Aujourd'hui était donc mon anniversaire. Messages Facebouc à tout va, petits SMS dans mon téléphone, appels répétés au Japon (pour tomber sur le répondeur, snif, que fais-tu ma meilleure amie ?), cadeaux, et bonne bouffe. Avec du soleil en supplément. Belle journée finalement.

J'ai décidé de prendre un peu de temps ce soir pour venir vous raconter ma vie, ou une recette de cuisine. J'ai oublié si j'ai déjà donné la recette du délice des neiges (qui m'a servi de gâteau d'anniversaire, et comme il est sans lait ni gluten, ça peut en intéresser plus d'un) et mon navigateur plantouille généreusement, donc mes recherches ce soir sont très compliquées.
Je pourrais vous parler du dernier livre que je lis.
Je pourrais vous parler de notre dernier animal de compagnie.
Je pourrais vous parler des progrès de mes enfants.
Je pourrais vous parler des albums de Noël des Piano Guys et de Peter Hollens que je me suis offerts.
J'ai envie de tout faire à la fois, mais ça risque de ne pas être digeste.

Alors je vais opter pour... (tadaaaaa, roulements de tambours) Ponyo.

Ponyo est venu s'incruster vivre dans la maison lors des vacances de la Toussaint. 
À Bordeaux il existe une fête foraine qui revient deux fois par an, en octobre et en mars : c'est la Foire aux Plaisirs. Elle s'installe sur la Place des Quinconces, la plus grande place européenne, excusez du peu, et dure au moins deux semaines. L'an dernier nous y avions emmené Monfiston et Mongrosventre, et Monmari avait gagné une peluche de Crocmou, le dragon trop mignon du film Dragons, dont nous sommes fans tous les deux. Je crois que j'ai mis un mois à m'en remettre (ben quoi, c'était la première fois de ma vie que mon chéri gagnait un truc pour moi dans une fête foraine !) (c'était aussi la première fois de ma vie qu'un chéri essayait de gagner un truc pour moi dans une fête foraine, hein). Monfiston, lui, découvrait l'univers rigolo, tout lumineux et très bruyant que constituent ces évènements.

Il en avait manifestement gardé un bon souvenir car cette année, en voyant revenir les forains, il était tout enhthousiaste et demandait à y faire un tour chaque fois que nous passions à côté. Nous avons fini par réussir, et notre Fiston à nous a eu droit à quelques baptêmes.
D'abord celui de la Colonne des Girondins, cette immense statue qui surmonte une double fontaine représentant le fleuve, statue dont nous sommes allés écouter les glougloutements en collant nos oreilles sur l'arrière de la structure métallique. Instructif, rigolo, surtout en plein soleil.
Puis il y a eu le baptême de manège. Le test est concluant : à deux ans et demi, on n'est pas tous faits pour se retrouver coincés dans une petite voiture peinturlurée qui fait des tours et des tours loin de Papa et Maman. Il n'a pas aimé du tout, même avec Mickey qui insistait pour qu'il lui atttrape la queue.
Il y eut aussi le petit train avec Papa sur une chenille tarabiscotée. Une espèce de grand-huit pour les enfants à partir de deux ans. Intéressant, mais un peu effrayant. Et puis trop de soleil dans les yeux.
Et enfin, avant de manger des chichis bien sucrés qui donnent soif, il a testé... la pêche aux canards. À l'issue de longues minutes un peu difficiles pour Papa et Maman parce qu'il était fatigué et aucunement concentré, il a fini par récupérer ses 12 canards à crochet et a eu le droit de choisir un lot. Avion en plastique, vêtements pour Barbie made in China, pistolet à eau multicolore, j'en passe, le seul lot qui a vraiment retenu son attention était... le poisson rouge.
Regard interrogatif du Papa à son épouse, qui avait essayé de garder des poissons rouges en Chine (triste épisode). Réponse tout en sourires et en youpie de la Maman.

Grande naïveté familiale.

Le poisson rouge, mesdames zet messieurs, est interdit de séjour dans les fêtes foraines. Parce qu'il risque de lui arriver ce qui arrive à 80% peut-être de ces pauvres bêtes : on les flanque dans un bocal tout rond tout mignon, on leur donne des daphnies, et mal nourris, à l'étroit dans une loupe, sans oxygène et enfermés dans une eau où s'accumule l'ammoniac, ils développent une forme de nanisme douloureux pour eux et meurent. Même au bout de trois ans, c'est une mort précoce.

Tout cela bien sûr Monépoux l'a découvert en faisant des recherches sur la bête fraîchement adoptée pour savoir comment s'en occuper. C'est-à-dire trop tard. Pour bien faire, il faut un aquarium tempéré, filtré, lumineux, avec un biotope déjà en place, et 30 à 50l d'eau par bestiole (qui n'aime pas vivre seule), des légumes, des moustiques, de la bouffe en granules, un jeûne habdomadaire, 12 heures de lumière par jour mais pas devant la fenêtre... Enfin la totale. Et votre poisson qui peut mesurer jusqu'à 35 cm pour certaines races, il vit jusqu'à 20 ans comme ça.

Nous voici donc devenus, par inadvertance, aquariophiles.

Mamma mia !

Patiemment, donc, nous nous équipons pour offrir à notre nouveau pensionnaire un cadre de vie adapté et nous montrer dignes de la responsabilité qu'implique l'accueil d'un animal domestique supplémentaire chez nous. C'est pas parce qu'il ne sait pas parler ni miauler qu'il n'a pas droit à un traitement adéquat. Mon mari a un trop grand sens moral pour ça, et moi j'ai vu tellement de trucs ahurissants en Chine - dont des aquariums à poisson-rouge-vivant-de-décoration de la taille d'un demi-bol - que je tiens à m'occuper de ce petit bout de création correctement.

Si vous me lisez depuis... le début de cet article, et que nous avez jeté un oeil sur les liens tout autour, voire sur la bannière, vous aurez repéré que Miyazaki est une référence chez moi, par conséquent chez nous, et le poisson rouge de mon fils ne pouvait avoir d'autre nom que Ponyo. "Pyo !" pour son petit maître qui commence tout juste à parler.

La partie amusante est arrivée lorsque je lui ai annoncé qu'il existait une chanson pour son poisson ! Je l'ai entonnée une fois, ai dû recommencer deux à quatre fois... et consoler lorque j'ai annoncé que la prochaine représentation de "Maman chante la chanson de Ponyo" aurait lieu le lendemain matin. Depuis, j'ai gravé une compilation d'extraits de bandes originales de Miyazaki avec la fameuse chanson dedans. Nous l'avons écoutée en moyenne une fois par jour depuis, et je commence à bien connaître les paroles.

Mine de rien, ça nous change agréablement ce petit truc rouge qui grossit à vue d'oeil, nous fait des bruits de fontaine relaxante à la maison (c'est le filtre) et nous pose des tas de cas de conscience. (Plante ou pas plante ? Comment changer l'eau ? Déchlorer l'eau ? Quel filtre choisir ? L'aquarium de fortune en bac de rangement plastique suffira-t-il ? Quand achèterons-nous l'indispensable copain poisson ? Quel suspens mesdames et messieurs !) Et puis il vient d'ajouter à son crédit le moustique fraîchement écrasé, gentiment déposé à la surface de l'eau, qu'il a avalé comme une friandise. Il est bien ce poisson.

Et surtout, il faut voir mon fils, deux ans et demi, la voix fluette et le sourire aux lèvres, s'arrêter devant l'aquarium et dire : "coucou !" à son poisson rouge avant de lui envoyer des bisous.

N.B. : j'ai l'habitude de faire des articles avec des liens, des images, un peu plus de précision quand je raconte quelque chose, mais là mon navigateur tout frais tout beau tout remodelé par ses concepteurs... est vraiment à la ramasse. Pour rester polie. Une fois une page ouverte, j'ai beaucoup de mal à faire quoi que ce soit d'autre que rester sur cette page. C'est très nul. Mais pour poster ce soir et pas dans un an, je choisis de faire simple.