Attention, j'ai mes nerfs. Billet en colère et en prière, vous êtes prévenus.
Il y a deux mille ans, les martyrs mourraient dans les cirques romains, derrière les synagogues, à l'extérieur de la ville.
Aujourd'hui, ils meurent dans leurs églises.

Koz nous demande avec raison : "que feront quelques mots pour les chrétiens d'Orient ?"
Edmond se fâche, avec raison aussi, sur le traitement anecdotique que les médias font du massacre irakien d'il y a quelques jours.
Je partage tout à fait leurs avis : 58 personnes tuées, 67 blessées, en pleine messe de la Toussaint, par des fous tout droit sortis d'AlQaida, personne n'en parle, ou à peine. Une ligne par-ci, deux mots par-là. Qui s'intéresse au sort des Chrétiens, après tout ? Alors que le chef d'un groupe islamiste tué lors d'une attaque, ça vaut bien tout un grand article et quelqu'un doit "porter la responsabilité de sa mort" ! (Attention, je ne minimise pas cela. La perte d'une vie humaine quelle qu'elle soit est toujours une tragédie.) Qui doit porter celle de la mort des deux prêtres et des innocents tués un jour de fête chrétienne ? D'abord, il y a ceux qui ont commis ce crime, et bientôt, si on ne se bouge pas un peu, ce sera nous. Nous les Français, si prompts à hurler dès qu'une mosquée ou une synagogue est caillassée, mais qui ne levons pas le petit doigt quand il s'agit de ces chrétiens qui se laissent assassiner/insulter/lapider bien gentiment. Comme le dit Koz, on va bien voir cela au cinéma, mais empêcher que ça se reproduise aujourd'hui, oh lààà, attention ! Être pleutres, c'est être en sécurité. Surtout ne bougeons pas. Après tout, si ça les ennuyait tant que ça, ils en feraient du bruit eux aussi, non ? A part le boum de l'explosion dans l'église.
Ce traitement partial de l'information me révulse.
De me demandais ce que je pouvais bien faire, à part prier. Eh bien je peux faire ceci : relayer l'appel des évêques irakiens aux catholiques français. Je leur laisse donc la parole.

Dans un texte intitulé "Appel à nos frères de France", les évêques d'Irak témoignent de leur foi et de leur espérance, suite à l'attentat dans une église de Bagdad, le 31 octobre 2010. "Restez avec nous" demandent-ils.

Notre Calvaire est lourd et il nous paraît long. Le carnage qui a eu lieu à la cathédrale Notre Dame du Perpétuel Secours de Bagdad, avec 58 morts, parmi lesquels deux jeunes prêtres et 67 blessés dont un prêtre, nous a profondément secoués. Nous perdons la patience, mais nous ne perdons pas la foi et l'espérance. Cet événement d'une telle ampleur qui se produit juste après la tenue du Synode nous choque encore plus. Ce dont nous avons besoin c'est de votre prière et de votre soutien fraternel et moral. Votre amitié nous encourage à rester sur notre terre, à persévérer et à espérer.

Sans cela nous nous sentons seuls et isolés.

Nous avons besoin de votre compassion face à tout ce qui vient toucher la vie des innocents, chrétiens et musulmans. Restez avec nous, restez avec nous jusqu'à ce que soit passé le fléau.

Que le Seigneur nous protège tous.

Le 2 novembre 2010

Mgr Athanase Matti MATOKA, archevêque de Bagdad des Syriens

Mgr Louis SAKO, archevêque de Kirkouk des Chaldéens

Mgr Emil NONA, archevêque de Mossoul des Chaldéens

Mgr Basile Geoges CASMOUSSA, arxchevêque de Mossoul des Syriens

Mgr Bashar WARDA, archevêque d'Erbil des Chaldéens