Si ma collègue et moi avons été embauchées à l'IUT de Shangqiu, c'est qu'il y a un partenariat entre cette université et une autre de Dijon. Mercredi, le lendemain de leur arrivée en Chine, le directeur, la responsable des relations internationales et une enseignante d'origine chinoise viennent rencontrer nos apprenants et découvrir l'université, la ville et ses environs. On nous prévient la veille que la délégation compte voir aussi notre maison, et le matin du mercredi, on vient nous dire que les étudiants ont été informés que le cours n'avait pas lieu, mais qu'ils sont tous convoqués à 14h pour voir la délégation. On nous demande aussi des traductions afin de faire imprimer une gigantesque banderole à accrocher à l'entrée ouest de l'école.

Bon, tant mieux pour les cours finalement, nous n'aurons pas à les préparer... mais nous nous étions levées tôt pour être prêtes à voir la délégation du matin, et seuls les Chinois sont venus. Nous décidons de profiter du peu de temps que nous avons devant nous pour aller faire des courses, nous avons besoin de viande, de légumes, de réserves de nourriture pour tenir toute la semaine, parce que nos journées organisées autour de l'après-midi ne nous permettent pas de nous ravitailler souvent.

14h15, nous arrivons en catastrophe en classe où il y a 90 étudiants et Chen qui leur fait faire... leur fait faire quoi ? Préparer des questions à poser sur Dijon ? Ah, sauf qu'ils ont tous écrit un petit texte qui dit, en substance : "Bonjour, je suis heureux(se) de vous rencontrer, j'aime le français, c'est une belle langue, le masculin, le féminin, la conjugaison est difficile pour moi, mais je fais beaucoup d'exercices." J'ignore où ils ont piqué ça, mais tout le monde l'a écrit. Nous faisons alors le tour et corrigeons des fautes, et essayons de faire passer le temps.
Au bout d'un long moment la délégation arrive enfin, nous découvrons des gens fort sympathiques, vivants, dynamiques, prêts à beaucoup d'efforts pour que les liens entre les deux universités fonctionnent, qui ont apporté des plaquettes de présentations et veulent tâter le terrain pour savoir s'ils peuvent rouvrir leur classe d'accueil l'an prochain.

A la sortie du long entretien où certains se sont fait remarquer, nos passons par chez nous et évoquons le manque de chauffage dans la maison, mais surtout de matériel pédagogique. Les livres dont nous disposons sont inutilisables, et nous ne pouvons pas faire beaucoup d'interactivité en classe. Nous recevons alors quelque chose de très précieux : un appui extérieur et l'assurance que les choses vont bouger. On nous demande de trouver les apprenants les plus aptes à partir étudier l'an prochain en France et de les bichonner afin qu'ils soient vraiment prêts.

Nous sommes ensuite invités à dîner, à notre grande surprise pour Marion et moi qui pensions reprendre le cours de nos vies, et avons droit à un festin... épicé.
Puis, c'est toute l'université qui se mobilise pour montrer combien elle est heureuse de recevoir des Français et combien l'art est développé ici. Nous sommes accueillis en grandes pompes dans la salle des spectacles au milieu du campus, sur une grande table nappée de rouge, avec des plaquettes à nos noms, bouteilles d'eau et verres de thé resservis régulièrement, devant tout le monde, à quelques mètres de l'immense scène, et assistons à un spectacle son, lumières, danse, arts-martiaux et chants, sans oublier les joueurs de erhu et  de flûte traditionnelle, le prof à la voix de ténor et j'en passe, vraiment époustouflants.

Nous nous quittons ensuite dans un froid de canard brumeux... avec un rendez-vous pour le lendemain matin très tôt au même endroit.
On nous rappelle le soir (il était dans les 21h quand nous nous sommes quittés) pour nous dire qu'on viendra nous chercher à notre porte à 8h20. Youpie.
Nous avons le temps de nous doucher et de recharger les appareils photos (ou de les prendre, pour moi qui avais laissé le mien à la maison) avant de nous coucher.

Jeudi matin, réveil tôt mais pas trop, Chen téléphone dans ma chambre (grââh j'aime pas cette sonnerie de téléphone du matin) pour annoncer que la délégation étant très fatiguée - ils n'ont pas digéré le décalage horaire, remarque nous ne sommes pas fraîches fraîches non plus - nous nous retrouverons un peu plus tard. Bonne nouvelle, nous allons pouvoir prendre notre temps. Ce que nous faisons.
Jusqu'à ce que Victor, un des apprenants qui vient de démarrer le français mais travaille comme un dingue et parle comme s'il était en deuxième année, téléphone puis débarque chez nous pour nous dire qu'on ne nous attend pas à la porte de notre maison mais à celle du campus. Porte Est ? Ok nous pouvons petit déjeuner. Sauf qu'en fait c'était la porte ouest, la plus éloignée, ha ha, et en fait tout le monde nous attend déjà. Nous trottons vers le minibus qui nous attendait, Victor s'en retourne chez lui, et nous voilà partis pour près de deux heures de route.

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S'ensuivent des heures de visites, au palais du gouverneur de Kaifeng notamment, célèbre depuis 2000 ans...

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Au premier plan, les guillotines de l'époque : un animal plus ou moins puissant en fonction du rang de la personne à exécuter.

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On s'amuse comme on peut...

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Une scène d'époque : une famille de paysans vient demander justice pour le fils que son seigneur a fait assassiner. Les deux parties sont présentes.

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Les geôles du palais...

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La prison des femmes... où j'entre alors que la superstition d'ici déconseille fortement de mettre les pieds dans un cachot si on ne veut pas un jour s'y retrouver pour de vrai.
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La touche pittoresque : sur un rocher décoratif de ce lieu magnifique sèchent des semelles.

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... un grand repas au restaurant en compagnie d'un haut responsable du tabac qui fait des cadeaux à tous (visibles sur une future vidéo), nous apprécions à sa juste valeur la cuisine du meilleur restaurant de la ville, celui que, si on ne l'a pas testé, on ne peut pas dire avoir visité Kaifeng,

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... puis nous repartons pour la visite d'une auberge classée monument historique, je vous laisse apprécier les images et le film. Nous découvrons des oiseaux qui chantent merveilleusement, de la taille d'un geai, tout en brun, apprivoisés par un marchand de souvenirs à l'âge canonique à qui j'achète une carte postale pour une blogueuse pas modèle.

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L'adorable marchand de souvenirs qui caresse ses oiseaux en leur sifflant des airs, et une impressionnante statue, dans le bâtiment du fond.
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En rentrant dans le minibus...
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Le matériel de fitness en plein air, fierté chinoise, qu'on trouve même à Shangqiu...

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Le directeur de l'IUT de Dijon, voyant ma difficulté à faire des photos de détails des bâtiments superbes que nous visitons, m'a prêté son appareil photo, qui a une précision nettement supérieure au mien, mais prend aussi beaucoup plus de place dans la carte mémoire... Je me retrouve à court d'espace de stockage rapidement, mais finalement ça vaut mieux, sinon je repartirais avec des photos à ne plus savoir qu'en faire et j'en ai déjà trop lors de la découverte du parc à thème de la ville, gigantesque, beau, rempli d'animations, avec des échoppes à touristes un peu partout... Nous faisons des photos en costume pour le directeur, sans costume mais en compagnie de statues vivantes pour les plus clowns d'entre-nous (oui, évidemment je fais partie du lot, même pas besoin de préciser ! Mais pas de photo c'est pas sur mon A.P.N.).

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L'entrée du Guild Hall Parc de Kaifeng
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Danseurs sur échasses, qui donnent la très étrange impression de regarder danser des cigognes.
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Attention, regardez bien le avant-après...
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Nous rejoignons enfin la voiture et rentrons à Shangqiu pour un dîner au restaurant, suivi d'adieux presque émus avec la délégation de Dijon qui part à Pékin dans la nuit. Nous récupérons des brioches qui les encombrent et dont nous nous délecterons pendant plusieurs jours au petit déjeuner.
Assurément deux très bonnes journées.