J'aurais pu aussi intituler cet article "pourquoi je suis encore là" ou "comment les pompiers sont venus à la maison" ou encore "le voyage de Maman jusqu'à Pompidou (l'hôpital)"...

Nous étions donc partantes pour notre dernier aller-retour vers la voiture avec nos paquets pour les vacances, quand maman a essayé d'attraper le chat, notre splendide animal de 3 ans, musclé depuis ses dernières vacances chez Grand-Mie, mais qui ne supporte toujours pas d'être mis en boîte. Précisément pour le mettre en boîte.
Grave erreur.
Le chat lui a sauvagement mordu et griffé la main, en s'acharnant bien, et lui a fait des trous partout. Je suis arrivée juste après, pour trouver maman en état de choc et le chat en train de gronder comme un malade. Qu'il est.
Eau froide sur la plaie, je me lave les mains, arrive à gagner le milieu du couloir, chope la Bétadine pour maman, que j'asperge dès que la douleur devient plus supportable, et pendant ce temps le fou-furieux dans le couloir continue à gronder. Je cherche à atteindre ma chambre pour y trouver de quoi calmer la douleur quand ma mère me suggère d'essayer plutôt le téléphone et de faire le 18. Aussitôt dit, aussitôt fait, j'ai eu chaud car il fallait passer derrière une bête noire avec des crocs et des griffes partout qui grondait dès que je faisais un semblant de pas vers lui.
18, attente, bonjour, voilà voilà, notre chat est dingue, help, oui on vous attend.
Pendant ce temps le chat s'est glissé dans la cuisine où était maman qui en sort rapidement car elle le voyait arriver gros comme une maison : il était prêt à attaquer à nouveau.
Elle le tient donc enfermé dans la cuisine (ce qui n'est pas facile, nous avons une porte en accordéon, sans moyen de la bloquer) et moi je fonce en bas et attends en priant. Très vite la sirène se fait entendre, je réalise que c'est pour nous. Ca fait bizarre quand ça arrive. Je fais de grands signes aux pompiers qui entrent, leur explique la situation, et les suis chez nous.
Discussion avec les uns, entrée des autres dans la cuisine, barouf impressionnant, exclamations des pompiers et doux surnoms pour le chat qui les a bien mérités.
Le voilà enfermé dans un sac, puis dans sa boîte, pendant qu'un pompier montre sa blessure de guerre à ses collègues. Oui, le chat l'a mordu au sang à travers tout son attirail.

Pendant ce temps un autre soldat du feu s'occupe de maman et lui dit qu'elle a besoin de points de suture. On m'explique que l'animal est irrécupérable et qu'il faut mettre fin à ça.
Puis Maman descend en bonne compagnie tandis que je retrouve une maison prête aux vacances, mais avec une cuisine sens dessus-dessous, pleine de pipi de chat (manifestement c'est systématique avec les pompiers) et la charge de trouver une bonne âme prête à nous emmener le chat et moi chez un vétérinaire. Exclusivement pour le chat, moi je suis un animal doux et bien dressé.
Appel chez Grand-Mie, chez qui nous devions être ce soir, interrompu par une sonnerie à l'interphone. C'est la police, qui est toujours prévenue par les secours en cas d'animal méchant, et qui vient au rapport. Affaire classée sans suite, c'est notre chat et il ne sera bientôt plus grand-chose.

Me voilà devant l'ordinateur, maman appelle depuis l'hôpital : elle est aux urgences et on va s'occuper d'elle.

Le chat est toujours dans sa boîte, sous la table de la cuisine où je l'ai poussé précautionneusement pour pouvoir passer de la Javel.

Maintenant, reste à trouver un véto.