Vendredi soir, après rangement, tri, douche et cuisine (quatre-quart au chocolat, pour écluser les plaques qui s'entassent chez moi depuis longtemps), je prends un taxi (qui me crie dessus en croyant me déboucher les oreilles quand je lui dis que je ne le comprends pas, et crache... 10 ou 11 fois par sa fenêtre, moi qui suis super fatiguée, j'en peux plus et me concentre sur ce qui se passe dehors, de l'autre côté) et retrouve Andréanne, merveilleuse Andréanne qui a eu l'idée géniale de m'inviter à partir avec elle à Pékin pour le weekend.

Puisque cette destination m'offre tout ce qu'il me faut pour le moment : messe facile à trouver, en français, que je suis sûre de ne pas louper, shopping aisé de tout ce que j'ai encore à acheter avant de rentrer, visite de quelques sites importants du pays que je n'ai pas pu voir avant, accès au meilleur de la culture chinoise , restaurants étrangers et éloignement de Shangqiu, je n'ai pas hésité une seconde.

Nous sautons dans notre train en placotant comme si on s'était quittées la veille, nous couchons tôt (merci Andréanne, ton aptitude à te coucher à des heures raisonnables a grandement amélioré mon weekend en m'obligeant à dormir AVANT d'arriver) et nous réveillons, enfin je me réveille quelques huit heures plus tard au son d'un chouinard chinois mal éduqué enfant que sa mère délaisse et qui n'en peut plus de réclamer on ne sait quoi. Ma camarade de voyage, qui dormait juste au-dessus, est levée depuis bien plus longtemps que moi. Nous petit-déjeunons de quatre quart et de canneberges séchées, et débarquons à la gare ouest de Pékin, où mon amie canadienne, en véritable aventurière aguerrie tout-terrain, demande la direction et débusque le bus pour notre auberge de jeunesse où nous posons nos sacs et nous rafraîchissons.

L'auberge est idéalement située au sud de Tien An Men, pas trop loin du métro (mes souvenirs de mon arrivée en septembre et de ma course après l'hôtel "à 500m de la station" avec mes 40 kg de bagages me reviennent... si j'avais su !) c'est un endroit idéal, et en plus l'hôtel est vraiment très sympathique, avec une cour intérieure traditionnelle magnifique, et de la bonne bouffe. Je recommande vivement.

Nous nous rendons ensuite à Xidan, l'équivalent de l'avenue Montaigne de Pékin. Nous trouvons un bar à sushis où je fais des foliiiiies mais c'est tellement bon de manger du vrai poisson propre (ie. sans mercure) cru, de boire du thé japonais, de se retrouver dans une décoration qui me rappelle mon pays préféré...
À la fin du repas Andréanne et moi nous séparons : elle va visiter le parc olympique (vu depuis le taxi l'an dernier, je suis pas une fana de sport) et je vais faire du shopping !
Ni une ni deux, je rentre dans une boutique d'une de mes marques préférées et reste patiente quand la vendeuse essaie de me fourguer la moitié des rayons ("You like zis ? You want to try ?") et ressors avec une tenue toute neuve, un peu chère, et trooooop jolie.
Je déambule, tournicote dans la galerie commerciale couverte (il fait 30° dehors et ça tape méchamment), entre et sort d'autres magasins avec de nouveaux articles, et après une mini-pause à WangFuJing, vais au marché de la soie où je dois rejoindre ma comparse.

Après quelques minutes d'attente (et un petit marchandage) j'explique à Andréanne, ravie de son excursion, que le meilleur marchandage se fait à l'étage. Nous allons donc assassiner quelques vendeurs avec nos propositions tout à fait monstrueuses - oui, 50 yuans au lieu de 380 ! Eh, on est des guerrières du Henan, tu nous la feras pas comme ça - enfin surtout mon amie, parce que je sais très précisément ce que je veux et à quel prix, et même où aller, et comme on me reconnaît ("You came here before !" Oui, mais j'ai rien acheté, mais ça, j'ai pas besoin de le préciser...) j'ai un bon prix sur un article qui me ravit.
Nous nous rejoignons pour aller quelques étages plus haut, du côté des perles. Nous choisissons une technique géniale qui consiste à aller tout au fond de la galerie, choisir un vendeur qui n'a pas beaucoup de clients, et après que ma camarade l'a bien chauffé, je commence mes négociations sur les perles qui m'intéressent. Bilan extrêmement positif.

Nous rentrons en courant à l'auberge pour nous changer - pas le temps pour une douche, arf - engloutir des lasagnes bouillantes (que je gobe littéralement) et sauter dans le minivan qui nous emmène dans un hôtel à quelques pâtés de maison où nous allons assister... à un extrait d'opéra de Pékin.

Costumes magnifiques, tapis de scène d'un beau vert profond (interdit au théâtre français, le vert fait ici ressortir les couleurs chamarrées et les dorures des costumes, c'est un enchantement) chorégraphies et jonglage époustouflants, si ce n'était la voix nasillarde de la reine qui se suicide à la fin du premier acte - cette voix est traditionnelle dans l'opéra chinois - nous nous régalons.
Les 50 minutes que dure le spectacle (une adaptation avec sur-titres pour touristes, qui permet de voir la totalité d'un spectacle en une semaine) sont trop courtes.

Au retour à l'auberge, nous décidons qu'il est trop tôt pour rentrer dormir et déambulons dans les hutongs qui entourent notre point de chute. En commençant par acheter une glace.

Quelques longues minutes émerveillées plus tard, nous rentrons, Andréanne pour se préparer à dormir en vue de son périple de demain matin, moi pour surfer un peu sur un des trois ordinateurs avant de la rejoindre du côté de chez Morphée.