Après une matinée très remplie,

  • on m'a donné un tiers de mon salaire du mois parce qu'étant malade j'ai pris un congé d'une semaine (au lieu de deux initialement prévues),
  • fait venir un électricien qui a rétabli les branchements du fil électrique du climatiseur du haut (je vous dis pas les prouesses du gars : au lieu de refaire le branchement dans la niche avec les fils prévus pour ça, il est allé déboîter la seule prise de la pièce pour y introduire un troisième fil, qui dépasse donc bêtement du plastique et a l'air dangereusement fragile),
  • pas mal discuté de la nouvelle politique de l'établissement et de la galère internationale que c'est d'y travailler (Sonia va finir par y perdre la tête, et moi j'y ai déjà perdu ma santé, mais passons),
  • Shannon m'a envoyé beaucoup de messages fleuris, et même téléphoné pour me dire qu'on avait le droit de moins me payer mais aussi pour me donner tout un tas de conseils au cas où je décide de leur pourrir la vie en contre-partie (idée qui m'a beaucoup souri, je dois l'avouer),

il est 14h et je me retrouve devant la porte de ma classe. Inspiration, sourire... et me revoilà devant mes étudiants, qui travaillent d'arrache-pied en attendant que je retrouve la santé. Parce que j'avais acheté mon déjeuner et pas eu le temps de le manger, je les laisse continuer leurs exercices en écoutant Henri Salvador et Garou, et puis prépare une petite activité censée les aider à améliorer la compréhension de l'oral et à réviser le vocabulaire car la semaine dernière j'avais eu l'occasion de constater qu'ils avaient beaucoup perdu pendant les vacances.

Je sépare donc le tableau en deux parties sur lesquelles je mets, dans le désordre, les mots de trois listes faites à partir de leur vocabulaire d'avant les vacances. Ils sont six, je fais deux équipes de trois, leur donne à chacun une craie avec pour mission de numéroter les mots qu'ils entendent au fur et à mesure de la dictée. Trois listes donc, trois manches, match nul au final. Avec moins deux pour la prof qui a oublié un mot dans chaque moitié de tableau... honte sur moi.
Je profite ensuite d'avoir majoritairement des noms et des verbes pour leur demander d'aller tour à tour au tableau, toujours par équipe (ce qui fait deux étudiants devant le tableau, jamais plus, je reste stricte là-dessus afin qu'ils prennent le temps de réfléchir et de voir ce que font les autres avant d'agir) pour entourer les verbes et mettre un article adéquat devant les noms. Ensuite je les fais changer de place et corriger le tableau de l'autre équipe, puis je corrige, grogne, fais semblant de taper, félicite avec un sourire niais... et renvoie tout le monde à sa place. Afin d'exploiter au maximum, je leur fais choisir six noms et six verbes, et fabriquer des phrases avec. Le souci est qu'évidemment les moins doués inventent des tas de phrases à partir de certains mots qu'ils prennent comme "une base" - j'ai même un "Bonjour." - mais ça leur donne tout de même l'occasion de me demander des explications pour les mots oubliés et de refaire un peu de conjugaison, ce qui n'est pas un luxe.

Une fois tout ceci terminé, il est l'heure de rentrer. J'ai plus envie de partir. Je suis bien devant le tableau, je suis à ma place. J'annonce donc le programme qui commence à partir de demain : 5 heures de français avec moi, chaque jour, du lundi au vendredi, et quand ils seront prêts, cinéma français le samedi.

Nous nous quittons tout souriants, pendant que la neige tombe dru.
Ce soir Shangqiu est couvert d'une couverture blanche qui l'améliore grandement... et qui refroidit singulièrement la maison. Un coup de chance qu'il n'ait pas neigé plus tôt, sinon j'aurais fini à l'état de gros glaçon dans la chambre du bas.