Aujourd'hui vendredi, Monsieur le directeur est venu faire un petit sermon pour stimuler les étudiants. Puisque les 3/4 sont déjà partis en vacances, que sur ceux qui restent encore, il n'y aurait que les tout-débutants lors de l'intervention de notre bien-aimé directeur, on a fait venir des figurants.
Lors de mon arrivée à 10h10 pour mon heure de cours, je tombe sur une classe anormalement occupée, avec Chen, Mme Bi et M. Pang. C'est Mme Bi qui parlait et faisait rire les étudiants, pendant que le directeur, lui, mangeait des graines de tournesol et remplissait le bureau de leurs écorces...
Je poireaute un peu et passe encore 20 minutes en discutant avec notre prof d'anglais qui assiste aux cours en auditrice libre, et voit enfin sortir le petit comité, qui me dit un grand bonjour, et me retrouve dans les bras de Mme Pi qui semble avoir décidé qu'elle nous aimait bien.
Je sais pas si en France on ferait de telles accolades à ses employé/yeurs... mais ici, boh, c'est du free-style, je commence à m'y faire.

L'après-midi, je fais faire un exercice du tonnerre (invention personnelle, inspirée par un excellent livre didactique sur le théâtre en FLE, exploité toute la semaine avec le groupe de l'après-midi) où un étudiant donne à son voisin un objet imaginaire (un bouton, une pomme, un CD, une allumette, des lunettes...). L'étudiant en question reçoit l'objet en remerciant, agit dessus - mange la pomme, coud le bouton, écoute le CD, allume une bougie...) et le tend, ou tend le résultat à son voisin, et ainsi de suite. Ça a super bien marché, les étudiants sont d'accord pour recommencer à l'avenir. Avec ça ils ont revu et appris du vocabulaire, et appris à offrir et recevoir, tout en réagissant de façon appropriée.
Top moumoute.
Mais c'était pas fini. J'ai arrêté l'exercice avant le moment prévu sur ma fiche pour laisser du temps... à la chanson. Je leur ai fait faire un canon, avec exercices de respiration, de rythme, écoute de l'autre et tout comme dans une vraie chorale, et me suis transformée en cheftaine de chœur l'espace de 30 minutes. Chanson toute simple, mais avec un rythme identique à celui du français parlé, un air facile à retenir et normalement la possibilité de chanter à plusieurs voix... Bon, pour le canon en vrai on repassera, mais même Marion, à qui j'ai grignoté du cours parce qu'on avait du mal à se mettre en place, avait envie de chanter, de faire chanter et de chanter encore.
Ils ont raffolé.

A la sortie du cours, Chen, notre ami Chen, me téléphone pour me dire qu'il m'attend porte ouest où nous prenons le bus et allons m'ouvrir un compte en banque. Enfin. J'en profite pour lire mes messages et en envoyer partout avec mon portable offert par Sherna, portable qui a une carte pleine de sous (j'ai mis 50 kwaïs dessus, il en restait presque 30, la fille de chez l'opérateur téléphonique a cru halluciner, hihi) grâce à Marion, qui m'a donné sa vieille carte sans 3G depuis qu'elle la la 3G dans son ail-phone (c'est à dire que maintenant elle a les cartes des villes où on va et le GPS assorti, par exemple, elle en est toute folle). J'ai donc un compte en banque. Haaaaa, je me sens mieux.

Avant de me quitter pour retourner chez lui, Chen m'apprend qu'il a changé les ampoules claquées dans ma chambre, qui se faisait très sombre. A l'arrivée dedans quelques temps plus tard je retrouve Marion qui me dit que si mon lit a été chambardé deux fois de violente façon aujourd'hui (je retrouve ma couette pliée en quatre par-dessus mes pulls bien pliés, avec mon carnet de préparation de cours à midi, je remets les choses en place, et au retour de cours, paf, rebelote. Arg !) c'est qu'on m'a mis de nouvelles ampoules au plafond pour mieux éclairer mon araignée voyez-vous et que ça a été fait à la chinoise. Donc, primo j'ai changé les draps de mon lit parce qu'après avoir trouvé des traces de pas sur le sur-matelas j'avais moyen envie de dormir dedans - ça tombe bien je devais le faire de toutes façons - secundo... sur les 6 ampoules que compte mon lustre, on en a mis 4 parce que c'est suffisant, et les petites lumières incluses dans les moulures, on n'y touche pas parce que "ça suffit, on voit". Bon. Okay. Ce soir, juste avant de vous écrire, j'ai entendu un chhTIK un peu fort avec des étincelles, en haut derrière moi... c'était l'ampoule n°4 qui n'a pas apprécié de partager l'électricité. Ça c'est l'efficacité du Nempiredumilieu.

Et puis, pendant que je refaisais mon lit en m'arrachant les cheveux sur les deux couettes à faire entrer dans une housse juste un peu trop petite, les étudiants sont arrivés à la maison par groupe de deux ou trois, en apportant des tabourets et des tables de la salle de classe, et sont venus cuisiner un porridge traditionnel, que l'on mange tous les ans à cette période. (Non, pas de tête de veau ni de collerette noire, si vous ne comprenez pas, faites un tour ici vous allez voir entendre.)

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Notre chef-cuistot du jour, même s'ils ont cuisiné à plusieurs, chacun sa spécialité sans doute.
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Le porridge traditionnel aux cacahuètes, au jojoba confit et nature, et aux raisins secs, est un plat servi au premier empereur chinois avant qu'il n'accède au pouvoir, par une vieille dame qui l'avait trouvé évanoui (il avait faim et pas de quoi se nourrir) et qu'une fois dans son palais, il avait demandé très souvent à son chef-cuisinier. En souvenir, à la même date chaque année, on en mange aussi.

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Ambiance de fête, rires, gloussements (oui, ici même les garçons gloussent, c'est assez amusant à entendre) et bon repas digne d'un Gargantua... servi chez nous, le seul hic : il fait froiiiid au rez-de-chaussée !

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Ah et au fait, je suis en vacances pour un mois.