J'avais dit que j'en parlerais, je m'acquitte donc de ma tâche, pistache.

Sachez tout d'abord que j'ai déjà vu ce genre d’émission, l'an dernier lors de mon séjour à Pékin. J'ai donc eu l'occasion d'en revoir une autre. Une qui ferait hurler le CSA. Oh rassurez-vous (ou pas) il n'y a rien de violent là-dedans, simplement une drôle de façon de choisir celles qui auront le droit de parler et surtout ce qu'elles devront dire.

Donc, un Tournez manège chinois, ça peut donner ceci :
Devant une tribune ou sont assis une centaine d'hommes de tous âges et de toutes conditions (et de tous styles vestimentaires, même le plus négligé-je-viens-tout-droit-de-Shangqiu-et-ça-se-voit), chacun devant un petit pupitre avec un bouton dessus, sont tout d'abord rassemblées une cinquantaine de femmes (la concurrence est rude dès le départ, cela dit, considérant que la Chine manque de femmes - on n'osera pas la goujaterie de se demander pourquoi) en robes du soir (expliquez-moi pourquoi elles, elles doivent se faire belles ?) avec des masques, qui défilent devant un micro et démontrent un talent particulier : jouer du violon, faire un tour de magie, opérer avec vulgarité ce qui cherche a être une danse sexy (les Chinois ne savent pas ce que ce mot signifie, pas plus qu'"avoir du style" ou "avoir de la retenue"...) puis les hommes font un premier vote.
Une fois les cinq chouchoutes élues, celles-ci doivent ôter leur masque et raconter quelques banalités avant de rejoindre le bataillon pour une nouvelle manche ou il s'agit cette fois de discuter avec ces messieurs. Les moins appréciées ont disparu de la circulation.
Et ici, c'est à la gouaille que ça se joue. Lorsque j'ai vu l’émission, le thème abordé était la maison : un couple doit-il acheter, louer, ou vivre chez papa et maman ? Plusieurs se sont enflammés sur le sujet, la culture chinoise rendant difficile pour moi de savoir s'ils étaient fâchés ou tout simplement passionnés, et quelques femmes ont gagné des applaudissements.
Un autre vote se fait après le débat, ou cinq nouvelles élues peuvent retirer leur masque vénitien-à-paillettes-kitchs, et enfin... la bataille commence vraiment.
Les demoiselles règlent leurs comptes, et c'est pas du joli. Chacune d'entre elle doit passer devant le micro, ouvrir une graaande enveloppe ou se trouve le prénom de l'une des concurrentes... à savoir celle qu'elle déteste dans la bande. Il s'agit ici de dire tout fort pourquoi elle ne l'aime pas. (Vous voyez pouquoi le CSA beuglerait ? Enfin, j'dis ça mais vu ce qui passe en ce moment a la télé française, en fait, ça craindrait plus rien, n'est-ce-pas ?) S'enchainent les gros plans sur des filles médusées, vexées, boudeuses...
Et puis après quelques images où on voit des filles se rapprocher de certains messieurs lors de leurs démonstrations de talents... l’émission s’arrête sur un coucou-bye-bye de l'animatrice tout sourire.

C'est sûr, c'est dépaysant ces niaiseries.