31 mai 2009
C'est partiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
20 kg dans le gros sac, presque 10 sur le dos... pourvu qu'on me laisse monter dans l'avion quand même !
Sachant que la moitié de ce que j'emporte n'est pas pour moi, y a intérêt.
Allez, saint Christophe, je m'en remets à vous !
30 mai 2009
Mettons les choses au clair
Alors, je suis prof, je suis donc programmée pour me répéter.
On va donc répéter une dernière fois :
Je pars dimanche 31 mai à 13h40, j'arrive lundi 1er juin à 16h, et je reviens le 1er juillet à 6h20.
Voilà. Donc je suis encore chez moi et j'ai encore des tas de choses à faire. Quand je disais "il me reste demain pour tout finir", c'est parce que dimanche je me lève tôt et je fonce à l'aéroport. Je n'aurai donc pas le temps de faire quoi que ce soit.
Maintenant si vous voulez bien, j'ai des bagages à faire...
29 mai 2009
L'amertume si douce de nos adieux # 3
Ou comment ne plus se creuser la tête pour chercher un nouveau titre.
Je pourrais aussi carrément renommer ce blog, comme ça je mets toujours le même titre avec des numéros derrière, et je n'ai même plus besoin de signaler "youhou ça fait 400 messages !"
Rassurez-vous, je n'en suis pas encore là.
Aujourd'hui je suis passée par la case mairie, puis tribunal d'instance, puis re-mairie (pour faire la photocopie) puis re-tribunal (j'ai même pas eu un bonus pour avoir joué deux fois) (quoique).
Tout ça pour aller chercher ma nouvelle carte d'identité, et dire adieu à celle qui m'accompagnait depuis mes 15 ans, qui était pleine de souvenirs, mine de rien. C'est fou comme on s'attache à des trucs tout simples parce qu'on était avec des gens particuliers pour prendre une photo, et que l'objet vous a ensuite suivi partout, caché dans votre portefeuille... Et tout ça aussi pour faire une procuration, parce que le 7 juin, je ne serai pas là. Là où j'ai rigolé jaune, c'est que fraîchement sortie de la mairie, j'arrive au tribunal, attends mon tour sagement, et apprends qu'il me faut une photocopie de ma carte d'identité. Ben heureusement que je venais de la chercher, hein ? Je retourne donc à la mairie - de l'autre côté de la rue, y a pas mort de femme ni ampoule, rassurez-vous, calmez les enfants, allez boire une petite tisane pour vous remettre, ou juste un verre d'eau, je vous sens tout chamboulés - pour faire mes copies recto-verso en évitant d'abord l'entrée principale où la 20ème mariée de la journée se fait prendre en photo, un jour faudra m'expliquer pourquoi chaque fois que je rentre dans ce bâtiment y a une noce en délire devant, et retourne au tribunal. Ch'uis presque parée.
Bon, il me reste demain pour tout finir.
OuuuuhoooOoouuuUUuuhhHHhooOOoOouUUuuuuUUuhOuHou.
28 mai 2009
L'amertume si douce de nos adieux # 2
Oui, le retour.
Ce soir, après avoir donné un cours, couru pour trouver un cadeau sympa, pas trop cher quand même, j'ai retrouvé une amie taïwanaise, que je connais depuis cinq ans.
Après sept années en France, pendant lesquelles elle a montré un courage et une résistance phénoménaux, mon amie retourne chez elle, auprès de sa famille et de ses amis.
Loin de l'homme pour qui elle avait tout quitté, et qui vient de la jeter comme un mouchoir en papier.
Cette amie est gentille, douce, généreuse, joyeuse, bavarde, a été parmi mes premiers apprenants, et nous nous sommes retrouvées le temps d'échanger des cadeaux et de manger un bon dîner terminé par un splendide tirami sù. Un dessert dont elle raffole.
Lundi, tandis que je gambaderai au Japon, elle prendra l'avion de retour définitif vers son île natale.
Je vous assure que ça fait quelque chose ce genre d'adieu.
Sekamado, qu'entends-tu par "tu te ramollis" ?
C'est à toi ou à moi que tu t'adresses ?
Quoi qu'il en soit on ne se ramollit pas quand on aime ! On grandit, on s'améliore.
Mon tirami sù préparé ce matin était un acte d'amour, grâce à celle pour qui je le faisais. Mes cours donné d'abord à cette amie taïwanaise et plus tard à mes filles de 3ème ont été des actes d'amour, parce qu'on n'enseigne rien si on n'aime pas et ce qu'on transmet, et ceux à qui on le transmet.
Pour ma part je ne me suis pas ramollie dans ces moments de grâce, je me suis embellie.
Qui osera dire que quand quelque chose de beau s'arrête il n'a jamais de pincement au coeur ?
Est-ce pour autant un ramollissement ?
Je trouve plutôt que le coeur s'agrandit, qu'il montre qu'il vit, puisqu'il bat et que parfois cela le fait souffrir.
Cmoua, si je bouge en ce moment c'est précisément parce que je n'ai ni nain ni ogre. Totalement malgré moi rassure-toi. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a hein, et moi je n'ai ni travail, ni famille propre, même pas de chez wam à wam. Alors je prends les choses en main et je vais voir ce que j'ai, à savoir ma meilleure amie qui m'attend chez elle pour ses (semi)vacances. J'en profite pour apprendre la langue de son beau pays et chercher du travail. Pour le reste, je laisse "le Boss" gérer.
Mamily, et les autres, le voyage commence dimanche à 13h40. J'arrive lundi vers 16h, heure locale, à savoir 7h de plus qu'ici. Ensuite je vais larver un peu, et dès que possible je reprends le blog, puisque j'emporte Naruto, mon ordi, sur mon dos.
Yayon, je t'encourage à aller voir ce que c'est que la liberté du côté de chez Edmond... Tu connais l'adresse.
Toi qui t'en vas si loin, remember, "Be like a squirrel girl" !
27 mai 2009
L'amertume si douce de nos adieux
Cet après-midi, dernier cours avec mes adorables élèves de banlieue.
Aaah elles vont me manquer.
Il y a ce petit goût de : "ça se fait trop vite tout ça, c'est trop précipité" avec une pointe de : "j'aurais dû rester au moins un mois supplémentaire, on n'a pas eu le temps de faire tout ce que je voulais" et encore un zeste de : "on s'aime bien, se quitter en courant devant la femme de ménage c'est pas terrible" mais... c'est comme ça !
La vie est une suite de naissances, car chaque séparation marque un nouveau départ, et le mien se fait direction le Japon !
De façon très très temporaire pour le moment, mais c'est déjà un premier pas.
Un pas nécessaire.
J'en suis à avoir fait le plein de cacao, et à connaître le poids de bagages autorisé, qui n'est pas énorme... Demain je vais voir du monde et obtenir d'autres bricoles, et commencer à peser le tout. Arf.
Il semble qu'on voudrait me faire trouver des merveilles là-bas, donc je lance un avis là-tout-de-suite, si vous voulez un truc japonais, allez-y demandez, mais sachez que mes moyens sont limités : poids de bagages ridicule, toute petite bourse même si on rembourse après et en plus la douane qui surveille (pas plus de 430 euros d'import), ça limite pas mal !
Mais pour des petites choses légères, ou pour une carte postale, là ça roule poupoule.
Elle va pas assez vite cette horloge je trouve.
Je le sens bien là
Wouhouuu !!!
Ayé c'est du sérieux.
J'ai commencé le tour des courses partout dans Paris, et là je commence à palper le voyage.
J'ai donc maintenant :
- du chocolat - à compléter ;
- des masques - j'ignorais que ça coûtait aussi cher ces petites crasses - je précise que le voyage en avion se fait avec escale à Shanghai et qu'au Japon il y a eu plusieurs cas de grippe A, donc le masque est obligatoire ;
- mes livres de japonais, dictionnaire compris - encore un machin affreusement cher ;
- ma crème pour le visage et mon gel pour les mains faits-maison hier, je vous donnerai les recettes plus tard ;
- un cadeau pour Akiko qui va débarquer à la maison tout seul ce soir ;
- un oreiller de voyage, gonflable, entouré de coton tout doux - je vais enfin pouvoir roupiller dans l'avion ;
- le flacon pour préparer - et ça sera rapide - un pschitt Gribouille ;
- des tas de présents pour Akiko - ouais, ch'uis une fofolle dans ma tête ;
- le double-rendez-vous avec la maman d'Akiko pour récupérer des objets à apporter là-bas ;
- des semelles orthopédiques américaines arrivées ce matin directement devant ma porte (mille mercis facteur), grâce auxquelles je vais pouvoir gambader à Tôkyô sans souffrir le martyr aux genoux - Gribouille ayant mangé ma seule autre paire, il m'en fallait des neuves - c'est la fête ;
Il me manque :
- ma valise à chercher à la cave ;
- mon billet électronique à imprimer :
- une petite recherche pour savoir combien de temps je vais mettre pour aller à Roissy en transports en commun ;
- des yens ;
- des bouchons pour les oreilles - je finis par me dire que c'est indispensable et assorti à l'oreiller ;
- l'adresse de la paroisse francophone de Tôkyô ;
- ma tête.
Dans une semaine, j'y serai depuis une trentaine d'heures...
Haaaaaaaaaaaa...
J'ai hâte. Vraiment hâte.
21 mai 2009
Tatsaaaam !
Voili voilou, le blog a fait peau neuve...
Très bonne fête de l'Ascension à tous.
19 mai 2009
Promenade par une journée tiède et grise
Places des Victoires, une famille avec un petit enfant à qui le père dit : "Pas dans l'eau ! Pas dans l'eau !" Le petit tire au bout d'une ficelle un chien en bois couvert de papier, monté sur roulettes orange. Je souris, j'ai eu le même à son âge.
Rue des petits champs : sous les arcades d'un bâtiment ancien, une vieille dame dort sous un morceau de moquette. Elle est là depuis au moins un an, entourée de ses affaires, presque perdue au milieu de ses oripeaux dont la couleur oscille entre le marron crasseux et le noir poussiéreux. Elle doit avoir l'âge de ma grand-mère, et son visage au menton en galoche est marqué par les années et la misère.
Louvre, pavillon Richelieu, un homme annone "wadaa, wane iouro, wadaa, wane iouro" en agitant des bouteilles d'eau minérale.
Je prends sur la gauche, croise deux jeunes à vélo qui font des acrobaties en parlant de leur allure, et entre dans la Cour carrée.
Une violoniste habituée du lieu fait une pause, elle a des oreillettes.
Au dessus d'un œil de bœuf se dessine encore le nid de la famille de martinets qui habite ici depuis toujours.
Assise sur le bord du bassin central, une jeune Roumaine en jupe longue et colorée fume une cigarette, le même air désabusé que tous les jeunes Roumains mendiants de Paris sur le visage.
Un homme téléphone à une connaissance d'une voix forte, il cherche à éclaircir beaucoup de détails.
Un bouledogue français noir avec un peu de blanc suit sa maîtresse ; il est lent, il souffle fort, et fait de tout petits pas de ses courtes pattes malhabiles. Il fait une pause pour uriner sur le bord du bassin.
La violoniste joue.
Le soleil se montre et me réchauffe.
Des jeunes passent en discutant et en riant.
18 mai 2009
"Pas possib'"
... me direz-vous.
Eh si, il y a du nouveau chez les Moutonss. On sait pas s'ils vont revenir vite après cet exploit bloguesque, mais en tous cas, ils ont pris un coup de palette dans la tronche. C'est par là.
16 mai 2009
Sortir dehors
Je crois que cette catégorie avec des lunettes manquait vraiment dans ce blog. Aussitôt créée, aussitôt fournie.
Aujourd'hui, je cause d'une autre coquille linguistique entendu ce matin à la radio (y a eu une aberration totale à propos d'une idée d'un ministre sur l'école de demain, mais ça c'est pas linguistique, je m'abstiendrai de dire que les fouilles au corps et les portillons détecteurs de métaux sont la pire des idées qu'on puisse avoir pour rendre l'école sûre...) et sur laquelle je comptais bloguer depuis quelques jours déjà.
En raison d'une démotivation* des mots de la langue française, celle-ci, à l'usage, se trouve truffée de pléonasmes. Quand on ne la remplit pas d'euphémismes politiquement corrects. Mais ça c'est une autre histoire.
Kessécé un pléonasme ?
Encore un mot pour frimer. C'est aussi et surtout le nom d'une figure de style qui consiste à dire deux fois la même chose par la juxtaposition de deux termes au sens proche.
J'esplik :
- sortir signifie "aller dehors" ;
- descendre signifie "aller en bas" ;
- monter signifie "aller en haut".
Par conséquent :
- "sortir dehors" signifie "aller dehors dehors" ;
- "descendre en bas" signifie "aller en bas en bas" ;
- "monter en haut" signifie "aller en haut en haut".
C'est-y pas un peu ridicule ? Moi aussi, je trouve.
* Motivation et démotivation viennent du concept linguistique selon lequel les mots, à leur création, sont proches par leur forme du concept ou de la réalité concrète qu'ils désignent. Ils sont "motivés". Des mots encore très motivés sont par exemple "casser", ou "briser" dans lesquels ont entend l'action même par laquelle un objet est détruit.
La démotivation est la perte de ce lien entre "signifiant" (le mot) et "signifié" (la réalité désignée). On se retrouve alors avec des mots renforcés au maximum pour conserver l'impact sur l'auditeur : "Ouais, j'ai super trop cassé la baraque" au lieu de dire "j'ai eu un grand succès" ; "je suis monté en haut" pour "je suis monté", etc.
D'ici à ce qu'on se retrouve avec des "c'est un tétraplégique handicapé des 4 membres" y a pas loin...









