17 décembre 2008
La Bouate
Là-dedans les zamis... Il y a 80% des objets que je rapporte... pour vous!
Priez saint Christophe que mes avions n'aient pas de problème, pas de trou d'air ni de tempête de neige, que le stewart comprenne mon accent américain tout frais et que la nourriture soit aussi bonne qu'à l'aller, et surtout que je ne m'endorme pas à Londres, parce que j'ai pas envie de me faire piquer mes affaires ni de rater mon avion pour cause de roupillon intempestif pendant mes 4h d'attente à Heathrow.
Ah oui, priez aussi siouplé pour qu'il y ait de bons films dans l'avion, mais que j'arrive à dormir un peu quand même au-dessus de l'Atlantique.
Le prochain article sera rédigé depuis la France, mais retard oblige, parlera des States. Faut que je vous cause de vendredi, dimanche, hier, et enfin que je raconte mes péripéties avec une valise, trois sacs, 3 trains et deux avions en 24h.
A très vite, en France!
12 décembre 2008
Vendredi 12
Bonjour tout le monde.
Enfin rentrée, j'anté-poste cet article pour que tout reste dans l'ordre.
Vendredi 12 fut une journée passionnante. Tout a commencé jeudi, où on a téléphoné chez les Great. Andrew me passe le téléphone en me disant que c'est pour moi, et pendant que je me confonds en conjectures sur l'origine de l'appel, moi qui n'ai reçu que deux coups de fil, sur "mon" portable, depuis presque 3 mois que je suis ici, je prends le combiné et dis bonjour.
A l'autre bout du fil, c'était la prof de français de N°1, qui voulait savoir si j'étais vraiment d'accord pour venir dans sa classe de français parler à ses élèves et si j'avais des idées de trucs à leur faire faire. Kalli, alias n°1 lui ayant dit que je partais très bientôt et que j'étais partante sur l'idée de venir voir ses camarades de classe, Mme Prof était très enthousiaste.
Rendez-vous fut pris, donc, pour vendredi matin où je verrai en deux fois une demie-heure l'ensemble du "niveau 6ème" et où il pourront me poser des taaas de questions.
Vendredi matin, 10h30, M. Great me dépose devant l'école où je rentre, explique difficilement qui je suis et qui je viens voir (je n'avais pas bien compris le nom de la prof au téléphone. J'aime pas le téléphone.) puis j'attends un peu et rencontre une jeune femme adorable qui m'explique un peu le déroulement de l'heure qui va suivre. Kalli nous rejoint pendant ce temps, surexcitée à l'idée que je rencontre tous ses camarades de classe et plus encore, et en quelques minutes je me retrouve devant une quanrantaine d'élèves de 11 ans, curieux et un peu timides, que leur enseignante fait chanter toutes les chansons en français qu'ils ont apprises : les salutations, l'alphabet, les mois et les jours de la semaine, quelques chiffres (vous savez, "un deux trois je m'en vais au bois, quatre cinq six cueillir des cerises", etc.) puis ils se lancent dans tout un tas de questions en français d'abord, en anglais ensuite, comme quel âge as-tu? comment t'appelles-tu? quelle est ta couleur préférée? quel est ton fromage préféré ? (?!) ton plat, ton film, ton livre, ta ville préférés, d'où viens-tu, où est-ce que tu es née? quel est le climat en France? est-ce que vous mangez vraiment des escargots? c'est si cher que ça l'essence en France? et autres questions assez rigolotes.
J'ai dû entrer en introspection au fond de moi-même pour rencontrer mon moi-profond, parce que quand on me demande quelle est ta chanson préférée, je pense - après un trou noir - à environ 5 albums différents, et que la question ne porte que sur UNE chanson. Dur dur. Mais très sympa au final.
J'ai fait circuler des euros de main en main, montré Michel Strogoff de Jules Vernes, offert par mon Grand-Père et qui m'avait déjà suivie au Japon, été applaudie quand j'ai répondu (deux fois, et c'est à chaque fois Kalli qui a demandé car elle assistait aux deux "cours" ; la deuxième fois avec sa mère qui nous avait rejoints) que ma ville préférée était New York, entendu un "Yeesss" quand j'ai dit que ma couleur préférée était le bleu, cassé un mythe en expliquant que je n'aimais pas les escargots et que oui, on les mangeait, mais qu'on les faisait dégorger et cuire à l'ail avant de les avaler (beurk), entendu 40 exclamations de satisfaction quand j'ai dit que "mon film préféré" était Le Seigneur des Anneaux (j'en ai tellement d'autres!) et fait très plaisir aux filles en disant que le shopping était bien meilleur à New York qu'à Paris, à cause des boutiques "discount" plus nombreuses et de meilleure qualité.
Et j'ai parlé japonais. Un peu. Parce que n°1 avait raconté partout que je parlais japonais, donc tout le monde voulait essayer de me faire causer jap. et un peu italien aussi, parce qu'on m'a demandé si j'étais trilingue (presque!) et quelle était ma langue préférée. J'en ai pas de préférée, je les aime toutes pour des raisons différentes, hé!
Vachement sympa comme rencontre. A chaque fois ça s'est terminé sur la chanson des au-revoirs lancée par leur professeur qui regrettait bien mon départ si proche, et avant de partir nous avons échangé nos adresses mail, histoire de se raconter des trucs de prof de temps en temps.
On a pris quelques photos, une jeune fille est venue me voir pour me faire un "high five" - tope-là - j'ai rendu dingue une copine de Kalli à qui j'ai fait un clin d'oeil pour lui montrer que je l'avais bien vue et reconnue, et d'après la mère de la copine en question, j'ai fait sensation.
Oui, en même temps je n'ai vu les enfants que pendant deux demies-heures et ils n'ont pas eu de cours avec moi, juste posé des questions pour savoir un peu ce que les Français ont dans la tête et pourquoi.
Mais j'ai beaucoup aimé. Ce genre de rencontre est toujours très enrichissant des deux côtés, et c'est pour ça que mon métier est une vraie passion.
29 novembre 2008
Ellis Island
Bonjour éveuribaudi.
Petite précision historico-géographique tout d'abord.
Il y a 400 ans environ, une centaine de puritains britanniques et pacifiques atterrissait légèrement au-dessus de New York après une longue traversée de l'océan dans le but de rejoindre la communauté déjà fondée en Caroline (nord ou sud je sais plus) et ils avaient la désagréable surprise, poussés par le vent pendant la traversée, d'arriver trop haut, dans un coin non colonisé.
Sans outils, sans savoir-faire pour construire une maison, planter et se débrouiller.
Ils étaient dans la mouise.
Et puis ils ont fait la connaissance des Amérindiens locaux qui les ont aidés, montré comment fabriquer leurs outils et leurs maisons, quelles baies manger, quels légumes planter etc.
Après environ un an et la première moisson de la petite colonie, les puritains ont invités les Amérindiens à un festin qui a duré trois jours.
Depuis, chaque dernier jeudi de novembre, c'est le jour de "l'action de grâces" => "Thanksgiving" aux Etats-Unis. Les enfants n'ont qu'une demi-journée d'école le mardi qui précède, et ensuite c'est vacances jusqu'au lundi qui suit. Les jours qui précèdent les enfants font des activités sur "je remercie pour..." et le jeudi on organise une énorme bouffe avec la famille, les amis, avec pour plat traditionnel la dinde (énorme, un monstre!) et pour coutume le tour de table des remerciements.
Mercredi, nous avons profité des vacances pour aller à... Ellis Island! Nous sommes allés (retournés pour moi) à Battery Park où nous avons pris le ferry pour La Statue de la liberté puis pour Ellis Island, sachant que nous n'avons pas fait de pause sur l'île de la statue. Le bâteau oui, mais nous, nous sommes restés dessus.
Le fort Clinton où Andrew achetait les tickets pour le ferry, et un joueur de steel-drum qui récupère ses baguettes devant la file amusée.
Devant Battery park, New york nous contemple. Observez deux extra-terrestres en bas à gauche, preuve que l'endroit est connu!
Il faut agrandir la photo de gauche pour voir la tente blanche loin là-bas à gauche : au bout de la file d'attente!
Ici le vent froid aurait tendance à nous pétrifier sur place...
Photo de droite : notre ferry à côté de la tente de contrôle de sécurité. Surchauffée parce qu'on doit y enlever son manteau et on passe dans des portes magnétiques exactement comme si on rentrait dans un avion.
On ne badine pas avec la sécurité ici.
Ambiance : après avoir pris un pique-nique frugal je monte sur le pont supérieur afin de profiter du paysage.
Eh ben je vais aussi déguster le VENT à épiler les boeufs (ouais, ça enlève plus que les cornes!!!).
Non, je n'ai pas la coupe mili depuis un essai raté aux ciseaux, c'est le vent!
En sortant du bateau on passe devant l'échoppe de souvenirs et de... hot-dogs.
Alors ils débarquaient par là!
Ils se massaient là, au rez-de-chaussée, et laissaient leurs bagages avant de monter à l'étage pour l'enregistrement et l'examen médical.
Anecdote rigolote : nous sommes ici dans l'un des lieux de tournage de Hitch, une scène drôle mais basée sur du matériel... inexistant. Sarah est censée trouver la signature de son arrière grand-père, en vrai, dans un des registres exposés sous une cloche en verre. Il y a ici des bureaux d'enregistrement comme à l'époque, quelques photocopies de pages de registres mais la seule cloche en verre est celle du bocal de bonbons que vous allez voir ci-dessous...
A droite, le magasin de victuailles avec des menus dans plusieurs langues, où les immigrants pouvaient se procurer des vivres pour la route - parfois longue - vers leur nouveau foyer.
Ici on s'intéresse aux 9% de personnes mises de côté pendant l'inspection des files d'attente, suspectés de n'avoir pas une intelligence suffisante pour subvenir à leurs besoins, et donc susceptibles de prendre un bateau dans la direction opposée.
Le test du diamant à gauche, une photo d'archive à droite, et ci-dessous des objets employés pour les tests d'intelligence, très délicats à cause des différences culturelles et linguistiques.
On nous explique que les médecins d'Ellis Island ont dû inventer des tests et des questionnaires pour déterminer l'intelligence des arrivants le plus vite possible et en dépassant les barrières citées ci-dessus. La photo ci-dessous à gauche contient une citation magnifique : "On nous demande "combien font 2 et 1?" "combien font 2 et 2?" mais la jeune fille d'après, aussi de notre ville, est venue et ils lui ont demandé "comment nettoierais-tu des escaliers? Depuis le haut ou le bas?" et elle a répondu "Je ne viens pas en Amérique pour nettoyer des escaliers." "
Citation d'un médecin cette fois : "Un cas m'a hanté pendant des années. Une adolescente des montagnes du nord de l'Italie est arrivée à EI. Personne ne comprenait vraiment bien son dialecte particulier, et à cause de ses hésitations à répondre aux questions qu'elle ne comprenait pas, elle a été envoyée à l'hôpital pour une observation. Je peux imaginer l'impression de cette fille, qui avait toujours été protégée avec soin et n'avait jamais eu la permission de se trouver seule avec un homme, quand un docteur l'a soudainement cognée aux genoux, a regardé dans ses yeux, lui a fait faire demi-tour et chatouillé sa colonne vertébrale pour vérifier ses réflexes. L'enfant s'est rebellée - et comment!"
On prenait soin de marier les femmes libres et on proposait des relookings aux immigrantes, pour les aider à trouver plus vite chaussures à leur pied, et à s'intégrer.
Pour ceux qui ne pouvaient pas repartir tout de suite, il y avait un service d'accueil et d'hébergement avec restaurant et fêtes pour égayer un peu la vie sur l'île. Des bienfaiteurs finançaient des repas de Noël et autres, et les immigrants recevaient des cadeaux à l'occasion. Ci-dessus un collier en verre dépoli, reçu lors d'une de ces fêtes, qu'une femme chérissait comme la prunelle de ses yeux, selon son fils, qui en fit cadeau au musée.
Les couverts du restaurant, et une photo du laitier qui venait tous les matins remplir les verres des enfants. Visiblement c'était un souvenir merveilleux pour ceux qui l'ont vu.
Les restaurateurs ont épargné un coin de mur pour laisser apparents certains des graffitis. On trouve toutes les langues, tous les types de graffitis, et même des dessins d'enfants (un splendide bateau notamment).
Un petit coup d'oeil dehors. La vue devait être moins moderne mais tout aussi impressionnante.
La section des documents d'époque et graphiques : un graphique, donc, des affiches pour prévenir les jeunes allemandes que tous les emplois comme servante n'en sont pas, et divers certificats.
Sur la côte Ouest, il y avait San Francisco et Angel Island. Beaucoup d'asiatiques débarquaient là-bas et une bonne partie rédigeait des recommandations à l'usage des prochains arrivants, sur les réponses à donner et le comportement à tenir pendant l'enregistrement. Voici l'un des documents en question.
L'évolution des lois sur l'immigration (désolée, pas de traduction...) qui se sont durcies et durcies jusqu'à donner celles d'aujourd'hui, et quand les Américains en rient : le dessin en bas à gauche représente l'arrivée des colons de Thanksgiving, face à un Amérindien qui leur dit "désolé, les quotas pour 1626 sont clos."
Toutes ces affichettes sont celles de pièces de théâtre en lien avec l'immigration, qu'elles soient dans les langues des arrivants ou à propos des "problèmes" générés par l'immigration. On nous dit que les enfants s'acclimatient plus vite que les parents et qu'ils étaient souvent les interprètes de leurs famille. On motivait tous les nouveaux Américains pour qu'ils s'acculturent le plus vite possible. A droite, des Ukrainiens qui sortent de la messe catholique ukrainienne du dimanche.
Nous descendons deux étages plus bas pour trouver le fameux "kissing post" où les acceptés retrouvaient leurs familles et leurs amis. Juste derrière ont été installés un comptoir et une salle informatique où on peut mener des recherches pour retrouver sur les archives les noms de ses ancêtres passés ici. 10 millions d'Américains descendent des personnes qui ont été enregistrées ici.
La traduction de cet écriteau vaut la chandelle. On y raconte comment les gens s'embrassaient en fonction de leurs cultures :
"La façon dont les gens de différentes nationalités s'accueillent les uns les autres après une séparation de plusieurs années est une étude intéressante sur l'île. L'Italien embrasse sont petit enfant mais regarde à peine sa femme, ne la serre dans ses bras ni ne l'embrasse en public. Les Hongrois et Slaves s'étreignent et sanglotent. Le Juif de tous pays embrasse sa femme et ses enfants comme s'il possédait tous les baisers du monde et avait l'intention de tous les utiliser d'un coup."
Au rez-de-chaussée, un petit aperçu de l'artisanat des premiers habitants du pays et un arbre des mots créés par le contact des langues. Ca laisse les enfants perplexes, car "ça ne veut rien dire!"
Ici des photos du jardin, avec de gigantesques panneaux où sont gravés les noms des "bienfaiteurs" du musée qui ne fonctionne que grâce aux dons.
(Oui, c'est le lieu d'une scène coupée de Hitch!)
Retour à Battery park, avec une statue que je n'avais pas vue.
Et FIN!
05 novembre 2008
Le cri de joie
La fourmi en est témoin par un courriel que je lui écrivais quand j'ai appris la nouvelle à 11h juste - du soir s'entend.
Obama est élu président des Etats-Unis. Il sera le 44ème. Originaire d'Afrique.
Ce pays en avait tellement besoin.
J'ai poussé un cri de joie et j'ai agité les bras et les jambes dans tous les sens sur mon lit où j'étais assise. A la télé on nous montre des images de liesse, des gens qui hurlent de joie, d'autres qui scandent le nom du nouveau président.
Ce pays en avait tellement besoin.
Dieu merci, ils ont fait le bon choix. Enfin en tous cas un choix digne de celui des Kennedy et Clinton, démocrates comme lui qui ont laissés des souvenirs très vivants de très bons présidents et négociateurs sur l'échelle internationale.
Les Great doivent faire la fête comme des fous avec les amis chez qui ils sont invités.
Je vis un moment historique. Un président noir à la maison blanche, que tant d'individus attendent pour redresser la situation sur tous les fronts. Le front irakien, le front monétaire, et pour montrer au monde qu'ils sont capables d'avoir de bons présidents, des gens intelligents qui ne s'étouffent pas avec un bretzel pour que la nouvelle fasse le tour de la planète.
Je vais peut-être en surprendre quelques uns, mais ce pays le mérite : un grand changement et un grand espoir pour des gens qui ont un grand coeur. Vraiment.
Petite parenthèse, j'ai accompagné Kerry au bureau de vote, et je l'ai vue voter. Waw. Rien à voir avec la France. On se rend dans une école - c'est jour férié pour les enfants, car le 4 novembre ça tombe pas sur des dimanches comme chez nous et on a besoin des écoles pour les votes - et dans le gymnase qui sent bien le gymnase, avec des drapeaux et des tapisseries aux couleurs de l'équipe locale. On va voir la table la plus proche de la porte, on donne son nom et on se rend à la table qui porte le numéro indiqué. On donne son nom encore, on signe, puis on attend son tour au cône orange à quelques mètres en arrière. Quand on est appelé par la personne qui gère les machines, on se rend dans l'isoloir, ou plutôt devant la machine, on actionne une grosse poignée pour fermer le rideau et valider le vote que l'on va faire, et on tire sur des boutons sous les noms des gens que l'on souhaite élire. On remet la poignée du départ à sa place, ce qui ouvre le rideau, et c'est fini. On s'en va.
- Tiens, McCain est en train de parler. Nous sommes arrivés à la fin d'un long voyage. Les Américains ont parlé, et ils ont parlé clairement. Il félicite Obama, ce qui fait huer la foule à ses pieds, pour avoir été choisi par un pays qu'ils aiment tous les deux. Il dit que c'est un vote historique et qu'il reconnaît toute la signification que cela a. Obama est la preuve que tous ceux qui ont la volonté et l'énergie pour réaliser leurs rêves le peuvent aux Etats-Unis... Ben tiens les Etats-Unis c'est la plus grande nation de la Terre, d'après lui. Ah, il lui témoigne sa sympathie pour avoir perdu sa grand-mère hier, qui n'aura jamais vu ce jour.
Waw, il demande à tous les gens qui l'ont soutenu de ne pas accorder que des félicitations à Obama, mais aussi de la bonne volonté et de faire bloc avec le reste de la nation pour faire face à un monde dangereux et trouver ensemble des solutions.
Il est naturel de ressentir de la déception aujourd'hui, mais demain nous continuerons... (...) la faillite est mienne, non pas vôtre. Grosse réaction du public qui hue et scande son nom.
Il pense à toute sa famille et cite presque tout le monde, ainsi que ses amis, et les remercie pour l'avoir soutenu et se trouve chanceux d'avoir eu autant de monde autour de lui. Il est tout plein de gratitude, et là ça ressemble à un discours de remerciement aux Oscars.
Cette campagne a été et restera le grand honneur de ma vie.
Il est obligé de demander à la foule de se calmer quand on crie au nom du nouveau président.
Aujourd'hui, j'ai été le candidat pour le plus haut bureau de notre pays, et cette nuit je serai toujours un de ses serviteurs, et c'est un grand honneur. Je remercie l'état de... (j'ai oublié) grand état de notre parti."
Ca finit avec les traditionnels : aux Etats-Unis rien n'est inaccessible et les Américains n'abandonnent jamais, ils luttent toujours. Dieu vous bénisse et Dieu bénisse l'Amérique. -
Ici on élit les sénateurs en même temps que le président. Du coup, les nouvelles sur qui a été élu où sont confuses parce qu'on annonce état par état, quand on sait d'après les enquêtes, qui gagne combien de voix, et en même temps on donne le nombre de sièges accordés à chaque parti au sénat.
En plus, c'est super frustrant parce qu'il y a trois heures de décalage
horaire entre l'est et l'ouest du pays, et du coup on est obligé
d'attendre 11h du soir pour avoir les résultats, qui arrivent au
compte-goutte à partir de 8h. Les résultats sont donnés, ou en tous cas
les prévisions (autant qu'on peut les donner, ce qui se fait tard dans
les états du centre) avant la cloture des bureaux, et du coup il paraît
que beaucoup de gens décident de ne pas aller voter en voyant les
infos. Puisque d'après eux, tout est joué.
Quand je vois le BAZAR que c'est ici, je me dis que les élections à
l'ancienne en France ça a du bon. Ou alors des élections avec des
machines mais sécurisées et avec un usage simple, comme celles qui ont
été utilisées dans certaines villes de France à nos dernières
élections. Parce qu'ici on se souvient encore douloureusement des "27
voix" en suspens en Californie il y a 8 ans, à cause du mauvais système
de vote, où les trous à noircir pour voter n'étaient pas en face des
noms des candidats...
Sachant que les systèmes de vote sont différents dans chaque état et parfois dans chaque conté...
Ici sur Long Island, on a des machines vieilles de plus de 40 ans. Fiables, grosses, reliées à un ordinateur central. Les Great les ont toujours connues.
Allez je vais étteindre la télé et retourner à une vie normale. Bonne journée tout le monde!
02 novembre 2008
Photos d'automne (été indien pour les intimes)
Quelques photos prises pendant mon périple halloweenien, qui n'étaient pas dans le thème...
Demain, jour des morts, je vais me recueillir à "Ground Zero", autrement dit l'emplacement des tristement célèbres Twin Towers.
N'oubliez pas les dernières photos des costumes et coutumes de Halloween, dans l'article précédent!
01 novembre 2008
Halloween
Attention, ami lecteur, cet article peut provoquer une réaction allergique aigüe si tu ne te branches pas sur le mode "anthropologie", c'est à dire observation des moeurs de la population mondiale sans jugement.
Cet article, ami lecteur, va parler de Halloween.
Cette fête qui n'a rien à faire en France et dont on n'a tiré que le pire, l'aspect commercial et les squelettes en plastique.
Cette fête est ici une tradition, une des rares du pays, et elle est appréciée par les enfants pour trois raisons : on se déguise en ce qu'on veut, c'est une sorte de gros carnaval, on passe un bon moment entre amis, et on récupère des tonnes de bonbons ou chocolats, que les parents attentifs prendront soin de récupérer et de rationner afin d'éviter les "accidents de sucre".
J'ai pris cette fête sous cet angle. Pour moi, pas question de déguiser la mort, comme le dit si justement Philippe sur son magnifique blog, puisque j'ai bien appris mon cathé et que mon coeur, tant que je garde le cap, appartient au Seigneur. Plutôt une nouvelle expérience, et une "observation participante" de cette tradition.
Première bonne chose que je garde : des tas de chocolats. J'ai été aidée par n°2 qui, apprenant que le Cr...ch est mon chocolat favori, m'en a récupéré et donné très gentiment. Je vais pouvoir aussi goûter quelques unes des sucreries préférées des enfants d'ici. Cela a donc un petit aspect Dragées Surprises de Berthie Crochue, dans le sens où on m'a dit "Awww c'est très très bon!" mais où j'ignore totalement si ça sera à mon goût.
Deuxième chose, les Américains ont un coeur d'or et la distribution de bonbons n'a rien à voir avec ce que j'ai appris en classe. Enfin pas grand chose. J'aurais dû voir les enfants aller de porte en porte avec un gros sac à moitié plein, sonner aux portes frénétiquement avec des têtes de monstres et déclarer "Trick or treat" (blague ou bonbon). Pour ne pas se prendre une mauvaise blague comme de la mousse à raser dans la figure, des rouleaux de P.Q. enroulés aux arbres du jardin, ou que-sais-je encore, le pauvre habitant devait donner un bonbon à chaque enfant.
Cette semaine, j'ai vu des paquets de bonbons géants (genre 5 kg) faits spécialement pour l'occasion, avec une citrouille dessinée sur chaque sucrerie. Ca ne me donnait pas particulièrement envie.
Eh bien j'ai vu des parents attendris promener leurs enfants en sélectionnant soigneusement les quartiers, et des commerçants et simples particuliers féliciter tout le monde pour leurs costumes, donner des bonbons, parfois en s'excusant de ne pouvoir en donner plus d'un par enfant, et les petits remercier chacun de leur bienfaiteurs du jour. Je n'ai entendu que 2 fois la fameuse phrase, et les seuls qui se sont pris de la mousse à raser un peu partout, ce sont des collégiens ou lycéens qui se tartinaient mutuellement, ce qui les amusait énormément. Quand une maison était fermée, on passait simplement à la suivante. Les enfants n'ont pas récupéré des kilos de bonbons parce qu'aujourd'hui nous ne sommes restés qu'un peu plus d'une heure. Normalement ça dure jusqu'à 10h du soir... Quand aux bonbons, il y a beaucoup de chocolats, les grandes marques de barres ou cacahuètes chocolatées faisant des articles spéciaux pour ce jour ; à la fin de la journée, tout le monde étale ce qu'il a eu et échange ou offre en fonction des préférences.
Le clou, ce fut le monsieur qui accueillait les enfants en souhaitant un joyeux Halloween et en rappelant de ne pas oublier de se brosser les dents. Il distribuait des sucreries et... des brosses à dents!
Une dernière chose, la fête commence à l'école où certains parents viennent avec des véhicules décorés pour l'occasion, et les enfants font le tour de leur "cour de récréation" et des véhicules pour récupérer leurs premiers bonbons. Certains parents viennent assister à cela et repartent avec les nains, direction les villes et quartiers voisins pour une ou deux séances de "trick or treating".
Maintenant, ami lecteur, tu vas voir de tes yeux voir ce que j'ai vu, et ce que les autres ont vu, parce que je me suis déguisée aussi, ce qui m'a beaucoup amusée. J'aime énormément le personnage que j'ai choisi, et j'ai reçu des félicitations. Merci maman pour la robe et la perruque!
Les filles, n°1 et n°2, ne m'ont pas reconnue quand elles m'ont vue. Sauras-tu me reconnaître?
Avant que tu ne te poses la question, ami lecteur, non, tu n'es pas atteint de myopie aigüe et subite, j'ai simplement mis les photos dans un plus petit format pour éviter un article disproportionné.
La photo que je gardais eskeuprès pour ce jour :
Et le soir, les parents partaient à une fête chez des gens très, très riches "en ville", comprendre à Manhattan. Voilà ce que ça donnait au départ :
Edit du lendemain, tard... Je suis confuse d'avoir mis tant de temps à finir l'ajout de photos, mais Canalblog a eu un schmull... Alors en attendant j'ai fait un nouveau Moutonss sur le même thème. Et pour ceux qui se rongent les extrémités, voire qui en sont passés aux meubles parce qu'ils se demandent encore en quoi j'étais déguisée...
Joyeuse fête de la Toussaint à tous!
31 octobre 2008
Couleurs d'automne, encore!
Les arbres se couvrent de jaune, orange, rouge, vermillon, châtain, c'est magnifique! Je vais tenter d'autres photos avec d'autres couleurs quand je pourrai.
Et aujourd'hui, après trois jours d'étalage sur le tapis, nous avons rangé le circuit de train en bois, magnifique, sur lequel j'ai passé des heures à me casser la tête...
Les Moutonss, eux, en ont bien profité...
14 octobre 2008
Colombus' Day (ou potiron's day, au choix)
Aujourd'hui, jour de fête en l'honneur de Christophe Colomb et de la découverte du continent (et oui, renseignez-vous) était un jour férié.
Un jour sans école, avec des nuages mais une température très, très supportable.
Un jour à expéditions familiales.
Un jour passé à cueillir des pommes, à shooter (enfin les petiots) dans des potirons (des gros) et à faire le plein de fruits et légumes à SouthHampton, une des divisions des Hamtpons, une commune dans l'est de Long Island réputée pour accueillir le gratin américain, comme par exemple un certain Steven Spielberg. EastHampton est par conséquent l'équivalent de Saint Trop'. Blindé de riches gens célèbres et pas toujours agréables en été, par conséquent de bouchons, parce qu'il n'y a qu'une rue principale, et à moitié vide en hiver. Nous avons préféré la compagnie des fruits, légumes et vacanciers du lundi afin de nous procurer des vitamines à l'état naturel.
Nous avons atterri (après un moment sur l'autoroute) dans une ferme aménagée pour recevoir un maximum de monde et offrir de quoi s'amuser et manger un peu : une boutique pleine de pommes et de potirons à l'entrée, un stand de hot-dogs et un labyrinthe dans un champ de maïs, et derrière les vergers et potagers. On se fournit un petit chariot rouge qu'on remplit de sacs en papier de trois tailles et de barquettes, on prend éventuellement des renseignements pour savoir quelles sont les meilleures pommes à tarte, celles qui se mangent comme ça, et les autres, on regarde le plan et on se lance.
En sortant de cette ferme tenue par une famille au complet (caisses tenues par une jeune maman au bébé accroché devant et deux ados) nous sommes allés manger puis avons visité un parc qui propose des potirons car c'est la saison, on ne les mange pas on les prépare pour Halloween, des pommes d'amour, des épis de maïs grillés, de la paille, et trois labyrinthes différents, plus des jeux pour les enfants. Ces derniers n'étaient d'ailleurs pas enchantés par notre passage éclair car l'entrée était de $9, un prix prohibitif quand on veut juste goûter aux labyrinthes. Nous avons donc jeté un oeil et sommes rentrés à la maison en faisant une boucle par West Hampton Dunes, une longue dune avec une rue, deux côtés construits où toutes les maisons donnent sur la plage, et une réputation forgée il y a 12 ans quand une tempête a submergé toutes les habitations.
Je n'ai pas encore fait de superbe photo des arbres multicolores, mais ça devient très beau par ici. Voici tout de même ceci :
10 octobre 2008
Yom Kippour
Bonsoir bonsoir,
Hier petite journée sympathique à faire des courses partout puis à jouer avec n°3 et aujourdh'ui journée de "vacances" familiales pour raison de "Jour du grand Pardon" juif : les enfants n'avaient pas école. Je me suis levée tard, ai trouvé tout le monde en pyjama, et eu un déjeuner plutôt frugal (vivent les bananes, ça cale bien ces trucs-là). En effet, la célébration de yom kippour est un jour de jeûne de 24 heures environ, jusqu'au pantagruélique repas du soir, qui marque la fin de la purification rituelle. Les enfants mangent un truc, mais à partir de 11 ans on s'y colle. Pas moi, rassurez-vous, mais le déjeuner n'était pas vraiment gros. Le soir nous sommes allés chez le frère de Mme Great, où les parents, cousins, amis s'étaient donné rendez-vous, et nous avons baffré. Enfin surtout eux parce que moi je constate que je mange de plus petites quantités ici qu'en France. Mais je suis rassasiée très vite.
Il faut dire qu'en général ici quand c'est bon, c'est également copieux.
Et c'est très souvent bon. Au dessert par exemple, j'ai dégusté une petite part (pour cause de presque plus faim) d'un sompteux, succulent, exquis gâteau triple chocolat avec de la crème, des copeaux, d'une hauteur assez impressionnante. Comme j'avais déjà mangé un bagel au fromage frais avec une tranche de saumon fumé ("petit déjeuner juif typique" m'a-t-on dit) avec des pâtes au fromage (mac'n'cheese : maccaroni and cheese) et d'autres trucs fort bons, je n'ai pas eu besoin de manger plus.
J'ai découvert une autre maison complètement hallucinante, avec des tas de salons, un piano quart de queue, une salle de cinéma : rétroprojecteur à commande à distance composée d'un écran tactile, hauts parleurs monstres et bien cachés, sièges hyper confortables, mini-machine à pop-corns près de la porte dans le couloir, canapé rouge sur quelques marches dans le fond de la salle, comme dans une vraie salle de ciné ou presque... le genre de trucs que les fans de cinéma comme moi n'auraient même pas osé imaginer chez eux. Rassurez-vous, je n'ai bavé ni sur la moquette, ni sur les fauteuils, j'ai réussi à me tenir.
La maison est au bord d'un bois qu'on admire depuis la terrasse en bois qui surplombe le vaste jardin...
Truc de fous. Encore.
J'ai rencontré et discuté avec un homme qui a fui le nazisme et a séjourné de 1936 à 1939 en France, puis au retour trop optimiste en Allemagne a filé vers Rome, qu'il a quitté à l'occupation allemande pour venir aux Etats-Unis. Depuis il a visité une quantité astronomique de pays et trouve que ce n'est pas encore assez.
J'ai entendu les américains discuter politique, et il y avait des avis très, très divergents. Le ton n'est jamais monté. Entre le partisan de la peine de mort et le pro-Obama, la discussion allait bon train mais personne ne s'est énervé. On a seulement constaté à la fin de la discussion que tout le monde était d'accord sur une chose : "notre pays a de gros problèmes". En France une discussion avec de telles oppositions aurait très vite très mal tourné. Pas ici. On expose ses arguments, on s'exprime sans peur de s'en prendre plein la figure. Epatant.
Je constate qu'il fait toujours très bon dehors et que je m'en sors avec 2 ou 3 épaisseurs sur le dos, mais pas de veste ni de manteau. La nuit tombe très vite et comme on dîne très tôt, à 9h j'ai l'impression qu'il est minuit. C'est toujours surprenant pour une couche-tard comme moi.
J'ai la flemme, grosse grosse flemme, de mettre LA photo que j'ai prise hier, qui n'est même pas d'un grand intérêt anthropologique en plus, donc je pense attendre un article sur Halloween pour ça. Oui, les décorations commencent à se multiplier un peu partout et ce que j'ai photographié en faisait partie.
Voilou, je vais sans doute me faire un petit jeu et ensuite aller retrouver mon lit queen et Broadway, mon Moutonss newyorkais.
01 octobre 2008
Article culinaire
Ce soir gros dîner en familles pour le nouvel an juif, "la seule fête religieuse joyeuse". J'ai de la chance c'est pour celle-là que j'arrive. Repas pantagruélique et discussions avec des gens adorables déjà rencontrés dimanche soir, gros compliments qui me pleuvent dessus (?!?!), et avant d'y aller, blog. Eh oui, vous me prenez beaucoup de temps les zamis!
Mais à l'insistance de n°1, je me devais de vous montrer ceci :

N'oubliez pas les deux autres articles, ci-dessous, tous beaux tous neufs!


















































































































































































































































