Boulot.
Matinée horrible.
Après-midi à peine mieux.
Je déteste ce travail.

J'ai appris à prier en travaillant et j'ai tenu aujourd'hui en allant manger devant la Seine, en regardant voler les mouettes, plonger un cormoran, sautiller deux roitelets. Passer les péniches.
Je me suis fait enguirlander plus que de raison, que ce soit par mes collègues ou par les gens que j'ai appelés, indignés que j'ose troubler leur journée.
J'étais fatiguée, tellement fatiguée qu j'ai bafouillé ce matin et que je voyais mal l'écran à 15 cm de mon nez.
Je n'avais plus qu'à regarder l'heure en attendant que ça se termine, et à prier pour garder la force. En offrant.

La seule joie constante de ce gagne-pain est de lire la biographie de Tchaïkovky dans le métro. Une fois le matin, une fois le soir, c'est trop peu.

Je rentre tard, je suis morte, prête à avaler n'importe quoi pourvu que ça se mange, je n'ai plus d'énergie et pourtant je n'ai pas envie de dormir, je redoute le lendemain. Je dors mal. J'ai des envies de pleurer. Une sourde révolte gronde en moi et me crie "casse-toi de là, tant pis pour ta paye, tu te consummes pour rien!" J'ai sommeil le matin, froid et chaud en même temps, l'après-midi j'ai l'impression d'avoir de la fièvre. Je craque de la machoire en baillant, j'ai le cou raide, mal à l'oreille gauche, un triple noeud dans la gorge. Je n'ai pas le temps de m'occuper de moi, mes amis me manquent et je ne les vois plus sur msn que quelques minuscules minutes volées à mes nuits qui devraient être réparatrices.

Samedi entrera dans le livre de mon histoire comme le jour d'une des plus grandes libérations de toute ma vie. Priez pour que je ne pète pas un plomb avant, ce serait dommage.
Surtout pour mon banquier.


A part ça, tagada-tsoin-tsoin, hier je fêtais mon 200° article sur le net!
Bientôt, promis, le 200° Moutonss!