9h30, je me réveille péniblement, après une petite nuit sur un matelas pô très confortable, malgré sa taille excessive, et me prépare pour trouver l'église catholique, c'est à dire prendre un taxi, lui montrer l'adresse où je veux aller, écrite en chinois dans mon guide des églises catholiques de Chine, et... vois arriver Song Ming, notre "homme à tout faire" (pas d'autre définition disponible ,vu qu'il est manifestement chargé de faire à peu près tout ici) qui vient installer Internet.
Bon, heureusement que la veille j'ai fait un minimum de rangement, je le laisse entrer dans ma chambre et vais à la cuisine me faire ce qui se rapproche le plus possible d'un petit déjeuner. Il installe des fils, des boîtiers, branche, débranche, téléphone... et s'aperçoit soudain que je semble prête à partir quelque part, ce qui l'intrigue. Je lui explique que je vais à l'église catholique du coin, ce qui l'épate, et n'ai pas le temps de sortir qu'il me tend son téléphone avec Chen à l'autre bout du "fil". Je confirme, oui oui, je vais à l'église, j'infirme, non pas pour visiter, pour prier. On me demande d'attendre Sonya, qui va m'y emmener.
Il est 10h45. Si j'avais eu une chance d'avoir un bout de messe, je sais maintenant que c'est loupé.
Sonya rappelle Song Ming très vite, et m'annonce sa venue pour une demie-heure plus tard. Marion, pendant ce temps, a été réveillée car on a tenté d'installer Internet dans sa chambre, ce qui n'a pas marché. Mais nous l'avons sur mon PC fixe.
En attendant Sonya, je me fais une ventrée d'internet bridé, ce qui est un peu délicat vu la disposition des touches du clavier chinois.
Départ en catastrophe pour l'église... après quelques explications avec le chauffeur qui ignore totalement à quoi ressemble le bâtiment qui m'intéresse, et encore davantage l'adresse que nous lui montrons. Hum. Après des tours et détours nous finissons par trouver, dans la vieille ville, à quelques mètres de la zone autorisée aux véhicules.
Je me précipite dehors, suis les indications de Sonya, et trouve, enfin. Derrière une grande porte, une cour toute en travaux avec deux églises, une ancienne toute petite, et une autre, grande, récente et dont toutes les portes sont ouvertes aux quatre vents.

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Je vais voir dans la petite, il ne semble pas s'y passer grand-chose. J'essaie la grande, qui est très lumineuse, et dans laquelle une dizaine de personne s'affaire avec des balais chinois (petits, en fibres naturelles et en biais... une torture pour le dos). Dans le coin, devant à gauche, une chorale répète un chant de Noël, air connu, paroles chinoises. Je trouve un banc, m'agenouille... et fonds en larmes. Impossible de les retenir. J'ai loupé la messe, il n'y a aucun signe de présence du Saint Sacrement, Sonya attend près de la porte et semble considérer que puisqu'on a trouvé on peut faire demi-tour tout de suite.
Petite prière, inspiration profonde et essuyage de nez et de joues, nous ressortons. Dans la cour, Sonya me signale une bonne sœur, qui a un bon visage, ça fait plaisir à voir. Pendant que nous nous attardons en touristes, un monsieur à l'âge indéfini, mais avancé, vient me voir et me parle en chinois. Je demande la traduction, puis réponds en faisant traduire. L'homme est ravi de me voir et me remercie d'être venue. Je trouve cela tout à fait normal, puisque je me sens chez moi dans l'église, comme dans n'importe quel bâtiment où le Seigneur se rend présent. Il me répète ses remerciements, et à la demande de Sonya nous repartons.

Je repère les lieux, essaie de retenir comment on demande à venir ici pour la prochaine fois, et nous marchons un peu avant de trouver un taxi. On m'explique que l'endroit n'est pas conseillé le soir, et que pour trouver un taxi dans cette zone, il vaut mieux pour moi faire le pied de grue devant l'hôpital d'à côté, qui me servira de point de repère pour venir. Je ne dirai pas "je vais à l'église" mais "je vais à l'hôpital", sinon je suis sûre de ne jamais arriver... Pas pour les raisons que vous imaginez, mais simplement parce qu'on sait où est l'hôpital, pas le lieu de culte.

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Petite pause sur le chemin du retour, Sonya fonce acheter du tofu et des tomates, et nous rentrons à la maison, où elle s'enferme dans la cuisine après avoir cherché partout l'intérieur du cuiseur à riz, sans lequel on ne sait pas le faire chauffer ici. Tant pis, nous nous passerons de riz.
Nous déjeunons dans ma chambre après y avoir installé une chaise supplémentaire et une table basse (on gèle dans la cuisine) et Sonya nous quitte en coup de vent pour aller donner un cours.
L'après-midi, rangement, retour de Song Ming qui installe Internet à l'étage en ajoutant un boîtier ADSL et et faisant passer un fil depuis ma chambre vers celle de Marion par l'extérieur (il suffit de le glisser par les trous qui mènent dans nos chambres, derrière les climatiseurs), internet à donf...
Et après dîner, vers 23h, nous nous rendons compte tout d'un coup que nous n'avons pas préparé nos cours... Branle-bas de combat, nous attrapons nos livres, du papiers, des documents, et bossons avec une énergie décroissante jusqu'à 5h du matin où nous nous écroulons dans nos lits.