Il y a trois jours, après des heures de procrastination sur Internet, je décidai d'aller manger un morceau. Puisque j'avais faim il fallait en profiter (on vous confirmera aisément que j'ai chopé un machin bizarre qui me coupe l'appétit et m'envoie aux wawas plus souvent qu'à mon tour, c'est vachement pas pratique et ça dure depuis une bonne semaine). Je décolle péniblement, attrape clé, sac, veste, il fait encore frisquet, et sors de la maison.

A dix mètres du portail, je vois passer une ombre que je reconnais d'origine féline, ombre qui s'arrête, me regarde et miaule. Comme j'aime bien les chats malgré le triste épisode de Fantômas, (vu la connection ultra-pourrie que nous avons en ce moment, nous nous passerons du luxe des liens hyper-textes, ou alors je vais finir par casser quelque chose), je m'arrête aussi et miaule en retour. En tendant la main.
Un groupe d'étudiants passe, je me redresse et m'apprête à continuer mon chemin, mais il a l'air sympa ce matou. Je retente... et me retrouve bientôt  à caresser un animal qui ronronne à qui mieux mieux et a l'air de manquer terriblement d'affection.

Il est trop mignon.

Je me vois déjà le remmener à la maison.
Je me raisonne : c'est pas possible, tu pars en France bientôt, il y a une souris à la maison, tu sais pas d'où il sort, et puis les hirondelles, et puis comment il va vivre dans la maison, et puis et puis...
Et puis il est trop mignon.

Allez, faut partir manger là.
Mais je n'arrive pas à repartir. J'ai pas envie de ne plus jamais le revoir ce minou, il est tout gentil et il se roule sur mes chaussures. Fantômas m'aurais déjà griffée depuis le temps que je le caresse.

Non  mais c'est pas sérieux. Allez, zou.
Mais il est trop mignon. Et je suis en manque d'animal de compagnie. Je veux pas qu'on se quitte comme ça.

Allez... Au prix d'un effort immense, je me mets debout et me dirige vers les restaurants, qui doivent fermer les uns après les autres, vu l'heure.
Seulement voilà, l'animal me suit en miaulant.
Et en moins de 20 secondes, je fais demi-tour et emmène le félin à la maison, où je lui sers un reste de poulet en soupe que nous n'arrivions plus à manger avec Marion. Il mange, il explore la maison, il est trop mignon.

Marion revient quelques heures plus tard après un shopping acharné en compagnie d'une étudiante d'anglais, et quand je lui demande son aide, sa raison pour secourir la mienne noyée par un cœur tout fondu, j'ai droit à un : "je suis pas allergique. Tu crois qu'il va se débrouiller avec le jardin ?"

Moralité : je vous présente Kyô

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Deux jours plus tard, Kyô fait connaissance avec les étudiants... et avec les hirondelles, qui se mettent à voler en cercle dans la cour en pépiant sur un ton alarmiste (sans rire, on pourrait les confondre avec un réveil-matin) et qui l'attaquent carrément. C'est courageux ces petits trucs-là. Le chat se réfugie dans les rosiers, il faudra que j'aille le prendre dans mes bras pour rentrer.
Moins drôle, je retrouverai un moineau mort dans la maison. Tout ça de moustiques en moins.
Mais il est trop mignon.

Il aurait mérité de s'appeler Potté aussi, vu qu'il est doué pour attendrir tout le monde. Mais Kyô ça lui va pas trop mal.
Il est tout léger, plutôt petit, généralement affamé et miaule quand on rentre à la maison. Hyper affectueux, c'est rare qu'il fasse mal quand il joue.