Aujourd'hui, je suis de mauvais poil.  Oui, je m'octroie ce luxe très français ; après tout, ça m'arrive pas souvent alors j'estime que j'ai le droit.
Et le premier qui moufte, il se prend un gnon.

Mais comme je suis généreuse et que la colère ça ne sert à rien si c'est pas rendu utile (ha ha, quel esprit), je vous propose de faire une journée de la poupée vaudoue et de la mauvaise foi assumée.

vaudou
Image piquée chez Wiki.

Allez, comme le géant du carnaval de... Lille, mettons-lui tout ce qui nous met en boule, nous titille le système nerveux façon paille de fer, nous hérisse le poil, nous irrite, nous agace, nous asticote, nous frustre, nous insupporte, nous crispe, nous échauffe, nous tape sur les nerfs, nous excède, nous met à bout et nous donne envie de taper quelqu'un, nous exaspère, nous horripile, sur le dos. Celui de la poupée, suivez-donc un peu.

Découvrez la playlist Grrrrrrrr ! avec

Vous ne m'en voudrez pas (et de toutes façons ch'uis chez moi ici J'FAIS C'QUE J'VEUX !), je commence.

Le vent qui m'empêche d'avancer à vélo. Argrrrrrr.
Les nids de poules sur la route. Je me flingue les épaules tellement ça me crispe de rouler dans un endroit pareil.
Les Chinois qui débarquent sur la voie principale comme s'il n'y avait personne et qui me forcent à ralentir au dernier moment.
Les klaxons à gogo, sans raison valable, en plus.
Le vent qui me met de la poussière dans les yeux.
Le vent qui fait claquer les portes et les auvents pendant la nuit.
Le boss, le délégué de classe et les pubs qui appellent entre 7h et 8h30 du matin, weekend compris. Crime de lèse-oreiller, et je ne peux même pas leur dire que c'est passible de mort des relations sociales. GNnnnnGNGnGngggnnnNNngnGngNgn.
La poussière qui envahit tout dans la maison.
Les moustiques.
12 poissons morts sur 13, et aucun moyen de savoir pourquoi. (J'en ai racheté d'autres aujourd'hui, na !)
Gouzi-Gouzi, le poisson survivant, qui fait la grève de la faim depuis une semaine.
Pas moyen de joindre mes meilleurs amis en direct pour discuter sur msn.
Le choix cornélien que je vois dans mon boulot en ce moment : en envoyer 8 en France, dont 5 au casse-pipe si on n'arrive pas à leur donner une formation accélérée, sachant qu'ils vont débourser une fortune pour partir, ou les garder tous ici encore un an, ce qui va en faire déprimer un, et ne servira à rien au niveau de leur formation puisqu'ici on n'arrive pas à faire des groupes de niveau qui tiennent la route. Pas de classe de deuxième année, on a essayé, ils viennent tous tout le temps.
Le boss qui utilise le délégué de classe comme pigeon voyageur. Aucune information directe de lui, tout passe par les étudiants, quand ils sont au courant, et par le délégué, quand il pense que c'est pertinent de nous le dire.
Les inscriptions et préparations à l'examen de français qui se font dans notre dos, alors qu'on a été embauchée pour ça, nom d'un petit bonhomme de pain d'épice !!!!!!
Les étudiants qui, parce qu'ils étudient en vue d'un entretien oral, se dispensent de venir en cours.
Celui qui est doué et du même niveau que d'autres, qui a décidé qu'il ne partirait en France que l'an prochain et que par conséquent il arrêtait les cours cette année. Exactement le contraire de ce qu'il faut faire.
Le froid qui demeure dans la villa alors qu'on commence à avoir chaud dehors.
Le coup de froid chopé il y a 5 jours et qui refuse de s'en aller malgré les litres d'huiles que je me tartine dessus et que j'avale. Sans compter les infusions de gingembre au miel.
Avoir renoncé à un déjeuner sympa au nord de la ville parce qu'un karaoké était prévu avec d'autres, qui ont appelé 1/4h avant le rendez-vous pour l'annuler.
Internet qui est trop lent.
Internet qui plante en permanence.
Internet bridé, comme les autochtones, et qu'on est obligé de détourner pour communiquer avec les amis comme en France.
Mon téléphone incapable d'envoyer les messages alors qu'on attend mes réponses.
Le système téléphonique chinois : pas de répondeur, mais un disque qui tourne en boucle, en chinois et en anglais : "le numéro que vous avez composé ne répond pas pour le moment. Recomposez-le plus tard." Mais patate et si je veux laisser un message audio je fais comment ? HEIN ?
Les médias français qui s'acharnent sur le Saint Père et les prêtres comme des vautours sur un agonisant, à ceci près que l'Église n'a rien de commun avec un agonisant. Je trouve plutôt qu'elle pète la forme. Tiens, les vautours seraient-ils plus intelligents que..?
Avoir à expliquer pourquoi on est de mauvais poil.
Avoir à justifier chacune de ses phrases.
Écrire un message et avoir un Chinois qui vient le lire par-devant mon épaule. Je sais, c'est normal ici, mais aujourd'hui ça me met en rogne.
Avoir pour réponse du prêtre de ma paroisse que, pour me confesser, il va me falloir un interprète alors que je le sais que c'est valable même quand on se comprend pas, même si c'est moins riche.
Savoir qu'il n'y a pas un prêtre francophone en Chine, sauf peut-être à Pékin où je n'ai pas le temps de retourner.
Être obligée d'aller à Zhengzhou pour poster mes cadeaux, parce qu'ici ça dure des heures et qu'on épluche tout, et qu'on fait le tri de ce que vous pouvez envoyer à votre place, qu'on vous demande des certificats d'authenticité (qu'on fait faire dans les magasins à côté du bureau de poste) ce qui est un comble sachant que cette province est le paradis de la contrefaçon.
Les visiteurs qui s'acharnent sur la porte en criant nos noms alors qu'il suffit de patienter pour qu'on arrive jusqu'au portail, et même, encore plus facile, de nous téléphoner pour nous dire qu'on nous attend.
La plaque électrique, qui m'a totalement découragée de faire la cuisine ici. Maintenant on ne mange à la maison que pour un repas sur dix. Et c'est même pas moi qui fait cuire les nouilles. La honte.
Les musiques qui démarrent automatiquement sur les pages de blog alors que je suis toujours en train d'écouter de la musique quand je surfe (sauf aujourd'hui, mais ch'uis honnête, je vous le dis). Il faut trouver le lecteur en quatrième vitesse et l'empêcher de flinguer le morceau que j'écoutais. Gn.
Le correcteur orthographique qui fait des siennes et ne comprendra jamais l'art du néologisme. Pfffff.

Tiens, on doit aller dîner (un autre truc à mettre à la liste : avoir à choisir un restau jusqu'à deux fois par jour).
Maintenant c'est votre tour : qu'est-ce qui vous énerve ? Lâchez-vous, c'est un ordre.