Hum, euh, excusez-moi.
C'est la joie.

Tout d'abord, vendredi soir j'ai couru comme une folle au restaurant (enfin, j'ai couru vers mon vélo puis vers le taxi) où nous fêtions l'anniversaire de notre Irlandais préféré, j'ai nommé Ciaran, qui fêtait ses 24 printemps. Ses collègues lui ont fait la surprise d'apporter un superbe gâteau aux fruits rouges décoré avec un... chien ? Tigre ? Nounours ? en crème fouettée et il a été couvert de chocolats par les ravissantes Chinoises invitées au dîner (non pas le gâteau, l'Irlandais).
Dîner que nous avons commencé aux chandelles, pour cause de coupure d'électricité, hihi.
Nous avons chanté "joyeux anniversaire" en anglais, français, chinois et espagnol (les Irlandais ont refusé de nous le faire dans leur version à eux, snif) et bu qui du vin, qui de la bière, qui de l'eau chaude, qui des trois ou des deux premiers...
Par conscience professionnelle j'ai abandonné la joyeuse bande au moment où elle migrait vers le bar pour rentrer à la maison et retrouver ma maison frisquette et sans eau... et me retourner bêtement dans mon lit pendant des heures au lieu de roupiller du sommeil de la justice.

Ce matin, après avoir reculé mon réveil d'une heure en croyant que c'était dimanche, je me réveille très en retard et n'arrive pas à l'heure en cours (mais à quelques minutes près, quand même !) où je fais rire les étudiants en expliquant mon cas, puis je les lance sur les affiches "Joyeux Noël" et "Bonne Année", dernière étape pour décorer la classe.

Je leur explique que les couleurs de Noël ne comptent pas de violet ni de rose (j'avais subtilisé les feutres, et ils étaient allés les repiquer sur le bureau pendant que je cherchais du papier crêpons chez moi...), les répartis en deux groupes, et distribue des chocolats - grande joie et stupéfaction - pour adoucir le fait que je grignote des biscuits en les aidant, à cause de mon micro-petit déjeuner. Je lance aussi quelques apprenants sur la fabrication d'une étoile pour le haut du sapin, ce qui se révèle un peu compliqué, et finis par m'attabler au milieu d'eux pour fabriquer avec les moyens du bord une crèche. Je comptais en faire une belle en pâte à sel et n'ai jamais trouvé le temps...
Quoiqu'on en dise, c'est aussi une tradition française, et elle a bien plus de sens que le sapin ou les boules de gui. Alors zou. Je dessine, colore et découpe le minimum : Gabriel, Marie, Joseph, Jésus, j'imagine une mangeoire agrémentée de crêpons jaune paille, fais colorier sur les deux faces une feuille A3 bien épaisse, et installe le tout au fond de la classe, près du sapin et des cadeaux que j'ai préparés pour eux.
Emballages rouges pour les filles, verts pour les garçons. Les filles peuvent facilement se servir chez les garçons mais l'inverse est déconseillé, vu le nombre de petits cœurs et d'articles roses auxquels je n'ai pas pu échapper dans ma chasse aux cadeaux pas cher...

Un étudiant se révèle particulièrement doué avec le papier et nous invente des guirlandes avec des étoiles et des découpages sophistiqués du plus bel effet.

Avant de les lâcher, je leur explique leurs devoirs pour vendredi prochain : ils ont écrit leur nom sur un papier puis tiré au sort le papier d'un autre étudiant. Il s'agit de faire un cadeau à celui dont ils ont pioché le matricule, et tout le monde déballera ses surprises lundi 27. Ils mettent beaucoup de temps à comprendre le concept - il faut que je mime - mais une fois assimilée l'idée leur plaît énormément.
Ils repartent tout joyeux et laissent derrière eux une classe avec de l'allure, qui sent vraiment les fêtes de fin d'année.

Je rentre chez moi où je constate que le bruit inimaginable issu du ventilateur extérieur de mon climatiseur vient du fait que de la glace s'est formée tout autour de la cage - exactement comme dans un freezer - pause mes affaires, et pars pour le restaurant depuis lequel je rallie un bus pour le centre-ville où j'ai décidé de déambuler.
On devrait toujours pouvoir se défaire du chromosome X n°2 avant d'aller en ville.
Parce que je suis revenue avec des cadeaux bien chinois (donc vous ne saurez pas ce que c'est, non non non), des articles de coiffure (vu le désastre complet que constitue actuellement ma chevelure récemment taillée par un "professionnel du cru", j'ai décidé de repasser à la queue de cheval jusqu'à nouvel ordre. En plus c'est bien plus pratique pour faire tenir le cache-oreilles chinois qui passe par la nuque), du vernis à ongle fantaisie (un de mes péchés mignons même si j'en mets rarement), un pull blanc, des bottes grises, et j'ai failli craquer sur autre chose, mais vu que c'est pas pour moi je vais peut-être y retourner...
Bref, j'ai claqué des sous comme une fashionista. Et le pire, c'est que pour tout ce que j'ai eu, ben c'était même pas si cher que ça.

Et au retour, je me retrouve submergée de demandes Skype de la part de mes anciens étudiants avec qui je clavarde allègrement, et me retrouve encore une fois inondée de compliments de la part de l'une d'entre eux, qui est décidément trop choute.
De quoi dîner un peu tard parce que c'est toujours quand on se dit "tiens, il faudrait aller voir à la cuis..." que les gens viennent vous causer.
Mais ça valait le coup.

Et je sens que je n'arriverai jamais à bloguer ça, mais il faut quand même que je vous informe que samedi dernier nous étions à Zhengzhou avec les amis expat' pour un ravitaillement en règle, et que ça m'a coûté des sous, une journée un peu speed, un dîner MacBouffe (râââh... encooooore !) et de bonnes rigolades avec des enfants dans le train du retour. Et une giga migraine pendant les 24h suivantes. Mais y aurait tellement à raconter.