Puisque certains d'entre vous attendent que je raconte ma fin de carême ici, je vais faire un effort, du fond de ma grande flemme, et essayer de vous raconter un peu.

J'ai commencé par prendre mes renseignements dimanche des rameaux pour connaître les horaires des offices. A part aujourd'hui vendredi où il n'y a qu'un chemin de croix à 15h, les autres sont à 19h, donc accessibles à la prof de l'après-midi que je suis.

Hier, Jeudi Saint, les étudiants sont venus à la maison, utiliser nos quatre ordinateurs (les deux de la fac plus les deux nôtres) pour faire leurs curriculum vitae. Nous y avons passé cinq longues heures, au bout desquelles j'ai failli envoyer mon PC par la fenêtre - j'aurais eu du mal, vu qu'il y a des moustiquaires - pour cause de mésentente sur la mise en page, pour laquelle je ne suis pas encore une pro. Mais on en a fait tout plein et les apprenants sont repartis ravis.
La dernière a d'ailleurs quitté la maison quinze minutes avant moi, qui ai alors enfourché mon vélo et foncé à l'église. Surprise, pour un jour de fête comme celui-ci, ça ne se voyait pas de l'extérieur. Le bâtiment était allumé dedans, et rempli uniquement dans la première partie de la nef.

Messe en chinois, comme depuis quatre mois maintenant, avec la bonne surprise de voir un deuxième prêtre pour la célébration, ça change un peu... et un lavement des pieds à la chinoise, je vous laisse regarder la photo :

100_7764

Chants en chinois, avec dans le coin, là, à deux mètres, une femme pleine d'entrain qui chante bien faux, comme dans toutes les paroisses de campagne semble-t-il. Ca me rappelle, étrangement, une messe de veille de Noël dans le Forez il y a longtemps, où toutes les mamies chantaient à tue-tête et surtout avec des voix terriblement nasillardes. C'est la même ambiance. Mais en chinois, du coup quand je reconnais le tantum ergo, je ne peux pas participer à pleine voix.
Snif.

Nous avons ensuite une procession qui ressemble plutôt à une course-poursuite dans les escaliers et l'allée qui mène à la chapelle voisine, puis adoration. Ô joie, bonheur, respiration de mon âme qui étouffe sous le poids de ses péchés et le manque de face-à-face divin...

100_7767

Je reprends mon vélo à regret, alors que les lumières de la paroisse s'éteignent, et refonce à la maison en m'éclairant, sur certains tronçons de route, avec ma lampe de poche... J'évite ainsi les nouveaux nids de poule creusés par les travaux pendant la semaine, deux chats, et quelques piétons. Le vent glacial me transit, et essaye de me refiler le rhume dont je suis en train de me débarrasser. Ben cette fois-ci, c'est la cuiller de miel et moi qui gagnons la manche.
Je constate néanmoins que l'adoration m'a mise dans un état d'euphorie que j'avais perdu depuis bien longtemps...

Aujourd'hui vendredi, réveil trèèès difficile après une courte nuit, car j'ai séché pendant des heures sur le cours que j'allais donner aujourd'hui, comptant un peu sur la finition des CV... les étudiants se sont acharnés à les finir hier, sauf pour deux filles qui sont parties plus tôt ; au final je m'en sors avec de la grammaire et du Schpountz.

De retour à la maison, je discute avec Marion qui a pris des billets de train direction Xi'an pour ce soir, puis me retire pour rattraper l'absence de chemin de croix et d'office du soir. Ça ne remplace pas, mais c'est toujours ça de gagné. Et puis je rallume mon ordinateur, rediscute un peu avec ma collègue qui trouve quelqu'un pour l'héberger au dernier moment (rires, joie et sautillements : elle ne dormira pas dans un hôtel ni à l'association des Espérantistes de la ville) et retourne attendre Pâques dans ma chambre.

Je suis toute seule ce weekend, demain les étudiantes viennent faire leurs CV ici, dimanche je suis invitée à dîner, faut que j'arrive à cuisiner un gâteau au chocolat.