Plein de choses !
Bonjour d'abord, même si chez moi c'est le soir et que je devrais aller dîner, hum.

Depuis le jour où je vous ai écrit un billet plein de questions, Marc est revenu, et nous avons eu des nouvelles d'une autre, qui a éclairé notre lanterne quant à l'absentéisme post-rentrée. Mais faisons les choses dans l'ordre.

Jeudi, je retrouve les étudiants qui ont l'air d'aller mieux, on rigole en classe, ouf, et le soir nous nous fendons d'un dîner ensemble. C'est un objectif hebdomadaire : un dîner avec nous pour parler français hors-classe. Résultat, on bavarde en partageant des tas de plats parfois épicés, je me retrouve entre nos deux meilleurs éléments, l'un ayant déjà bu plein de bières et qui ne veut surtout plus toucher à un verre (il a annulé un dîner d'anniversaire pour venir avec nous, résultat on lui a demandé de boire à la santé du fêté !) et l'autre à qui je demande autre chose que de l'eau, parce que l'ambiance de fête c'est cool mais avec de l'eau chaude, franchement, bof. Et me voilà à trinquer avec de l'alcool de riz, un bon nez de vitriol qui se développe en bouche pour donner un arôme de formol sec, le tout lié par un peu de natto, ce délicat met japonais fait de fèves de soja fermentées (moisies, pour les intimes). Un arrière goût de déjeuner qui aurait fait le chemin en marche arrière, si vous voyez c'que j'veux dire... En avalant vite, ça passe, mais il faut délayer parce que c'est du 42% et que si je fait pas gaffe, je pleure. Le grand coup de pot, c'est qu'en ouvrant la bouteille, les deux zigues qui l'ont achetée découvrent un bon pour... une autre bouteille gratuite. Elles sont petites, mais comme les bonbons : elles sont costaudes. Je bois aussi peu que possible, Marion s'en sort avec un fond de verre, et à quatre, ou plutôt deux et deux demis, mon voisin et son meilleur ami... vident les flacons. "Boire c'est bien, ça fait parler." Moui moui moui moui, ça te prépare des siroses du foie pour plus tard, ça t'empêche de sentir le froid au lieu de t'en protéger, et j'en connais qui n'étaient pas fier le lendemain d'une soirée arrosée, et pas que pour cause de mal aux cheveux. Mais bon. Je suis pas leur directrice de morale non plus.

100_7718

100_7719

100_7720

100_7721

Discussions joyeuses, rires, départ difficile (j'aime ces petits moments qui montrent que l'on est bien ensemble et que l'on n'a pas envie de partir) et enfin, sur le chemin du retour (il est neuf heures et demie, les dortoirs sont fermés depuis trente minutes !) on décide d'allumer les feux d'artifices auxquels nous avions renoncé dimanche dernier, lors de la fête des lanternes, parce qu'il faisait trop froid.

100_7726

100_7728

100_7730


100_7732

100_7733

J'apprends que l'un des étudiants va nous quitter pour aller travailler à Shanghai, parce que sa mère ne veut pas qu'il continue à étudier les langues. Il apprenait la mécanique aussi. Il est doué. C'est un des moteurs de la classe de débutants de Marion et un joyeux drille pour les moments hors-classe. Et m...
En fait, plusieurs de nos étudiants ont des soucis avec leurs parents rétrogrades aveugles bouchés qui ne voient pas l'intérêt de leur laisser apprendre des langues étrangères. L'une vient malgré tout, parce qu'elle a "la chance" d'avoir d'autres cours le matin, mais elle n'aime pas l'informatique - prioritaire - et se régale en français, et l'autre va peut-être revenir. Sans doute les autres absents le sont-ils pour la même raison.

Nous nous quittons enfin, encore avec un peu de mal, mais tout le monde avec le sourire. Allez, on se retrouve demain.

Vendredi, les cours se passent bien, si ce n'est qu'il en manque un, huhu, il a une casquette de plomb, il fallait s'en douter. A la sortie du cours de Marion, cette dernière m'appelle pour m'inviter à la rejoindre, avec deux étudiants, tout en haut de la cantine, direction la salle de billard. Ça fait des années que j'ai pas joué, mais je retrouve peu à peu les gestes qu'il faut et nous passons un très bon moment. Manque juste le chauffage, j'ai les doigts gelés. On finit par descendre d'un étage pour manger ensemble et discuter de leurs petites amies. Du début à la fin, ils se comportent en supers gentlemen, c'est sympa. Dans un pays où on écrabouille le voisin pour passer, même pas "pour passer devant lui" à la française, mais juste "pour passer", où tenir une porte - ou bien les lattes de plastique qui occultent les portes des magasins - pour la personne qui arrive derrière est un concept totalement inconnu, se voir tendre son sac à main avec un grand sourire, être invitée à passer devant entre les bandes de plastiques très galamment écartées et autres attentions pleines de gentillesse, ça fait vraiment très plaisir.

Samedi, panne d'électricité. Par conséquent l'eau est coupée aussi. Je prends un petit dèj' froid et avec Marion nous allons en ville pour échapper à l'ennui inhérent à cette grande maison froide où, sauf la lecture, on ne peut plus rien faire.

100_7735
Vu en ville, un séchoir à poisson et viande. Ce qu'on ne voit pas, c'est l'équipe du restaurant derrière les vitrines, qui nous regarde, hilare.
100_7736
La rue hyper-commerçante du "centre-ville", près de la grande gare, en cours de repavement. Agrandissez la photo et regardez, ça vaut le coup d'œil, c'est vraiment fait à l'arrache. Normalement ici c'est rempli de portants avec des vêtements à vendre, de marchands de nourriture chaude ou de brochettes de fruits caramélisés, voire, depuis janvier, de marchands d'ananas et de pastèques prédécoupés et prêts à manger.

J'en profite pour repérer les vêtements que je m'achèterai dès que le salaire de février sera tombé et rentre pour le dîner qui sera suivi d'un Miyazaki au vidéoprojecteur.
Y a pas à dire, le cinéma à la maison, c'est vachement bien.

Aujourd'hui, messe,

100_7737
Au retour à midi, dans le campus. Réaménagement des berges du petit lac fétide et vert d'encre que nous passons pour aller en cours. A gauche, le bâtiment de notre salle de classe, au fond les immeubles des profs et de deux de nos étudiants, assez riches pour se prendre un logement en collocation, avec de vraies chambres.

déjeuner, sieste (les joies d'internet en pointillé qui ne redevient stable qu'à une heure du mat' écourtent mes nuits de weekend) et lessive, histoire d'avoir des chaussettes pour lundi. Marion a trouvé un endroit pour scanner intégralement notre livre de cours, grâce à elle on va être encore plus à la pointe de la technologie pour les leçons. Trop bien. Dîner dans un petit restaurant musulman, c'est pas mauvais, et à l'aller comme au retour à dix heures nous croisons quelques étudiants plutôt éméchés. Rien de comparable avec les Français, mais ça se tient à deux et ça ne marche pas droit. Bonjour le retour de vacances !