Bien le bonjour/soir tout le monde. Pour une fois je me fends d'un billet différent des minutes chinoises, et vous raconte un peu ma journée. Pour Pékin, je vais faire de mon mieux, mais j'ai une carte mémoire et demie de photos et films, et je procrastine à mort devant l'ampleur de la tâche... Mais je ne vous oublie pas, soyez patients siouplé.

Attention, billet à forte teneur en foi chrétienne, après-tout, c'est dimanche de carême quoi.

Réveil trop tôt, comme chaque dimanche à Sq, et après 2h de lutte acharnée contre un virus ou une bactérie qui me barbouille, j'arrive à enfourcher mon vélo. J'avance au rythme d'une mamie fatiguée, je suis super en retard (alors que pourtant j'avais avancé l'heure du réveil, pour une fois, pfff) mais je refuse de laisser filer une autre messe.
A l'arrivée, finalement je suis pas si en retard que ça, j'ai droit aux lectures (lues avant de partir sur le net, mon Magnificat de février étant toujours dans le paquet envoyé par maman il y a un mois et demi, et le paquet dans la nature puisque mon patron, qui reçoit notre courrier à notre place, était en vacances lors de l'arrivée du-dit colis. Oui, c'est la méthode locale et ça devient très énervant.) et je fais des coucous aux petits enfants qui ressemblent à des bouddhas miniature, avec environs 25 couches de vêtements superposées.

L'un d'eux s'approche alors que je suis debout et m'agrippe le pantacourt. Je lui tends une main, qu'il attrape, plusieurs doigts à la fois, puis deux doigts dans une main-deux doigts dans l'autre, et se balance d'avant en arrière. Sa mère nous regarde, l'air attendri, et moi je repense à une parole de la bienheureuse Mère Teresa ; le Christ est dans chaque pauvre, dans chaque enfant qui vient à nous.
C'est vrai, ce petit bonhomme, qui ne regarde jamais en face de lui, qui a des gestes parfois désordonnés et que sa mère poursuit partout pour qu'il ne se fasse pas mal n'aura sans doute jamais de vrai travail, puisqu'ici quand on est aveugle on a le choix entre masseur et mendiant, et quand on a un handicap mental, on n'a que le choix de la rue où on va mendier... mais ce petit bonhomme va voir de parfaits inconnus et leur demande un peu d'attention, l'air de rien. Il donne et reçoit de l'amour de tout le monde ici. Là, il y a le Seigneur qui nous dit "aime donc comme je t'aime".
Petite prière : Seigneur, que cet enfant ne manque jamais d'amour...

A la sortie, je discute un peu avec Linda - qui elle aussi a fait gouzi-gouzi aux enfants, il faut la voir comme, ça, elle est très belle - et reprends mon vélo et mon rythme d'escargot asthmatique.

A la maison, le temps de changer l'eau des poissons et de voir que l'un deux ne va pas passer la journée (je vous raconterai), je m'affale dans mon lit et n'en sors que plusieurs heures plus tard. Dehors un orage a fait des explosions de lumi ère et de bruit juste avant que les Chinois ne sortent de chez eux de nuit pour faire des feux d'artifices (à savoir des explosions de lumière et de bruit), car aujourd'hui c'est la fin du premier mois lunaire et donc la fête des lanternes.
Nous avons rendez-vous avec les étudiants à 20h pour aller allumer des feux d'artifices achetés ensemble, mais il fait froid et je ne tiens pas bien sur mes jambes... Advienne que pourra.
De même pour le plus gros des poiscailles qui penche sur le gravier au fond du bocal...