La fourmi en est témoin par un courriel que je lui écrivais quand j'ai appris la nouvelle à 11h juste - du soir s'entend.
Obama est élu président des Etats-Unis. Il sera le 44ème. Originaire d'Afrique.
Ce pays en avait tellement besoin.
J'ai poussé un cri de joie et j'ai agité les bras et les jambes dans tous les sens sur mon lit où j'étais assise. A la télé on nous montre des images de liesse, des gens qui hurlent de joie, d'autres qui scandent le nom du nouveau président.

Ce pays en avait tellement besoin.

Dieu merci, ils ont fait le bon choix. Enfin en tous cas un choix digne de celui des Kennedy et Clinton, démocrates comme lui qui ont laissés des souvenirs très vivants de très bons présidents et négociateurs sur l'échelle internationale.
Les Great doivent faire la fête comme des fous avec les amis chez qui ils sont invités.

Je vis un moment historique. Un président noir à la maison blanche, que tant d'individus attendent pour redresser la situation sur tous les fronts. Le front irakien, le front monétaire, et pour montrer au monde qu'ils sont capables d'avoir de bons présidents, des gens intelligents qui ne s'étouffent pas avec un bretzel pour que la nouvelle fasse le tour de la planète.

Je vais peut-être en surprendre quelques uns, mais ce pays le mérite : un grand changement et un grand espoir pour des gens qui ont un grand coeur. Vraiment.

Petite parenthèse, j'ai accompagné Kerry au bureau de vote, et je l'ai vue voter. Waw. Rien à voir avec la France. On se rend dans une école - c'est jour férié pour les enfants, car le 4 novembre ça tombe pas sur des dimanches comme chez nous et on a besoin des écoles pour les votes - et dans le gymnase qui sent bien le gymnase, avec des drapeaux et des tapisseries aux couleurs de l'équipe locale. On va voir la table la plus proche de la porte, on donne son nom et on se rend à la table qui porte le numéro indiqué. On donne son nom encore, on signe, puis on attend son tour au cône orange à quelques mètres en arrière. Quand on est appelé par la personne qui gère les machines, on se rend dans l'isoloir, ou plutôt devant la machine, on actionne une grosse poignée pour fermer le rideau et valider le vote que l'on va faire, et on tire sur des boutons sous les noms des gens que l'on souhaite élire. On remet la poignée du départ à sa place, ce qui ouvre le rideau, et c'est fini. On s'en va.

- Tiens, McCain est en train de parler. Nous sommes arrivés à la fin d'un long voyage. Les Américains ont parlé, et ils ont parlé clairement. Il félicite Obama, ce qui fait huer la foule à ses pieds, pour avoir été choisi par un pays qu'ils aiment tous les deux. Il dit que c'est un vote historique et qu'il reconnaît toute la signification que cela a. Obama est la preuve que tous ceux qui ont la volonté et l'énergie pour réaliser leurs rêves le peuvent aux Etats-Unis... Ben tiens les Etats-Unis c'est la plus grande nation de la Terre, d'après lui. Ah, il lui témoigne sa sympathie pour avoir perdu sa grand-mère hier, qui n'aura jamais vu ce jour.
Waw, il demande à tous les gens qui l'ont soutenu de ne pas accorder que des félicitations à Obama, mais aussi de la bonne volonté et de faire bloc avec le reste de la nation pour faire face à un monde dangereux et trouver ensemble des solutions.
Il est naturel de ressentir de la déception aujourd'hui, mais demain nous continuerons... (...) la faillite est mienne, non pas vôtre. Grosse réaction du public qui hue et scande son nom.
Il pense à toute sa famille et cite presque tout le monde, ainsi que ses amis, et les remercie pour l'avoir soutenu et se trouve chanceux d'avoir eu autant de monde autour de lui. Il est tout plein de gratitude, et là ça ressemble à un discours de remerciement aux Oscars.
Cette campagne a été et restera le grand honneur de ma vie.
Il est obligé de demander à la foule de se calmer quand on crie au nom du nouveau président.
Aujourd'hui, j'ai été le candidat pour le plus haut bureau de notre pays, et cette nuit je serai toujours un de ses serviteurs, et c'est un grand honneur. Je remercie l'état de... (j'ai oublié) grand état de notre parti."
Ca finit avec les traditionnels : aux Etats-Unis rien n'est inaccessible et les Américains n'abandonnent jamais, ils luttent toujours. Dieu vous bénisse et Dieu bénisse l'Amérique. -

Ici on élit les sénateurs en même temps que le président. Du coup, les nouvelles sur qui a été élu où sont confuses parce qu'on annonce état par état, quand on sait d'après les enquêtes, qui gagne combien de voix, et en même temps on donne le nombre de sièges accordés à chaque parti au sénat.

En plus, c'est super frustrant parce qu'il y a trois heures de décalage horaire entre l'est et l'ouest du pays, et du coup on est obligé d'attendre 11h du soir pour avoir les résultats, qui arrivent au compte-goutte à partir de 8h. Les résultats sont donnés, ou en tous cas les prévisions (autant qu'on peut les donner, ce qui se fait tard dans les états du centre) avant la cloture des bureaux, et du coup il paraît que beaucoup de gens décident de ne pas aller voter en voyant les infos. Puisque d'après eux, tout est joué.
Quand je vois le BAZAR que c'est ici, je me dis que les élections à l'ancienne en France ça a du bon. Ou alors des élections avec des machines mais sécurisées et avec un usage simple, comme celles qui ont été utilisées dans certaines villes de France à nos dernières élections. Parce qu'ici on se souvient encore douloureusement des "27 voix" en suspens en Californie il y a 8 ans, à cause du mauvais système de vote, où les trous à noircir pour voter n'étaient pas en face des noms des candidats...
Sachant que les systèmes de vote sont différents dans chaque état et parfois dans chaque conté...

Ici sur Long Island, on a des machines vieilles de plus de 40 ans. Fiables, grosses, reliées à un ordinateur central. Les Great les ont toujours connues.

Allez je vais étteindre la télé et retourner à une vie normale. Bonne journée tout le monde!