Qu'il est difficile le réveil ce matin, après une petite nuit, une mauvaise nuit, où - je m'y attendais, c'est pour ça que j'ai mal dormi - le réveil sonne beaucoup plus tôt que d'habitude.
J'engloutis un petit déjeuner maousse costaud, m'habille aussi joliment que possible alors que mes vraies belles robes d'hiver et de cérémonie sont encore en France (caramba, encore raté), et sors dans un froid de canard, après avoir pleuré mes beaux gants de cuir fourré oubliés hier soir au cinéma.
Eh oui, on peut pas tout avoir.

Alors que je me dirige droit vers un taxi au milieu de tous ces jeunes qui grignotent leurs petits déjeuners achetés sur la rue, un étudiant arrivant par l'autre côté se saisit de la poignée de la portière, entre et me chipe le seul véhicule disponible. Ouin. Je balaie les alentours du regard, cherchant un autre taxi, quand j'entends le chauffeur à un mètre de moi, qui me demande où je vais, ou en tous cas quelque chose dans ce goût-là. Je lui montre l'adresse que ma collègue Sonia a écrite sur mon agenda, et il me fait comprendre qu'il m'embarque aussi.
Trop sympa le chauffeur.
Je monte à l'arrière et roulez jeunesse, nous partons vers les faubourgs de la ville, dans un coin que je n'ai jamais vu avant, pour déposer monsieur l'étudiant. Et puis nous faisons demi-tour et le chauffeur ne rabaisse le compteur qu'en passant devant l'université.
Sympa et fichtrement honnête. Il mériterait que je garde son numéro.
Et puis, malgré tout, j'étais très à l'heure au départ mais là un peu moins. J'envoie un message à Sonia qui m'attend en bas de chez elle pour la prévenir de mon léger retard. Du coup, je risque un "tching, kwai le" (s'il vous plaît, vite) au chauffeur après avoir eu peur qu'il ne m'emmène à une autre adresse, celle de l'hôtel où se tiendra le mariage d'aujourd'hui, écrite aussi dans mon agenda, sur la même page que l'autre. Ouf, en fait il avait bien saisi, et nous sommes à trente secondes de l'arrivée.
J'espère ne pas l'avoir vexé parce qu'il s'est agité bizarrement quand je lui ai demandé d'aller plus vite...

Je trotte jusqu'à Sonia qui m'aide à changer mon billet de 100 afin que je puisse payer le taxi (maudits billets, je vais vous apprendre à être toujours trop gros...) et saute avec elle dans sa propre voiture, conduite par un chauffeur pour ce grand jour, et avec laquelle nous nous rendons au domicile de ma grande patronne, j'ai nommé Mme Bi, dont le fils se marie aujourd'hui.

Tradition, tralalas, superstition, kitch, influences occidentales très marquées, organisateur masculin ultra soigné et gominé mais avec une incisive très abimée, petites maisons perdues dans des ruelles, sans chauffage et où l'on crache ses écorces de graines sur le sol, hôtel de super luxe où on crache aussi ses écorces - et arrêtes de poisson, et le reste je préfère ne pas savoir - sur le sol, le mariage chinois aujourd'hui, c'est complètement décoiffant.
Sauf pour la mariée qui a dû vider une bombe de laque sur ses cheveux et qui en plus sera "recoiffée" pendant le processus, mais ne nous emballons pas.

Nous arrivons donc tôt chez ma patronne, à qui j'offre des deux mains et en m'inclinant une petite enveloppe rouge dans laquelle j'ai glissé un billet de 100, enveloppe sur laquelle se trouve mon nom et, grâce à Sonia, des vœux de bonheur en chinois. Je prononce le mot "tchong chi" ou quelque chose comme ça, c'est à dire "félicitations".
Mme Bi est ravie, surprise et me remercie en montrant bien qu'il-ne-fallait-pas-voyons : opération diplomatique réussie.
Puis nous attendons. Sonia se fait maquiller, la boss aussi, et une fois que tout le monde est prêt, on me montre des colliers de fruits secs teints en rose qui circulent dans la maison. J'en reparlerai.
On m'invite à monter à l'étage voir la chambre nuptiale et on m'explique le truc.
D'abord, il semble que ce soit normal de venir regarder les meubles, les cadres, la peinture aux murs et le lit des tourtereaux... Bon, restons dans une optique anthropologique.

Traditionnellement, le marié achète la maison et le lit, ainsi que le matériel pour la salle de bain et la cuisine. La future quant à elle se chargera des meubles comme le climatiseur, la télé, le réfrigérateur... en gros il lui appartient de rendre la maison confortable.
De plus en plus, à cause de la politique de l'enfant unique et grâce à l'amélioration de la situation financière des familles, le marié achète la maison, la mariée achète la voiture.
Attendez, c'est pas fini (vous n'imaginez pas tout ce que j'ai à raconter, merci Sonia qui m'a tout décrit et expliqué). La famille de la mariée s'occupe des draps du lit, pour lequel elle fournit, au choix, sept, neuf ou onze couettes en coton, qui seront disposées sur le meuble en deux piles, au niveau des oreillers, par la mère de la mariée ou une femme de sa famille qui a eu une fille et un fils.
Le truc affolant très intéressant anthropologiquement parlant, c'est que la veille du mariage, on invite deux ou trois jeunes célibataires mâles à dormir dans le-dit lit, pour avoir de plus grandes chances que le couple ait un fils plus tard.
Le jour du mariage, deux femmes viennent avec des fruits secs comme ceux des colliers dont je parlais plus haut (châtaignes, pommes cerises, œil du dragon et cacahuètes, ces dernières étant censées faire naître un fils... c'est une vraie obsession), et les répandent sur le lit (encore lui) en ânonnant quatre phrases porte-bonheur.

Pour le grand jour, et suite à une longue tradition qui veut que la vie était difficile dans "l'ancienne Chine" et que souvent la famille de la fiancée était moins pourvue financièrement que celle du futur, cette dernière prépare quatre types de présents : de la viande (rare et chère encore aujourd'hui, mais moins qu'avant), de l'alcool de riz, des nouilles de patate douce et des biscuits ou aliments sucrés. Plus deux bassines en métal contenant des produits de beauté. Ces dernières signifient que désormais, la mariée appartient à sa belle-famille et ne doit plus utiliser ce qui vient de chez elle, mais ce qui vient de chez son mari. Le contenu de ces bassines sera d'ailleurs utilisé plus tard. J'y reviendrai.

Je rappelle que Mulan est née à 50 km de chez moi, sur la commune de Shangqiu. C'est donc vraiment une vidéo de circonstance !

Au petit matin donc on se retrouve en famille-collègues-relations et un monsieur avec une caméra fait des plans-séquences et des cadrages avec flous artistiques de tous les côtés. Naturellement, quand un étranger - en l'occurrence une Française - se trouve dans les parages, on en fait des tas de plans parce que quand même, c'est la classe d'avoir un blanc dans la fiesta.

Puis les gens se répartissent dans les voitures, décorées de nœuds rouges et dont les plaques minéralogiques sont masquées par un autocollant spécial, le marié passant en premier dans LA voiture de la mariée avec plein de fleurs dessus, accompagné par deux, quatre ou six personnes (jamais un nombre impair) dont un jeune garçon qui va servir de porte-bonheur.
Tout ce petit monde se suit sur la route et lance des pétards avant, pendant et après le trajet - vous vous souvenez qu'il s'agit ici d'éloigner les mauvais esprits.

Autour de la maison du fiancé, des autocollants rouges et dorés ont été appliqués un peu partout, avec deux caractères chinois, ce qui indique que la famille s'agrandit (elle y gagne une fille). Du côté de la fiancée, on a collé le même genre de papiers, mais avec un seul caractère.

Une fois sur place, le marié et sa famille se rendent chez la belle-famille à qui sont données les offrandes. A noter que si la famille est riche, il est de bon ton de donner 10 001 yuans (ou 100 001, ou 1 000 001, suivant les moyens du bord - divisez par dix et vous avez l'équivalent en euros) ce qui signifie "nous avons choisi cette jeune fille parmi dix mille". Si la famille de la donzelle accepte, elle rend un yuan, signifiant "nous choisissons ce jeune homme et personne d'autre". Elle donne également une enveloppe rouge - avec de l'argent dedans, c'est le rôle des enveloppes rouges - au jeune garçon qui accompagne le marié, attirant ainsi la chance sur eux. Aujourd'hui, le jeune homme en question ouvrira ses enveloppes pour y trouver deux fois cinquante kwais. Il sera ravi.
Il existe aussi une coutume, que je n'ai malheureusement pas vue aujourd'hui, qui consiste à marchander pour la mariée. Sur le ton de la plaisanterie, la famille du futur offre des cigarettes (et il y en a de très chères ici, même si la meilleure marque reste du vrai foin), des enveloppes écarlates, pendant que la famille "adverse" s'amuse à refuser, jusqu'à ce qu'elle "craque" et accepte.
Toutes ces tractations se font sans la mariée, qui attend, en compagnie de copines célibataires, dans la pièce d'à côté. Une fois que cette partie est terminée, le marié essaie d'entrer chez sa belle. Mais les copines veillent et gardent la porte fermée. Pour ouvrir, une seule solution : supplier - ce que notre marié rondouillet fait avec brio, amusant énormément son public - et glisser des enveloppes rouges par-dessus la porte qui n'est pas hyper jointive, jusqu'à ce que ces demoiselles soient satisfaites.
Tout le monde se précipite à l'intérieur, pour trouver la fiancée stoïquement assise sur une estrade, toute parée, en robe blanche, un chignon extravagant et des litres de paillettes dans les cheveux. C'est alors que le marié s'agenouille devant elle, lui offre le bouquet de fleurs qu'il tient depuis le début, et lui pose LA grande question :
- As-tu mis tes chaussures ?
Naturellement, pour pimenter un peu la cérémonie, la mariée ne les a pas mises, indiquant par là qu'elle n'a pas envie de quitter sa famille.
Il faut donc les trouver et les lui enfiler. Mais voilà, les chaussures sont en possession des copines qui se battront pour empêcher le marié de glisser la main dans leurs sacs et de les en retirer subrepticement. Puisque la méthode subreptice ne marche pas plus que la méthode "argnnn mais donne-moi çaaaa", le marié finit par lâcher une enveloppe par soulier et chausse sa future. A noter que si la robe est blanche, les chaussures peuvent parfaitement être des bottes noires à talons de tous les jours.
Une fois chaussée, la mariée est "coiffée" en utilisant les produits apportés dans les bassines enrubannées dans de la dentelle rouge. Vu qu'elle a déjà une super coiffure de chez le professionnel, c'est vraiment pour le décorum. A ce moment-là, les connaissances sont priées de faire éclater des pétards à l'extérieur, ce qui interrompt leur grignotage incessant (cacahuètes, graines de tournesol, bonbons disposés aux endroits stratégiques) l'espace de quelques minutes.

Cela fait, le couple sort sous les acclamations et les pétards - de grands tubes remplis de cotillons, dont on déballe les deux extrémités : on tourne ensuite le bout métallique de toutes ses forces, et il en faut, pour faire sortir d'un coup, avec un grand "pouf" des cœurs en papier et des fausses fleurs, avec quelques motifs traditionnels en papier brillant - et se rend à la voiture qui les attend.
La noce derrière eux fait éclater des pétards et un homme fait couler en continu le contenu d'une bouteille d'alcool de riz, ce qui est censé donner une longue vie aux époux.

Le cortège motorisé se dirige vers l'hôtel où la mariée se repose à l'écart et se rafraîchit - ou se change - pour la cérémonie qui démarrera à onze heures et demie. Là, c'est la partie carrément américaine. Et carrément kitch. Les convives discutent dans les couloirs en attendant l'heure d'entrer dans la salle du repas.

C'est à ce moment-là qu'une collègue prof d'anglais m'est présentée. Son fils se trouve en France, il a fait partie des premiers partis à Dijon et va revenir pour les vacances. Et puis naturellement, je suis jeune, je suis gentille on m'aime bien, les questions traditionnelles de tous les mariages du monde ne tardent pas.
- Vous êtes si jeune ! C'est peut-être très indiscret mais puis-je vous demander votre âge ?
- Pas de souci, j'ai aucun problème avec ça. On pourra même me demander mon âge quand j'aurai 80 ans ! La réponse est 26.
- Tu ne veux pas rester quelques années en Chine ?
- Non, l'année prochaine je rentre en France.
- Tu as un petit copain ?
- Non. Je prends un air entendu et ajoute : "c'est pour ça qu'il faut que je rentre en France !" Ce qui me vaut toujours des rires et des regards qui en disent long. J'évite ainsi d'avoir à expliquer pourquoi la Chine c'est chouette mais pas plus de deux ans. Diplomatie, diplomatie.
- Vous êtes si jeune ! Que pensez-vous des hommes chinois ?
Ah oui non mais alors là, halte, je vois parfaitement où vous voulez en venir. C'est très gentil mais je ne veux pas de petit copain du cru, merci bien. Votre définition de "viril" correspond à ma définition de "grossier, sale et qui pique les yeux" et votre définition de "raffiné" correspond à ma définition d'"efféminé". Et puis franchement, les Chinois qui ont du style à Shangqiu se comptent sur les doigts d'une main, dont deux qui partent en France cette année... Diplomatie encore, je ne dis surtout pas tout ça et je m'en sors très bien. Tiens, voilà l'heure d'entrer. C'est reparti.

Nous entrons dans une grande salle au milieu de laquelle se trouvent un tapi rouge, un dais rose en forme de cœur de fausses fleurs, la mariée qui attend devant le dais, et de l'autre côté de ce dernier, à 20 mètres, une estrade décorée avec des cœurs et des fausses fleurs, avec un gros Love sur le fond, toujours en fausses fleurs de papier rouge. C'est d'un kitch qui tache comme j'en ai rarement vu.
Le maître de cérémonie fait un petit blabla de circonstance pendant que les convives s'entassent le long des murs ou se placent autour des tables, et bientôt le marié apparaît sous les applaudissements. Il foule le tapis rouge et s'agenouille devant sa fiancée, lui tend son bouquet (peut-être pour la troisième fois de la journée) en déclarant bien fort "Wo ai ni" - soit "je t'aime" - puis il se redresse et franchit le dais pour prendre sa belle par le bras et l'emmener sur l'estrade, précédé des pétards à cotillons et suivis par le garçon et la demoiselle d'honneur qui leur lancent des pétales de roses dessus.

A noter que lorsque la famille de la mariée est riche, elle offre à la demoiselle d'honneur une belle robe de soirée. Aujourd'hui ce n'est pas le cas, la jeune fille est simplement vêtue d'un jean et d'un manteau doudoune ce qui fait un effet très étrange pour l'habituée des mariages bien habillés que je suis. Et encore, c'est sans penser à tous ces films américains avec mariages de fous-furieux, vous savez, 5 demoiselles d'honneur dans un camaïeu froufroutant, qui pépient autour d'une mariée dans une vaporeuse choucroute de tulle, de satin, de soie sauvage et de dentelles... la robe de la mariée d'aujourd'hui est louée. On va pas dépenser des fortunes dans une tenue qui ne sert que quelques heures : pour la photo et trois mois plus tard pour la cérémonie.

Une fois tout le monde sur l'estrade, on recommence les photos, avec les parents, sans les parents, puis encore un discours (celui du vice-président de mon université, car le président est absent) et enfin le moment crucial, celui où le couple ira verser du faux vin rosé avec des bulles dans de ravissants petits verres qui formeront une fontaine. On sait que c'est du faux quand on est chinois, parce qu'on sait que ce vin ne sera pas bu, on sait que c'est du faux quand on est français quand on voit la couleur anormale de l'alcool. Il y a du colorant dedans. Enfin les mariés offrent un verre de vrai vin à boire - mais ça reste un rosé bizarre -  aux parents du marié puis sous la direction du maître de cérémonie s'inclinent respectueusement devant eux, trois fois s'il vous plaît. Les parents donneront alors des enveloppes rouges - encore elles - à la mariée, pour aider le ménage à démarrer.
Le maître de cérémonie fera encore des discours et des circonvolutions, il y aura un échange de consentements à l'américaine, avec musique pop sucrée par-derrière, dont un petit plaisantin monte le son à chaque moment important :
- Maintenant les mariés vont s'incliner devant les parents pour montrer leur respect. Les jeunes, soyez respectueux ! (Musique pop plus forte).
Plus tard :
- Veux-tu avoir "???" pour femme, l'aimer et la chérir jusqu'à la fin de votre vie ?
- Oui. (Pop à donf.)
- Et toi, veux-tu prendre "???" pour époux (pop très douce, mais toujours en fond musical), blablabla ?
- Oui. (Et hop, ça remonte.)

Et voilà, c'est fini.
La mariée va se changer et enfiler une tenue rouge, et les gens se précipitent sur les tables, si ce n'est déjà fait. Après avoir patienté avec des cacahuètes et des graines de tournesol pendant toute la cérémonie, en discutant joyeusement - c'est à dire sans faire vraiment attention aux deux jeunes qui se choisissaient pour toujours - les convives voient les plats arriver sur les tables. C'est festin. On bouffe, on engloutit, les serveuses apportent plat sur plat, vident les premiers dans les deuxièmes pour faire de la place aux troisièmes, on sert du soda à foison et on se raconte des histoires de bureau.
Au début du repas tout de même, l'assemblée est invitée à se lever pour boire à la santé des mariés. On tend son verre de coca ou de limonade, on déclare "kanpei" et on boit avant de se rasseoir et de reprendre le cours des opérations.
Une heure plus tard, les plats ne sont même pas vides que les invités commencent à se lever et se dirigent résolument vers la sortie, et puis c'est la démorragie. Les gens demandent des sacs à restes et emportent les plats qui leur plaisent et tout le monde se rue vers la porte. Il reste quelques irréductibles assis à leurs tables, mais les serveurs débarrassent déjà dans un bruit de verre et de porcelaines entrechoqués assourdissant. C'est un mélange hallucinant et j'en suis totalement sidérée. Je ne peux même pas imaginer quelque chose d'approchant en France.

A la porte de l'hôtel, les parents remercient les invités. Mme Bi se tourne vers moi et me remercie chaleureusement d'avoir agrémenté la fête. Faut dire qu'une blanche sur le film, ça va faire sensation auprès des générations futures... Nous retrouvons nos voitures et tout le monde repart travailler.

La date du mariage est choisie en fonction des dates de naissance des tourtereaux.
Le premier jour est celui du marié. Les convives sont donc exclusivement les invités de la famille de ce dernier. Aujourd'hui, vu que c'est Mme Bi qui tient les rênes de son ménage, eh bien c'est un peu elle la star et tous les invités ou presque sont des collègues à moi, plus ou moins lointains. L'organisateur fait même une boulette à un moment en la nommant en premier. Woups. Le jeune homme n'a pas fait ses études ici, ses amis sont donc tous loin et ne sont pas venus. Le second jour de noces, ou le troisième en fonction de l'endroit où elles se déroulent et des traditions locales, c'est le jour de la mariée, qui va chez ses parents avec son chéri et qui refait une fête avec sa famille et ses amis.
La mobilité des Chinois s'étant accrue ces derniers temps, il existe aussi une version plus simple avec une seule noce où tout le monde est invité, dans le cas où aucune famille n'habite dans la ville où le mariage est célébré.

Une vieille tradition identique à celle des mariages juifs voulait que l'on vérifie les draps, le lendemain, mais vu que beaucoup de couples vivent ensemble avant le grand jour, celle-ci à disparu. En revanche, celle d'écouter à la porte pendant la nuit existe encore.
Je suis heureuuuuse d'être française, vous n'imaginez pas à quel point.
Et moi qui était choquée qu'on pioche dans mon caddie.

Le soir, je vais après mon cours assister aux dernières minutes d'un speech contest. J'ai droit aux dernières minutes des questions posées au dernier candidat, à la chorégraphie d'un groupe avec plein de filles et un garçon, et pendant le discours final d'une enseignante, un étudiant qui était venu m'inviter vient causer, me demander si ça m'a plu et ce que j'ai pu voir.
Heureusement qu'il n'a pas participé lui, parce qu'il me faut répéter quatre ou cinq fois que je n'ai vu que la fin. Et je me retiens de lui dire que j'aimerais bien profiter de ce qui me reste, et que là il dérange. Que voulez-vous, en Chine c'est normal de ne rien écouter et d'apprécier ainsi. Heureusement, je suis là pour la, enfin les photos finales, au milieu desquelles je suis immortalisée.