19 mai 2009
Promenade par une journée tiède et grise
Places des Victoires, une famille avec un petit enfant à qui le père dit : "Pas dans l'eau ! Pas dans l'eau !" Le petit tire au bout d'une ficelle un chien en bois couvert de papier, monté sur roulettes orange. Je souris, j'ai eu le même à son âge.
Rue des petits champs : sous les arcades d'un bâtiment ancien, une vieille dame dort sous un morceau de moquette. Elle est là depuis au moins un an, entourée de ses affaires, presque perdue au milieu de ses oripeaux dont la couleur oscille entre le marron crasseux et le noir poussiéreux. Elle doit avoir l'âge de ma grand-mère, et son visage au menton en galoche est marqué par les années et la misère.
Louvre, pavillon Richelieu, un homme annone "wadaa, wane iouro, wadaa, wane iouro" en agitant des bouteilles d'eau minérale.
Je prends sur la gauche, croise deux jeunes à vélo qui font des acrobaties en parlant de leur allure, et entre dans la Cour carrée.
Une violoniste habituée du lieu fait une pause, elle a des oreillettes.
Au dessus d'un œil de bœuf se dessine encore le nid de la famille de martinets qui habite ici depuis toujours.
Assise sur le bord du bassin central, une jeune Roumaine en jupe longue et colorée fume une cigarette, le même air désabusé que tous les jeunes Roumains mendiants de Paris sur le visage.
Un homme téléphone à une connaissance d'une voix forte, il cherche à éclaircir beaucoup de détails.
Un bouledogue français noir avec un peu de blanc suit sa maîtresse ; il est lent, il souffle fort, et fait de tout petits pas de ses courtes pattes malhabiles. Il fait une pause pour uriner sur le bord du bassin.
La violoniste joue.
Le soleil se montre et me réchauffe.
Des jeunes passent en discutant et en riant.
28 août 2008
Aujourd'hui, sur les champs Elysées...
J'attends le passage du feu au vert pour les piétons, je suis au milieu de l'Avenue. Je tourne la tête et reconnais...
Julien Lepers!!!
Avec deux blondinettes d'environ 15 ans.
Trop drôle.
Trop fou.
Cette ville me fait délirer.
14 mai 2008
Île Saint Louis
Rue Saint Louis en l'ïle.
Peintures et crayonnés de John Howe.
De l'autre côté de la fenêtre, trois cavaliers de la police montée, tout sourires.
Quai d'Orléans.
Des bateaux-mouches ou pas mouches, pleins de touristes ou non, qui défilent, les hauts-parleurs à fond.
Sur l'autre rive, des employés de la mairie qui tondent le gazon.
Assis sur le muret au bord du trottoir, des touristes qui mangent leurs glaces Berthillon.
On entend un accordéoniste sur le pont juste devant.
Notre-Dame, de dos.
Une longue file de gourmets devant le guichet de Berthillon.
Des touristes, des tas de touristes multicolores.
Le pont.
La Seine verte et pleine.
Le vent fort ici qui joue avec ma robe et mes cheveux.
L'accordéoniste qui me salue. Je lui rends son signe de tête. Le voilà souriant.
Un moineau mâle qui pépie, comme ses congénères, en sautillant au pied d'un saule pleureur immense et majestueux.
Le square avec le mémorial de la déportation.
Un banc occupé, un banc vide, un banc occupé, un autre vide, sur lequel je m'assieds.
Un cornet de glace qui a chu se trouve devant, une petite flaque Berthillon à quelques centimètres. Une petite femelle moineau sautille sous mon banc pour venir y picorer en me regardant du coin de l'oeil.
Mon voisin de banc monologue sans interruption, à mi-voix, sur fond de cui-cuis, d'accordéon, de pas sur le sable, de vélos et de voitures qui passent.
Deux lampadaires, l'un coiffé, l'autre sans ampoule ni globe. Ne reste que le poteau vert, dressé comme une ridicule figure de proue métallique à l'avant de l'île.
Les roses du jardin.
Une sirène de pompiers.
La chaleur.
Le soleil dans mon dos.
13 mai 2008
Sur la route et au bout
4 faisans dorés, un mâle et trois femelles, qui picorent sur le bord de l'autoroute. Ils sont magnifiques.
Un faucon de belle taille accroché sur une pancarte dans un champ, près de la route.
Deux oisillons morts dans le jardin, au bout de la route.
(Rédigé à l'arrivée en Bretagne, pour les vacances...)
04 avril 2008
5ème arrondissement
Rue Monge
Le jardin de l'école Polytechnique.
Les arbres en fleurs.
Le soleil sur mes cheveux.
Une cycliste sur Vélib' qui passe au rouge.
Rue des écoles
Trois pigeons qui se baignent en s'ébrouant dans un caniveau.
Les voitures.
Le dioxyde de carbone.
Le bruit de mes pas surle trottoir.
Une boutique spécialisée dans les chats.
Des passants.
Le vent qui fait danser mes cheveux.
Mon ombre sur le macadam.
Le soleil qui me donne trop chaud.
Un couple assis à la terrasse d'un café. La demoiselle opte pour un tartare et hèle la serveuse qui nettoyait une table à côté. Petit échange entre elles.
Une dame qui farfouille dans l'étalage d'un bouquiniste.
Un marchand de tapis, boutique sombre dans la rue ensoleillée.
J'enlève mon écharpe et passe à l'ombre pour traverser la rue.
Un homme assis à côté du buste de Ronsard. Il fume un cigare.
Un vieil homme avec un appareil photo pendu au cou.
Un couple qui se tient par la main.
Un autre homme d'âge respectable qui regarde les fleurs.
Une jardinière qui débroussaille une plate-bande.
Les escaliers devant le Collège de France.
Un homme assis sur les marches.
Un autre allongé sur la rampe, son sac à dos posé entre les pieds.
Je m'assieds dans l'escalier.
Le contact dur et froid de la pierre.
J'ai trop chaud.
J'enlève ma veste.
Le soleil me réchauffe l'arrière de la tête.
Une classe de collégiens bruyants. L'un d'eux joue de l'armonica.
31 janvier 2008
Avenue de la Bourdonnais
Une dame avec des chaussures à talons hauts qui traverse le trottoir pour aller poser précautionneusement un PV sur la voiture devant son agence immobilière. Elle y retourne en sautillant.
Au milieu des boutiques de luxe, une pharmacie crasseuse et poussiéreuse, fermée.
En face une grosse corneille très inquiète de me voir la regarder fixement, elle s'éloigne rapidement en marchant, l'air soupçonneux.
Un carrefour, la Tour Eiffel, un vent à décorner les boeufs qui fait voler une canette de bière à moitié écrasée.
Une dame aux cheveux blancs qui se fait manucurer.
Un Yorkshire qui se fait manuc... toiletter.
Deux dames en manteaux de fourrure (chers, très chers les manteaux) et chevelures blondes, l'air affairé, qui rentrent dans une voiture.
Une nounou chinoise qui abaisse un landeau : dedans est emmitouflé un gros bébé rose et joufflu.
Un bus et des tas de gens chics qui en descendent.
Un jeune avec une voix douce et timide qui me demande si j'ai du feu.
Des voitures.
Des bus.
Des passants jeunes ou moins jeunes, avec ou sans poussette.
Le froid qui m'engourdit les doigts.
Des collégiens qui mangent et parlent en marchant.
Deux jeunes filles qui discutent de l'école ; l'une d'elle pose son sac sur le banc près de moi pour le fouiller.
Pont de l'Alma, sur un bateau mouche, un cran plus bas, 4 jeunes filles sur le pont supérieur font de grands signes, et personne ne leur répond.
Alors je leur fait un grand coucou de la main.
Avenue Montaigne, la Mercédes rose et mauve déjà vue la semaine dernière est toujours là, devant le Plaza.
Rue du commerce, un monsieur avec 4 pékinois en laisse.
22 janvier 2008
Reportage photo... ou presque
Aujourd'hui je fais le compte-rendu de ma promenade (entièrement à pied, jusqu'aux champs, retour idem) en photos!
Je me suis lâchée parce que la lumière était tout simplement splendide.
Petite constatation au passage : il suffit d'être bien habillée à Paris pour que des tas d'inconnus vous abordent, pour des raisons diverses et variées. Ce qu'une robe et un peu de mascara provoquent, c'est assez incroyable... ^^
Bref, voici ma ballade du jour.

La croix de Saint Jean-Baptiste de Grenelle, qui brille au soleil.

Les roses ont fané et donnent des fruits... juste aux pieds de l'école militaire, de la Porte de la Paix et de la Tour Eiffel...

Pont de l'Alma, côté gauche...

Avenue Montaigne, on enlève les illuminations de Noël.

De retour, à 19h, depuis le pont de l'Alma.
19 novembre 2007
RER C, Station Champs de Mars-Tour Eiffel
Le soleil se lève et se reflète dans les vitres des immeubles de l'autre côté de la Seine.
Les éclats de lumière passent entre les feuilles du bouleau d'en face.
Un vieux tube des années 80 est diffusé par les haut-parleurs.
La radio a été branchée sur les micros de la SNCF.
Sur le pont Bir-Hakeim, les voitures, piétons, cyclistes et mobylettes défilent.
Les mouettes jouent avec le vent et crient pour éloigner les corneilles.
Un train passe... sur le quai d'en face. Dommage.
Un passager court pour l'attraper, les gens descendent, le train s'en va.
Ils sont nombreux à sortir.
Une voix féminine annonce que mon train vient de partir de la station juste avant la mienne.
Un métro aérien passe sur le pont.
Des gens discutent, d'autres arrivent sur le quai.
On entend des bruits sur les rails.
Voici mon train.
22 octobre 2007
Rue de Vaugirard
Un homme endormi dans sa voiture avec un coussin bariolé sous la tête. Son ordinateur Dell est posé sur le siège d'à côté.
Une dame qui ramasse une crotte de chien avec un mouchoir et la met dans le caniveau, avant d'aller ouvrir sa boutique quelques mètres plus loin. Elle n'a pas de chien.
Une mobylette qui passe en pétaradant.
L'Impasse de l'Enfant Jésus.
Une quatrelle bleu gendarme à vendre. Elle a un peu vécu.
La rue Littré.
Une vitrine de pharmacie remplie de mirroirs.
Le boulevard du Montparnasse, une soeur sur le trottoir d'en face qui attend le feu vert.
Un troupeau d'étudiants qui discutent devant une porte de Paris II Assas.
Une vitrine bouchée par des rideaux blancs opaques, et devant les rideaux une collection de plantes vertes.
Un immeuble période Arts Déco avec une baie vitrée circulaire peinte en vert qui fait le centre de la façade entre le premier et l'avant-dernier étage.
Une école de français, derrière la vitrine il y a deux cours particuliers.
Un autre immeuble Arts Déco, avec une baie rectangulaire.
Une petite mamie qui traverse la rue de Rennes au moment où les voitures démarrent.
Le monastère de la Visitation, celui des Carmes. Des plaques commémoratives.
Des boutiques chics, des gens chics.
Une jeune femme tellement grande et mince qu'elle doit être mannequin, au bras d'un homme grand et mince comme elle.
Le jardin du Luxembourg.
Un passage inconnu avec une treille, une jeune femme qui lance une vieille balle de tennis à son Golden Retriever.
Trois bancs.
Des passants, une petite araignée sur ma cuisse.
Je verrai en partant que le passage en question est le passage du séminaire.
27 septembre 2007
Sur le Pont Neuf...
J'inaugure une nouvelle catégorie.
Ça m'a pris comme ça, en pleine ballade dans Paris, j'ai réalisé qu'il manquait un truc à mon blog, vu mes récentes poussées de poésie en regardant le ciel. Alors cette fois je m'y mets. Le mode d'emploi est tiré d'une technique scoute de relevé du terrain, où on se met à toute une patrouille pour relever tout ce qu'on voit, entend, sent, touche et éventuellement goûte sur un trajet d'une longueur déterminée : j'attrape mon agenda et je mets dedans, sur 2 pages, tout ce que je vois, sens et entend. Ce qui implique que je m'assied pour écrire.
Voici le premier opus :
Coin de la rue Henri IV, le soleil me chauffe le dos.
Une femme porte précautionneusement et avec hâte un tableau réalisé au couteau. Sur des tons jaunes et rouges, il est carré, minuscule et trône au milieu d'un immense cadre écarlate.
Bruit d'une sonnette de vélo derrière moi.
L'ombre des arbres qui se détache sur les eaux vertes de la Seine qui se meuvent en silence.
Un homme assis dans une niche, adossé à un lampadaire, qui lit un poche l'air absorbé.
Le contact froid de la pierre à travers mes vêtements.
Un bateau-mouche, rempli de touristes, suivi d'un batobus qui a une grande verrière.
Des jeunes qui passent en discutant...
Au dernier plan, la Samaritaine, immobile et vide.
Un bus et deux taxis.
Le soleil s'est caché derrière les nuages gris anthracite.
Quatre jeunes costauds en tee-shirt. Ils n'ont pas froid.
Des mobylettes passent en pétaradant.
Deux amoureux se prennent en photo avec leur portable, enlacés devant le bord du pont, et regardent si les photos sons réussies.
Un homme et une femme aux cheveux gris, qui marchent en se tenant la main.
Deux italiens qui parlent fort.
Et des taxis, des taxis...
Les amoureux recommencent leurs photos.











