J'inaugure une nouvelle catégorie.

Ça m'a pris comme ça, en pleine ballade dans Paris, j'ai réalisé qu'il manquait un truc à mon blog, vu mes récentes poussées de poésie en regardant le ciel. Alors cette fois je m'y mets. Le mode d'emploi est tiré d'une technique scoute de relevé du terrain, où on se met à toute une patrouille pour relever tout ce qu'on voit, entend, sent, touche et éventuellement goûte sur un trajet d'une longueur déterminée : j'attrape mon agenda et je mets dedans, sur 2 pages, tout ce que je vois, sens et entend. Ce qui implique que je m'assied pour écrire.
Voici le premier opus :

Coin de la rue Henri IV, le soleil me chauffe le dos.
Une femme porte précautionneusement et avec hâte un tableau réalisé au couteau. Sur des tons jaunes et rouges, il est carré, minuscule et trône au milieu d'un immense cadre écarlate.
Bruit d'une sonnette de vélo derrière moi.
L'ombre des arbres qui se détache sur les eaux vertes de la Seine qui se meuvent en silence.
Un homme assis dans une niche, adossé à un lampadaire, qui lit un poche l'air absorbé.
Le contact froid de la pierre à travers mes vêtements.
Un bateau-mouche, rempli de touristes, suivi d'un batobus qui a une grande verrière.
Des jeunes qui passent en discutant...
Au dernier plan, la Samaritaine, immobile et vide.
Un bus et deux taxis.
Le soleil s'est caché derrière les nuages gris anthracite.
Quatre jeunes costauds en tee-shirt. Ils n'ont pas froid.
Des mobylettes passent en pétaradant.
Deux amoureux se prennent en photo avec leur portable, enlacés devant le bord du pont, et regardent si les photos sons réussies.
Un homme et une femme aux cheveux gris, qui marchent en se tenant la main.
Deux italiens qui parlent fort.
Et des taxis, des taxis...
Les amoureux recommencent leurs photos.