Les Niouzes de Nitt'

Le blog vitaminé... et un peu disjoncté de la fille qui se prend pour une prof, fait des tas de trucs avec ses doigts, aime bien manger et imagine que sa vie est trépidante et donc bonne à raconter.

16 octobre 2009

Foire d'automne : 10 questions pour le prix d'une, approchez approchez !

Bien le bonjour bonnes gens !
Voici notre foire d'automne, spéciale questions (stupides ou pas, nous ne sommes pas difficiles) !

Notre thème du jour est : le départ de Nitt en Chine.

C'est parti, première question.

Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
C'est l'histoire d'une fille, qui naît dans une ville de l'Est, il fait froid, il neige, c'est l'Alsace. Et cette fille grandit, grandit, grandit et devient prof de FLE. Et un jour, elle se dit "tiens, et si je postulais pour avoir un travail ?" Et elle postule, et elle trouve un travail en Chine.

T'as pas trouvé plus près ?
Premièrement, plus près c'est moins drôle.
Deuxièmement, si j'avais trouvé autre chose, ça se saurait.
Troisièmement, je visais plus loin, à l'origine.

Alors la Chine, ça se précise ?
Aussi vite que possible vu que mon contact à Shangqiu parle anglais moins bien que moi. Je lui ai répondu deux fois que j'étais contente de travailler pour eux. J'ai eu des réponses à mes interrogations sur le plus important  : comment se prépare le départ et qu'est-ce que je dois faire pour que ça avance, le climat et compagnie.

Alors, tu pars quand ?
Pour la 27ème fois, je l'ignore. Ça se décidera une fois que j'aurai mes papiers et mon visa.

Tu auras quand ton visa ?
Quand mon contact aura fait le nécessaire auprès du gouvernement chinois afin que j'obtienne un certificat de permission de travail, il me l'enverra par la poste. Une fois munie de ce document,  j'irai voir l'ambassade et je mettrai en route la dernière partie du processus pour obtenir mon visa Z (celui d'"expert" puisque je suis expert linguistique) (ouais, je sais). Je n'ai aucune date précise.

Tu sais que la fuite n'est pas une solution ?
Je ne fuis pas, au contraire !

Mais alors, tu nous aimes plus, tu t'en vas comme ça ?
Ben oui je m'en vais comme ça, mais c'est un choix fait et assumé depuis longtemps figurez-vous. Et bien sûr que si je vous aime, mais mon destin m'appelle, et il est temps de répondre. Si vous m'aimez, vous comprendrez ! ;)

Tu sais que la Chine c'est pas le Japon ?
Il se trouve qu'à l'école j'ai suivi une matière sympa comme tout appelée histoire-géographie. Sur les atlas qu'on nous montrait, la Chine était bien située à un autre endroit que le Japon. Ça m'a mis la puce à l'oreille (ça gratte).
Ensuite, quand j'ai travaillé avec des Chinois, j'ai remarqué qu'ils ne pensaient ni ne parlaient comme les Japonais, j'ai donc amélioré ma compréhension du concept.
Lors de mon stage de 5 mois dans une association franco-chinoise, j'ai mangé chinois, vécu les cours et le contact interculturel comme si j'y étais, et côtoyé une large trentaine de ces individus, sans compter mes tutorats avec des Chinois. Je peux donc dire légitimement que je suis un peu renseignée.

Et si tu t'y plais pas ?
L'école, le cadre, l'idée de changement et de découverte, le poste et le salaire me motivent. Sinon j'aurais pas envoyé ma candidature. Je savoure l'idée de gagner enfin ma vie, alors procédons par étape, si vous voulez bien, et regardons le côté éclairé par Dieu.
Merci.
...
Puisque vous insistez, si je ne m'y plais pas, je n'aurai qu'à prendre mon mal en patience jusqu'en juillet. Ensuite je saurai que je ne dois pas postuler à nouveau en Chine. C'est tout.

Tu sais qu'il y a deux églises en Chine ? Une officielle dont les membres sont surveillés et acceptés par l'État et les autres, clandestins, au service de l'Église ? Tu sais qu'il y a des tas de martyrs là-bas ?
Oui, je suis informée.

pers_cution

Je sais aussi que souvent les prêtres d'États sont reconnus par l'Église. Je vais aller voir les Missions Étrangères de Paris pour leur demander de plus amples renseignements.
Ensuite, à la Cotellerie pendant les sessions Marie-Espérance on a eu assez de veillées super émouvantes sur des prêtres qui baptisaient à tour de bras dans leurs "camps de rééducation" pour être au courant.
Et puis ce sera l'occasion de faire une chaîne de prières pour votre petite prof de FLE préférée ! Que ça se passe bien, que je trouve de bons prêtres, qu'il ne m'arrive rien de fâcheux, toussa...

Mais, tu vas faire comment si tu parles pas chinois ?
M'en remettre à Dieu !
Y a plein de Français qui y vont, et plein de professeurs de FLE comme moi, qui partent un an sans causer la langue du pays (quel que soit le pays d'ailleurs). Ils reviennent vivants, sur leurs deux jambes et ils ne sont pas traumatisés. Je m'adapterai.
Et je vais acheter un dico français-chinois, une carte en français, et si je trouve, un guide oui-non : on montre la question aux gens et ils répondent "oui" ou "non". Très pratique.

Mais, tu vas enseigner comment si tu parles pas chinois ?
Comme je le dis très souvent, un bon professeur de FLE n'a pas besoin de parler la langue de ses apprenants. Comment on fait dans une classe internationale, selon vous ? On ne peut pas parler portugais du Brésil, allemand, chinois, coréen, vietnamien, anglais et russe en même temps ! (Et non, les profs de FLE ne sont pas pourvus du don des langues de l'Acte des apôtres...) Ben là, pareil sauf qu'en face ils ne parleront qu'une seule langue.

Je connais quelqu'un qui y est, je te donne son adresse ?
Pas tous à la fois, j'ai déjà 4 contacts potentiels, je vais d'abord digérer un peu, laisser venir et trouver des questions à poser. Mais c'est gentil.

Ta mère n'a pas peur pour toi ?
Non. Elle est ravie.

Tu emportes un énoooorme sac ?
J'en sais rien. Il y a beaucoup à emporter parce que je ne trouverai pas certains articles là-bas (savons au patchouli - rigolez pas, ce sont les seuls qui font du bien à ma peau fragile - huiles essentielles, boule de lavage, chocolat...) mais j'ai pas encore fait le point.
Hey ça date de deux jours ! On se calme !

Comment prépares-tu ton voyage ?
D'abord je me suis renseignée sur le lieu, le manuel utilisé en cours, et je me suis familiarisée avec la Chine et ses conditions de vie au cours de mes 6 ou 7 candidatures précédentes dans ce pays.
Je vais faire un bilan de santé que j'enverrai en Chine pour qu'on établisse le certificat sus-mentionné, vérifier au passage que je n'ai pas besoin de vaccin particulier (et ils peuvent courir pour me vacciner contre la grippe du cochon volant), passer chez l'ostéopathe afin d'améliorer l'état de mon dos, et chercher un moyen de profiter quand même de sacrements en français puisqu'il n'y a pas de paroisse francophone à Shangqiu.
La messe je peux gérer, ce sont les confessions qui vont m'embêter. Les cathos qui me lisent, s'il vous plaît, une 'tite place dans vos prières pour que j'aie accès à ce sacrement ?

Tu pars quand ?
On l'a déjà dit, ça.

Qui paye ton billet ?
L'université.

Qui te loge ?
L'université. Dans une villa sur le campus. On sera deux Français dedans, c'est climatisé, meublé, avec Internet.

Le salaire est bon ?
Très. Supérieur à celui proposé d'habitude pour ce pays, et encore supérieur grâce à mon bô diplôme. Mais ça reste un salaire local.

Tu vas faire combien d'heures par semaine ?
15, soit 20 cours (une heure académique, je le rappelle, faisant 45 min). Tout cours supplémentaire sera financé comme heure sup'. C'est extrêmement confortable. Tout comme j'avais demandé dans mes prières (visa et avion itou).

Quels niveaux ?
Débutants, et faux-débutants, peut-être des niveaux 1, mais pas sûr. Ils travaillent avec un bon manuel, ce qui me rassure énormément sur la progression.

C'est comment le climat à Shangqiu ?
Continental. Donc proche du climat alsacien : jusqu'à -6°C en hiver, jusqu'à 36°C en été, très doux entre les deux. En ce moment, il fait 24 à 26° le jour, et 6° la nuit.

Heureuse de partir ?
OUI ! (Vous savez, "mon rêve se réalise", "je vais enfin m'épanouir", "j'attendais ça depuis tant d'années" toussa...)

Ça ressemble à quoi leur cuisine ?
Ça fait peuuur !
Non je sais qu'il y a de bons plats (plusieurs de mes plats nippons préférés sont originaires de Chine, cependant ils ont été modifiés au goût des Japonais) mais j'angoisse un peu à l'idée d'apprendre à cuisiner avec leurs ingrédients bizarres, moi qui dois faire attention à ce que j'avale, pour ne pas ressembler à une grosse calculatrice.

Tu vas faire comment pour la sécu ?
Eh bien la sécu française va se débrouiller sans moi, en Chine l'université me paye une mutuelle.

Quelle est l'idée farfelue qui t'es venue en tête depuis que tu sais que tu pars ?
Eh bien après avoir angoissé pour mes cours (maintenant que je sais quel manuel on va utiliser, je suis très relax sur le sujet) et me demandant toujours comment je vais communiquer sur place (on m'a suggéré de demander au Saint Esprit le don des langues... c'est pas idiot !) j'ai pensé que là-bas, la médecine chinoise, les massages, les soins de la peau et tout, ça sera courant et pas cher... Je sens que je vais en profiter à fond. J'aurai les moyens de me l'offrir ! Rendez-vous compte ! Ça me change la vie, ça !

Qu'est-ce qui va te manquer à coup sûr ?
Le lait de chèvre et nos fromages d'ovins et de caprins... La cuisine française en général et les ingrédients de chez nous, mes amis, mes oiseaux, Gribouille aussi, mais pas ses griffures/morsures ni les trous qu'elle fait dans tout ce qui m'appartient, le chocolat... aaaaah le chocolllaaaaaaaat !

Ils sont contents de te voir débarquer là-bas ?
Eh bien vu que j'ai envoyé les premiers documents demandés en moins de 24h, ils ont l'air ravis. Maintenant faut que je m'active pour le bilan de santé.

Tu vas leur apporter la grippe A ?
Ce serait pas sympa de ma part et ça m'étonnerait, j'ai mon huile du cochon volant qui me prémunit contre ce genre de bêtise. Mais je vais faire un stock de paracétamol pour aller là-bas. C'est la seule molécule qui me soulage à coup sûr des migraines et douleurs diverses. Les autres - genre ibuprofène, qui m'a grandement secourue aux States - je m'y habitue et aujourd'hui ça ne me fait plus rien. La preuve que je m'adapte à tout très vite.

Mais la paperasse, tu vas faire comment ?
Les papiers internationaux chinois sont bilingues chinois-anglais. Et il se trouve que je parle dans les angles.
Ensuite, les factures d'électricité et compagnie... je demanderai de l'aide sur place !

C'est quoi le décalage horreur avec eux ?
6 heures de plus en été, 7 en hiver (ils ne changent pas d'heure).

Tu y vas pour combien de temps ?
Une année scolaire. C'est déjà énorme dans mon métier...

Et tu pars quand ?
*soupir*
Tourne la tête et beugle, l'air désespéré :
Sécuritééé !



11 octobre 2009

Une histoire de chameau et de bonheur

Une question m'est venue récemment, en repensant aux pauvres des favelas dont parle la bienheureuse Teresa de Calcutta, à certains étonnements autour de nous, et à ce qu'on constate généralement chez les riches :
pourquoi les pauvres sont-ils plus heureux que les riches ?

Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Personne n'est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d'adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. » L'homme répondit : « Maître, j'ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. » Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu. Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. » Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.  »

Évangile du jour selon Saint Marc 10, 17-30

Pourquoi l'évangéliste ne dit-il pas : "il s'en alla tout triste car il ne voulait pas se séparer de ses biens" ?
Parce que c'est sous-entendu.
Reprenons la question : pourquoi les riches ne sont-ils pas heureux alors que les pauvres y arrivent ?

Plus le riche possède, plus il s'attache à ce qu'il a et plus sa maison et son cœur sont occupés par les biens de ce monde, moins il y a de place pour Dieu. *
Plus le riche possède, plus il convoite, car l'homme est un être de désir, qui aspire à l'infini. **
Plus le riche possède, plus il a peur de le perdre et plus il veut contrôler ses biens, sa vie, et son avenir. Plus il veut être Dieu au lieu de vouloir Lui appartenir.
Plus le riche possède, plus il place son orgueil dans ses biens au lieu de le placer en Dieu.

Mais le pauvre, le pauvre lui a si peu, que son cœur ne peut être rempli que par Dieu. Et un cœur rempli de Dieu est infiniment grand.
Le pauvre a si peu qu'il a appris à se contenter de ce peu qu'il possède, et il s'émerveille de ce qu'il reçoit, par conséquent sa faculté d'émerveillement est illimitée. ***
Le pauvre a si peu qu'il remet ses biens, sa vie, et son avenir à Dieu avec facilité.
Le pauvre a si peu qu'il ne saurait placer son orgueil qu'en Dieu.

Jacques Brel avait raison : le pauvre qui ne possède que l'amour, possède Dieu, et à travers lui toute la Création.

Découvrez la playlist Quand on n'a que l'amour avec Jacques Brel

En fait, le riche est un pauvre à plaindre, un pauvre qui s'ignore, et le pauvre un Riche que l'on ignore.

*"Les riches : vous voyez bien ce qu'ils ont, vous ne voyez pas ce qui leur manque." (Saint Augustin)
**
"Tu m'as fait pour toi mon Dieu, et mon âme est sans repos tant qu'elle ne demeure en toi." (Saint Augustin, encore !)
***
"Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce qu'on possède" (Saint Augustin, toujours ! )

14 septembre 2009

DONG, ding dong DONG, ding, ding, DONG, ding...

Vous ne les entendez pas ?

Quoi ?! comment ça : "quoi" ???

Mais les cloches des sacristains pardi ! Ils ont lancé leur esquif vers l'horizon, direction le grand large avec tous ceux qui auront envie de monter à bord.  A l'heure où tout le monde circule sur Internet (même ma grand-mère, c'est dire), on s'est rendu compte que seuls les avis extrêmes sont représentés.
L'excès en tout est un mal, et afin de proposer une image réaliste, modérée, diverse et unie de notre grande famille céleste, les sacristains ont trouvé un bon moyen de garder - et montrer - le cap : un site collectif réunissant des blogueurs catholiques, prêtres et laïcs qui n'ont pas peur d'affirmer leur foi et leur attachement à l'Église.

sacristainsbis

Cela manquait cruellement, et je suis enchantée du lancement de l'embarcation.
Ils sont intelligents, ils sont cathos, ils sont présents sur le net, ils ont de l'humour, ils ont l'Esprit Saint dans la poche (en tous cas, pour les prêtres c'est avéré), ils s'intéressent à tout et leur site est extra : foncez voir les sacristains.
A l'abordage !

07 mai 2009

On en revient à la question du départ...

Alors voilà :
J'ai toujours pas parlé des deux, voire trois derniers livres engloutis ces 15 derniers jours.
J'ai deux trucs vus ou entendus dans le métro et dans la rue à raconter.
J'ai une perle de cours à narrer.
Le tout urge parce que c'est tout frais et qu'un blog ça se tient au moment où l'inspiration vient, où on se souvient de ce qu'on veut exprimer, etc.
Le tout me pousse à me demander avec angoisse si je vais passer à trois articles par jour, ou si je dois créer une nouvelle catégorie pour les billets qui en ont trois d'un coup (Dans le métro, bien, vous avez suivi, Quand je ne fais rien, pour la lecture, et Les cours pour... bravooo! le cours!), et à repenser à ce message  - notez les synonymes habilement distillés ici - en me disant que décidément, un blog c'est chouette mais des fois ça coince.
J'ai même pensé que parfois un autre blog, dédié à un truc précis, ça me soulagerait, mais rassurez-vous, je ne vais pas vous/me faire cette blague-là : je suis tarée mais j'ai mes limites aussi.

Or donc et pour cette fois et cette fois seulement (quoique), ami lecteur, voici un article qui en vaut quatre! Oui oui tu as bien entendu ici là devant tes yeux épatés, ébahis, presque incrédules et néanmoins intéressés, voici, tu viens de le lire, une réflexion qui ne sert à rien sur un blog qui ne sert à rien, une critique littéraire, deux mots entendus dans des lieux publics de notre bonne vieille capitale, et une perle de prof.


Quand je ne fais rien :

Tu te souviens peut-être, lecteur, que je suis parfois, à mes heures, une lectrice assidue. Mais pas que de blogs. De livres aussi. La preuve ici, où je faisais une liste effrayante. Or au salon du livre je me suis offert deux japonaiseries.

La première, lue en deux jours, s'intitule Filles de Samouraïs, tome 1, de Maya Snow. Une lecture qui fait voyager dans le temps et l'espace, qui ne vaut pas un Jules Vernes ni un Victor Hugo, mais qui est sympa et tout indiquée pour les adolescentes.
Une histoire de filles de seigneur japonais, dont le père est assassiné par leur oncle, et qui se réfugient dans une école d'arts martiaux. Agréable donc, ça se lit facilement.

Ensuite, il y eut Au Col du Mont Shiokari, d'Ayako Miura, titre et nom que je ne cherche ni ne vérifie parce que ces mots sont gravés pour toujours dans mon petit cerveau à la mémoire rachitique : une merveille. La biographie romancée d'un homme qui a contribué à changer le regard des Japonais sur le christianisme. Cet homme, un converti - protestant - a changé le monde autour de lui en se laissant porter par la Parole, et a été jusqu'au bout. J'ai fini ce livre en larmes, et j'ai pris une très belle et bonne leçon d'humilité. Il se situe dans le Japon du milieu XIXème siècle, une période charnière où le pays venait tout juste de s'ouvrir au monde occidental après plusieurs siècles de fermeture à la limite de la xénophobie. Écrit à la japonaise, donc avec des touches de poésie et des pensées qui s'assemblent pour former un bel ensemble, un peu comme un puzzle, ou plus justement comme dans l'ikebana, art floral traditionnel. Ce livre écrit par une Japonaise protestante fut un best-seller sur l'archipel dans les années 1970.

Et puis, et puis j'ai lu l'autre grande biographie de converti. Requiem pour Nagasaki, biographie de Takashi Nagai, médecin japonais de Paul Glynn, un Australien. Vous l'aurez deviné, si ce livre se situe à Nagasaki (pron : nagassaki), ce n'est pas un hasard, c'est parce que le médecin a vécu l'horreur de la bombe A et a perdu sa femme dans la tragédie. Le plus fou, c'est qu'après cela il a publié des articles et des livres à la pelle alors qu'il était mourant, et a redonné courage non seulement à la communauté catholique de la ville, à laquelle il appartenait, mais aussi au Japon tout entier. Chercheur passionné, chrétien exemplaire, il fut le seul à considérer que les victimes de la bombe étaient le sacrifice offert en rémission pour les crimes de guerre commis, et nécessaire à la fin du conflit. Il identifia les habitants de la ville morts à cause de la bombe au Christ Lui-même et incita à rendre grâce qu'ils aient été choisis pour cela. Encore une lecture qui tire des larmes, mais celle-ci est très pédagogique sur l'histoire du Japon et de ses chrétiens, et surtout très apaisante. On en tire de belles leçons et on repart confiant dans la vie, malgré les douleurs inévitables. Mieux que cela même : avec les douleurs inévitables.

Deux lectures magnifiques donc, que je ne saurais trop conseiller.


Sans transition, la catégorie Dans le métro :

Il y a deux jours, sur la ligne 5, entre dans mon wagon (enfin comprenez le wagon dans lequel je me trouve, je ne m'approprie pas les véhicules que j'emprunte et je n'ai pas non plus acheté ni loué de métro... ça n'existe pas de louer un métro!) donc entre dans mon wagon une dame qui se met à chanter. A la voix, je devine une femme noire plutôt corpulente. La voici donc qui chante bien fort pour qu'on l'entende dans la voiture et sur le quai, "le nom du Seigneuuuur, est un refuuuuge" et la voilà qui bavarde, dans le vide, sur "oh quand je vois tous ces gens, tous ces Africains qui n'ont pas de travail, j'ai de la peine. Mais moi je prie le Seigneur, parce que le Seigneur est bon, Il nous aime et Il a donné son Fils pour nous, amen! " et hop elle rechante : "Moiiii je priie touteu la journééée, le Seiigneuur est mon refuuge, je parle de Luiii autour de moiiii parce qu'Il est booon et qu'il faut le connaître, je chaaaanteu pouuur Lui...".
Ou plus ou moins ; depuis deux jours, j'ai un peu oublié ce qu'elle disait au juste, et je n'ai pas pu noter.
J'étais en train de travailler mon japonais, et je n'y arrivais plus. A la place, j'étais écroulée de rire. Rien de moqueur, mais avouez que dans un lieu public du pays le plus anticlérical que je connaisse (et je commence à en connaître pas mal) (sans me vanter) trouver cette femme en train de chanter du negro spiritual en français, ça avait quelque chose de totalement décalé.
"Seigneur, envoyez-nous des fous..."

Sur le même thème ou presque, je sors du métro aujourd'hui pour rentrer chez moi et entends : "Qu'est-ce qui ne tue pas aujourd'hui? L'alcool, les cigarettes... on n'aura pas la vie éternelle de toutes façons..."
Et moi de répondre à voix basse : "Mais bien sûr que si! Il suffit d'être baptisé! C'est pourtant si simple!"


Et pour finir en bôôôté, la catégorie Les cours :

Aujourd'hui, petit cours de soutien de français dans la banlieue. En rattrapage pour samedi dernier et histoire de mettre un dernier coup de collier avant mon départ et le brevet. Je croise deux des filles que j'ai eues l'an dernier, et l'une d'elles me dit : "ça sert ce qu'on a fait l'an dernier!"
Premier grand sourire. J'ai fait un travail utile et les filles s'en rendent compte. Assez pour me le dire.
Life is good*.
Un peu plus tard, nous travaillons avec les filles de cette année, et l'une s'exclame : "j'aimerais bien vous avoir comme prof de français!".
Second grand sourire. J'arrive à les intéresser à ce que nous faisons, et à leur donner envie de travailler avec moi. Elles m'aiment bien.
Life is beautiful**.

* La vie est belle et bonne. Ouais, en fait c'est intraduisible littéralement.
** La vie est magnifique. Si, beautiful veut dire magnifique!

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04 mai 2009

Poulet à la carte

Reçu par courriel de la part d'une amie ce matin.
J'avais envie de vous faire rigoler comme moi dans le métro aujourd'hui, ce sera pour plus tard.

27 avril 2009

ただいまああああああ!

Je suis de retour!

Ces quelques jours m'ont fait beaucoup de bien. J'ai beaucoup profité de la famille, de la Bretagne, j'ai encore dessiné des triskels et je me suis lâchée sur la peinture, et... j'ai même fait du japonais.
Oui, j'ai fait du jap' parce que... ça y est, la date est fixée! Je pars tout le mois de juin au pays du soleil levant!

Alors forcément je suis obligée de bosser maintenant.

Et au passage, entendu dans une cathédrale : "cette quête sera pour le chauffage de l'église, pour payer les factures de gaz"...
Gloups.
Même une cathédrale comme "la mienne" on arrive encore à avoir du mal à payer le chauffage?!
Bon, bah on va prier pour les conversions, et que plein de gens viennent remplir les caisses de nos églises pauvres, même celles qui ne devraient pas, et puis comme ça on arrêtera de se geler sévère à la messe du soir!

Entendu dans une autre église : "faites prier vos enfants, les prières des enfants sont mieux entendues par Dieu, priez pour que nous ayons de bons pasteurs"...
Bon, j'ai pas d'enfant, mais le message est passé.

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12 avril 2009

Infos - Niouzes - Infos - Niouzes - Infos

... Et les Gallois ont finalement été totalement dépassés par l'équipe du Munster qui affrontera les Harlequins ou le Leinster en demie.

- Retour aux informations mondiales :
Christ est Ressuscité !
On nous affirme ce matin que Jésus, ce condamné à mort crucifié vendredi, qui avait créé la polémique en affirmant, entre miracles et discours sur la montagne, qu'il était le Fils de Dieu, est vivant. C'est de bon matin que des femmes qui le suivaient sont parties embaumer son corps selon la tradition juive et ont trouvé son tombeau vide. Un ange qui s'y trouvait leur a donné rendez-vous en Galilée, et l'une d'elle clame même que Jésus lui a parlé et a confirmé le rendez-vous à tous ses amis dans cette fameuse région où il a beaucoup prêché, notamment autour du lac de Tibériade. Bien évidemment, les femmes ont couru prévenir les disciples restés enfermés tous ensemble par peur des représailles - on sait combien les pharisiens voulaient éteindre toute rumeur sur Jésus - et deux de ces derniers ont couru, à leur tour, à la tombe. Il est bien connu que les femmes affabulent, tout particulièrement quand elles sont bouleversées.
Une fois sur place, les deux hommes ont dû reconnaître que les femmes disaient la vérité.
Les voi...

- Jean-Marc, excusez-moi, mais... votre info, là, elle date de près de 2000 ans me dit-on.
- Tout à fait Matthieu, mais elle est plus que jamais d'actualité. Qu'en pensez-vous Luc?
- Parfaitement. D'ailleurs, les disciples ont fait des émules et vous verriez la tête de ceux qu'on appelle aujourd'hui "chrétiens", elle vaut le détour.

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11 avril 2009

Il est vivant!

Très joyeuses fêtes de Pâques à tous,

unis dans le Christ ressuscité!

Cette seconde partie de phrase remplacera chez moi le UDP bien connu.

Cliquez dessus pour comprendre pourquoi.

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08 avril 2009

Aimer, c'est apprendre à recevoir la miséricorde de Dieu

L'amour de Dieu n'est autre qu'une communication d'amour. Dès que nous envisageons l'amour de Dieu sans cette communication d'amour, nous l'amputons en quelque sorte : ce n'est plus tout à fait Dieu. Quand nous contemplons Dieu dans sa grandeur, dans sa puissance, il faut le contempler dans cette communication qu'il fait de lui-même de son amour. Sinon, ce n'est plus tout à fait Dieu. Dieu est amour pour que nous fassions connaissance avec lui, pour que nous fassions l'expérience de son amour, pour que cet amour circule entre lui et nous. Il n'y a qu'un seul commandement : aimer Dieu et aimer nos frères.
L'absolu de l'amour de Dieu, c'est Dieu qui aime absolument. Quelles que soient les difficultés que nous rencontrons, momentanées ou irrémédiables, il faut nous dire que nous sommes aimés par un Dieu qui aime absolument. Mais ce n'est pas Dieu qui met des limites, c'est nous qui les mettons. Dieu ne se laisse jamais vaincre, Dieu aime absolument.

Marie-Joseph Le Guillou, O.P.

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07 avril 2009

Craindre Dieu

Je voulais vous résumer aujourd'hui quelque chose qui a changé ma vision de la Bible...
Cet automne, à New York, nous avons eu le grand plaisir pendant une messe à Saint Vincent de Paul de voir un prêtre français, grand prêcheur connu, mais dont j'ai malheureusement oublié le nom (si quelqu'un se souvient d'un prêcheur jovial de Lyon, qui fait des conférences un peu partout, grand, bonne voix, cheveux gris, merci d'avance!) qui pendant le sermon - inoubliable - nous a parlé d'un petit mot qui crée des confusions chez les croyants.
Le mot "craindre".
On le retrouve dans des tas de psaumes, un peu partout dans l'Ancien Testament, et on imagine qu'il veut dire "avoir peur".
Comment peut-on avoir peur de Dieu?
Les anciens l'avaient bien compris, et le verbe hébreux improprement traduit en français a une nuance qui n'existe pas dans notre langue. Le verbe d'origine (avec un v minuscule celui-ci) correspond à celui qu'on emploierait pour décrire l'état d'un jeune homme amoureux qui n'a pas vu sa fiancée depuis trois ans. Elle arrive, il va la chercher à l'aéroport. Il est tellement heureux qu'il a peur que son cœur lâche, ne tienne pas le coup. Et en même temps il est exalté.
Ce mélange de joie et de crainte - heureuse - c'est précisément ce que le verbe "craindre Dieu" signifie dans la Bible. Quand on dit "hommes qui craignez Dieu" on ne dit pas "trrrremblez devant le SSSSeigneurrrrrrrr" mais "réjouissez-vous, soyez dans la plus grande joie, Il est là, Il vous aime".
C'est-y pas beau?

Posté par Nitt à 10:22 - Ch'uis catho et je le dis! - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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