Bonjour bonjouuuuuuuuuur!

Nouveau disque dur, presque nouvel ordi, nouveau navigateur web (IE7 me fait des crasses) nouvelle liste de lecture dans I-tunes, nouveaux écouteurs achetés que dalle chez mon dealer préféré - hors taxe (vivent les aéroports!) - nouveau créneau horaire...
Nouvelle vie.

Je suis aux Etats-Unis depuis environs 27 heures, et comme on dit là-bas, I'm loving it**! C'est la belle vie, le pied, la fête, trop chouette. Je découvre énormément et joue la prof de français dès que je parle avec les amis qui m'ébergent.

Reprenons depuis le début du commencement. Au mois de juillet, je suis invitée par des amis en Amérique et puisque je croupis à Paris et que je n'ai rien de mieux à faire, je décide de foncer.
Lundi 22 septembre, 8h, réveil difficile et derniers rangements de sac, au revoir difficile à Chapi et Chapo, et maman me conduit à Roissy, terminal 2B, où je retrouve la compagnie avec laquelle je voyage pour m'enregistrer. Problème de machine qui refuse de lire mon passeport, je me fais enregistrer manuellement, on me dit que les machines n'aiment pas les femmes françaises mariées.
Hum.
Mon nom est à rallonge - je vous explique, mon nom de famille comprend 4 mots distincts - certes mais c'est un seul et unique nom de jeune fille, monsieur. Je sais que j'ai l'air mûre et que dans ma famille on se marie jeune (en général) mais moi je suis célibataire. Eh oui.
Queue encore et encore avec ma Môman chérie qui hallucine quand elle réalise que là au bout c'est déjà la douane et qu'elle n'aura pas le droit de passer, adieux un peu difficiles, enregistrement des bagages, hôtesse de cabine au sol qui râle en tournant mon sac pour l'étiqueter (heavy = lourd), déambulation déjà mélancolique mais surtout excitée dans le petit espace réservé aux voyageurs.
Achat des écouteurs identiques à ceux d'Akiko dont je rêve depuis un petit mais intense moment et que je cite plus haut, puis d'un sandwich à une heure inhabituellement matinale pour moi ; je m'abîme le palais pour le pris modique de 4,70 euros - heureusement que c'est nourrissant - et discute avec un coiffeur libanais de passage entre la Norvège et je ne sais plus quel pays, et qui poireaute depuis déjà longtemps. C'est vrai que passé les boutiques de foie gras, de disques, et de fringues, on s'ennuie ferme ici.

Puis enfin l'embarquement. J'oublie que j'ai une montre au poignet et je bipe au détecteur de métaux, du coup j'ai le droit à une fouille en règle (rassurez-vous, rien d'affolant, une femme passe rapidement les mains aux endroits les plus susceptibles d'y cacher quelque chose et me laisse passer immédiatement après) puis j'attends l'heure d'embarquement en lisant le Seigneur des anneaux.
2h plus tard, nous arrivons à bord d'un petit avion à Londres, avec 25 minutes d'avance. Cet appareil est plein de Français et l'équipage s'acharne à répéter que le signal "fermez vos ceintures" est toujours allumé et qu'il faut rester assis sous peine de se retrouver collé au fond de la carlingue au premier problème (ça, c'est le capitaine qui l'a dit, en Anglais, quand il a fallu s'y reprendre à une troisième fois.)

Londres, Heathrow, l'aéroport historique même où Pippin et Legolas se sont rencontrés alors qu'ils se rendaient tous les deux sur le tournage du film qui a fait connaître la Nouvelle-Zélande. Petit moment d'émotion. Et puis bon, c'est la première fois que je pose les pieds dans ce pays de gauchers. C'est assez amusant en fait. Ici, la zone hors-taxe est immense et remplie de boutiques en tous genres, c'est très impressionnant. Pour rejoindre ma porte d'embarquement je prends un petit métro automatique avec une voix d'hôtesse enregistrée, et 4 Japonais. Ils pullulent dans le coin, il y en avait tout un groupe à Paris qui a pris le même avion que moi.
Je prends des photos et me fait prendre en photo par un charmant monsieur qui se rendait de Washington au Rwanda il me semble, et je retrouve la file d'embarquement à bord du Boeing 700 et des poussières qui m'emmènera en Amérique.
Une heure plus tard, j'ai mal à la tête, je somnole et m'impatiente un peu. Il pleut sur Londres (trop fou n'est-il pas?) et on ne peut pas décoller. Toujours pas. Et puis enfin nous y arrivons. J'apprécie le personnel qui me fait penser que la compagnie britannique à bord de laquelle je voyage est d'excellente qualité. Sur le dos de chaque siège se trouve un petit écran tactile grâce auquel on peut regarder des films récents ou non, écouter de la musique, ou encore consulter la position de l'avion, l'altitude, la température extérieure, etc. Je tente de dormir après avoir regardé The Iron Man que j'avais loupé en France, avec quelques difficultés parce que là c'est anglais sous-titré anglais et que ça va trop vite pour moi, mais ma migraine m'en empêche, je me contente donc de fermer les yeux et d'approcher le plus possible du sommeil, histoire de me reposer quand même.
7h environ après le décollage, nous arrivons à New York JFK et j'admire la baie et des îles depuis un lointain hublot. L'excitation monte en flèche. J'arrive en Amérique et je ne le réalise pas du tout. C'est comme un rêve qui durerait un peu plus longtemps et serait plus agréable que les autres... Et puis c'est l'atterrissage. Rôôôh!

Me voici à la douane, dont beaucoup m'avaient dit que c'était un passage long et douloureux, une sorte d'accouchement mais pour ceux qui y passent, pas pour la douane elle-même, vous voyez? J'avais entendu des recommandations dans le genre "sois sage avec les douaniers, on va te demander si tu as une bombe dans ton sac, et surtout ne plaisante pas parce que tu risques de le payer très cher", "tu vas passer des heures à la douane, attention, les étrangers sont passés au peigne fin autant eux que leurs bagages, moi on m'a fouillée pour un bête truc dans mon bagage à main...", "fais gaffe à ce que tu dis, à avoir toujours des adresses sur toi à donner", patati, patata.
Sages recommandations et utiles, si si... mais pas pour moi!
Croyez-le ou non, je suis passée mieux qu'une lettre à la Poste. (Oui, la Poste et la confiance, je sais pas si vous avez remarqué mais ils ont changé de slogan il y a quelques années, la raison en est évidente non?) Douanier un peu fonctionnaire d'abord, dommage il avait une bonne tête, et quand on réalise un de ses plus grands rêves on aime bien communiquer avec autrui, et puis deux autres super gentils, accueillants et attentifs, le premier qui m'oriente vers le second pour une histoire de nourriture dans mon sac (Maman, tes biscuits de la Mère Poulard ont été très joyeusement accueillis, surtout par Monsieur Great*** qui les connaissait et qui était ravi) et le second qui regarde mes papiers, ma provenance et dit "Vous êtes française?" et qui commence à m'interroger en français. En fait, la seule nourriture crainte sur le territoire ce sont les graines ou fruits ou tout produit venant d'une ferme. Un paquet de biscuit c'est pas bien effrayant. Et donc, après m'avoir demandé un peu d'où je viens, pourquoi je viens et ce que j'apporte, il me laisse passer sans même regarder (je dis bien regarder) mon sac. Mon énorme sac de 24,9 kg. Juste avant que je parte, il me demande "mon français est bon?" gnihihi, j'aime bien ces petits moments avec les francophones... (non c'est pas le sac qui demande, c'est le douanier, enfin!)

Je suis trouvée très vite par Mme Great*** qui avait une feuille à la main avec mon nom dessus, tout entouré de couleurs et de fleurs et de "bienvenue" et qui m'aide malgré son mal de dos récent à mettre mon sac, mon énorme sac de 24,9 Kg, dans son coffre de grosse vouature**** américaine.

En route, j'ai le temps d'apprécier la conduite sportive de mon amie qui a du mal à discuter en français et à trouver les bonnes sorties à l'avance malgré le super GPS de luxe dont est équipé son véhicule. J'apprends que Long Island comprend en fait de nombreux quartiers de New York, tels Manhattan, le Bronx, et d'autres très connus et non juste un quartier et la banlieue.
Puis nous arrivons dans une superbe propriété et je me retrouve exactement comme dans l'émission Extreme Makeover (intitulée les Maçons du Coeur sur une chaîne câblée française). La maison est superbe, décorée avec goût et avec les papillons du père de M. Great et les tableaux de la mère de Madame, le jardin comprend une piscine, un terrain de jeu, un autre de golf, il y a trois salons et peut-être bien quatre salles de bains (j'ai pas réussi à compter), deux bureaux, une salle de jeux, un atelier, ma chambre et des tas de placards ou de petits cagibis.... pardons de gigantesques cagibis, et le garage a rien de moins que trois portes, chacune commandée séparément depuis l'intérieur ou depuis le toit de la vouature de Mme Great. Oui, il y a un boîtier spécial, intégré comme si l'engin avait été fabriqué avec ce gadget de série.
On me donne un téléphone portable et on me nourrit d'enchiladas avant de me laisser me coucher.
Le père et les enfants sont très gentils et ce moment aux Etats-Unis promet d'être vraiment excellent.

Aujourd'hui je me suis levée après 12h de sommeil reconstituant et ai découvert le fat free milk, translucide, étrange, et les sachets de chocolat en poudre à diluer dans de l'eau (?!?!), un peu du mode de vie américain - repas de midi pris à la va-vite, dîner très tôt en famille et en deux parties - ainsi que la synagogue de la ville où le petit dernier va à l'école.
J'ai fait de la trottinette (un cauchemard à prononcer pour les filles) construit des tours toujours plus hautes que le n°3 explosait d'un coup de balle en élastiques ou de pied (ça fait très bizarre, aux Etats-Unis, tout près de New York, de construire "des tours" en L*go pour les voir s'écrouler à répétition... Surtout quand la veille on était dans un avion. Non vraiment c'est très étrange.) et bien cru que mon "adaptateur universel" à 30 euros environs ne me servirait à rien du tout, parce que la prise de mon ordi ne rentre pas dedans. Fiches trop grosses. Grâce à M. Great et à son sac rempli d'adaptateurs nous avons feinté et je peux vous écrire cet article de 5km de long : l'ordi est branché sur un adaptateur France-Angleterre et ce dernier sur le mien.

Sur ce, l'écran tout blanc de Canalblog me file la myxomatose et je vais aller me coucher. Il est quand même "05h04". A savoir 23h04, heure locale. Je tâcherai de vous raconter la suite de mes aventures aussi souvent que possible!

Edit du 25 : le lendemain je découvre l'atelier du papa où il construit un bateau à moteur. L'endroit est énorme et ferait verdir de jalousie n'importe quel bricoleur français. Il y a en tout 4 salons et 4 salles de bain, des pièces de rangement dans tous les coins, plus la lingerie, le sas entre le garage et le reste, des escaliers, et 2 salles à manger. La familiale et l'officielle.

* Hello there : salut les potes!
** I'm loving it : je ne joue pas au restaurant rapide mais je répète que je raffole de tout ce qui m'arrive.
*** Pour des raisons évidentes je remplace le nom de famille de ceux qui m'accueillent par un adjectif qui leur correspond tout à fait : Great (comprenez "Génial").
**** La taille du véhicule exige une extension du nom lui-même.