Je connais une petite fille adorable.
Elle est très douce, elle est souriante, aimante, très aimante même, joyeuse, elle aime la musique et danse dès qu'elle en entend.
Elle sait aussi se montrer chipie et faire preuve de caractère.
Elle fait le bonheur de tous les membres de sa famille, et de tout ceux qui la rencontrent.
Ses trois grands frères ont complètement craqué et passaient leur temps, lorsqu'elle était bébé, à se la passer de bras en bras pour d'interminables câlins.
Et vous devriez voir son papa s'occuper d'elle...
C'est un rayon de soleil. Du bonheur sur pattes.
Elle a apporté de la douceur et de la tendresse dans son entourage.
Je lui dois mon surnom en langue des signes. Un surnom comme personne n'en aura jamais. Un qui fait rire. Un qui part de ce soir où nous avons communiqué toutes les deux en imitant nos grimaces, pendant des heures. C'est un beau souvenir pour moi.
J'ai beaucoup de tendresse pour cette petite fille.
Et je suis loin d'être la seule.
Sa présence parmi nous est un cadeau.

Je ne les connais pas, ou que de nom : ce sont des gens bien pensants, qui aimeraient avoir un monde lisse où tout le monde possède le même bonheur de série, un bonheur fabriqué en usine, un bonheur prêt-à-porter, qu'on achète dans un ordinateur avec option jeu vidéo, ou dans une voiture sûre, silencieuse et très très chère.
Ce sont des gens qui voudraient faire du mode de vie auquel un petit nombre aspire la norme, surtout que rien ne dépasse, ni cheveu, ni tête, ni idées, ni idéaux.
Voilà que ces gens voudraient que l'on reconnaisse et que l'on écrive dans la loi que ma petite cousine, parce qu'elle est différente, parce qu'elle a les yeux bridés, les mains courtes, parce qu'elle réfléchit moins vite, pas comme nous, cette petite fille avec un cœur grand comme ça, soit officiellement déclarée indésirable.
Ces gens veulent obliger les médecins, qui pourtant ont réussi - tout juste - à sauvegarder leur droit à la conscience et l'objection de conscience qui va avec, à dépister avant la naissance tous les enfants comme ma cousine.
Ces enfants sont, dans 98% des cas, éliminés avant la naissance, et ce jusqu'au jour de la naissance. Le dépistage ne sert donc pas à les accueillir dans les meilleures conditions mais à garantir un "enfant parfaitement fonctionnel, dans la norme" aux futurs parents.

Cela s'appelle l'eugénisme.
Il existe une pétition pour montrer aux parlementaires que nous ne sommes pas d'accord, que toute vie vaut la peine d'être vécue.
Surtout celle de ma cousine.