Depuis mardi dernier, je suis en vacances. Des vacances que j'ai mises à profit pour plusieurs petites urgences :

  • roupiller,
  • lire,
  • regarder des tas de films (j'ai découvert l'excellent Pénélope, à regarder deux fois, je vous le recommande),
  • faire la lessive,
  • le ménage (ma cuisine brille brillait, je viens de faire des traces de pas dedans, triste destin du carrelage à Shangqiu),
  • un peu de jardinage,
  • des découvertes entomologiques comme le nombre exact de mantes religieuses mâle et femelles de mon jardinet et leur menu d'aujourd'hui, le nombre et la taille des trois grillons qui partagent la maison,
  • et aujourd'hui, j'ai enfourché mon vélo direction mon supermarché préféré.

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Franchement, c'est pas élégant cette bestiole en queue de pie ?

Outre le fait que la température est insolemment douce et que j'ai fait l'aller-retour en tee-shirt-pantacourt en écoutant les White Stripes, je dois crier ma joie haut et fort et loin vers les étoiles, louer Dieu pour sa mansuétude à mon égard... d'ailleurs je m'égare, pardon.
Au supermarché j'ai fait une nouvelle grande découverte : à ma dernière visite j'avais sauté partout en trouvant du fromage (de la vache qui rit et du cheddar !), de la crème fraîche française et du beurre, aujourd'hui, j'y ai trouvé du Pocari sweat, boisson ionique japonaise destinée à combler la perte en eau pendant l'effort - c'est vachement bon - de l'Evian et... de la Perrier ! Et en plus, du thé au lait nippon.
Alléluia.

Le magasin a fait peau neuve depuis l'année dernière, ça devient chic, et ça se remplit d'importations ! C'est le nirvana ! Je me rapproche enfin d'un semblant d'alimentation un peu occidentale de temps en temps, joie !

Une fois de l'autre côté de la caisse, j'ai acheté du pain (presque de la brioche, le meilleur que je connaisse ici), des fleurs pour me faire des tisanes, et on ma invitée à boire le thé dans la boutique où je m'arrêtais. Je me suis donc assise devant l'immense table à thé taillée dans une souche, et avec l'aide de la vendeuse qui parle un peu d'anglais, j'ai conversé avec les associés à qui appartient le petit comptoir de thé. Adorables tous les deux, ils m'ont posé des tas de questions pendant que je sifflais du tie guan nin (un thé exquis) mini-tasse par mini-tasse, et on a échangé nos numéros de téléphone. Je suis invitée à manger et à boire du thé quand je veux, et peut-être qu'un jour, (en général ça ne se vérifie pas, seulement on se met d'accord par politesse) on échangera des cours d'anglais contre des cours de chinois.

Avant de sortir du magasin, une bonne heure plus tard, je me suis offert une plante verte. Mon aloé acheté l'année dernière a disparu, il n'en reste que le pot, et j'ai besoin d'un truc à oxygène à côté de l'ordi. Je suis donc équipée d'une bestiole à mi-chemin entre l'avocat et le baobab, avec un pot marrant comme tout.

Ajoutez à tout cela le patron du petit restaurant où je vais manger la plupart du temps qui m'offre des bols de bouillon quand je dîne chez eux le soir, la copine de la marchande de frites qui m'a déposée à côté de ce qu'elle croyait être ma porte, m'offrant quelques délicieuses minutes à bord de son tricycle électrique, le vent froid me caressant le visage, puis une petite promenade au bord de l'eau (pour rentrer dans mon vrai chez moi)... les Chinois sont vraiment des gens adorables. Pas discrets, sans aucun tact, ils ne cherchent jamais la qualité, mais quand ils vous aiment bien, vous êtes au centre de petites attentions qui vous font aimer ce pays.


Enfin, je voudrais lancer une question cosmique dans l'infini : comment se fait-il que je suis en train de dévorer du raisin et que j'aime ça ? Comment fais-je pour aimer les fruits désormais ???
Ceux qui me connaissent depuis plusieurs années (je pense surtout à ma chère maman) savent que là, y a une erreur dans le système.
Je m'y étais déjà mise aux States, mais depuis l'année dernière, c'est la révolution. Sans doute les plats chinois à base des mêmes ingrédients, sans trêve : riz ou blé, blé ou riz, avec quelques fois des pommes de terre, me donnent-ils envie de vitamines, de fraîcheur, de changements de menus.
La marchande de frites va me manquer cet hiver.
Sur ce, bonne nuit, cher infini.