Rue Saint Louis en l'ïle.
Peintures et crayonnés de John Howe.
De l'autre côté de la fenêtre, trois cavaliers de la police montée, tout sourires.

Quai d'Orléans.
Des bateaux-mouches ou pas mouches, pleins de touristes ou non, qui défilent, les hauts-parleurs à fond.
Sur l'autre rive, des employés de la mairie qui tondent le gazon.
Assis sur le muret au bord du trottoir, des touristes qui mangent leurs glaces Berthillon.
On entend un accordéoniste sur le pont juste devant.
Notre-Dame, de dos.
Une longue file de gourmets devant le guichet de Berthillon.
Des touristes, des tas de touristes multicolores.
Le pont.
La Seine verte et pleine.
Le vent fort ici qui joue avec ma robe et mes cheveux.
L'accordéoniste qui me salue. Je lui rends son signe de tête. Le voilà souriant.
Un moineau mâle qui pépie, comme ses congénères, en sautillant au pied d'un saule pleureur immense et majestueux.
Le square avec le mémorial de la déportation.
Un banc occupé, un banc vide, un banc occupé, un autre vide, sur lequel je m'assieds.
Un cornet de glace qui a chu se trouve devant, une petite flaque Berthillon à quelques centimètres. Une petite femelle moineau sautille sous mon banc pour venir y picorer en me regardant du coin de l'oeil.
Mon voisin de banc monologue sans interruption, à mi-voix, sur fond de cui-cuis, d'accordéon, de pas sur le sable, de vélos et de voitures qui passent.
Deux lampadaires, l'un coiffé, l'autre sans ampoule ni globe. Ne reste que le poteau vert, dressé comme une ridicule figure de proue métallique à l'avant de l'île.
Les roses du jardin.
Une sirène de pompiers.
La chaleur.
Le soleil dans mon dos.