Je n'ai pas posté sur ce blogue depuis un moment et j'avais une excellente raison pour ça : il ne se passait rien. Ou très peu. Mais hier, j'ai repris le train pour aller chercher mon salaire.

J'ai refait un tour dans un magasin que j'ai bien et longtemps connu, revu des connaissances, discuté de l'évolution de nos vies en quelques années, donné et reçu des nouvelles. Fait de menus achats.
J'ai ensuite retrouvé mon employeuse, discuté, fait un bilan général de mon mois d'enseignement, refusé une offre (argh !), signé des tas de papiers et surtout reçu l'un d'eux, déjà signé, avec une profonde joie. Vous savez, un modèle plus petit que les autres que vous devez signer derrière pour qu'il serve. Et transmettre le plus vite possible... au banquier.

J'ai ensuite décidé de profiter de la capitale bien à fond avant de retourner à la campagne. Et j'ai bien fait.
Lors de la dégustation d'un sandwich sur le champ de Mars, j'ai eu droit à un spectacle fort amusant :
Au détour du chemin où se trouve mon banc, je vois un grand homme dégingandé franchir les mini-grillages qui entourent les buissons et y déposer une provision de mini-tours Eiffel, ressortir et, ce-faisant, rejoindre tout un groupe de co-vendeurs à la sauvette qui, eux, avaient gardé aux bras leurs anneaux avec porte-clés Eiffel cliquetants. Et les voilà qui se mettent à courir. L'explication vient derrière, en vélo. Un policier les poursuit pour les faire sortir du parc, applaudi un peu plus loin par un quidam en train de déjeuner, qui lui adresse un pouce levé en opinant du chef.
Cinq minutes plus tard, le même gardien de la paix avec un collègue repasse pour s'arrêter près des buissons et y réquisitionner les tours Eiffel multicolores, qui agrémenteront son vélo pour le reste de l'après-midi.
Huhuhuhuhuhu.

Pendant ce temps je dévore mon sandwich, et bientôt me retrouve entourée de moineaux pépiants avec lesquels je décide de partager. Lorsque l'un d'eux se met à sautiller à côté de moi sur le banc, je tente de lui poser des miettes en hauteur, mais la plupart du temps elles tombent et nourrissent ceux de l'étage en-dessous. Me voilà bien embêtée. Jusqu'au moment où un oiseau se pose sur mon genou.
Ah vous le prenez comme ça ?
Eh bien nous avons fini le repas à plusieurs : les moineaux se servaient dans ma main, avec laquelle je cachais parfois ma part devant laquelle des petites femelles venaient voleter (à 20 cm de mon visage. Ils sont dingues ces piafs.) pour voir si par hasard elles ne pourraient pas se servir à la source. Et le quignon fut partagé entre plusieurs téméraires qui venaient se poser sur mes doigts afin de dévorer le pain beurré, jusqu'au moment où je lâchais carrément le morceau.
Ça n'a l'air de rien ces moments-là, mais ils font partie de ceux que je goûte avec un plaisir non dissimulé.

J'ai ensuite déambulé dans Paris, pris LE chocolat chaud de fou-furieux que je m'étais promis pour le jour où je finirais officiellement mon emploi sur Paris, et suis montée dans un train direct. Dernier wagon, celui où il restait quelques places assises.
J'en suis sortie plus d'une heure après, grâce à la panne  que le chauffeur a mis beaucoup de temps à trouver, un peu moins à réparer et qui faisait grommeler tout un tas de voyageurs.

Demain, je repars dans l'autre sens, mais cette fois Paris ne sera qu'une escale en direction de ma chère Bretagne.