis j'attends l'heure d'embarquement en lisant le Seigneur des anneaux.
2h plus tard, nous arrivons à bord d'un petit avion à Londres, avec 25 minutes d'avance. Cet appareil est plein de Français et l'équipage s'acharne à répéter que le signal "fermez vos ceintures" est toujours allumé et qu'il faut rester assis sous peine de se retrouver collé au fond de la carlingue au premier problème (ça, c'est le capitaine qui l'a dit, en Anglais, quand il a fallu s'y reprendre à une troisième fois.)
Londres, Heathrow, l'aéroport historique même où Pippin et Legolas se sont rencontrés alors qu'ils se rendaient tous les deux sur le tournage du film qui a fait connaître la Nouvelle-Zélande. Petit moment d'émotion. Et puis bon, c'est la première fois que je pose les pieds dans ce pays de gauchers. C'est assez amusant en fait. Ici, la zone hors-taxe est immense et remplie de boutiques en tous genres, c'est très impressionnant. Pour rejoindre ma porte d'embarquement je prends un petit métro automatique avec une voix d'hôtesse enregistrée, et 4 Japonais. Ils pullulent dans le coin, il y en avait tout un groupe à Paris qui a pris le même avion que moi.
Je prends des photos et me fait prendre en photo par un charmant monsieur qui se rendait de Washington au Rwanda il me semble, et je retrouve la file d'embarquement à bord du Boeing 700 et des poussières qui m'emmènera en Amérique.
Une heure plus tard, j'ai mal à la tête, je somnole et m'impatiente un peu. Il pleut sur Londres (trop fou n'est-il pas?) et on ne peut pas décoller. Toujours pas. Et puis enfin nous y arrivons. J'apprécie le personnel qui me fait penser que la compagnie britannique à bord de laquelle je voyage est d'excellente qualité. Sur le dos de chaque siège se trouve un petit écran tactile grâce auquel on peut regarder des films récents ou non, écouter de la musique, ou encore consulter la position de l'avion, l'altitude, la température extérieure, etc. Je tente de dormir après avoir regardé The Iron Man que j'avais loupé en France, avec quelques difficultés parce que là c'est anglais sous-titré anglais et que ça va trop vite pour moi, mais ma migraine m'en empêche, je me contente donc de fermer les yeux et d'approcher le plus possible du sommeil, histoire de me reposer quand même.
7h environ après le décollage, nous arrivons à New York JFK et j'admire la baie et des îles depuis un lointain hublot. L'excitation monte en flèche. J'arrive en Amérique et je ne le réalise pas du tout. C'est comme un rêve qui durerait un peu plus longtemps et serait plus agréable que les autres... Et puis c'est l'atterrissage. Rôôôh!
Me voici à la douane, dont beaucoup m'avaient dit que c'était un passage long et douloureux, une sorte d'accouchement mais pour ceux qui y passent, pas pour la douane elle-même, vous voyez? J'avais entendu des recommandations dans le genre "sois sage avec les douaniers, on va te demander si tu as une bombe dans ton sac, et surtout ne plaisante pas parce que tu risques de le payer très cher", "tu vas passer des heures à la douane, attention, les étrangers sont passés au peigne fin autant eux que leurs bagages, moi on m'a fouillée pour un bête truc dans mon bagage à main...", "fais gaffe à ce que tu dis, à avoir toujours des adresses sur toi à donner", patati, patata.
Sages recommandations et utiles, si si... mais pas pour moi!
Croyez-le ou non, je suis passée mieux qu'une lettre à la Poste. (Oui, la Poste et la confiance, je sais pas si vous avez remarqué mais ils ont changé de slogan il y a quelques années, la raison en est évidente non?) Douanier un peu fonctionnaire d'abord, dommage il avait une bonne tête, et quand on réalise un de ses plus grands rêves on aime bien communiquer avec autrui, et puis deux autres super gentils, accueillants et attentifs, le premier qui m'oriente vers le second pour une histoire de nourriture dans mon sac (Maman, tes biscuits de la Mère Poulard ont été très joyeusement accueillis, surtout par Monsieur Great*** qui les connaissait et qui était ravi) et le second qui regarde mes papiers, ma provenance et dit "Vous êtes française?" et qui commence à m'interroger en français. En fait, la seule nourriture crainte sur le territoire ce sont les graines ou fruits ou tout produit venant d'une ferme. Un paquet de biscuit c'est pas bien effrayant. Et donc, après m'avoir demandé un peu d'où je viens, pourquoi je viens et ce que j'apporte, il me laisse passer sans même regarder (je dis bien regarder) mon sac. Mon énorme sac de 24,9 kg. Juste avant que je parte, il me demande "mon français est bon?" gnihihi, j'aime bien ces petits moments avec les francophones... (non c'est pas le sac qui demande, c'est le douanier, enfin!)
Je suis trouvée très vite par Mme Great*** qui avait une feuille à la main avec mon nom dessus, tout entouré de couleurs et de fleurs et de "bienvenue" et qui m'aide malgré son mal de dos récent à mettre mon sac, mon énorme sac de 24,9 Kg, dans son coffre de grosse vouature**** américaine.
En route, j'ai le temps d'apprécier la conduite sportive de mon amie qui a du mal à discuter en français et à trouver les bonnes sorties à l'avance malgré le super GPS de luxe dont est équipé son véhicule. J'apprends que Long Island comprend en fait de nombreux quartiers de New York, tels Manhattan, le Bronx, et d'autres très connus et non juste un quartier et la banlieue.
Puis nous arrivons dans une superbe propriété et je me retrouve exactement comme dans l'émission Extreme Makeover (intitulée les Maçons du Coeur sur une chaîne câblée française). La maison est superbe, décorée avec goût et avec les papillons du père de M. Great et les tableaux de la mère de Madame, le jardin comprend une piscine, un terrain de jeu, un autre de golf, il y a trois salons et peut-être bien quatre salles de bains (j'ai pas réussi à compter), deux bureaux, une salle de jeux, un atelier, ma chambre et des tas de placards ou de petits cagibis.... pardons de gigantesques cagibis, et le garage a rien de moins que trois portes, chacune commandée séparément depuis l'intérieur ou depuis le toit de la vouature de Mme Great. Oui, il y a un boîtier spécial, intégré comme si l'engin avait été fabriqué avec ce gadget de série.
On me donne un téléphone portable et on me nourrit d'enchiladas avant de me laisser me coucher.
Le père et les enfants sont très gentils et ce moment aux Etats-Unis promet d'être vraiment excellent.
Aujourd'hui je me suis levée après 12h de sommeil reconstituant et ai découvert le fat free milk, translucide, étrange, et les sachets de chocolat en poudre à diluer dans de l'eau (?!?!), un peu du mode de vie américain - repas de midi pris à la va-vite, dîner très tôt en famille et en deux parties - ainsi que la synagogue de la ville où le petit dernier va à l'école.
J'ai fait de la trottinette (un cauchemard à prononcer pour les filles) construit des tours toujours plus hautes que le n°3 explosait d'un coup de balle en élastiques ou de pied (ça fait très bizarre, aux Etats-Unis, tout près de New York, de construire "des tours" en L*go pour les voir s'écrouler à répétition... Surtout quand la veille on était dans un avion. Non vraiment c'est très étrange.) et bien cru que mon "adaptateur universel" à 30 euros environs ne me servirait à rien du tout, parce que la prise de mon ordi ne rentre pas dedans. Fiches trop grosses. Grâce à M. Great et à son sac rempli d'adaptateurs nous avons feinté et je peux vous écrire cet article de 5km de long : l'ordi est branché sur un adaptateur France-Angleterre et ce dernier sur le mien.
Sur ce, l'écran tout blanc de Canalblog me file la myxomatose et je vais aller me coucher. Il est quand même "05h04". A savoir 23h04, heure locale. Je tâcherai de vous raconter la suite de mes aventures aussi souvent que possible!
Edit du 25 : le lendemain je découvre l'atelier du papa où il construit un bateau à moteur. L'endroit est énorme et ferait verdir de jalousie n'importe quel bricoleur français. Il y a en tout 4 salons et 4 salles de bain, des pièces de rangement dans tous les coins, plus la lingerie, le sas entre le garage et le reste, des escaliers, et 2 salles à manger. La familiale et l'officielle.
* Hello there : salut les potes!
** I'm loving it : je ne joue pas au restaurant rapide mais je répète que je raffole de tout ce qui m'arrive.
*** Pour des raisons évidentes je remplace le nom de famille de ceux qui m'accueillent par un adjectif qui leur correspond tout à fait : Great (comprenez "Génial").
**** La taille du véhicule exige une extension du nom lui-même.









