Dimanche matin.

Une messe en compagnie d'une sœur de cœur, qui traverse bien des épreuves et dont l'épuisement physique trahit l'épuisement nerveux et moral. Quelques mots partagés, des sourires, des prières, dans le froid du vent de ce traitre de mois de mai qui refuse de faire monter le mercure.

Un appel à un frère de cœur, qui a toujours 362 activités prévues sur une journée, c'est normal, il est diacre, bientôt prêtre, comme tous les gens compétents, comme tous les hommes d'Église, il est débordé.

Dimanche midi.

Un déjeuner en famille plus une, encore des sourires.

Un appel d'une cousine, celle qui m'a hébergée courageusement en septembre en pleine rentrée de ses trois bouts de choux et qui venait aux nouvelles. Encore des sourires qui filtraient à travers tous ces mots échangés, et la joie de voir que si ce ne fut pas de tout repos en septembre, on a gardé pour moi une petite place dans les cinq cœurs de cette famille.

Dimanche soir.

Une conversation avec un ami, le genre d'échange profond et plein de belles choses qu'on aime avoir très souvent.

Une conversation en forme de retrouvailles avec un copain que je n'ai jamais rencontré, qui a dix ans de moins que moi, vit dans l'est de la France, que je connais grâce à un forum des fans de Tara Duncan. Ce qui fut notre point commun n°1 et peut-être bien le seul à l'époque est devenu le point de départ de quelque chose de très joli.
Et dans cette conversation, tout d'un coup, un malaise qui ressort. Celui dont on ne parle pas - on parle du malaise des malades qui voudraient qu'on les pique, on parle du malaise de ces femmes qui ne veulent pas être malade pendant neuf mois avant de se retrouver avec un mioche dans les pattes, on parle du malaise de ces couples atypiques mais très normaux au fond qui veulent en avoir, eux, des bébés et qui ne peuvent pas, mais on en oublie d'autres parce qu'ils révèlent au fond le vrai mal de notre société - celui des jeunes, des étudiants d'aujourd'hui.
Des mots échangés, encore, d'autres encouragements, et une promesse. Celle de la disponibilité. Celle d'une écoute attentive autant que possible.
De grands sourires qui filtraient tout d'un coup à travers les mots sur l'écran. De la joie.

Il y a de ces journées riches, parce que bien remplies de ces liens tissés au fil des années, que l'on prend soin de renforcer, de resserrer.
Puissions-nous tous en avoir beaucoup de ce type.