C'est devant le bain de Monfiston que j'attrape l'ordi (je le vois très bien, il prend son bain en sécurité, ne vous évanouissez pas) pour bloguer.

Enfin !

Pendant ce temps Monbébé ronchonne, parce que pour la première fois depuis cinq heures, il n'est plus dans les bras. Je commence à avoir l'habitude. *soupir*

Il faut que je vous raconte. Cela fait des mois que je médite en faisant ma vaisselle, que je vis des trucs fous, que je change lentement mais sûrement de vie et que j'ai envie d'en parler ici, et que j'ai pas le temps. Que je suis débordée d'enfants, de vaisselle, de linge, de cuisine, de sommeil (ah les nuits en 3 fois - avec frais - c'est si efficace pour vous bousiller la cervelle), de mari qui a des choses à me dire où à écouter...
Cela fait longtemps que je me dis, en râlant, en criant, en soupirant, que j'ai besoin de vacances.
Cela fait longtemps que je me demande comment laisser Monfiston à personne puisque personne n'est disponible et qu'en plus, avec un rythme d'une tétée toutes les trois heures, je ne peux pas laisser Monbébé non plus puisque je n'ai pas le temps de tirer mon lait.
Cela fait longtemps que je me déshydrate et que je tente malgré tout de boire, boire, boire pour compenser les tétées et le froid qui me prennent toute mon eau.
Depuis plusieurs jours j'étais tellement fatiguée que je n'arrivais plus à prier.

Et puis j'ai réussi à prendre un peu de temps. Pour rendre grâces d'abord. Râler est un sport typiquement français, et c'est le seul qui soit mauvais pour la santé. Il faut rendre grâces. Et ensuite tout va mieux, parce qu'on est branché sur le côté éclairé par Dieu.
Ce temps s'est retrouvé miraculeusement multiplié par deux. J'ai pu, pour la seconde fois d'affilée, me coucher très tôt. Et là, miracle bis, même si ma nuit s'est encore faite en plusieurs morceaux, Monfiston s'est levé tard. À presque neuf heures du matin.
Autre miracle, Monbébé que j'avais couché en catastrophe (il était épuisé, il n'en pouvait plus, c'était difficile à supporter au niveau sonore) avec une couche en tissu (dernier cri, mais quand même) ne s'est pas retrouvé submergé de pipi quand j'ai pu le changer ce matin. La couche avait tenu ! Pas de fuite ! Ouaiiiiis ! (Ca n'a l'air de rien, mais allez changer un bébé tout trempé qui a froid quand vous le déshabillez et qui sent le pipi...)
Ensuite, il y avait du soleil, et de la pluie, mais de beaux rayons de soleil quand même.

C'était une journée qui démarrait sous les meilleures auspices. Elle a continué comme ça, malgré un épisode tendu au moment du déjeuner.

Cet après-midi, je suis retournée dans ma boutique préférée : Origines, aux Chartrons, où Léa, l'adorable, la curieuse, la douce, la gérante de la boutique, est devenue une amie. Je n'y étais pas allée depuis au moins six mois, et là nous avions à nouveau besoin de café, de thé, de tisanes, et moi j'avais besoin de papoter. Monmari - merveilleux mari - a accepté de garder Monfiston pendant sa sieste, et moi j'ai filé hors de la maison.

C'était la Providence qui m'avait organisé cette journée. Je suis tombée, sans crier gare, sur un double arc-en-ciel en sortant du tram, puis sur une séance de réflexologie avec un thé offert, proposée par un professeur d'aïkido passionnant, récemment converti aux jus de fruits et légumes, qui a pris soin de mes pieds avec doigté et de toute ma personne avec délicatesse. Nous avons discuté de santé, de Japon, de Chine, de massages, il m'a donné des conseils et des indications très intéressants en fonction des tensions nerveuses de la famille... Et Léa, fidèle à elle-même, me bichonnait en mettant pour fond musical "Piano Stories", de Jo Hisaishi, juste parce qu'elle savait que ça me ferait plaisir. Pendant ce temps, Monbébé, en écharpe sur sa maman, dort comme un bienheureux, puis mange en somnolant, et fait des sourires en émerveillant tout le monde avec ses grands yeux émerveillés.
Gnyaaaah.
Je reviens chez moi beaucoup plus tard que prévu, avec les pieds légers, les idées en technicolor, chargée de joie et de gratitude, sans compter les thé, tisane et cafés (et cadeau pour Beau-Papa) achetés au passage. (Et vous verriez Léa dire : "alors, celle-là on n'en a plus, mais y a Câlins de Morphée, que tu avais bien aimée la dernière fois, tu pourrais prendre ça à la place" quand la dernière fois en question remonte à... peut-être un an, pfou, pas étonnant qu'elle attire du monde !)

Mon super mari ne m'a même pas demandé pourquoi je rentrais si tard.

Je rends grâce au Seigneur pour cette journée de vacances. Moi qui était tellement en vrac, je trouve même le moyen de bloguer pour partager une si belle journée. Et j'en ai tant d'autres à raconter !

Bisous les gens, prenez soin de vous, je reviens dès que possible.