Ou "Joyeux Noël", ou plutôt "Noël joyeux" en chinois.

Vendredi et samedi furent des journées de douce folie teintée d'euphorie.

Vendredi 24,

  • je petit déjeune,
  • m'escrime sur l'ordinateur pour trouver un proxy - ce qui ne sera qu'à moitié réussi. Maintenant j'en ai un mais j'ai toujours pas accès à certains sites parce qu'il y a un conflit entre le VPN et les cookies nécessaires...  c'est horripilant -
  • ne déjeune pas parce que je n'ai pas le temps,
  • donne mes deux heures de cours où les étudiants ont la grande joie d'apprendre les noms des insectes, l'histoire de la grenouille à grande bouche (un hit, non seulement ça les fait rire mais en plus, c'est excellentissime - et je me retiens d'ajouter des adjectifs dithyrambiques - pour la prononciation) et la ponctuation, et aussi la joie d'aller poser leurs cadeaux sous le sapin et de regarder d'un air curieux si par hasard le leur ne s'y trouve pas déjà.
  • Puis je les lâche dans la nature en répétant l'air béat un grand "joyeux Noël" pour chaque étudiant qui sort de la classe, prends quelques photos et rentre à la maison
  • d'où je repars quasi instantanément acheter du vin, des bananes et autres denrées pour le déjeuner ainsi que des pains fourrés pour mon "dégoûner"
  • que j'engloutis devant l'ordinateur en écoutant de la musique de Noël
  • prends mon vélo et fonce - je suis la à bourre, comme toujours - à la messe de sept heures.
  • J'assiste à la-dite messe où je suis arrivée alors que la fanfare cessait de se prendre pour Israël autour de Jéricho - les murs de l'église ont résisté, j'ignore comment ils ont fait. Protection divine ? - y trouve Linda rentrée de Pékin où elle a appris à conduire et a commencé l'espagnol, puis réponds à des messages des amis expat' qui pensaient que le 25 je les attends le soir et non à midi, et retrouve Linda qui m'emmène dans la sacristie, à côté du chœur, me sert un verre d'eau chaude et me répète : "Dont' worry" en prenant mes vocalises et exercices respiratoires pour des tentatives désespérées de contrôle du stress. Huhu. Non non,  il fait juste 10° dans l'église et je ne tiens pas à bousiller mon principal outil de travail en chantant sans préparer un minimum mes cordes vocales.
  • Et après un numéro de danse que je ne verrai pas, je me retrouve, un bonnet de Mère Noël sur la tête,  à chanter accompagnée sans avoir été prévenue par le monsieur en charge du piano et de la musique de la paroisse, accessoirement le seul vrai anglophone rencontré ici, à qui j'avais meummeumé mes trois chants, pour, pensais-je alors, qu'on puisse annoncer ce que j'allais chanter. Après avoir pianoté partout pour trouver le ton - argh, j'entends le piano plus que moi dans le micro - il accompagne... mais pas dans le même rythme. Résultat je me plante dans les paroles.
    Deuxième chant, je demande de ne PAS être accompagnée et m'en sors pas trop mal, si ce n'est qu'au bout d'un petit moment deux Chinois(es ?) déboulent par la droite et me remplissent les bras de fausses fleurs - sous les applaudissements - ce qui m'empêche de lire les paroles. Je finis par les tasser dans mon coude gauche, sans faire tomber les paroles ni le micro, et arrive au bout sans plus d'encombre.
    Troisième et dernier chant, avant que je commence monsieur le musicien entonne sur son instrument. Nous avons quelques difficultés pour démarrer simultanément - c'est pas comme si je pouvais faire "un, deux, un, deux, trois, quatre" comme dans un groupe de rock - mais nous nous en sortons ; et puisque cette chanson est plutôt bien rythmée, les jeunes assis devant moi battent des mains, ce qui doit les réchauffer. On me rajoute un bouquet dans les mains, je dois passer à la page n°3 et j'ai une feuille de tissus vert en plein milieu du champ de vision. Heureusement qu'il y a le "gloooooooOOOoooooOOOoria in excelsis Deeeeeeeeeoooooooo (bis)" pour me donner le temps de me dépêtrer.
    Je termine sur un point d'orgue souligné au piano par une trille qui ruine tout, m'incline et retourne derrière le rideau rouge où je donne les fleurs à une Chinoise qui se trouve là, rends le micro à quelqu'un, attrape le verre d'eau chaude que me tend Linda et reçois quelques félicitations pendant que je me réchauffe le gosier.
  • Je suis Linda dans la chambre des sœurs où nous discutons comme deux vieilles copines pendant que je me réchauffe - j'ai les extrémités gelées.
  • Je reprends mon vélo, ma lampe de poche et prends le chemin le plus long, mais le plus sûr et le plus éclairé, pour retourner chez moi où je dîne (il est plus de onze heures) et me lance dans la fabrication de biscuits sablés à la cannelle, que j'agrémente d'un glaçage...
  • Et me couche très, très tard. La faute à Twilight.

Le 25 :

  • Je me lève à une heure décente, je suis sans doute touchée par la grâce (comme dirait l'autre : "C'est un miracle de Noël !") vu le nombre d'heures pendant lesquelles j'ai dormi,
  • ouvre le colis de Céline et me retrouve toute émue devant la plaque de chocolat à l'orange - et le reste - merci Céline,
  • fignole mon ménage et reçois un appel d'Andréanne qui m'annonce que la troupe d'expat' est dans le taxi et qu'ils arrivent ;
  • les reçois et examine avec eux, un tantinet soit peu, la situation historique : ils ont apporté des kilos de bouffe et j'en ai acheté aussi beaucoup, ne sachant ce qu'ils prendraient avec eux ;
  • lance la préparation du déjeuner dans une cuisine bien remplie et super animée pour l'occasion,
  • constate que des cadeaux ont poussé sous mon sapin,
  • cours partout pour dépoussiérer le bureau de la chambre du haut ou vérifier la recette du poulet au whisky vin chaud
  • dis un bénédicité en anglais, parce que Shannon et Brett trouvent que quand même, il faut marquer le coup et ne pas oublier qui on fête aujourd'hui (yeah, j'les aime) ;
  • rigole et déjeune d'un excellent repas en excellente compagnie,
  • discute joyeusement et ouvre mon cadô canadien pendant que Brett fait la vaisselle ;
  • dis un "au revoir" vitaminé et super joyeux à mes amis ;
  • fais tout pour ne pas dormir avant d'aller au restaurant, alors que je meurs de sommeil, par conséquent...
  • non pas "je m'endors"! Pfff !  oublie les ajustages d'horaires faits la dernière fois et arrive trop tôt au restaurant, où je poireaute longtemps longtemps en sirotant de l'eau chaude aimablement servie par le personnel, qui ne tient pas à me voir statufiée dans l'entrée (oui ça fait peut-être joli pendant l'hiver, mais imaginez après le printemps et le dégel, par 40°...)
  • suis rejointe par Sonia, M. le directeur de l'IUT, Mme Bi, Mme Wang, Song Ming l'informaticien... et pas M. le policier en charge de mon dossier, parce qu'il a dû s'occuper du cas d'un autre étranger, dans une autre ville. Ce qui me flanque la frousse. Pourvu qu'il ne soit pas parti le bouter hors du pays, l'étranger, ce serait un mauvais présage pour mes abattis...
  • offre une boîte de chocolat à Sonia, ne peux pas offrir ses rochers-coco-qui-coûtent-une-fortune à Mme Bi parce que je n'ai rien pour le grand dirlo arrivé avant elle, partage des mini-clémentines avec tout le monde, ce qui fait sensation et nous leur permet d'attendre le dîner ;
  • me retrouve dotée d'un verre à pied rempli de limonade et d'un autre rempli de baijo qu'on va me faire boire de force tout au long du dîner, oooh ouaiiiis...  -_-'
  • tente une feinte et échange les verres discrètement pendant que Mme Bi plaisante et éclate de rire,
  • me fait avoir parce que Mme Bi vérifie de très très près que le niveau de baijo descend et s'aperçoit qu'il y a des bulles dans le verre, je dois donc remettre les bons verres à leur place ;
  • me précipite sur la timbale d'eau chaude après chaque lampée de baijo parce que ça me brûle l'intérieur et que ça sent vraiiiiment le vomi,
  • chaque fois que je suis un peu gagnée par l'humeur et que je souris ou ris avec tout le monde, M. le directeur me demande si j'ai compris, évidemment non mais le rire est aussi un acte social, enfin jusqu'à maintenant où c'est plus une autre façon de me mettre à l'écart, tant pis,
  • explique très gentiment que oui, c'est ma deuxième année et c'est tout naturel ne me remerciez pas - on apprécie énormément le fait que je sois la première prof de FLE qui fasse plus d'une année. Vu les conditions de vie ici c'est pas surprenant - mais que l'an prochain je repars en France
  • suis sommée de manger de tout et de goûter tous les plats, même ceux qui arrivent très longtemps après ce que j'appelle un dessert alors que je n'ai plus faim depuis le milieu du déjeuner ;
  • et rentre à la maison avec un grand sac plastique rempli de raviolis.

Je suis épuisée, triplement repue et très contente que ça s'arrête. Enfin que le dîner s'arrête. L'ambiance du déjeuner aurait bien valu des prolongations...

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Je vais mettre un alboum photo sur Noël, ça sera plus simple que de saturer cet article bien dense avec des images et leurs commentaires... Gardez l'œil ouvert !