2h30 du matin.
Je ne suis pas couchée, loin de là, je me suis perdue dans les rues de Pont-aux-Rats et je dévore les pages du premier tome de ses chroniques alambiquées et farfelues. Devant ma fenêtre, un miaulement retentit. Puis un autre. Et encore, et encore. C'est petit, c'est désespéré, ça cherche sa maman ou une gamelle.

J'ouvre la fenêtre, miaule à mon tour, et vois sortir de sous une voiture un chaton poussiéreux et effrayé qui se dirige vers moi et trouve que mon bord de fenêtre est un peu trop difficile d'accès. Le chat de la voisine ? Je sors le plus vite possible pour récupérer l'objet. Qui se cache sous la voiture d'à coté et se remet à miauler.

Je remiaule, appelle, tends la main, et vois débarquer une miniature de chat multicolore qui se décide à me faire confiance. Ce n'est pas celui de la voisine. C'est trop mignon, et les voisins du dessus qui rentrent chez eux avec des copains sont bien d'accord. Pauvre petite bête ! Nous en profitons pour faire connaissance, ils découvrent et mon existence et le fait que, oui, je les entend bien mais je ne leur en veux pas, et nous nous quittons sur un dernier câlin de la boule de poils posée dans mes bras.

L'animal peut bien rester un peu chez moi, je connais une famille qui cherche un chat justement. Invasion de mulots. Première mission, rassurer, nourrir, fabriquer une litière ! La bête miaule, découvre mon studio, miaule, furette, miaule, marque son territoire (ma moquette !!!), miaule, mange du surimi avec avidité, miaule, se met à ronronner un peu, descend avec moi dans la cave où je gratte de quoi faire un semblant de litière pour éviter la cata, miaule, essaie désespérément de prendre un bain avec moi sans tomber dans la baignoire, miaule, joue, miaule, explore tout partout, miaule...

Je finis par aller me coucher, il est cinq heures moins le quart. Arg. En bas, le chat miaule encore. Je suis trop loin, sa maman aussi, il essaie de grimper dans mon lit puis se résigne. Ouf.

7h30. Miaou ! Miaouuuu ! Miiiaou ! Miaaaouuuu !
Je descends, soigne un peu la bestiole, la nourrit de nouveau, remonte dans mon lit... puis descends la chercher parce que j'en peux plus des miaous. Elle explore, fait tomber des trucs, tombe aussi. Aïe ! Comment se porte-t-elle ? Ah bah en fait ça va. Résistant ce truc. Mais quand même, déjà qu'elle boitait, c'est pas fait pour l'arranger de tomber comme ça...
Quelques minutes plus tard, ma mezzanine bouge toute seule, et je me retrouve nez à truffe avec le chat, qui a réussi à monter tout seul. Qui refait des tours, miaule, finit par se poser à côté de ma couette et se taire un peu. Un peu.

Pendant ce temps je me pose tellement de questions que j'ignore si je trouve le sommeil ou pas, mais c'est un miracle que j'arrive à ouvrir les yeux quand le réveil a sonné. Je descends avec l'animal, le renourrit, me prépare pour la messe, et pars en le laissant jouer avec un rouleau de papier toilette. Hyper efficace pour distraire un chaton.

Ensuite je me suis rendue - à deux - chez la famille à qui je pensais. Ils vont avoir leur propre chat d'ici peu, et je vous passe les détails supplémentaires :
me voici l'heureuse maîtresse de Fleur de Lys, alias Lylyss !

 Fleur1

Ce serait une femelle, qui ronronne comme une pro, vive, intelligente, mais cabossée. Un p'tit tour chez le vétérinaire nous en apprendra plus.

Youpie.