Par le crépuscule et alors que je navigue un peu sur des blogs tout teintés d'ocre et de roux (voire de gris), je réalise peu à peu par quoi je suis passée.

L'heure est venue de bloguer.

Septembre, il y a quatorze ans. J'apprenais l'amitié avec celle qui a fait de moi une personne meilleure, ouverte au monde, avide de découvertes et de voyages, et qui me transformais sans que je le sache en professeur.

Septembre, il y a dix ans. Je découvrais un monde nouveau, celui de l'université. Croyant savoir où j'allais, je me lançais dans une nouvelle aventure un peu déroutante.

Septembre, il y a huit ans. La peur de refaire une année après avoir bien profité de la vie estudiantine, des inscriptions en double, et une découverte inattendue : celle de mon métier.

Septembre, il y a quatre ans. Je présentais, en compagnie de deux camarades devenues amies, un mémoire qui me valut de devenir officiellement enseignante.

Septembre, il y a trois ans. Je partais pour Long Island, accueillie dans une famille que je n'oublierai pas. Non plus que la joie, l'excitation du rêve enfin réalisé de partir à l'étranger, de voir enfin New York.

Septembre, il y a deux ans. Je répondais à l'offre de ce qui sera mon premier emploi. Et m'apprêtais, sans le savoir encore, à décoller pour la Chine et ses sages folies.

Septembre, l'an dernier. Je trépignais d'impatience et repartais enfin m'occuper de mes apprenants, à l'est de la civilisation (à l'ouest aussi, remarquez).

Septembre, cette année. Je décroche un boulot, prends le train tant et plus, travaille dur, vois du monde, redis adieu à ma meilleure amie (combien de fois aujourd'hui ?), cours, dors peu, dévore des ouvrages ou magazines jamais ouverts avant, ou alors le nez froncé, et découvre le monde de la mode. En courant.

Le mois d'octobre a démarré sous le signe des visites à la famille et aux amis. Et me voici à regarder l'automne s'avancer, sans plus avoir de délais ou d'horaire à tenir.
Il va me falloir réapprendre à donner et prendre mon temps. Je réalise que je l'ai oublié.
Combien sommes-nous, pressés par le grand pressoir du travail, à courir en tous sens, en tous lieux, souvent ensemble (Mmmh, le métro du matin !) et à avoir oublié Celui qui nous donne tout, L'avoir remisé dans nos "plus tard", ainsi que la simple contemplation de sa gloire à travers la création, ou le partage avec des âmes proches ?
Il n'y a pas de saison pour les bonnes résolutions. La mienne sera d'apprivoiser mon temps, qu'il soit compté ou non, et de redonner toute sa place à l'Essentiel.