Aujourd'hui, 'est "Zhong qiu jie" (djong tshiou djié) ou fête de la mi-automne, ou encore fête de la lune, la deuxième fête traditionnelle chinoise la plus importante après celle du nouvel an.

Ce soir, c'est la huitième pleine lune du calendrier lunaire, nous sommes donc, d'après le calendrier chinois, le 15 août, et l'astre de la nuit est particulièrement rond et brillant. J'ai tenté une photo, sans grand succès car je n'avais pas le temps de poser l'appareil. Snif.

Les agriculteurs fêtent la fin des récoltes, et, tout en mangeant des fruits et des gâteaux de la lune, on regarde l'astre en se souvenant de la belle et triste histoire de Chang'E - la femme bonne et douce d'un empereur cruel, qui but double-ration d'une potion censée donner la vie éternelle (avec un petit v ;) ) et qui s'envola malgré elle sur la lune, où elle demeure avec un lièvre apothicaire et un apprenti immortel exilé.
A noter que l'on ne mange pas de poire, car leur nom chinois est identique au mot "partir" dans la même langue.

Les Chinois se réunissent en famille et se font des cadeaux (surtout des fruits et des gâteaux, j'y ai eu droit aussi, une belle pastèque et trop de gâteaux, je vais jamais arriver à tout finir !), c'est un peu l'équivalent de leur Noël.
Puisque notre université ne nous offre pas les trois jours de vacances réglementaires et que certains étudiants n'ont pas le temps de rentrer chez eux, nous nous sommes retrouvés à sept vers six heures, et avons cherché un restaurant. Ceux des alentours de l'université étant pleins, nous avons donc chopé des taxis pour nous rendre au centre-ville dans un très bon restaurant sans télévision (ouf, vous allez comprendre pourquoi).

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Des torsades traditionnelles de... j'ai oublié ! Pas mauvais du tout.

Encore une fois on m'empêche de poster les photos... Je m'acharnerai une autre fois, je tombe de sommeil !

Maintenant, la télé. Dimanche dernier, une journaliste de la télé locale est venue, comme elle l'a fait dans l'autre université l'année dernière, afin de s'occuper du marronnier journalistique chinois : la fête de la Lune vécue par les étrangers du coin. C'était donc mon tour de m'y coller. J'étais priée de venir habillée à la française (plus exactement "dans une tenue traditionnelle française"), de prévoir une chanson traditionnelle française, une danse traditionnelle française (le délégué de classe a causé de notre façon de fêter Noël l'année dernière et évidemment ils ont voulu la même chose devant la caméra. Merci Victor.) et j'allais ensuite devoir manger des gâteaux de la lune (réputés immondes chez les expat') et "donner mon sentiment sur cette célébration".
J'y suis allée bien maquillée et tout à fait à reculons, dans une tenue plutôt internationale mais inconnue ici, et me suis acquittée de cette tâche hautement diplomatique. Bien sûr, pour l'évènement, on avait fait venir des figurants.
Je me retrouve donc en face d'une gentille petite journaliste, fille d'un enseignant de mon établissement (donc d'un collègue ! Ouh !), qui attend sa caméra-woman. On me demande d'écrire ma réponse sur un papier, afin d'en contrôler la longueur et de pouvoir la traduire à l'écran. Puis on assied les étudiants, je chante frère Jacques, enseigne l'anter-dro et le rond de saint Jean à mes faux étudiants (juste le temps d'avoir de bonnes prises de vues, hein, faut pas pousser), puis nous nous asseyons pendant que certains mettent la musique sur leur téléphone portable et chantent - en s'y croyant à donf, il faut voir ça - et je fais la distribution de gâteaux de la lune coupés au cutter avant de réciter, presque la bouche-pleine, un poème traditionnel dont je vais vous mettre la traduction plus bas. Pendant que la fête et les chants reprennent on me place à la lumière pour que je puisse dire mon diplomatique sentiment sur cette fête que je n'ai jamais célébrée. Je réponds quelque chose comme "La fête de la lune est une belle célébration qui témoigne de la longue histoire de la Chine et de sa grande richesse culturelle. Personnellement, je suis très heureuse de pouvoir participer à cette fête en Chine. Zhong qiu jie, kwai le !"
Bien, la deuxième prise est la bonne (celle où je ne regarde pas niaisement la caméra, c'est difficile en fait !), on est contente, je peux reprendre une vie normale le cours de ma vie.
Pendant que je range mes affaires, une superbe jeune chinoise, grande, avec des yeux immenses, qui parle un excellent anglais dans lequel elle m'a expliqué qu'après un diplôme de japonais elle veut apprendre le français pour ensuite enseigner le chinois à Shanghai, allume son portable, saisit un éventail et danse. Avec une grâce qui m'oblige à l'admirer. Et puis elle attrape ma main et nous finissons ensemble. Grand succès, applaudissements unanimes. Hihi. Heureusement, la caméra était éteinte !

Voilà, ce soir, à 19h40, je suis passée à la télévision. Demain, je serai visible sur le site de SQTV1, je vous donnerai le lien, rassurez-vous !

Quand je vois les rayons de la lune,
J'imagine que c'est du givre.
Alors je lève la tête pour la contempler
Et je pense à la maison.