22 septembre 2009
A Dieu
L'enterrement de mon grand-oncle m'a fait reconsidérer des choses, et voir avec davantage de profondeur ce que parfois je n'avais qu'aperçu, sans trop m'y attarder, sans trouver les mots justes.
Tout d'abord la dichotomie entre l'espérance des croyants dans un moment douloureux comme celui-ci et le désespoir abrupt de ceux qui ne croient pas ou plus et qui ne voient que le vide. Parmi nous, une âme triste, triste, ne pouvait que se rebeller, pleurer pour faire sortir sa douleur qu'elle croyait sans remède. Et aucun moyen de lui apporter du réconfort, puisqu'elle réfutait l'idée même de réconfort. Cela a teinté la journée d'un violet sombre, qui n'occultait pas la lumière du soleil, mais le rendait moins vif tout de même.
Et de me dire que nous avons beaucoup de chance, nous qui savons qu'il y a autre chose, mieux, plus beau après. Derrière. Que la mort est un voile qui cache ceux que nous aimons mais détruit toutes les distances et les rend plus présents que jamais auprès de nous.
Assez curieusement, alors que tout le monde - ou presque - disait "à Dieu" (c'est à dire nous nous reverrons en Dieu) à un monsieur formidable que j'ai découvert par les paroles d'hommage de son fils, il m'est revenu à l'esprit ce déménagement de mes 14 ans. Nous quittions un une pièce donnant sur rue, infesté de puces, où le chien ne cessait de se gratter et nous avec, où il n'y avait pas moyen de vivre à deux sans se marcher dessus et où concilier une vie d'adulte avec une vie d'adolescente relevait de l'impossible. Nous étouffions. Nous avions trouvé mieux après des années de recherche et de demandes. Le départ était une grande victoire, la promesse d'une nouvelle vie.
Et le dernier jour, alors que je contemplais la grande pièce vide que nous quittions, je n'ai pu retenir mes larmes. Je partais agrandir ma vie et pourtant la séparation me déchirait.
J'ai compris, près du cercueil de mon grand-oncle, que la mort est à la fois comme un déménagement et comme une naissance. La famille et les amis avec lesquels on a tissé un cocon d'amour enfantent une âme à la vie éternelle, et cette âme part trouver la Lumière, la Paix, la Beauté, la Joie sans fin. Il n'est pas de plus grand déménagement en fait, puisqu'elle quitte même le corps qu'elle a habité, et change radicalement d'adresse.
La séparation attriste tout le monde, et surtout les voisins les plus proches qui ne pourront plus discuter de vive voix avec celui ou celle qu'ils aiment. Il leur faudra apprendre à utiliser le téléphone céleste, et opérer un petit changement dans les objectifs de conversations désormais faussement unilatérales : au lieu d'attendre une réponse immédiate, on cherchera un clin Dieu, une aide inespérée de l'ordre du petit miracle, et on demandera de préparer une place là-haut pour le jour de son propre déménagement.
Chez les Grecs de l'Antiquité, les papillons représentent les âme des disparus. Cette image est connue en Italie où elle est parfois reprise sous une forme poétique. Au Japon, ce sont les papillons blancs qui sont le signe des ancêtres qui nous ont quittés.
Hier, alors que nous priions autour de mon grand-oncle, un papillon blanc est venu voleter juste au-dessus de sa tombe. Nul doute que la discussion par téléphone céleste a commencé, et c'est lui qui l'a entamée.
Il n'est pas blanc, mais la photo est de moi...
07 mai 2009
On en revient à la question du départ...
Alors voilà :
J'ai toujours pas parlé des deux, voire trois derniers livres engloutis ces 15 derniers jours.
J'ai deux trucs vus ou entendus dans le métro et dans la rue à raconter.
J'ai une perle de cours à narrer.
Le tout urge parce que c'est tout frais et qu'un blog ça se tient au moment où l'inspiration vient, où on se souvient de ce qu'on veut exprimer, etc.
Le tout me pousse à me demander avec angoisse si je vais passer à trois articles par jour, ou si je dois créer une nouvelle catégorie pour les billets qui en ont trois d'un coup (Dans le métro, bien, vous avez suivi, Quand je ne fais rien, pour la lecture, et Les cours pour... bravooo! le cours!), et à repenser à ce message - notez les synonymes habilement distillés ici - en me disant que décidément, un blog c'est chouette mais des fois ça coince.
J'ai même pensé que parfois un autre blog, dédié à un truc précis, ça me soulagerait, mais rassurez-vous, je ne vais pas vous/me faire cette blague-là : je suis tarée mais j'ai mes limites aussi.
Or donc et pour cette fois et cette fois seulement (quoique), ami lecteur, voici un article qui en vaut quatre! Oui oui tu as bien entendu ici là devant tes yeux épatés, ébahis, presque incrédules et néanmoins intéressés, voici, tu viens de le lire, une réflexion qui ne sert à rien sur un blog qui ne sert à rien, une critique littéraire, deux mots entendus dans des lieux publics de notre bonne vieille capitale, et une perle de prof.
Quand je ne fais rien :
Tu te souviens peut-être, lecteur, que je suis parfois, à mes heures, une lectrice assidue. Mais pas que de blogs. De livres aussi. La preuve ici, où je faisais une liste effrayante. Or au salon du livre je me suis offert deux japonaiseries.
La première, lue en deux jours, s'intitule Filles de Samouraïs, tome 1, de Maya Snow. Une lecture qui fait voyager dans le temps et l'espace, qui ne vaut pas un Jules Vernes ni un Victor Hugo, mais qui est sympa et tout indiquée pour les adolescentes.
Une histoire de filles de seigneur japonais, dont le père est assassiné par leur oncle, et qui se réfugient dans une école d'arts martiaux. Agréable donc, ça se lit facilement.
Ensuite, il y eut Au Col du Mont Shiokari, d'Ayako Miura, titre et nom que je ne cherche ni ne vérifie parce que ces mots sont gravés pour toujours dans mon petit cerveau à la mémoire rachitique : une merveille. La biographie romancée d'un homme qui a contribué à changer le regard des Japonais sur le christianisme. Cet homme, un converti - protestant - a changé le monde autour de lui en se laissant porter par la Parole, et a été jusqu'au bout. J'ai fini ce livre en larmes, et j'ai pris une très belle et bonne leçon d'humilité. Il se situe dans le Japon du milieu XIXème siècle, une période charnière où le pays venait tout juste de s'ouvrir au monde occidental après plusieurs siècles de fermeture à la limite de la xénophobie. Écrit à la japonaise, donc avec des touches de poésie et des pensées qui s'assemblent pour former un bel ensemble, un peu comme un puzzle, ou plus justement comme dans l'ikebana, art floral traditionnel. Ce livre écrit par une Japonaise protestante fut un best-seller sur l'archipel dans les années 1970.
Et puis, et puis j'ai lu l'autre grande biographie de converti. Requiem pour Nagasaki, biographie de Takashi Nagai, médecin japonais de Paul Glynn, un Australien. Vous l'aurez deviné, si ce livre se situe à Nagasaki (pron : nagassaki), ce n'est pas un hasard, c'est parce que le médecin a vécu l'horreur de la bombe A et a perdu sa femme dans la tragédie. Le plus fou, c'est qu'après cela il a publié des articles et des livres à la pelle alors qu'il était mourant, et a redonné courage non seulement à la communauté catholique de la ville, à laquelle il appartenait, mais aussi au Japon tout entier. Chercheur passionné, chrétien exemplaire, il fut le seul à considérer que les victimes de la bombe étaient le sacrifice offert en rémission pour les crimes de guerre commis, et nécessaire à la fin du conflit. Il identifia les habitants de la ville morts à cause de la bombe au Christ Lui-même et incita à rendre grâce qu'ils aient été choisis pour cela. Encore une lecture qui tire des larmes, mais celle-ci est très pédagogique sur l'histoire du Japon et de ses chrétiens, et surtout très apaisante. On en tire de belles leçons et on repart confiant dans la vie, malgré les douleurs inévitables. Mieux que cela même : avec les douleurs inévitables.
Deux lectures magnifiques donc, que je ne saurais trop conseiller.
Sans transition, la catégorie Dans le métro :
Il y a deux jours, sur la ligne 5, entre dans mon wagon (enfin comprenez le wagon dans lequel je me trouve, je ne m'approprie pas les véhicules que j'emprunte et je n'ai pas non plus acheté ni loué de métro... ça n'existe pas de louer un métro!) donc entre dans mon wagon une dame qui se met à chanter. A la voix, je devine une femme noire plutôt corpulente. La voici donc qui chante bien fort pour qu'on l'entende dans la voiture et sur le quai, "le nom du Seigneuuuur, est un refuuuuge" et la voilà qui bavarde, dans le vide, sur "oh quand je vois tous ces gens, tous ces Africains qui n'ont pas de travail, j'ai de la peine. Mais moi je prie le Seigneur, parce que le Seigneur est bon, Il nous aime et Il a donné son Fils pour nous, amen! " et hop elle rechante : "Moiiii je priie touteu la journééée, le Seiigneuur est mon refuuge, je parle de Luiii autour de moiiii parce qu'Il est booon et qu'il faut le connaître, je chaaaanteu pouuur Lui...".
Ou plus ou moins ; depuis deux jours, j'ai un peu oublié ce qu'elle disait au juste, et je n'ai pas pu noter.
J'étais en train de travailler mon japonais, et je n'y arrivais plus. A la place, j'étais écroulée de rire. Rien de moqueur, mais avouez que dans un lieu public du pays le plus anticlérical que je connaisse (et je commence à en connaître pas mal) (sans me vanter) trouver cette femme en train de chanter du negro spiritual en français, ça avait quelque chose de totalement décalé.
"Seigneur, envoyez-nous des fous..."
Sur le même thème ou presque, je sors du métro aujourd'hui pour rentrer chez moi et entends : "Qu'est-ce qui ne tue pas aujourd'hui? L'alcool, les cigarettes... on n'aura pas la vie éternelle de toutes façons..."
Et moi de répondre à voix basse : "Mais bien sûr que si! Il suffit d'être baptisé! C'est pourtant si simple!"
Et pour finir en bôôôté, la catégorie Les cours :
Aujourd'hui, petit cours de soutien de français dans la banlieue. En rattrapage pour samedi dernier et histoire de mettre un dernier coup de collier avant mon départ et le brevet. Je croise deux des filles que j'ai eues l'an dernier, et l'une d'elles me dit : "ça sert ce qu'on a fait l'an dernier!"
Premier grand sourire. J'ai fait un travail utile et les filles s'en rendent compte. Assez pour me le dire.
Life is good*.
Un peu plus tard, nous travaillons avec les filles de cette année, et l'une s'exclame : "j'aimerais bien vous avoir comme prof de français!".
Second grand sourire. J'arrive à les intéresser à ce que nous faisons, et à leur donner envie de travailler avec moi. Elles m'aiment bien.
Life is beautiful**.
* La vie est belle et bonne. Ouais, en fait c'est intraduisible littéralement.
** La vie est magnifique. Si, beautiful veut dire magnifique!
11 avril 2009
Il est vivant!
Très joyeuses fêtes de Pâques à tous,
unis dans le Christ ressuscité!
Cette seconde partie de phrase remplacera chez moi le UDP bien connu.
Cliquez dessus pour comprendre pourquoi.
Partagez toute détresse
Aujourd'hui, le monde est un Calvaire sans limites. La souffrance physique et morale est partout. La peine et la souffrance doivent entrer dans votre vie, mais souvenez-vous que la peine, le chagrin, la souffrance ne sont que le baiser de Jésus - signes que vous êtes arrivés si près de Lui qu'Il peut vous embrasser. Acceptez-les comme un don de Lui - tout cela pour Jésus. Vous êtes réellement en train de revivre la Passion du Christ ; acceptez donc Jésus comme Il vient dans votre vie - meurtri, déchiré, plein de douleurs et de blessures.
L'esprit répand l'amour, la paix, la joie dans nos cœurs à mesure que nous nous débarrassons de la complaisance à l'égard de nous-mêmes, de la vanité, de la colère et de l'ambition, et que nous consentons à porter la croix du Christ sur notre épaule.
(...)
Souffrir n'est rien en soi ; mais la souffrance partagée avec la Passion du Christ est un don merveilleux. Le plus beau don fait à l'homme est de pouvoir prendre part à la Passion du Christ. Oui, un don et un signe de son amour car c'est ainsi que son Père a prouvé qu'Il aimait le monde en donnant son Fils pour qu'Il meure pour nous.
Ainsi dans le Christ a été prouvé que le plus grand don est l'amour car c'est en souffrant qu'Il a payé pour nos péchés.
La souffrance acceptée ensemble, portée ensemble, est joie. souvenez-vous que la Passion du Christ se termine toujours par la joie de sa Résurrection ; aussi quand vous sentez dans votre coeur la souffrance du Christ, souvenez-vous que la Résurrection viendra - le jour de Pâques se lèvera dans la joie. Ne laissez jamais rien vous emplir de tristesse au point de vous faire oublier la joie du Christ ressuscité.
Mère Teresa
10 avril 2009
Le pire des malheurs c'est de faire le mal
En entendant dire que Jésus a été livré, ne soyez pas plongés dans la tristesse! Affligez-vous plutôt, et pleurez amèrement sur Jésus victime de la trahison, mais du fait de Judas, celui qui l'a trahi!
Celui qui a été trahi a sauvé l'humanité. Le traître, lui, a perdu son âme. Celui qui a été livré siège maintenant à la droite du Père, mais celui qui l'a livré est à présent en enfer, en proie à des tourments inéluctables. C'est bien pour cela qu'il convient de pleurer et de gémir. C'est bien de là que doit naître votre consternation puisque notre Seigneur lui-même en a pleuré. Lorsqu'il le vit, il fut troublé et dit : L'un de vous me livrera! (Jn 13, 21) Merveilleuse compassion de notre Seigneur! Celui qui subit la trahison s'afflige pour celui qui la commet...
Pourquoi cette tristesse du Seigneur? à la fois pour nous montrer sa tendresse, et pour nous apprendre qu'en toutes circonstances il faut s'affliger non sur le sort de celui qui subit le mal, mais sur le sort de celui qui le commet. Ceci est en effet pire que cela. Que dis-je? être la victime n'est pas un malheur, c'est faire le mal qui en est un.
Saint Jean Chrysostome
09 avril 2009
Pange, lingua
Découvrez Coro De Monges
Chante, ô ma langue, le mystère
De ce corps très glorieux
Et de ce sang si précieux
Que le Roi des nations,
Issu d'une noble lignée,
Versa pour le prix de se monde.
Fils d'une mère toujours vierge
Né pour nous, à nous donné,
Et dans ce monde ayant vécu,
Verbe en semence semé,
Il conclut son temps d'ici-bas
Par une action incomparable.
La nuit de la dernière Cène,
A table avec ses amis,
Ayant pleinement observé
La Pâques selon la loi,
De ses propres mains il s'offrit
En nourriture aux douze apôtres.
Le Verbe fait chair, par son verbe,
Fait de sa chair le vrai pain ;
Le sang du Christ devient boisson,
Nos sens étant limités,
C'est la foi seule qui suffit
Pour affermir les cœurs sincères.
Ce sacrement est admirable!
Vénérons-le humblement,
Et qu'au précepte d'autrefois
Succède un nouveau rite!
Que la foi vienne suppléer
A nos sens et à leurs limites!
Au Père, au Fils notre louange,
L'allégresse de nos chants :
Salut, et puissance, et honneur
Et toute bénédiction!
A l'Esprit du Père et du Fils,
Égale acclamation de gloire!
Amen.
08 avril 2009
Aimer, c'est apprendre à recevoir la miséricorde de Dieu
L'amour de Dieu n'est autre qu'une communication d'amour. Dès que nous envisageons l'amour de Dieu sans cette communication d'amour, nous l'amputons en quelque sorte : ce n'est plus tout à fait Dieu. Quand nous contemplons Dieu dans sa grandeur, dans sa puissance, il faut le contempler dans cette communication qu'il fait de lui-même de son amour. Sinon, ce n'est plus tout à fait Dieu. Dieu est amour pour que nous fassions connaissance avec lui, pour que nous fassions l'expérience de son amour, pour que cet amour circule entre lui et nous. Il n'y a qu'un seul commandement : aimer Dieu et aimer nos frères.
L'absolu de l'amour de Dieu, c'est Dieu qui aime absolument. Quelles que soient les difficultés que nous rencontrons, momentanées ou irrémédiables, il faut nous dire que nous sommes aimés par un Dieu qui aime absolument. Mais ce n'est pas Dieu qui met des limites, c'est nous qui les mettons. Dieu ne se laisse jamais vaincre, Dieu aime absolument.
Marie-Joseph Le Guillou, O.P.
07 avril 2009
Craindre Dieu
Je voulais vous résumer aujourd'hui quelque chose qui a changé ma vision de la Bible...
Cet automne, à New York, nous avons eu le grand plaisir pendant une messe à Saint Vincent de Paul de voir un prêtre français, grand prêcheur connu, mais dont j'ai malheureusement oublié le nom (si quelqu'un se souvient d'un prêcheur jovial de Lyon, qui fait des conférences un peu partout, grand, bonne voix, cheveux gris, merci d'avance!) qui pendant le sermon - inoubliable - nous a parlé d'un petit mot qui crée des confusions chez les croyants.
Le mot "craindre".
On le retrouve dans des tas de psaumes, un peu partout dans l'Ancien Testament, et on imagine qu'il veut dire "avoir peur".
Comment peut-on avoir peur de Dieu?
Les anciens l'avaient bien compris, et le verbe hébreux improprement traduit en français a une nuance qui n'existe pas dans notre langue. Le verbe d'origine (avec un v minuscule celui-ci) correspond à celui qu'on emploierait pour décrire l'état d'un jeune homme amoureux qui n'a pas vu sa fiancée depuis trois ans. Elle arrive, il va la chercher à l'aéroport. Il est tellement heureux qu'il a peur que son cœur lâche, ne tienne pas le coup. Et en même temps il est exalté.
Ce mélange de joie et de crainte - heureuse - c'est précisément ce que le verbe "craindre Dieu" signifie dans la Bible. Quand on dit "hommes qui craignez Dieu" on ne dit pas "trrrremblez devant le SSSSeigneurrrrrrrr" mais "réjouissez-vous, soyez dans la plus grande joie, Il est là, Il vous aime".
C'est-y pas beau?
06 avril 2009
Un baiser au lieu du châtiment
Bien des hommes refusent de se tourner vers Dieu
car ils s'imaginent
qu'Il est redoutable et sévère, Lui qui est bon,
qu'Il est dur et implacable, Lui qui est miséricordieux,
qu'Il est terrible et cruel, Lui qui est aimable...
Que craignez-vous, hommes de peu de foi?
Que Dieu ne veuille pas remettre vos péchés?
Mais Il les a fixés sur la Croix avec ses mains.
Parce que vous êtes inconstants et fragiles?
Mais lui a connu notre faiblesse.
Parce que vous êtes esclaves du péché?
Mais "le Seigneur délivre les captifs". Ps 146,7
Vous craignez peut-être qu'irrité
par l'énormité et la multitude de vos crimes,
Il n'hésite à vous secourir?
"Mais là où la faute abonde,
la grâce surabonde." Rm 5,20
Voilà comment le Père juge et comment Il corrige. Il donne un baiser au lieu du châtiment. La force de l'amour ne tient pas compte du péché, et c'est pourquoi le Seigneur remet d'un baiser la faute de son fils, il la couvre par des embrassements.
Le Père ne dévoile pas le péché de son enfant, Il ne flétrit pas son fils, Il soigne ses blessures de sorte qu'elles ne laissent aucune cicatrice, aucun déshonneur.
Saint Pierre Chrysologue









