Bonjour bonjour,

Je vais eskeuprès poster ce billet sur la date de dimanche 7, afin de garder un semblant d'ordre chronologique. Ce sera plus facile pour tout le monde.
Dimanche, dimanche fut une très chouette journée. En commençant par la messe, bien sûr, puis, après une attente de 20 min (ouais,quand on retrouve des gens à un carrefour, il faut dire où au juste précisément avec minutie sinon ça marche pas bien!), j'ai retrouvé Rob, rencontré à Thanksgiving, qui avait eu l'excelllllleeeente idée de me proposer d'aller écouter du jazz, ce que je n'osais faire toute seule.
Ben il a eu une autre excellllleeeeente idée, quand j'ai choisi d'aller dans un brunch-jazz plus mieux pour la musique que pour la bouffe (choix difficile) et m'a emmenée dans l'East Village, au sud-est de Chelsea, et nous sommes allés (en taxi, comme tous les Newyorkais)...
au Blue Note.

Mais qu'est-ce qu'il a de si particulier le Blue Note? Vous demandez-vous.
Mais si, je vous vois chuchoter frénétiquement, surtout toi, là, dans le coin au fond à gauche.

Le Blue Note, c'est un club quasi historique. Enfin non, historique tout court.
Je l'ignorais sur le moment, même si le nom du bar me disait furieusement quelque chose tout du long, et c'est mon guide qui me l'a redit. N'avé oublié.
Le Blue Note a vu jouer Tony Benett, Natalie Cole... et Ray Charles.
Je me suis rendue dans un des bars où Ray Charles allait jouer quand il était à New York.
Et en plus, la musique était très bonne.

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Vous comprendrez que là, y en a un qui a gagné ma gratitude éternelle, et sans faire exprès, le pauvre.
Mais bon, quand on me prend par la corde sensible, à savoir celle de la zik (y en a plein d'autres hein mais celle-là elle fonctionne bien) faut s'attendre à ce genre de réactions.

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Une petite photo du quartier estudiantin de New York...

A la sortie, nous prenons le métro direction l'Upper East Side, très haut, pour découvrir (enfin moi je découvrais) le musée Solomon R. Guggenheim.

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"Le chef-d'oeuvre architectural du XXème siècle, qui vaut à lui-seul le détour."
Euh... Ben oui, en fait, oui!

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Et ensuite, photos interdites. Tout le monde bombarde, mais j'ai un défaut, c'est que j'ai été trop bien élevée.

Le musée est spécialisé dans l'art moderne, les expositions d'art moderne, et quelques tableaux fichtrement intéressants comme La Repasseuse de Picasso (y en a d'autres, mais celui-là est très célèbre car il précède la période cubiste tout en l'annonçant), un portrait et une toile intitulée Devant le Miroir de Manet, un Braque magnifique, quelques sculptures de danseuses de Degas, une Vache Jaune de Kandinsky, qui a une place de choix dans ce musée, et quelques Chagall. Et puis il y a des expositions temporaires. Nous suivons le conseil de mon guide qui dit "prenez l'ascenseur jusque tout en haut de la spirale - autour de laquelle s'articule tout l'ensemble - et descendez". Nous découvrons donc des expos pas franchement passionnantes, et heureusement qu'on était deux à visiter, parce que c'est bien plus sympa de tourner la tête dans tous les sens à deux et de discuter autour d'une toile qui devrait déclencher des torrents d'émotions et qui en fait ne déclenche rien du tout. Au moins, là, on peut rigoler. Dans le genre : "- Pourquoi n'ont-ils pas pris la vache jaune de Kandinsky pour la Vache Qui Rit? Elle rigole aussi! - Parce qu'elle a des bleus, elle a l'air malade."

Une fois dehors (ce fut court mais bon, c'est le jazz ou les tableaux hein?) nous nous dirigeons vers l'appartement de Lida, qui m'avait prêté des cartes pour entrer dans les musées que je voulais, et à qui je devais les rendre, mais comme mon compagon de route est complètement gelé, nous trouvons d'abord un café style années 90, au couleurs flashies et avec un serveur attentionné qui nous sert des chocolats chauds que même dans vos rêves les plus fous vous n'y croyez pas. Tasse énorme, chocolat bien chocolaté avec du vrai lait (ouaiiiiiiis!) montagne de chantilly et zig-zags de sirop de chocolat par-dessus, avec, suprême surprise, sous la chantilly, de la guimauve.
Moi je suis pas fan, mais visiblement y en a qui trouvent ça super bon.
Et puis on en profite pour déguster des financiers aux amandes, envoyés par ma môman, que cest un poême à soi-tout-seul ces trucs-là. Et Rob apprécie la poésie en question. La tête d'un Américain qui découvre une des merveilles de la cuisine française, ça vaut vraiment le détour! (Et puis quel Français rechigne à épater quelqu'un avec des spécialités de chez lui? Hein?)

Nous reprenons la route direction chez Lida, j'y découvre que chaque immeuble des quartiers chics de cette ville de fous a son propre service de blanchisseur, situé dans les sous-sols, pour "la simple raison" que les gens ont peur de se faire voler leurs affaires en les déposant chez un blanchisseur lambda.
Hallucinant.

Puis nous prenons un taxi direction la gare, où je prends mon train en me demandant comment faire pour rentrer en taxi (on ne peut pas me chercher ce soir) alors que je n'ai pas assez de sous pour un taxi. Et pas envie d'en prendre un, zut.
Je décide alors de faire une grande imprudence, ne faites jamais comme moi parce que c'est super dangereux, je décide de rentrer à pieds. La maison est loin, il n'y a pas de lampadaire sur la route, pas de trottoir, la neige tombée cette nuit a durci pendant la journée... je me lance. Oui, je sais, je suis totalement inconsciente, mais j'assume. Et je suis "aidée" enfin plutôt "pas aidée" par le fait que je fais une confiance aveugle - sans jeu de mot - à mon ange gardien et mon grand-père.
Après quelques kilomètres la Providence me sourit sous la forme d'un monsieur qui arrête sa voiture et me demande s'il peut me conduire quelque part.
Oui, je sais, je suis totalement barjo. Mais je suis adulte, vaccinée et je suis au courant, je vous ai dit.
Une prière à mon ange et à mon grand-père, je rentre dans la voiture de Joe, Paraguayen immigré aux States, qui vit dans la ville en face de la nôtre sur la baie, et qui est catholique. Y a même un chapelet accroché à son rétroviseur. Très sympa et très embêté que je m'en aille si vite alors qu'il aurait aimé prendre des cours de français pour discuter plus facilement avec la branche de sa famille immigrée à Québec.
Et voilà comment on prend un "taxi" gratuit dans un trou paumé sur Long Island.
Et comment on rentre chez soi après une journée où on n'a payé que son train, la quête et un chocolat chaud.