Vendredi soir, samedi et dimanche, j'étais en Mayenne. Pour une petite formation des animateurs d'une session en famille dans laquelle je me rends utile depuis... je sais même plus quand. 2003, 2004... j'ai arrêté de compter, ça valait mieux.

Les frères nous ont accueillis comme toujours avec joie, bonne humeur, des idées intéressantes, des repas toujours aussi bons (nous avons même eu droit à une tarte faite par le frère cuisto-pâtissier à l'insu des autres frères !) (et le lendemain, il y a eu des choux à la crème... gâh) et beaucoup de soleil.
Deux des frères ont travaillé comme des fous sur un nouveau projet à destination des animateurs. Cette belle réalisation nous a tous enthousiasmés.
Ça faisait longtemps. J'en suis sortie lessivée avec plein de choses à faire d'ici le mois de juillet, mais remplie de belles idées, de sourires, de blagues et de motivation.

Et puis je suis rentrée.

Et j'ai démarré deux choses : d'abord des cours particuliers à une élève de niveau collège, coincée chez elle par une grosse maladie pas drôle, et j'ai rencontré une petite fille adorable, sensible, douce, intelligente, qui écrit de la poésie depuis le CP, et dont la maman fait un super boulot. En deux heures, je me suis retrouvée toute sautillante.
Que voulez-vous, j'aime mon métier.
J'aime mes apprenants.
J'ai un sacré bol de tomber sur des occasions comme les miennes.

Et puis... j'ai démarré la conduite !
Et le moniteur est fou.
Première heure, il m'explique tout le tableau de bord (aaagh, je suis pas sûre d'avoir tout retenu...) et me fait rouler dans la cambrousse (si si ! Il y en a encore autour de Vannes ! Incroyable mais vrai !) avec la lourde responsabilité de gérer le volant et le clignotant.
Cet après-midi, volant, clignotant, et dès que j'arrive à ne plus me précipiter dans les fossés et les trottoirs, tiens, allez, accélérateur et frein.
J'en ai toujours mal à la tête.
C'est dur.

Mais c'est très amusant. Le mot exact étant "grisant".
Circuler entre les piétons mal garés, les tracteurs de sortie, les vélos de collégiens et les voitures qui emmènent le petit Julien au karaté et puis Sophie à la danse classique avant de déposer Kévin chez ses parents après son cours de violon au conservatoire où Lola apprend le basson, sans se manger ni les véhicules, ni les aménagements urbains (ouais je frime), ni les arbres, ni les ratons-laveurs, clignoter au bon moment, regarder partout mais pas trop et au bon endroit siouplé, freiner mais pas trop fort mais assez quand même, accélérer un peu parce que la limite c'est 50 et pas 15, s'inquiéter du gusse derrière qui essaie sans doute de profiter des turbulences du bolide estampillé "auto-école" pour économiser du carburant (Note pour le monsieur : non, deux mètres ça ne s'appelle pas une distance de sécurité, même à 30 km/h. Et ça vaut 3 points sur le permis.), c'est chouette, mais en plus de faire travailler la caboche, y a un mollet et deux épaules qui prennent cher.

Demain, repos. J'enseigne seulement.
Ah si si c'est du repos à côté de la conduite ! J'vous jure !