Bonjour/soir - je ne sais toujours pas - les zamis!

Hier, journée géniale. Grasse mat' monumentale suivie d'un double déjeuner pendant la première partie duquel je vous écrivais des histoires d'écureuils, arrivée d'une amie de l'aînée avec qui nous avons joué comme des folles au ballon, ce qui me vaut aujourd'hui de belles courbatures aux... euh... hum, en bas du dos, puis nous avons tous grimpé dans la vouature paternelle (une authentique Jeep mes zamis, un truc de ouf!) pour aller à la pizzeria. Di Raimo est une enseigne qui, comme tous les restaurateurs américains, propose de la nourriture très rapide, avec un choix impressionnant. Les pizzas, gigantesques, sont pré-coupées en parts que l'on choisit chacun selon ses goûts, et que l'on vous chauffe au four pendant que vous allez vous installer à une table. Ensuite il faut se relever pour aller chercher les pizzas chaudes. Puis on déguste, les enfants en profitent pour regarder la télé géante accrochée dans un coin, et on va jeter tous ses restes, assiettes en carton, gobelets en plastique et bouteilles vides dans un meuble prévu à cet usage, très semblable à ceux que l'on trouve en France chez McBouffe, et on s'en va. J'ai ensuite passé un certain temps à fouiner sur le net et sur mes plans-guides de New York la bonne direction, le bon métro, le bon chemin pour mon excursion du lendemain.
Malgré ma performance incroyable grâce à laquelle je me suis couchée entre 11h et minuit pour être réveillée le lendemain, j'ai réussi à mal dormir. Résultat...
Je ne suis pas très fraîche quand mon réveil sonne à 6h30 et qu'il me faut être prête à partir à 7h50 pour aller à la gare et permettre aux filles d'être à l'heure à leur match de foot de 8h et demie. J'y arrive tout de même.
Ce qui ne nous empêche pas de partir vers 8h25 après moults tentatives de M. Great pour faire démarrer sa vouature, dans laquelle n°3 a laissé la lumière allumée la veille, ce qui a grillé la batterie. Ni la tondeuse, ni une étrange machine avec une batterie plus une autre, ni le lâché de vouature sur la route (après l'avoir poussée sous la pluie) ne la font démarrer. Woups. Je ne m'inquiète pas trop, je ne dois être à  New York qu'à 11h et nous étions très, très en avance sur cet horaire. Mais tout de même là pour moi c'est un petit peu vital malgré tout. Andrew finit par aller demander sa vouature au vouasin, et c'est en 4x4 tout cuir que nous nous rendons sur le terrain de foot, puis à la gare où Andy me montre comment acheter mon billet aller-retour, découvre en même temps que moi les "one dollar coins" à savoir les nouvelles pièces de 1 dollar, qui viennent s'ajouter aux traditionnels billets. Il a l'air plutôt étonné. Le billet de train ne se composte pas, on le montre simplement au contrôleur qui passe deux fois et fait pleins de trous, des petits trous, encore des petits trous, toujours des petits... hum, pardon. Je relis un peu mon guide, que j'ai réussi à caser dans mon minuscule sac, avec l'appareil photo, mon portefeuille, mon portemonnaie, mon paquet de mouchoirs, mon plan de New York, mon stylo, le mini-miroir japonais et le correcteur de fond de teint,  et encore au moins deux ou trois trucs que j'oublie, et je prends le train pour la Grosse Pomme, direction Penn Station, diminutif de Pennsylvania Station.

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En face se trouve Madison Square Garden, qui n'est pas un jardin mais une graaaaande galerie commerciale. Extraits :

EmpirestateB

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Je commence par passer deux fois au même endroit, aller-retour, le temps de voir que je suis dans la mauvaise direction, et me dirige gaiement le long de Fashion avenue (ou la 7ème) ...

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... vers la 23ème rue où se trouve...

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J'ai une heure d'avance, je décide d'aller me boire ça :

Starbucks

Puis j'ai la profonde joie d'assister à une messe en français, dite avec un accent américain, en compagnie d'une cinquantaine de fidèles donc beaucoup de noirs. Le résultat est un mélange épatant : on entend des trucs comme "que la Péééi du Seigneur swat avec vouuw", le très bon sermon commence et finit avec un signe de croix, il est directement suivi des annonces paroissiales, le prêtre porte une aube blanche sous sa chasuble, ce qui ne se voit pas en France ; à la consécration et à l'Ecce Homo, tout le monde s'agenouille. Les rares exceptions s'asseyent pour ne pas dépasser parce que là, on peut les compter sur le doigt d'une main et que ça ferait tâche. La communion se fait "en fouilli" au départ puisqu'il y a trois files qui se dirigent vers le choeur... et... ô surprise! tout le monde s'agenouille, et le prêtre reste seul à distribuer le Corps du Christ à la chaîne, ce qui est super rapide. Plusieurs chants sont grégoriens ce qui fait du bien, et le meilleur pour la fin : un chant très festif est entonné pendant l'offertoire, et un autre aux sonorités et rythmes africains est scandé par la chorale - noire - après l'envoi. C'est vraiment international.

Ce mélange de français, de latin et de respect pour les gestes liturgique est un régal et si je me laissais faire, j'en pleurerais. Le climat chaud et humide qui rend tout moite aujourd'hui n'a pas grand chose à voir avec l'humidité de mes yeux pendant l'office, ce qu'une américaine remarque et vient me dire après la messe. Elle n'est "pas vraiment catho" mais vient ici pour entretenir son français et pour les souvenirs de son éducation faite dans une école catholique. Me voir larmoyer et sourire tout du long l'a touchée. Comme quoi, la joie et l'émerveillement sont vraiment des outils d'apostolat formidables.

La suite demain quand j'aurai dormi, il est minuit moins dix...


Me revoici, plus tard que prévu, certes, mais "vieux motard que j'aimais" n'est-ce pas?

Or donc, je sors de l'église Saint Vincent de Paul et me dirige vers un métro, pour m'apercevoir que je ne suis pas sur la bonne ligne et qu'il me faut ressortir pour trouver la ligne qui me mènera au sud à pied.
Je repasse donc devant l'église, pour trouver la ligne 1 qui n'est pas non plus la bonne, et fais demi tour -bis repetita - pour aller très loin le long de la 23ème rue, jusqu'à ceci:

Flatiron

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Au milieu du carrefour, des touristes me demandent leur direction (j'ai oublié pour quoi...) et comme je me suis à peu près repérée je suis en mesure de la donner. En m'entendant lire mon plan en français (23ème... 34ème...) le monsieur qui me demande son chemin me regarde et fait "French? Comment ça va?", comme quoi il est vrai qu'on trouve toujours des locuteurs de Français partout. Quelques minutes plus tard, alors que je mitraille les alentours, j'entends une petite voix me demander "izittbrodvè?" Je regarde la jeune asiatique qui m'interroge en me demandant ce qu'elle peut bien vouloir dire et comprends après une répétition qu'elle cherche Broadway. Ca tombe bien, elle est en plein dedans. La demoiselle veut aller admirer la Statue de la Liberté et cherche la bonne direction pour l'atteindre. Je dégaine mon plan, lui indique où elle se trouve et dans quel sens et l'envoie marcher dans la 5ème avenue tout en me disant que moi, pour Little Italy, qui est beaucoup plus haute, on m'a dit de prendre le métro à cause de la distance à pieds. Peut-être que les transports en commun seraient plus appropriés...  enfin elle repart ravie, et je suis plutôt amusée de voir que toute touriste que je suis j'arrive à indiquer leur chemin aux gens... comme à Paris.
Je repars sur le côté approprié et décide de passer dans ceci :

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Les écureuils pullulent ici et ils ne sont pas peureux du tout...

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Puis je trouve le métro dans lequel je m'achète une "metrocard", un ticket de la taille d'une carte de crédit, avec bande magnétique, qui pour un aller simple vaut $2 et que je dois passer 4 fois dans le portillon automatique pour qu'il arrive à le lire. En fait, je prenais trop de précautions et le passais trop lentement dans le lecteur! Pour pouvoir passer il faut glisser sa carte à toute vitesse dans la fente prévue à cet effet. Le truc bête quoi. Avant d'aller sur le quai j'ai pris le soin de demander si je suis sur la bonne ligne pour Little Italy, et on me répond très diligemment de descendre à "Canâllll", comprendre l'arrêt "Canal", pour Canal Street.

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Il faut savoir que les lignes de métro newyorkais sont nombreuses, mais passent aux même endroits, ou alors elles correspondent très peu entre elles et il est plus rapide de marcher d'ouest en est pour atteindre le bon arrêt que d'aller du nord au sud en métro pour atteindre une jonction entre les lignes. Il faut donc se dépatouiller pour trouver le bon arrêt (ils ont les mêmes noms, les trois stations dont je vous ai parlées s'appelaient toutes 23rd Street, mais à chaque fois la couleur des lignes changeait.) et la bonne direction, ainsi que... la bonne ligne! Eh oui, il faut compter jusqu'à 4 métros par rail/station, mais chacun porte un numéro ou une lettre de l'alphabet qui indique sa direction ET les stations auxquelles il s'arrête. Un cauchemard pour le néophyte.

Je grimpe dans un métro qui doit m'emmener au sud, ce qu'il fait très rapidement, mais comme je débarque je ne comprends pas grand chose à l'annonce faite dans la rame, lors d'un arrêt, où une voix masculine récite une bonne partie de l'alphabet pour indiquer un truc qui me reste aussi obscur qu'au Japonais assis en face de moi. Une femme se précipite dehors, et moi, confiante, je reste dedans.
Grave erreur. L'annonce indiquait, je le comprendrai à mes dépends, que le train est redirigé et ne s'arrête pas aux endroits prévu. Et à Canal Street, nous passons sur la voie du milieu, à toute vitesse, pendant que je jette un regard angoissé aux quais inaccessibles. Nous nous arrêtons à la station suivante, Brooklyn Bridge,

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où je dois trouver ma position géographique sur la carte de la ville puis remonter un bon bout de chemin pour rejoindre l'endroit où se déroule une fête de 10 jours en l'honneur du saint patron de Milan. Je me retrouve en plein coeur de ChinaTown.

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L'erreur n'était pas si grosse puisque je trouve une boutique qui propose des tas de souvenirs de la ville, dont des cartes postales, huit pour 1 dollar.
Ce qui fait que :
Avis à la population. J'ai en ma possession 16 cartes postales de New York, toutes différentes et très belles. Les 10 premiers à m'envoyer leurs coordonnées (parce que j'ai laissé mon carnet d'adresse en France) recevront une carte postale avec des mots écrits dessus et un timbre américain!
(Ceci vaut pour la famille, les amis, et tous les lecteurs aventureux de ce blog). 10 parce qu'il y a quelques personnes pour qui je réserve des cartes. Niarf.

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En revanche, quand je trouve Canal Street, c'est si bien indiqué que je ne le découvre qu'après mon déjeuner chez Starbucks, pendant lequel je me suis rendu-compte que je n'ai plus le temps de déambuler, et que même je risque fort de rater mon train. Je repère une station adéquate plus loin sur Canal Street, croise un nombre incroyable de boutiques de contre-façon et de bijouterie pas chère, me trouve obligée de marcher sur la rue à cause d'un attroupement sur un trottoir, et trouve enfin le métro. Où ma carte ne passe pas. Où la machine me refuse mon billet de $20 parce qu'elle ne peut rendre que $6, où un monsieur des renseignements me fait la monnaie puis me renvoie à une autre machine, en confirmant l'itinéraire que je comptais prendre. On dirait qu'en fait, je commence à maîtriser le métro. Sauf les tickets. Je croyais que mon "simple ride" durait 2 heures à partir du compostage, mais en fait je pouvais l'utiliser dans les 2 heures qui suivaient l'achat. Gnéhé hé. Trop bête la fille.
Une fois à Penn station, je n'ai plus qu'à consulter les horaires pour le prochain train, appeler les Great pour signaler le retard, et m'entendre dire que je dois prendre une autre direction où on me choppera au passage, ce qui permet à tout le monde de gagner du temps pour être à l'heure chez les parents de M. Great. Je suis un peu ennuyée, je n'arrive pas à trouver la bonne combinaison de vêtements parce qu'ici le matin est très frais mais les après-midis sont au-dessus de 20° et qu'en courant partout dans New York, j'ai mérité une bonne douche. Mais tant pis.

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We serve with pride : il faut être américain pour écrire sur les trains "nous servons avec fierté"!

Petit extrait du retour en train, où la contrôleuse accroche les billets sous une languette de métal à l'arrière des sièges afin de pouvoir les récupérer facilement à son second passage.

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Le dîner est mémorable. Ambiance familiale, je rencontre des tas de gens très gentils qui parlent plus ou moins français et s'y essayent - ou pas - et déguste une côte de boeuf qui fait la taille d'une assiette. C'est succulent, mais y en a trop! Et je laisse les homards aux convives qui peuvent en manger et aiment ça. Fichue allergie, j'aurais bien goûté, une fois dans ma vie!

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Nous sommes dans une maison au bord de la mer où l'eau se trouve au bout du jardin et où les cygnes viennent chercher de l'eau claire et du pain à la tombée de la nuit. Un truc de ouf.

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Et pour finir, bonnes gens, je vais bientôt faire un article du type "le jeu des 7 erreurs" entre la France et l'Amérique, ce qui donnera plutôt une liste des 150 différences, à savoir les petits trucs rigolos que le Français remarque. Cet article sera enrichi régulièrement au cours de mon séjour, et je vous laisserai un lien à la fin du dernier article publié chaque fois que j'y ajouterai quelque chose.
Ce soir nous fêtons Rosh Hashannah en familles, et tout le monde se fait beau pour le nouvel an juif. A toute!