Deux larges semaines de voyage, de découvertes, de rencontres, de joies, de soleil, d'amitié, de grâces rendues pour la Création... et de concentration à l'essentiel. Pour voyager léger. Pour lire ceux qui m'écrivent et leur répondre, pour connaître un peu les dernières nouvelles de ceux qui comptent pour moi, sans passer mon temps devant des ordinateurs que je maîtrise mal.

Premier retour. Surprise de trouver une température "si loin au-dessus de zéro" pour un mois qui devrait être glacial. Première nuit dans une maison froide, plus froide que dehors, et surtout douche à la bouilloire, pour cause d'eau manquante.
Ordinateur qui plante, internet désormais totalement inaccessible, tant que le colis français si attendu n'est pas livré.

Départ pour l'appartement des amis, ceux qui avaient dit déjà "s'il fait trop froid chez toi, tu es la bienvenue chez nous." Redécouverte de ce que c'est que de vivre dans un pays froid mais avec une maison totalement chauffée, une douche à taille humaine où on peut passer très peu de temps parce qu'on ne gèle pas à chaque mouvement et parce que l'eau jaillit tout de suite sans fuites, sans goutte à goutte, et que s'y laver n'est pas une réédition de Mission Impossible*.

Redéfinition des impératifs : ne pas déranger, accepter le nouveau rythme de vie, dormir sans trop d'interruptions malgré le bruit, les lumières, le chat, faire une lessive et accrocher tout son linge à la vue de tous,  continuer à lire et à donner des nouvelles à ceux que l'on ne veut pas laisser de côté mais sans trop squatter...

Passage de trois repas thaïs à deux repas canado-chinois par jour, repas au restaurant, recours au taxi pour faire les courses, circuit pour aller chercher mon vélo, stimulation des personnes compétentes pour hâter le retour du liquide dans mes robinets, interrogations sur l'arrivée du courrier.
Lecture, enfin, de : "non pas d'eau mais ton courrier est livré", saut de joie et réalisation après-coup que le colis est peut-être bien devant la porte depuis plus d'une journée, considérations sur le fait que dans ce pays on n'a pas très bien compris que les objets précieux ça s'abime sous les intempéries, autre circuit pour aller chercher colis et ordinateur avant que le froid ne fasse des dégâts, découverte du retour de l'eau, vraisemblablement depuis cinq minutes, joie, joie, joie, puis retour dans le même taxi hyper bavard et du coup tellement lent. Causerie malgré la fatigue avec le chauffeur rigolo et échange de numéro de téléphone contre adresse électronique parce que le téléphone "bu keyi, wo dien bu dong**."
Arrivage chez les amis, cris de souris hystérique à la découverte du contenu du paquet et rire de joie et de soulagement lorsque l'ordinateur se rallume et qu'il n'a rien.

Prévision du retour pour le lendemain. Nuit de sommeil un peu meilleur, repas, courses, cuisine et partage d'un repas en excellente compagnie, dégustation de fromage français et de foie-gras sur du "vrai pain" frais, parties de cartes et bonnes rigolades, sans doutes aidées par la fatigue devenue très lourde. Choix de renoncer au taxi du retour et de rester dormir sur place, encore, même si toutes les affaires sont désormais là-bas à la maison.

Réveil en mauvais état, départ pour visiter la vieille ville avec la même petite bande canadienne, dans un froid de canard, sous un ciel gris et immobile, et finalement vélo (promené tout du long ou presque) pour rentrer... chez moi.
Joie de retrouver mon propre
rythme et mon lit "moelleux".

Rangement, lancement d'une nouvelle machine à laver et surtout branchement et rallumage de l'ordi qui m'a tellement manqué.
Aller à l'essentiel de nouveau, parer au plus pressé : crier ma joie et mon retour, lire goulument tous ceux qui ont publié pendant si longtemps, commenter, enfin, et raconter quelques bêtises...
Au détour de deux pages, me rendre à l'étage et constater avec une immense surprise qu'en trois heures de navigation sur le net, je n'ai pas vu tomber la neige sur le campus.

Les amis, me revoici.


*Votre mission, que vous le vouliez ou non, est de sortir de cette pièce propre et pas enrhumée, en moins de 45 minutes. Vous n'avez pas le droit de glisser et de vous fracasser le crâne, et une fois prête à entrer dans la cabine vous ne pourrez plus aller chercher le savon oublié à l'étage du dessous. Votre principale ennemie : la paume de douche qui fuit. Soyez vigilante, après un goutte à goutte qui mettra vos nerfs à l'épreuve vous disposerez pendant un temps limité et toujours différent d'un jet d'eau chaude suffisant pour vous mouiller. Attention : ce ballon d'eau chaude s'auto-détruira au bout de 10 minutes. Passé ce délai vous vous doucherez à l'eau froide.
** C'est pas possible, je comprends pas.