Trois petits jours.
Vendredi, samedi, dimanche.

Un prêtre, un diacre, deux retraités, une prof qui passe son permis.
Des animateurs, des guides dans la foi.

Douze garçons, cinq filles.
Des enfants qui font leur retraite de profession de foi.

Douze et onze ans. Oh pardon. Bientôt douze ans.
L'âge où les filles deviennent des jeunes filles et où les garçons sont encore des petits garçons.

Un couvent de dominicaines, la ville de Saint Pierre Quiberon, juste devant la plage.
L'endroit idéal pour méditer et se défouler, au choix.

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Un livret, le Livre de la Parole, des papiers pour poser des questions anonymes.
Les outils de la plongée dans la vie de Saint Pierre et au cœur de soi-même.

Un prêtre, une chapelle, une permanence.
L'occasion d'aller demander pardon, quand on veut.

Des intelligences en éveil, des réponses jamais données avant, des animateurs.
Des questions, encore et encore, sur la vie, la mort, la Résurrection, les anges, le "métier" de prêtre, "celui" de diacre, les sacrements, l'âme humaine, Jésus, le paradis, l'enfer, la liberté.

Des enfants, des jeux, des partages.
Des prières, des échanges, des méditations, des veillées de prière et de mime de la Parole, des découvertes, un apprentissage.

Des animateurs pas nés de la dernière pluie. Des enfants nés de la dernière pluie.
Des éducations à faire, entièrement. Des constats désabusés. De l'espoir, malgré tout, que ce qui est semé germera, fleurira, donnera du fruit, un jour, à la grâce de Dieu.

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Cinq filles, une animatrice.
Une bonne bande de copines avec une grande sœur de 16 ans leur aînée. Des bisous, des câlins, des petits soins.

Une demoiselle qui est partout à la fois et très câline.
Emma.
Une demoiselle qui a du caractère et pose beaucoup de questions.
Floriane.
Une jolie blondinette avec des tresses qui écrit une lettre d'amour à son animatrice.
Ophélie.
Une jeune fille avec des cheveux noirs magnifiques, qui se manifeste quand elle a une idée à suggérer.
Capucine.
Une demoiselle réservée, qui n'ouvre pas la bouche même en cas d'urgence, mais absorbe et note tout ce qu'elle voit, entend et vit.
Constance.
Autant de sourires.

Des petits bobos, un souci digestif, deux filles, un garçon, une secouriste.
Des soins donnés avec le sourire, de la farine pour arranger tout ça très vite, des mercis et un galet offert juste avant le départ, comme ça, pour témoigner de la gratitude qu'on ne sait pas comment exprimer autrement.

Des enfants qu'il a fallu cadrer solidement tout du long. Des hommes pleins de poigne et de douceur.
Des félicitations reçues à la sortie de la messe du village pour leur tenue pendant l'office. Fierté des enfants à qui on les transmet.

Des lettres écrites, des cartes postales signées, des adieux.
Un envoi dans le monde et dans ces familles dont on devine des parcours compliqués, des incompréhensions, une pauvreté spirituelle. La grande joie d'avoir été là où on avait besoin de nous.

Je suis revenue vidée par l'air du large et les réponses données en pagaille au milieu des questions qui fusaient. Épuisée par les nuits courtes et l'énergie dépensée pour me faire obéir ou montrer le respect dû à Dieu. Mais heureuse, heureuse d'avoir fait grandir ces petits - bientôt grands - dans leur foi et de leur avoir donné de découvrir la beauté de l'amour du Seigneur pour eux.

Je suis prof de français langue étrangère, et ça me passionne. Je suis catéchiste/animatrice occasionnelle, et ça me passionne. Deux vocations qui se rejoignent en une : la transmission de ce que j'aime à d'autres.