13h40, après un réveil tôt le matin, un dernier rangement de bagages, et un faut départ (quand on change de continent, il est conseillé de prendre son passeport… si maman n’avait pas posé la question pendant l’aller n°1 en voiture, j’aurais été dans un beau pétrin!), puis un temps de patience, de pique-nique et de magasinage dans l’aéroport, je passe le portillon électronique sans encombre et entre dans un avion pas tout jeune, avec des écrans pas tout jeunes, des housses pas toutes jeunes et un service moyen. Mais bon, les critères de qualité d’un pays à un autre sont très différents, et quand on a les prix les plus bas du marché, on peut se permettre de se relâcher un peu.   
15h environ, on nous a servi un premier repas, je me bouche les oreilles, sors mon oreiller gonflable et dors un peu. Un luxe que je ne m’étais payé qu’une seule autre fois dans un avion ; j’avais alors 14 ans… Puis je me réveille pour voir arriver un autre repas, regarder un film américain, (le seul du voyage, le reste sera chinois), et après plusieurs heures, un micro-petit déjeuner, l’avion se pose. Il est 7h, heure locale. En France, il est une heure du matin.

Je suis à Shanghai pour une escale de 5h. Peu avant l’atterrissage, l’équipage est passé dans les rangées avec une machine qui envoie un rayon rouge sur le front de chaque passager, et contrôle la température du corps. Puis, une fois posés nous voyons entrer deux extra-terrestres Chinois par rangée, avec des combinaisons qui couvrent tout jusqu’aux cheveux, des gants et des masques, et qui re-contrôlent la température de chacun. On nous a donné un questionnaire sur notre état de santé en plus du papier d’immigration.    
Ayant laissé tomber l’idée du masque entre Paris et Shanghai, je décide de ne pas faire l’idiote et d’en porter un quand même dans l’aéroport, parce que les conditions d’hygiène en Chine ne sont pas réputées pour leur qualité. On ne sait jamais. Je me colle donc l’objet sur le visage, m’aperçois qu’on ne voit pas très bien avec puisqu’il remonte autour du nez, mais qu’en revanche on respire pas trop mal.    
Je descends de l’appareil, passe le contrôle sanitaire et la douane (tous les membres du personnel ont un masque, mais pour vérifier l’identité des passagers, on demande à ceux qui en ont de retirer le leur. Je me retiens de respirer pendant qu’on s’assure que oui oui c’est bien moi sur la photo.) et me retrouve dans la zone de récupération des bagages. Euh… Est-ce que je dois récupérer moi-même ma valise ? Tout ceux qui vont vers la zone de “transfert” ont des tas de valises avec eux. Et personne ne m’a dit que les bagages feraient le changement d’avion tout seul, mais personne n’a rien dit sur les valises en soute, en fait. A part que j’avais droit à 10 kilos de plus que ce que je croyais. Je cherche quelqu’un qui pourrait me renseigner, constate que les Chinois sont très relax sur le suivi des voyageurs et trouve enfin un endroit où on me répond que je dois aller au poste 6. Bon, je vais au poste 6, sans valise, attends sagement d’atteindre un guichet, voit que mon sac est en fait parmi quelques autres, à attendre sagement que je vienne me signaler pour qu’un monsieur en uniforme me le colle sur le tapis qui va vers mon avion. Tant de stress pour pas grand chose finalement !    
Ensuite je monte les étages direction la zone de transfert où je poireaute loooongtemps, loooooongtemps, marche un peu pour voir des boutiques de souvenir achalandées en pandas en peluche et vases ou objets “typiquement chinois”, une pharmacie vide (sans rire, 2 vendeurs, des vitrines partout et juste quelques boîtes sur chaque étagère. Rien à voir avec les nôtres !) et un poste de premiers soin avec des affiches sur la grippe A.    
A l’heure indiquée, je cherche ma porte d’embarquement, me pose des questions quand je passe des tas de portes qui ne sont pas de l’embarquement mais juste du contrôle de sécurité, et me rends compte que j’avais loupé LA zone de commerce, de l’autre côté du terminal.    
Ha ha.    
Là, je dois courir un peu pour ne pas être en retard, accélérer sur les 4 ou 5 tapis tout en admirant les étalages chamarrés avec des sceaux à graver en 5 minutes, des habits en soie, des chocolats et compagnie, et… arrive en avance devant ma porte. Au bout de quelques minutes on nous fait rentrer. C’est pas trop tôt, je meurs de faim, et j’ai hâte de voir arriver le repas. Notre avion est petit, et cette fois-ci, puisqu’il va vers le Japon où tout doit toujours être parfait… l’avion est neuf, les housses aussi, et le service irréprochable.    
On sent qu’on va vers un pays peuplé de gens exigeants.

Je ne saisis pas bien l’accent d’une hôtesse et me trouve chanceuse d’avoir un voisin gentil (sans doute japonais) qui m’aide à comprendre ce qu’on veut de moi, et me fait un signe de tête approbateur en constatant que je suis très polie, que je dis “oui s’il vous plaît”, “oui merci” etc.   
La petite télévision au-dessus des têtes diffuse des publicités et des reportages, dont un en France, avec des conseils aux touristes. Ca ne rate pas, la voyageuse de Lonely Planet découvre Paris et sa tour Eiffel, le château de Versailles et sa galerie des glaces, (avec une reconstitution de la vie de Marie-Antoinette, ben tiens !), puis Giverny, les châteaux de la Loire et la Champagne. Bien entendu, on fait une pause dans LE village où se trouve la coopérative d’un excellent champagne. On est à fond dans les clichés !    
C’est rigolo.

Deux heures plus tard, nous survolons le Japon. Nous passons au-dessus de plein d’îles au cœur vert foncé, cerclées de sable et entourées d’une eau outremer. C’est magnifique, et puisque je suis près du hublot je m’en mets plein les yeux avec enthousiasme. Dommage, mon A.P.N. est rangé dans la soute. J’en profite d’autant plus. Je constate que les zones de montagne sont toutes couvertes de forêts, que le moindre mètre carré horizontal est occupé par des champs, généralement des rizières dont la couleur oscille entre le vert foncé et le brun, et qui reflètent le ciel… un miroir qui serait moucheté de vert. C’est beau. Nichés entre les champs, des villages, et bientôt de grandes, immenses villes se tassent autour des cours d’eau, très nombreux, et brillent en argenté sous le soleil.   
Nous approchons de l’aéroport, je constate que les Japonais aiment le golf. Vu la quantité, ça doit même être une véritable passion !    
Je remplis mon petit papier d’immigration, remets mon masque enlevé pour déjeuner, et trépigne d’impatience. Je passe le contrôle sanitaire (très, très cool comparé à la Chine), récupère ma valise, tente de passer la douane, ah, non je dois remplir un petit papier où je dis ce que j’apporte et chez qui je vais, passe, sors, et… attends.    
Cherche.    
Attends.    
Et finalement retrouve ma meilleure amie, que je n’ai pas vue depuis 2 ans et 3 mois.

Grandes retrouvailles. Discussions joyeuses, retour en train (difficile d’appeler ces véhicules des métros vu leur taille et le fait que beaucoup, beaucoup circulent à la surface) qui prend des heures, et arrivée vers 19h30, heure locale. Je suis moulue, mais très impatiente de déballer tous mes cadeaux, ce que je fais, remplissant la table basse de tout un tas d’objets en tous genres.   
Nous mangeons ensuite devant la télévision, et nous couchons bien tard.

Je suis arrivée au Japon. Enfin